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Australie : en seulement 1 an le paquet neutre fait chuter le tabagisme de 5%!

Australie Paquet de tabac

Il y a un an l’Australie durcissait sa législation sur le tabac, interdisant tout signe de reconnaissance marketing sur les paquets de tabac en votant une nouvelle loi, l’Australia’s Tobacco Plain Packaging Act; tous les paquets se ressemblent dorénavant et n’ont plus rien d’attractif : entre les blocs de texte avertissant des dangers du tabac et les photos en montrant les conséquences, le fond est kaki ou noir. La marque est devenue pratiquement invisible. L’industrie du tabac a tout fait pour bloquer cette loi. Pour cela, elle a du dévoiler l’étendue de ses compromissions: Elle s’est tout d’abord opposée à la loi en Australie auprès de la Haute Cour, un combat judiciaire qu’elle a perdu en 2012. Elle a poursuivit ses attaques auprès de l’OMC en amenant l’Ukraine, le Honduras, la République Dominicaine, Cuba, et l’Indonésie à porter plainte contre l’Australie pour atteinte aux droits des marques et aux droits commerciaux. Un rejet de ces plaintes permettra au paquet neutre de s’étendre et évitera des milliers de décès.

Un an après son implémentation, le succès est au rendez-vous, de manière rapide et non couteuse : en effet depuis cette dernière loi le tabagisme a chuté de 5% dans ce pays où il déjà moins de 20% de la population fume (3,5 millions de fumeurs). Le bureau des statistiques confirme une réduction de 4,9% de la consommation de tabac, une chute qui se confirme au premier trimestre avec un nouveau recul de -7,6%, une tendance encourageante.

Le paquet neutre est seulement une des mesures anti-tabac prise en Australie ; en magasins les paquets de cigarettes doivent en plus être cachés derrière des volets métalliques fermés. Il est venu renforcer un prix élevé (23 dollars pour un paquet de Marlboro de 20 cigarettes) et des interdictions classiques de consommation dans les lieux publics.

Effrayée de voir le paquet neutre gagner les autres pays (il est régulièrement évoqué en France depuis des années), l’industrie du tabac voudrait que cette initiative soient jugée inefficace : aussi elle affirme, malgré les statistiques officielles, que les ventes de tabac n’ont jamais été aussi bonnes en Australie et que le volume des ventes sont les meilleurs depuis 10 ans, des affirmations difficiles à croire, d’autant plus qu’elle refuse de diffuser ses chiffres.

Les prochains pays à durcir leur législation seront probablement l’Irlande, l’Angleterre et la Nouvelle Zélande

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La montée en puissance des nouvelles drogues de synthèse inquiète l’Europe

Paris, France — Pour l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), le problème de la drogue est « de plus en plus complexe ». En effet, la relative stabilité de la situation concernant les drogues « classiques » masque une réalité bien moins réjouissante : la diffusion de nouvelles drogues de synthèse est en plein développement. L’arrivée de nouvelles substances psychoactives, dites « legal highs », et leur mode de diffusion via Internet, rend leur surveillance très ardue. Et si les drogues bien « implantées » marquent le pas, « certains signes montrent que l’ecstasy et le cannabis vendus dans la rue sont de plus en plus fortement dosés » s’inquiète la Commissaire européenne aux affaires intérieures,Cecilia Malmström. En outre, le rapport met en avant des disparités concernant les pratiques et la dangerosité des drogues entre les différents pays étudiés [1,2].

Nouvelles substances psychoactives : l’Europe prise de vitesse

Premier constat : la rapidité avec laquelle les nouvelles substances psychoactives (NPS ou « nouvelles drogues ») arrivent sur le marché en Europe ne décroît pas et prend de vitesse les systèmes d’alertes précoces de l’Union Européenne. Le rapport de l’OEDT évoque « une pression croissante, due au volume et à la diversité des substances apparaissant sur le marché » et pour cause : en 2013, 81 nouvelles drogues ont été signalées pour la première fois, et près de 250 nouvelles substances ont été identifiées au cours des 4 dernières années.

