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UN BÉBÉ SOUS CANNABIS HOSPITALISÉ (Paris Match)

Une petite fille de 10 mois a été hospitalisée lundi à Vienne, en Isère, après avoir ingéré une boulette de résine de cannabis par accident.

Le père a reconnu être un consommateur régulier de cannabis. Sa fille de 10 mois en a fait les frais. Le bébé a été hospitalisé lundi après avoir ingéré par accident l’une de ses boulettes de résine de cannabis, laissée à sa portée par mégarde. C’est l’état de somnolence inhabituel de l’enfant qui a poussé ses parents à la conduire en urgences à l’hôpital. Placée en observation, a elle a subi plusieurs examens qui ont finalement révélé la présence de drogue dans ses urines, a appris mercredi l’AFP auprès du parquet de Vienne.

Informé par le service de pédiatrie de l’hôpital des résultats des analyses, le parquet de Vienne a décidé de mener l’enquête au domicile des parents. Sur place, les gendarmes ont surpris le père «en train de se constituer un joint». «Il a été entendu et libéré. Il a avoué aux gendarmes qu’il était consommateur de produits stupéfiants et que sa petite fille avait ingéré accidentellement une boulette de résine de cannabis qu’il avait laissé traîner», a expliqué Matthieu Bourrette, procureur de la République de Vienne.

LE PÈRE DE FAMILLE CONVOQUÉ

La petite fille a été rendue à ses parents dans la journée de mardi, après que les autorités se sont «assurées que les conditions de vie de l’enfant n’étaient pas négatives, ce qui est le cas», a ajouté le magistrat. Le père de la petite fille, âgé de 22 ans, a toutefois été convoqué dans le cadre d’une mesure alternative en justice et contraint de s’inscrire, à ses propres frais, à un stage de sensibilisation aux risques des produits stupéfiants. Le parquet de Vienne a en outre signalé l’incident aux services sociaux, qui «vont vérifier la manière dont les choses vont évoluer dans les prochaines semaines ou les prochains mois».

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La Suède demande d’interdire le cannabis synthétique après deux morts

La Suède a annoncé lundi avoir demandé à l’Union européenne le droit d’interdire des substances contenues dans un cannabis synthétique vendu sous le nom de Spice, après deux cas apparents de surdoses mortelles.
Le ministère des Affaires sanitaires et sociales a indiqué dans un communiqué que le pays réclamait à Bruxelles le classement de ces produits comme stupéfiants.
Il se fonde sur un avis de l’Autorité de publique, qui a identifié 24 cannabinoïdes et sept cathinones (substances issues du khat, un arbuste) comme substances dangereuses.

Le suédois va « réclamer une procédure accélérée. Celle-ci signifie que le temps de traitement par la Commission européenne est réduit de trois mois à dix jours », a ajouté le ministère.
Le nom du Spice revient presque chaque jour dans les médias suédois depuis qu’un jeune homme de 22 ans est décédé le 29 octobre à son domicile de Fagersta (centre), et que la police avait fait état d’un témoignage accréditant la thèse de la surdose.
Vendredi, un jeune homme de 18 ans avait aussi fait selon des témoins une surdose dans un appartement d’Alingsås (sud-ouest), et était avant l’arrivée des secours.

Le cannabis synthétique, appelé Spice ou par d’autres noms (K2, Yucatan Fire, Moon Rocks, Bliss, etc.), contient le même principe actif que le cannabis naturel issu du chanvre, le tétrahydrocannabinol (THC).
Mais il est considéré comme beaucoup plus nocif, et la concentration en psychotropes est impossible à contrôler pour l’acheteur.
Plusieurs pays ont déjà tenté sans succès de mettre fin à son commerce en identifiant et interdisant la multitude de substances qui peuvent entrer dans sa composition.
Le produit, le plus souvent acheté sur des sites internet étrangers par ses consommateurs, est censé ne pas être fumé, mais brûlé comme encens.
La Suède a l’une des politiques les plus répressives d’Europe contre le cannabis.
On peut y être condamné pour usage de stupéfiants après avoir été arrêté à son domicile et confondu par un test d’urine.

