Cannabis au volant : un nouveau test salivaire bientôt expérimenté

Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue sera expérimentée sur les conducteurs dans dix départements français entre décembre 2014 et juin 2015.

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA
Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

CONDUCTEURS. Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue va être expérimentée sur les conducteurs à partir du 1er décembre dans dix départements dont Paris, a annoncé mardi 21 octobre la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).

Se passer du prélèvement sanguin

« Actuellement, la recherche de stupéfiants chez les conducteurs relève d’un protocole long et coûteux » avec un test salivaire puis un prélèvement sanguin effectué par un médecin et transmis ensuite à un laboratoire pour analyse, explique la MILDECA dans un communiqué.

La nouvelle technique vise à se passer du prélèvement sanguin en le remplaçant par un deuxième test salivaire, effectué par les forces de l’ordre, beaucoup moins lourd et coûteux à mettre en place.

DÉPARTEMENTS. Les tests seront menés du 1er décembre 2014 au 1er juin 2015 sur 200 conducteurs volontaires au total dans les Alpes-Maritimes, en Dordogne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Moselle, dans le Nord, la Haute-Savoie, les Yvelines et Paris.

En août dernier, Jean-Robert Lopez, le délégué interministériel à la sécurité routière, avait précisé que ce test, se présentant sous la forme d’un petit bâtonnet, « devrait permettre de pratiquer davantage de dépistages sur le bord de la route », en rappelant que dans 4 % des cas d’accidents, l’usage de stupéfiants est le facteur principal.

ACCIDENTS. Le cannabis multiplie par deux le risque d’accident mortel, selon l’étude « Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière » (SAM) financée par le Ministère de la Santé. De plus, la consommation conjointe de cannabis et d’alcool (effective chez 40% des conducteurs positifs au cannabis) entraîne une cumulation des effets, et une multiplication des risques : le conducteur positif au cannabis et à l’alcool multiplie ainsi par 14 le risque d’être responsable d’un accident mortel.

144.000 dépistages de drogue contre 10.8 millions de tests d’alcoolémie

« L’objectif c’est de rendre la procédure plus simple et d’éviter au conducteurs et aux forces de l’ordre de passer la nuit aux urgences » pour y effectuer un prélèvement sanguin, a expliqué à l’AFP Danièle Jourdain Menninger, présidente de la MILDECA.

« Beaucoup de jeunes découvrent après un accident que les substances prises atténuent leur vigilance », dit la présidente de la MILDECA, précisant que seulement 144.000 dépistages de stupéfiants sont effectués chaque année en France contre 10,8 millions de tests d’alcoolémie.

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole.

« L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) etl’Institut national de police scientifique (INPS) seront chargés d’analyser les prélèvements qui seront fournis par les forces de l’ordre », annonce la MILDECA.

« Les résultats obtenus permettront d’établir la fiabilité du nouveau protocole, avant sa généralisation », est-il ajouté.

AUTOTESTS. Des tests permettant l’auto-dépistage du cannabis sont en vente depuis février dernier dans les bureaux de tabac, au tarif de 3,50 euros. Chaque test se présente sous la forme d’une bandelette qui permet de détecter le tétrahydrocannabinol, plus connu sous le nom de THC, la substance psychoactive du cannabis. Quelques gouttes d’urines et quelques minutes suffisent à détecter une consommation de cannabis.

Source

Publicités