Ces nouvelles substances psychoactives non réglementées par le droit international peuvent être produites dans des laboratoires clandestins en Europe mais proviennent le plus souvent de Chine et d’Inde sous forme de poudre. Elles sont ensuite transformées, emballées et vendues sur le marché en Europe en tant que « legal highs » (euphorisants légaux). Ces produits sont vendus pour remplacer les drogues qu’ils sont destinés à imiter (mais pourraient s’avérer encore plus nocifs que celles-ci), à savoir le LSD (hallucinogène), la morphine (opiacé), la cocaïne (stimulant) et la kétamine (un médicament aux propriétés analgésiques et anesthésiques). Difficulté supplémentaire pour les instances européennes, ces substances apparaissent « sous la forme de poudres apparemment inoffensives, conditionnées dans des emballages de petite taille, faciles à transporter, qui peuvent contenir en réalité des milliers de doses individuelles ».

Parmi ces nouvelles substances de synthèse, se trouvent des cannabinoïdes mais aussi des dérivés de la cathinone (stimulants) dont la méphédrone (soumise à des mesures de contrôle dans l’UE depuis 2010), la MDPV (dont le risque a été évalué en avril 2014) et la pentédrone.

Les modes de prise évoluent elles aussi. Sniffées lorsqu’elles se présentent sous forme de poudre ou avalées sous forme de comprimés, les cathinones de synthèse sont aussi désormais prises par injection.

Cette pratique n’est pas répandue partout en Europe, mais elle tend à se généraliser dans certains pays, comme la Hongrie et la Roumanie où une étude des programmes d’échange de seringues, menée à l’échelle nationale, a révélé qu’en 2012, les cathinones étaient la principale drogue injectée pour 36 % des usagers.

Autre nouveauté : l’injection de cocktails de drogues illicites (par exemple des cathinones mélangées à de la méthamphétamine) lors de « rencontres sexuelles chimiques » (chem sex parties). Cette nouvelle pratique, associée à des conduites sexuelles à risque, a été observée dans certaines grandes villes et dans certaines populations homosexuelles.

Cannabis : des teneurs plus fortes en THC

« L’Europe est de longue date l’un des principaux marchés au monde pour la consommation de cannabis » et c’est aussi « la drogue qui polarise le plus l’opinion publique ». Selon les estimations, la consommation d’herbe de cannabis (« marijuana ») serait en passe de dominer celle de résine (« haschisch ») et la production serait de plus en plus « locale » – les plantations de cannabis découvertes en Europe se multiplient.

Les préoccupations des autorités portent sur la concentration en THC (le principe actif du cannabis), « la teneur en principe actif des deux formes de cannabis augmente depuis 2006, des augmentations particulièrement importantes de cette teneur ont été observées pour la résine entre 2011 et 2012 ».

Héroïne : remplacée par d’autres substances, telles que les opiacés de synthèse

En ce qui concerne l’héroïne, les données les plus récentes sur les demandes de traitement et les saisies en Europe font état d’une tendance à la baisse concernant la consommation et la disponibilité de cette drogue. D’ailleurs, le nombre de consommateurs entrant en sevrage pour la première fois a chuté, de même que le nombre de saisies. Le souci, c’est le remplacement de l’héroïne par d’autres substances, telles que les opiacés de synthèse. « Produits de manière illégale ou détournés de sources médicales, ces derniers comprennent des fentanyls extrêmement puissants et des substances utilisées dans les traitements de substitution aux opiacés (TSO) (par ex. méthadone, buprénorphine haut dosage). En 2012, 17 pays ont indiqué que pour plus de 10 % des personnes prises en charge pour la première fois concernant un problème lié à leur consommation d’opiacés, le produit en cause n’était pas de l’héroïne » précise le communiqué.

Stimulants : cocaïne stable ou en baisse, mais inquiétudes concernant la méthamphétamine et laMDMA

A l’image des autres drogues « classiques », la cocaïne serait moins consommée en Europe : 11 des 12 pays ayant réalisé une enquête entre 2011 et 2013 signalent une chute de la prévalence parmi les jeunes adultes âgés de 15 à 34 ans. Néanmoins, la disponibilité et la consommation de méthamphétamine suscitent des inquiétudes. Historiquement basse en Europe et principalement limitée à la République tchèqueet à la Slovaquie, elle semble à présent s’étendre (par exemple en Allemagne). Des signalements inquiétants en provenance du sud-est de l’Europe (Grèce, Chypre, Turquie) font état d’un « problème limité mais émergent, qui risque de s’étendre dans les populations vulnérables ».

Autre source d’inquiétudes : la réémergence de poudres et pilules d’ecstasy fortement dosées en MDMA (principe actif de l’ecstasy) qui ont conduit l’office de police criminelle intergouvernemental Europol et l’Observatoire européen des drogues à publier une mise en garde commune.