 

Cannabis à fins médicales: l’implantation du crime organisé redoutée

En juin 2014, la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, déposait un projet d’amendement pour modifier son règlement sur la marijuana médicale. Elle voulait particulièrement mieux documenter les ordonnances de cannabis médical en obligeant les producteurs à fournir aux ordres professionnels la liste de tous les médecins prescrivant ce produit ainsi que les détails de chacune des ordonnances prescrites.

Même si Santé Canada a durci sa réglementation concernant la production de marijuana à des fins médicales en mars dernier, Québec estime que les nouvelles règles devraient être resserrées davantage afin d’éviter que le crime organisé ne s’implante dans ce marché, révèle une lettre obtenue par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Dans la missive datée du 11 juillet, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’inquiètent du fait qu’avant de délivrer un permis de production de cannabis, Santé Canada ne vérifie que les dossiers des administrateurs et des dirigeants des entreprises désirant se lancer dans cette industrie. Les deux ministres québécois disent souhaiter que le processus vise également «tous les employés» et «toute personne qui a directement ou indirectement le contrôle» des entreprises de production de cannabis.

Cette mesure permettrait de «réduire les risques d’infiltration de réseaux criminels et de détournement de la marijuana produite à des fins médicales», écrivent les ministres.

M. Barrette et Mme Thériault ajoutent que Santé Canada devrait obliger les entreprises voulant produire du cannabis à «déclarer ses sources de financement, notamment la liste des institutions financières avec lesquelles elles font affaire ou de ses prêteurs». «Des vérifications pourront être effectuées afin d’éviter l’utilisation de prête-noms et plus particulièrement l’infiltration du crime organisé par le financement occulte de cette industrie», est-il écrit dans la lettre.

Les deux ministres québécois terminent en disant que le «délai de réponse de 72 heures» est «trop long pour permettre à un policier de vérifier en temps utile l’authenticité de l’autorisation d’une personne à posséder de la marijuana lors d’une intervention». «Le règlement devrait prévoir un mécanisme permettant aux policiers de vérifier en temps réel l’authenticité d’un document, comme cela se fait actuellement pour les permis de conduire et d’armes à feu.»

Une industrie naissante

Depuis 2001, le Canada autorise et encadre l’usage de cannabis à des fins médicales. En juin 2013, Santé Canada a durci ses règles en adoptant différents changements, notamment en ce qui a trait aux producteurs autorisés de marijuana. Ceux-ci ne pourraient plus être des individus, mais bien des entreprises réglementées.

Parmi les autres changements adoptés, Santé Canada ne délivre plus les autorisations de consommer du cannabis médical comme elle le faisait depuis 2001. C’est plutôt aux médecins de prescrire le recours à la marijuana à leurs patients.

En juin 2014, la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, déposait un projet d’amendement pour modifier son règlement sur la marijuana médicale. Elle voulait particulièrement mieux documenter les ordonnances de cannabis médical en obligeant les producteurs à fournir aux ordres professionnels la liste de tous les médecins prescrivant ce produit ainsi que les détails de chacune des ordonnances prescrites.

Les ministres Barrette et Thériault ont voulu profiter de cet amendement pour demander au gouvernement de pousser le règlement plus loin.

– Avec la collaboration de William Leclerc

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Addictions : réaliser, parler, s’en sortir

Diminuer sa consommation de drogues ? Beaucoup de jeunes essaient… et y parviennent. A quel point avouer sa dépendance peut-il libérer de l’emprise ?  Comment éviter les tentations ?

Les éclairages du Dr Vincent Dodin, psychiatre et chef de service de la clinique médico-psychologique du Groupement des Hôpitaux de l’Université Catholique de Lille (GHICL).

Accros à l’alcool, au tabac, au cannabis – parfois même à d’autres drogues dures – certains jeunes refusent de  parler de leur addiction pendant longtemps, parfois plusieurs années.

En consultation, quel est votre mot-clé pour intervenir auprès de jeunes sujets à l’addiction ?

Vincent Dodin : L’écoute. Avant qu’il parvienne à verbaliser son addiction voire son mal-être, le jeune a besoin d’être écouté. Il a en tête « l’illusion de bien-être que lui procure la substance. Le cheminement est long avant d’envisager une vie sans drogue. Ecouter le jeune permet de déceler d’éventuels problèmes sous-jacents, à l’origine de sa conduite addictive. Parler est en effet la première des étapes à suivre pour se sentir moins seul face à l’addiction. D’autant que les accompagnements aujourd’hui proposés vont au-delà du discours «  Tu dois arrêter. La drogue est interdite, toxique, malsaine ».