Baisse globale des décès mais de fortes disparités nationales

Au chapitre des bonnes nouvelles, l’OEDT note une baisse globale des décès liés à la consommation de drogues. Au total, environ 6 100 décès par surdose, principalement liés aux opiacés, ont été signalés en Europe en 2012, contre 6 500 cas enregistrés en 2011 et 7 100 cas rapportés en 2009. Pour l’Observatoire, ces progrès sont à mettre pour partie sur le compte de l’intensification des traitements et de la politique de réduction des risques (par ex. les traitements de substitution aux opiacés). Mais là encore, l’apparente bonne nouvelle (tout du moins encourageante) à l’échelle européenne ne doit pas masquer les fortes disparités nationales. Si le taux moyen de mortalité due à des surdoses en Europe est estimé à 17 décès par million d’habitants âgés de 15 à 64 ans, des taux supérieurs à 50 décès par million d’habitants ont été signalés dans cinq pays. Les taux les plus élevés sont observés dans l’Europe du nord, l’Estonie (191 décès par million) en tête, suivie par la Norvège (76 décès par million), l’ Irlande (70 décès par million), laSuède (63 décès par million) et la Finlande (58 décès par million).

 

Internet et la drogue : le meilleur et le pireAvec Internet, tout devient possible : se faire livrer de la drogue comme on commande une paire de chaussures (ou presque) et se faire aider dans son sevrage.

Côté sombre : le réseau prend une part de plus en plus importante dans la structuration du marché des nouvelles substances psychoactives. En 2013, l’Observatoire européena identifié quelque 650 sites web commercialisant ces substances à destination des Européens. Mais c’est sans compter le « darknet », la face cachée du web. Ces réseaux clandestins en ligne (permettant, en théorie, la communication anonyme et l’absence de traçabilité et auxquels on accède par des routeurs spécifiques type TOR) font la joie des cyberdealers et constituent un défi en matière de répression pour les (cyber)douaniers [3].

Côté clair : Internet est aujourd’hui reconnu comme un moyen permettant de proposer des programmes d’éducation, de prévention et de traitement en rapport avec la consommation de drogues et d’alcool. L’IBDT (pour Inter-based drug treatment ) se fonde sur une série de techniques psychosociales éprouvées et les intègre dans un nouveau mécanisme d’offre basé sur Internet. « Bien que la protection des données et l’anonymat soient d’importants points de préoccupation, ce type d’aide offre certains avantages. Il permet notamment de couvrir une plus grande zone géographique, offre un accès aux usagers que les services spécialisés ne pourraient pas atteindre autrement et garantit une assistance plus immédiate (pas de temps d’attente). Par leur développement, les programmes IBDT peuvent constituer un complément utile aux services traditionnels de traitement, offrant de nouveaux moyens de s’engager auprès des usagers de drogues qui ont besoin d’aide » nous apprend l’OEDT.

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Le tabagisme, même passif, rend sourd

La cigarette contribuerait de manière significative à la baisse de l’audition dans le monde, selon une étude anglaise.

Largement accusé, à raison, d’altérer le goût et l’odorat, le tabac agit de manière moins connue sur notre ouïe. Qu’ils soient fumeurs actifs ou passifs, les hommes et femmes exposés à la fumée de cigarette auraient un risque de perte auditive supérieur d’environ 30 % par rapport aux non-fumeurs, conclut une étude de l’université de Manchester publiée le 28 mai dans JARO .

Les chercheurs se sont appuyés sur les tests auditifs et les questionnaires de 164.770 personnes, issus d’une banque de données médicales britannique, UK Biobank, portant sur des hommes et des femmes âgées de 40 à 69 ans, représentatifs de la population du Royaume-Uni. Les résultats confirment à grande échelle les études précédentes en dénombrant en moyenne 30 % de personnes supplémentaires atteintes de surdité parmi les fumeurs. Elle établit aussi un lien direct entre le risque de perte auditive et la quantité de tabac consommée.

Plus inquiétant, ils révèlent surtout que le tabagisme passif est presque aussi néfaste que fumer directement. Pour des personnes exposées à la fumée de cigarette entre 2 et 9 heures par semaine, le risque est accru de 28 %. Et il s’élève de 39 % pour un contact supérieur à 10 heures.

Des mécanismes mal connus

«Il est pertinent de soulever les dangers du tabagisme passif pour alimenter le débat sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics», estime pour le Figaro le Dr Piers Dawes du département de psychologie de l’université de Manchester, auteur principal de l’étude. «Si nous parvenons à minimiser l’exposition à la fumée de cigarette, nous devrions mesurer une diminution de la surdité de la population.»

L’étude ne permet pas de conclure sur la cause des effets néfastes du tabac sur l’oreille, mais les auteurs soulignent que les résultats «suggèrent que les produits contenus dans le tabac pourraient avoir une influence toxique directe sur l’audition». Ils rappellent aussi que le tabac agit de manière indirecte sur l’audition, via ses effets sur le système vasculaire. La nicotine contenue dans les cigarettes est un vasoconstricteur – elle provoque un rétrécissement des vaisseaux -, et nuit ainsi à l’irrigation de l’oreille interne.

«Notre étude révèle aussi que la réduction du tabagisme semble faire diminuer les risques de perte auditive. Arrêter de fumer pourrait même les éliminer», ajoute le Dr Dawes. Une information motivante supplémentaire pour les fumeurs: il n’est jamais trop tard pour arrêter. Source

Le cannabis thérapeutique, un leurre au service de la dépénalisation

Costentin Photo

Paris, le samedi 7 juin 2014 –

Il y a un an, quasiment jour pour jour, paraissait au Journal officiel un décret abrogeant l’impossibilité en France d’avoir recours au cannabis, en vue d’un usage thérapeutique. Sous l’égide de cette nouvelle réglementation « les médicaments contenant des dérivés du cannabis vont pouvoir demander des autorisations de mise sur le marché » expliquait à l’époque le ministère de la Santé. Six mois plus tard, on apprenait qu’après l’avis favorable de l’Europe à l’homologation en France du Sativex (composé de delta-9-tétrahydrocannabinol et de cannabidiol), l’autorisation de mise sur le marché français lui avait été accordée. Si des discussions sont encore en cours concernant la version définitive de l’Autorisation de mise sur le marché (AMM), il est désormais quasi certain que ce médicament déjà disponible dans 23 pays dont dix sept états Européens sera bientôt accessible en France. Son utilisation devrait cependant être accompagnée d’importantes précautions (la réglementation appliquée devrait être là même que celle des traitements à base d’opiacés) et d’une surveillance très stricte.

Cependant, ces mesures ne sont pas suffisantes pour rassurer ceux qui s’opposent à une telle évolution et d’une manière globale à l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques, sous n’importe quelle forme. Le professeur de pharmacologie Jean Costentin, spécialiste des addictions et membre des Académies de médecine et de pharmacie y voit en effet une dérive dangereuse. Dans un exposé très complet, s’intéressant une nouvelle fois au mécanisme d’action du tétrahydrocannabinol, il souligne non seulement que le rapport bénéfice/risque du cannabis thérapeutique est très défavorable, mais aussi que l’autorisation du cannabis thérapeutique est une étape vers la dépénalisation, perspective dont il a déjà signalé, y compris dans nos colonnes, combien elle serait dangereuse à ses yeux.

Par le professeur Jean Costentin*

Sous des pressions idéologiques, dans une démarche concertée avec d’autres visant à la dépénalisation du cannabis (préalable à sa légalisation), par une évidente démagogie, le ministère de la Santé vient, après le désastreux signal de l’autorisation des « salles de shoots » pour les toxicomanes, de prendre un décret visant à autoriser le cannabis à des fins thérapeutiques.
Cet exposé, conçu à l’intention des patients atteints de sclérose en plaques et des personnes qui leur sont proches, prendra particulièrement en considération ce contexte pathologique, mis en exergue, pour tenter de justifier un usage thérapeutique de ce cannabis.

Il est vrai que son principe actif majeur, le tétrahydrocannabinol (THC) agit, modestement mais sûrement, sur trois composantes pathologiques de la S.E.P. :
– son effet immunodépresseur, qui pourrait diminuer l’agressivité du processus auto-immun, par lequel l’organisme fabrique des anticorps dirigés contre la gaine de myéline des nerfs ; ce qui détermine la démyélinisation, qui trouble leur conduction ;
– son effet myorelaxant, pour réduire les spasmes et autres contractures que l’affection peut susciter ;
– son effet analgésique, pour réduire l’intensité des douleurs suscitées par les précédentes contractures.
Présenté ainsi on serait tenté de conclure à une heureuse conjonction d’effets, justifiant le recours au THC dans la S.E.P., d’autant que certains patients qui en ont « bénéficié » ne tarissent pas d’éloges à cet égard.