Comment alors aider un ado à se sortir de la « spirale infernale » de la drogue ?

V.D : A tout âge, et particulièrement à l’adolescence, avouer un mal-être ou toute forme de problème lié la drogue, est un processus complexe.  Dans le cabinet d’un Consultations Jeunes Consommateurs, l’idée première est donc de l’aider à comprendre pourquoi il consomme. Les questions sont axées sur une logique de réduction des risques (RdR) : quand a-t-il commencé ? Y-a-t-il eu des éléments déclencheurs ? Ensuite, il s’agit d’évaluer avec lui l’impact qu’il ressent sur sa santé, physique et morale. Se sent-t-il épanoui socialement ? A-t-il de l’énergie, des envies, des projets ? Une fois que le jeune est au clair avec ces questions, on va l’aider à espacer ses prises, lui proposer des activités pour pallier le manque.

Quel rôle ont les parents dans cette démarche ?

V.D : Tout dépend, certains parents s’inquiètent très vite et amplifient la situation en assimilant directement une consommation récréative à la toxicomanie. Dans ce cas, il faudra relativiser le risque, leur expliquer qu’avoir du cannabis sur soi n’est pas obligatoirement la preuve d’une addiction. Mais justifie d’avoir une discussion avec son ado et d’être vigilant pour s’assurer de la maîtrise de sa consommation.

A l’inverse, certains parents restent – souvent malgré eux – dans le déni et préfèrent ne rien voir du malaise de leur ado. Dans la mesure où le jeune a la volonté de partager son histoire avec ses parents, il faudra leur expliquer comment ils peuvent l’aider : être présent à ses côtés sans être invasif, lui apporter de la reconnaissance, surtout ne pas s’acharner sur le poids du passé et de la culpabilité.

Sur quel accompagnement médico-social un jeune peut-il compter ?

V.D : Le chemin pour sortir de l’addiction nécessite souvent un suivi psychothérapeutique régulier, accompagné ou non selon le degré de dépendance, d’une prise en charge médicamenteuse (anxiolytiques, produits de substitution en cas de grande dépendance). Pour se libérer de l’addiction, la prise en charge – la plus précoce possible – doit par ailleurs prendre en compte l’épanouissement social. Les personnes dépendantes ressentent en effet un besoin fréquent de s’isoler. Certains peinent à partager, à recevoir des autres, un facteur pourtant essentiel pour retrouver le plaisir de l’échange.

Dans le cas d’un arrêt de la consommation, à partir de quel moment peut-on parler d’abstinence totale ?

V.D : Une fois que la consommation ralentit, ou s’arrête, tout doit être fait pour anticiper le risque de rechute. La période de post-sevrage peut en effet s’accompagner de reprises de la consommation. Lesquelles surviennent souvent lorsque le jeune se sent confiant, lorsqu’il s’y attend le moins. Pour autant succomber à la tentation ne doit pas être vécu comme un échec, mais plutôt comme un accident de parcours à surmonter.

Ces épisodes doivent permettre à l’adolescent de comprendre quelle situation l’a amené à consommer. Un effort d’autant plus précieux qu’il s’agit de ne pas se rabattre sur une autre drogue, ou un autre comportement addictif. L’adolescence est la période charnière de la vie où les fluctuations émotionnelles, les envies et influences sont très fortes. Malgré l’accoutumance voire l’emprise imposée par la drogue pendant des mois voire des années, les remises en question et « redémarrages » sont possibles.

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LE CANNABIS, UNE DROGUE DURE ?

WAYNE HALL, UN CHERCHEUR AUSTRALIEN, A PASSÉ CES DERNIÈRES ANNÉES À REGARDER LES AUTRES FUMER DES PÉTARDS. ET IL EN EST PERSUADÉ : LE CANNABIS REND AUSSI ACCRO ET FOU QUE LES DROGUES DURES…

A l’heure où les débats sur la légalisation du cannabis ont la cote : « drogue douce », « légère », « inoffensive », « vertu(s) médicinale(s) », « bon pour l’économie », la révélation de Wayne Hall, expert australien en addiction, fait l’effet d’une bombe, de quoi avaler de travers le THC (1) ! Ses propos sont très clairs : « Si le cannabis n’est pas addictif, alors l’héroïne et l’alcool ne le sont pas non plus », s’exaspère-t-il dans une interview accordée au Daily Mail. La réaction immédiate serait plutôt « Ah bon ? ! Le cannabis rend accro comme l’héro, une drogue dure ? Vous êtes sûr, l’expert ? ! ».