Un effet antalgique équivalent à celui du paracétamol

Notons tout d’abord qu’il s’agit d’une drogue, d’un agent toxicomanogène et qu’ainsi celui/celle qui s’en approche pendant un certain temps en devient dépendant ; il ne supporte plus d’en être privé, ce qui peut expliquer l’apologie démesurée qu’il fait du produit de son addiction.
Soulignons ensuite que si les trois effets revendiqués sont, à un certain degré, vérifiables, ils sont quantitativement modestes. Chacun d’eux est d’une intensité très inférieure à celle des médicaments de référence utilisés en cette matière.

L’effet immunodépresseur ou immunomodulateur des sérums anti lymphocytaires d’antan, des imurel, méthotrexate, mitoxantrone, chlorambucil, des doses élevées de glucocorticoïdes, ou des interférons, l’emporte de très loin sur ceux du THC.

De même l’effet myorelaxant, l’effet antispastique, du THC est bien faible comparé à celui du tétrazépam  (Myolastan®, qui vient  pourtant d’être retiré du marché en raison de très rares mais parfois graves accidents cutanés), du baclofène (Liorésal®) ou du dantrolène (Dantrium®). Quant à l’effet antalgique du THC il se situe entre celui du paracétamol et celui de l’aspirine, bien en deçà de ceux de la codéine ou du tramadol.

Un rapport bénéfices/risques très défavorable

Ce qui qualifie un médicament, relativement à un toxique (poison) c’est son rapport bénéfices/risques ; quels bénéfices peut on espérer que le patient en retirera vis-à-vis de sa pathologie et quels risques il encourra en l’utilisant. Avec le THC, comme on vient de le dire, les bénéfices seront  modestes, alors que les risques seront, eux, nombreux et parfois graves. Les méfaits du THC sont multiples, à la mesure du grand nombre et du caractère diffus des deux cibles principales de son action, les récepteurs CB1 (au niveau cérébral) et CB2 (au niveau du corps). Ces récepteurs, auquel le THC se fixe réversiblement pour agir, sont portés par la membrane des cellules. Ils constituent des sortes de guichets, auxquels le THC vient s’adresser pour communiquer des ordres aux cellules qui les portent. Dans le cerveau, de tous les types connus de récepteurs (au nombre de plus de trois cents) à l’écoute de la centaine de types de neuromédiateurs impliqués dans les dialogues entre les cellules, les récepteurs CB1 sont les plus nombreux ; ils sont présents dans presque toutes les structures cérébrales, quoique certaines structures, telles le cervelet, le striatum, l’hippocampe, en comportent beaucoup plus que d’autres. C’est pour cette raison que le THC suscite simultanément un très grand nombre d’effets. Ce seul constat l’invalide déjà comme médicament. C’en est fini, depuis longtemps, des thériaques, panacées et des « sirops Typhon ». A un médicament  correspond un effet majeur, à la rigueur on tolère quelques effets latéraux, mais point trop n’en faut. Dans la multiplicité d’effets suscités par le THC, nous mettrons en exergue quelques uns d’entre eux :
– Le THC induit une ivresse, une ébriété, incompatible avec la conduite des engins à moteur ou avec l’exercice d’un certain nombre de professions.
– Il induit des troubles de l’équilibre et de la coordination motrice ; ce qui est particulièrement malencontreux chez ceux dont la pathologie expose déjà à ces troubles.
– Il affecte la mémoire à court terme / la mémoire de travail / la mémoire opérationnelle / working memory ; ce qui perturbe l’action, sa programmation, sa réalisation ; ce qui empêche également de forger une mémoire à long terme.
– Le THC peut susciter des délires (état de rêve éveillé, pensées coupées du réel) ainsi que des hallucinations (perceptions erronées, fallacieuses).
– Il ouvre l’appétit (orexigène), or un accroissement de la consommation de nutriments, coïncidant avec une diminution de la dépense énergétique (qui résulte des effets sédatifs du THC mais aussi, chez un patient présentant un handicap moteur, d’une limitation de l’exercice), aura pour conséquence une prise de poids, parfois importante. Outre qu’elle pourra altérer l’esthétique du patient, elle rendra sa mobilisation plus difficile, tant pour lui que pour ceux qui l’assistent.
– Le THC induit des troubles de l’équilibre, des troubles de la coordination motrice, une dysmétrie. Ce tableau ressemble au syndrome cérébelleux qui est une expression fréquente de la S.E.P. ; le THC ainsi l’aggravera.
– Dans cette S.E.P., où le patient a spécialement besoin d’un psychisme équilibré  pour affronter le handicap qui lui est infligé, l’effet stupéfiant, onirogène, l’effet « planète » du cannabis, l’amènent dans un état d’ivresse, apragmatique, avec des rires bêtes, immotivés, des troubles de l’élocution, avec la recherche du mot, le passage du coq à l’âne, avec une  distorsion de la personnalité, une perte de l’estime de soi, un renoncement, une négligence, un retrait social…
– Le THC, en diminuant la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone, diminue la libido, ce qui peut aggraver les troubles de cette nature, fréquents chez les patients atteints de S.E.P.
– Enfin, des données récentes (portant il est vrai sur le cannabis fumé et non pas le seul THC), montrent sa toxicité cardio-vasculaire, avec des artérites, le déclenchement d’infarctus du myocarde, la survenue d’accidents vasculaires cérébraux…

Un bricolage pharmacologique

Mal à l’aise pour commercialiser le THC en tant que médicament, un laboratoire pharmaceutique l’a associé au cannabidiol. Il est prêté à cet autre composant du chanvre indien, au mécanisme d’action mal connu, le pouvoir de potentialiser les effets recherchés du THC, et de relativiser ses effets les plus délétères. En l’état, ce Sativex®, qui s’administre en spray nasal, apparaît au pharmacologue rédacteur de ce texte, comme un « bricolage », loin des démarches rigoureuses qui président désormais au développement de vrais et nouveaux médicaments.
La pharmacocinétique correspond à l’étude du devenir de la molécule thérapeutique dans l’organisme. Celui du THC est singulier, du fait de son exceptionnelle solubilité dans les lipides/graisses de l’organisme. De ce fait le THC s’attarde des semaines dans l’organisme. Parmi tous les médicaments connus, seule l’amiodarone (un anti-angoreux, anti-arythmique) connaît un tel stockage et une telle rémanence d’effet ; ce qui n’est pas du tout considéré comme un avantage, et complique les choix posologiques.

Les interactions du THC avec d’autres médicaments sont nombreuses et parfois importantes. Il potentialise les effets des divers agents sédatifs/psycholeptiques (benzodiazépines si largement utilisées, antihistaminiques sédatifs, méprobamate, divers médicaments psychotropes…) sans oublier son association très détériorante avec l’alcool. Il interagit encore avec un système de résorption et d’excrétion cellulaire de différents médicaments (la glycoprotéine P).

Autorisation du cannabis à des fins thérapeutiques, dépénalisation et légalisation : même combat

On aurait pu commencer par là, mais nous avons gardé le pire pour la fin. Le THC est une drogue, un agent toxicomanogène, donc une substance génératrice d’une pharmacodépendance, d’une addiction. Son utilisation répétitive aboutit non seulement à l’adopter mais aussi à ressentir le besoin tyrannique de le consommer pour échapper aux troubles associés à sa privation. Son pouvoir d’accrochage est intense. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater qu’en dépit de son caractère illicite le cannabis recrute déjà dans notre pays 1 600 000 usagers réguliers qui, ainsi, en usent régulièrement en raison de leur incapacité à s’en passer.
Après avoir éprouvé dans les premières semaines de son usage des effets anxiolytiques et même de type antidépresseur, qui contribuent au développement de l’appétence qu’il suscite,  ces effets s’amenuisent au fil du temps, au point que l’anxiété deviendra plus vive qu’elle n’était primitivement et que l’humeur pourra devenir franchement dépressive, voire suicidaire ; dans le contexte de la S.E.P. ces troubles sont particulièrement malencontreux.
On voit ainsi que dans une des principales pathologies où le cannabis/THC a des prétentions thérapeutiques, les bénéfices escomptés sont d’une grande modestie, alors que les risques encourus, curieusement occultés, peuvent être considérables.
Les lobbies prônant la légalisation du cannabis sont à la manœuvre dans de nombreux pays ; ils ont obtenu gain de cause dans quelques uns d’entre eux ; soit par l’autorisation du recours au cannabis à des fins thérapeutiques, soit en obtenant la dépénalisation de l’usage ludique du cannabis, soit même la légalisation de cette drogue (Uruguay). Ce sont trois stades d’une même démarche. En France, quelques addictologues avancent à visage découvert, en se faisant tonitruants dans chacune de ces strates en vue de sa légalisation (ainsi l’ANPAA, acronyme d’« Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie », cherchez l’erreur !).