Toutefois, comme ses recherches ont duré vingt longues années, il est difficile de remettre en cause son assurance ou son sérieux. Mais cette nouvelle reste scotchante car ces derniers temps, en ouvrant le journal ou en regardant la télé, on avait tendance quand même à y apprendre tout l’inverse : « produit naturel », « moins dangereux qu’une clope », « apaise de nombreuses douleurs ». On en venait même à trouver cette petite plante sympatoche et miraculeuse, aussi déstressante qu’utile. Mais ça, c’était avant. Avant Wayne Hall…

10 % des fumeurs dépendants

Le directeur du Center for Youth Substance Abuse Research, Wayne Hall, n’a pas peur de dire à la presse qu’on a une vision de plus en plus enjolivée de la marijuana : « Le cannabis n’est peut-être pas aussi néfaste que certaines drogues car il ne tue pas, mais croire qu’on peut le consommer en toute sécurité est erroné », dénonce-t-il sur le site US Live Science. En gros, même si la plante ne peut pas provoquer d’overdose, elle n’est pas si douce que ça… Et elle est hautement addictive.

Selon ses recherches, 10 % des fumeurs de joints deviendraient dépendants, soit une personne sur dix, si la consommation est « chronique », c’est-à-dire régulière. Ce qui n’est pas rien quand on sait que « 3,9 millions de Français fument du cannabis », selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Et parmi eux figurent de nombreux adolescents, les jeunes Français étant les plus gros consommateurs de cannabis en Europe. Tout comme les autres drogues (cocaïne, héroïne, ecstasy), son sevrage est très éprouvant. Celui-ci causerait les mêmes symptômes : insomnie, anxiété, agressivité, perte d’appétit, dépression…

Et selon son étude, le cannabis a d’autres côtés tout aussi charmants que son pouvoir addictif. Il provoquerait d’autres ravages sur la santé, le cerveau, le comportement ou même l’école… Tout y passe ! En résumé, si vous commencez à fumer des joints avant 15 ans, le cerveau étant en phase de maturation, vous risquez à la longue de devenir une sorte de schizophrène déscolarisé, insociable, avec des problèmes cardiaques et des risques redoublés de causer un accident de voiture… Une personne plutôt bien, quoi.

Blague à part, tout ceci est extrêmement sérieux. L’expert des addictions, Wayne Hall, a mis vingt ans, mais il a réussi à prouver scientifiquement les relations entre une consommation intensive de cannabis et tous ces méfaits : dépendance, décrochage scolaire (une perte de QI de 8 points), diminution de la mémoire, schizophrénie (13 % de cas de schizophrénie auraient pu être évités sans le cannabis), isolement, crise cardiaque (risque multiplié par deux), accident de voiture (2,5 % des accidents mortels sont liés au cannabis)…

Totalement schyzo

Vous vous en doutez, cette étude provoque déjà des réactions. Comme celle de Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement Romand d’Etudes des Addictions (GREA). Au quotidien helvète Le Matin, il confirme les conclusions de Wayne Hall. « Le cannabis est dangereux au volant, oui. Il peut rendre dépendant, oui. Il existe un lien entre des troubles comme la schizophrénie, oui. »

Mais il critique un manque d’avancée : « Pour les spécialistes, il n’y a rien de nouveau. C’est une compilation », regrette-t-il. Alain Morel, psychiatre et directeur général de l’association Oppelia (lutte contre les drogues) se joint publiquement à lui. « Son étude ne fait que confirmer ce que nous savons déjà », déplore-t-il. En clair, Wayne Hall a bien raison, mais les experts étaient déjà au courant…

Effet raté ? Non ! Car il est important de rappeler que des spécialistes, encore aujourd’hui, proclament « le cannabis est la drogue la moins dangereuse de toutes ». Ce qui ne veut absolument pas dire
« sans aucun danger ». Nous voilà prévenus !

(1) Le tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis.

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Le dialogue pour briser le tabou du cannabis

Poser de simples questions aux adolescents pour faire baisser leur consommation de cannabis. Tel était le pari de l’étude CANABIC, initiée en 2012 dans trois régions du sud de la France. L’objectif : lever les tabous entre le médecin généraliste et son patient, en invitant ce dernier à parler librement de sa consommation. Les résultats doivent être rendus publics le mois prochain.

L’expérimentation CANABIC, menée sur deux ans, propose aux médecins généralistes d’aborder sans gêne la question du cannabis avec les adolescents. L’objectif : faire baisser la consommation, en encourageant les adolescents à s’exprimer en consultation.

L’expérimentation CANABIC a été initiée à partir d’un constat simple : les médecins traitants n’osent pas discuter du cannabis avec leurs jeunes patients.

Pourtant, « Est-ce que tu fumes ? » ou « Qu’est ce que tu fumes ? » devraient être des questions abordées systématiquement et naturellement en consultation générale, soulignent les coordinateurs du projet.

(Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France. Environ 1,2 millions de français en fumeraient régulièrement. 24% des adolescents en consommeraient tous les mois, 3% tous les jours. (Source : AFP))

Selon une étude publiée dans la revue d’Epidémiologie et de Santé publique en 2011, seuls 8% des généralistes aborderaient ce sujetlors des consultations. Comme raisons, ils évoquent la gêne ou la peur d’être trop moralisateurs ou trop intrusifs. Pourtant, le médecin généraliste est le premier interlocuteur santé des adolescents.

Encourager la motivation et l’arrêt

Pour briser ce tabou, les chercheurs ont proposé à 150 généralistes d’Auvergne, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, de changer leurs réflexes. Entre 2012 et 2014, ces médecins ont reçu près de 750 patients âgés de 15 à 25 ans. La moitié des généralistes étaient invités à ne pas changer leurs habitudes, et l’autre moitié devait mettre en place un entretien systématique et bref sur la consommation de cannabis.

Pendant une année, le nombre de joints fumés chaque mois par les adolescents a été suivi. En parallèle, des sociologues ont cherché à savoir comment le dialogue s’est installé entre médecin et patient, et comment la démarche a fonctionné « humainement parlant ».

Les instigateurs de l’étude espèrent observer une baisse de 30% de la consommation.

Entretiens motivationnels

CANABIC se base sur une méthode bien connues des psychologues, inventée dans les années 80 : l’entretien motivationnel. Basé sur l’empathie du soignant, ce dialogue instaure une réflexion mutuelle entre médecin et patient. L’objectif est d’amener l’adolescent à trouver lui-même les arguments en faveur de l’arrêt de sa consommation. Une technique qui a déjà fait ses preuves à l’égard du tabac et de l’alcool.

Selon Catherine Laporte, coordinatrice du projet CANABIC interrogée par le Quotidien du Médecin, « la simple question – Est-ce que vous envisagez d’arrêter de fumer ? – provoque une baisse de 2% de la consommation de tabac. » La chercheuse estime que si l’intervention brève démontre son efficacité pour le cannabis, elle pourrait également fonctionner « avec le poids et les facteurs cardiovasculaires ».

Source : CANABIC: CANnabis and Adolescents: effect of a Brief Intervention on their Consumption–study protocol for a randomized controlled trial. C. Laporte et al, PubMed, janv. 2014

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Artérites au cannabis : trois nouveaux cas

Nous devons la communication de ces trois nouveaux cas à nos collègues de l’Hôpital d’instruction des armées BEGIN qui viennent de créer un nouveau journal  Research auquel nous sommes heureux d’ouvrir nos colonnes. Ces nouvelles observations s’ajoutent aux précédentes et confirment s’il en était besoin, la toxicité de l’usage répété du cannabis chez des sujets jeunes. L’article décrit en outre l’histoire de ces maladies et montre à l’aide de clichés, l’importance des lésions .

« Roulette russe dont le coup ne part que longtemps après avoir appuyé sur la gâchette (la queue de détente pour les spécialistes) » (JP Goullé dixit), les dégâts, tardifs, n’en sont pas moins importants et irréversibles. JP Tillement


 

L’artérite au cannabis est un sujet d’actualité en raison de l’augmentation régulière du nombre de consommateurs. Nous rapportons trois nouvelles observations chez des adultes jeunes. Nous avons la singularité de rapporter un cas d’artérite au cannabis chez une femme, une localisation aux membres supérieurs dans deux cas et une association au phénomène de Raynaud dans un cas. Une intoxication chronique au cannabis doit être recherchée devant toute artériopathie inhabituelle chez le sujet jeune.

Introduction

Décrit pour la première fois dans les années 1960, par Sterne et Ducastaing, à propos d’une série de 29 hommes d’origine marocaine, âgés de 25 à 35 ans, fumeurs de kif et qui présentaient des tableaux d’artériopathie distale sévère [1]. Le terme de cannabis arteritis a été utilisé pour décrire les conséquences vasculaires périphériques induites par les fortes doses de cannabis [2]. Disdier et al. [3] ont revisité ce vieux concept tout en rapportant une série de 10 patients qui ont développé une ischémie subaiguë et progressive des extrémités distales supérieures et inférieures conduisant à une nécrose des tissus et la gangrène. Les auteurs distinguaient ces artérites au cannabis de celles de la maladie de Buerger.

Artérites au cannabis : trois nouveaux cas Figure 1

Figure 1. Nécrose pulpaire du pouce droit.
Observations

Nous rapportons une série de trois observations d’artérites au cannabis chez des adultes jeunes. Cette série est singulière. Elle rapporte des cas rarement décrits : un cas d’artérite au cannabis chez une femme, une localisation aux membres supérieurs dans deux cas et une association au phénomène de Raynaud dans un cas. Ces malades avaient en commun une forte consommation de cannabis et un tabagisme modéré.

Observation n°1 : Une femme, âgée de 44 ans, présentait une nécrose pulpaire hyperalgique du pouce droit (figure 1). Elle n’avait pas d’hypertension artérielle. Elle avait un syndrome de Raynaud des deux mains. Les pouls radial et cubital droits étaient abolis. Le reste de l’examen clinique était sans anomalie. L’hémogramme, les examens lipidique et glucidique étaient normaux. La recherche de thrombophilie était négative. L’écho-Doppler artériel des membres supérieurs montrait un ralentissement du flux au niveau des artères digitales. L’artériographie montre une atteinte occlusive et segmentaire des artères digitales: artères hélicines (figure 2). L’échographie cardiaque, l’écho-Doppler pulsé des troncs supra-aortiques et des membres inférieurs et le holter électrocardiographique étaient normaux. La chirurgie était impossible du fait de la localisation distale de l’atteinte artérielle. L’arrêt du cannabis et du tabac, un traitement anticoagulant et des soins locaux ont permis une cicatrisation en 6 semaines de la nécrose pulpaire. Continuer à lire « Artérites au cannabis : trois nouveaux cas »

Le cannabis rend-il schizophrène ?

En 1988, une étude suédoise prouvait que la consommation de cannabis multipliait par 6 le risque de schizophrénie. Pour autant, le cannabinol, extrait de cannabis, est aujourd’hui prescrit à dose thérapeutique dans la prise en charge de la schizophrénie. Les patients atteints de ce trouble psychiatrique sont-ils plus sensibles aux effets du cannabis ? Les précisions du Pr Amine Benyamina, psychiatre et responsable de l’unité fonctionnelle d’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP).

« C’est un fait, beaucoup de patients schizophrènes fument des joints. Et inversement, beaucoup de consommateurs de cannabis souffrent de cette psychose », souligne le Pr Amine Benyamina. Mais le lien de cause à effet est difficile à confirmer. D’autant que la schizophrénie est complexe à diagnostiquer. « Dans certains cas, les symptômes sont clairement identifiés : hallucinations, bouffées délirantes. Mais le diagnostic est souvent moins évident. Des signes plus insidieux apparaissent comme l’apathie, un manque d’émotivité, des difficultés à s’organiser dans la vie de tous les jours, mais aussi des troubles de la concentration et de la mémoire.

Chez la majorité des patients atteints de schizophrénie, les premiers symptômes surviennent à l’âge le plus propice aux comportements addictifs, soit entre 15 et 25 ans. « C’est aussi la période où se fait la maturation cérébrale », confirme le Pr Benyamina.

Schizophrène avant d’être dépendant 

Première drogue illicite la plus consommée, le cannabis engendre de sévères dommages sur le plan cognitif. Conséquences, une consommation élevée et précoce de cannabis peut mener à la dépression, voire aux troubles de la personnalité. Et donc aggraver ces symptômes caractéristiques de la schizophrénie. En effet, chez un patient sujet à la schizophrénie, la consommation de cannabis amplifie le trouble, mais ne le provoque pas. « La prédisposition génétique a une rôle très important dans le déclenchement de cette pathologie ». D’autres facteurs de vulnérabilité sont clairement identifiés :

  • « La précocité de la consommation : un jeune qui commence à fumer du cannabis à 12 ans est davantage exposé au risque de développer une schizophrénie qu’à l’âge de 30 ans », explique le Pr Benyamina.
  • La qualité du cannabis : un jeune qui consomme du cannabis fortement dosé en tétrahydrocannabinol (THC), substance addictogène, a plus de risque de développer une schizophrénie.
  • bipolarité dans sa famille a plus de risque d’être touché à un certain degré par la schizophrénie

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Cannabis au volant : un nouveau test salivaire bientôt expérimenté

Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue sera expérimentée sur les conducteurs dans dix départements français entre décembre 2014 et juin 2015.

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA
Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

CONDUCTEURS. Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue va être expérimentée sur les conducteurs à partir du 1er décembre dans dix départements dont Paris, a annoncé mardi 21 octobre la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).

Se passer du prélèvement sanguin

« Actuellement, la recherche de stupéfiants chez les conducteurs relève d’un protocole long et coûteux » avec un test salivaire puis un prélèvement sanguin effectué par un médecin et transmis ensuite à un laboratoire pour analyse, explique la MILDECA dans un communiqué.

La nouvelle technique vise à se passer du prélèvement sanguin en le remplaçant par un deuxième test salivaire, effectué par les forces de l’ordre, beaucoup moins lourd et coûteux à mettre en place.

DÉPARTEMENTS. Les tests seront menés du 1er décembre 2014 au 1er juin 2015 sur 200 conducteurs volontaires au total dans les Alpes-Maritimes, en Dordogne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Moselle, dans le Nord, la Haute-Savoie, les Yvelines et Paris.

En août dernier, Jean-Robert Lopez, le délégué interministériel à la sécurité routière, avait précisé que ce test, se présentant sous la forme d’un petit bâtonnet, « devrait permettre de pratiquer davantage de dépistages sur le bord de la route », en rappelant que dans 4 % des cas d’accidents, l’usage de stupéfiants est le facteur principal.

ACCIDENTS. Le cannabis multiplie par deux le risque d’accident mortel, selon l’étude « Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière » (SAM) financée par le Ministère de la Santé. De plus, la consommation conjointe de cannabis et d’alcool (effective chez 40% des conducteurs positifs au cannabis) entraîne une cumulation des effets, et une multiplication des risques : le conducteur positif au cannabis et à l’alcool multiplie ainsi par 14 le risque d’être responsable d’un accident mortel.

144.000 dépistages de drogue contre 10.8 millions de tests d’alcoolémie

« L’objectif c’est de rendre la procédure plus simple et d’éviter au conducteurs et aux forces de l’ordre de passer la nuit aux urgences » pour y effectuer un prélèvement sanguin, a expliqué à l’AFP Danièle Jourdain Menninger, présidente de la MILDECA.

« Beaucoup de jeunes découvrent après un accident que les substances prises atténuent leur vigilance », dit la présidente de la MILDECA, précisant que seulement 144.000 dépistages de stupéfiants sont effectués chaque année en France contre 10,8 millions de tests d’alcoolémie.

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole.

« L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) etl’Institut national de police scientifique (INPS) seront chargés d’analyser les prélèvements qui seront fournis par les forces de l’ordre », annonce la MILDECA.

« Les résultats obtenus permettront d’établir la fiabilité du nouveau protocole, avant sa généralisation », est-il ajouté.

AUTOTESTS. Des tests permettant l’auto-dépistage du cannabis sont en vente depuis février dernier dans les bureaux de tabac, au tarif de 3,50 euros. Chaque test se présente sous la forme d’une bandelette qui permet de détecter le tétrahydrocannabinol, plus connu sous le nom de THC, la substance psychoactive du cannabis. Quelques gouttes d’urines et quelques minutes suffisent à détecter une consommation de cannabis.

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