Un décret fumeux

Le décret précité du ministère de la Santé s’inscrit au cœur d’une campagne apparemment concertée des tenants de la légalisation de cette drogue (déclaration de la ministre du logement ; déclaration du ministre de l’éducation nationale, dépôts en préfecture des statuts d’association loi 1901 de « cannabis social clubs » ; relais médiatiques ne tendant  leurs micros qu’aux prosélytes de cette drogue…). Ce décret a été précipité. Il a même pris de cours une commission d’étude de l’Assemblée Nationale, qui allait se réunir à l’instigation d’un ancien ministre de l’intérieur (pro-légalisateur). Il n’a tenu aucun compte des opinions très négatives exprimées par l’Académie nationale de médecine, ainsi que celle de pharmacie, qui réunissent les meilleurs experts nationaux cliniciens, pharmacologues et toxicologues sur ce sujet. L’urgence semblait telle que ce décret prenait effet dès le lendemain de sa publication au J.O.  Ce décret a été rédigé d’une façon bâclée, puisqu’il fait mention « du cannabis et de ses dérivés », comme si une plante avait des dérivés ; il voulait sans doute parler des composants (on pensait que les textes ministériels étaient plus sérieusement rédigés) ; enfin, tel qu’il est rédigé, ce décret valide la presque centaine de dérivés cannabinoïdes  (pour le cas où il n’envisagerait que ceux-ci) que peut recéler cette plante. On est confondu par une telle globalisation, qui devra figurer dans les annales de ce ministère…

Au total, la santé de nos concitoyens vaut beaucoup plus que ces manœuvres, pétries d’une idéologie que leurs défenseurs ne prennent même pas la peine de travestir. Quant à autoriser comme médicament une drogue, dont on connaît, avant sa commercialisation, les multiples et parfois très graves méfaits (par exemple le risque de décompensation ou d’aggravation d’une psychose ; ou l’effet désinhibiteur avec auto ou hétéro agressivité…), a quelque chose de surréaliste. Cette aberration intervient à une période où l’on élimine à tout va de la pharmacopée des médicaments qui y avaient droit de cité depuis des dizaines d’années, estimant, avec le recul du temps, que leurs rapports bénéfices/risques apparaissent désormais insuffisants…Logique, cohérence, rigueur, science et épidémiologie ont manifestement déserté la santé publique !

* Professeur émérite de pharmacologie
Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie expérimentale associée au CNRS (1984-2008) ; directeur de l’unité de Neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2010) ;
Membre titulaire des académies nationales de Médecine  et de Pharmacie ;
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les toxicomanies (C.N.P.E.R.T., depuis 2007).

 

Castelsarrasin. Humour et dérision pour lutter contre la consommation de cannabis

«Tu fumes pas, tu bois pas, c’est quoi comme vacances, ça ?» L’ambiance est vite créée, émaillé de passages d’ironie, le discours n’est ni moralisateur, ni culpabilisant : il s’agit avant tout de sensibiliser les jeunes aux dangers du cannabis, entre autres. Née en 1993, la compagnie le Trimaran présente des spectacles éducatifs fondés sur la prévention pendant une dizaine d’années avant de s’engager dans une palette bien plus large d’activités centrées sur des activités ludiques ou récréatives naviguant sur les thèmes de la citoyenneté, de la prévention des addictions, de la lecture, du traitement de situations conflictuelles, de la solidarité et de la lutte contre les discriminations. Aujourd’hui, ce sont les comédiens Christophe Cousteix et Arnaud Coutancier qui mènent la danse.

À l’appel de Mustapha El Kifani, conseiller principal d’éducation et d’Amandine Tricot, infirmière scolaire du lycée, ils viennent présenter leur animation devant une cinquantaine d’élèves de seconde. «Cette séquence s’inscrit dans les programmes, précise le C.P.E., qui prévoient tout le long de la scolarité la délivrance d’une information sur les conséquences de la consommation de drogues, notamment dans leurs effets neuropsychiques».

Devant un superbe décor aux résonances psychédéliques créé par Marie Violet, les deux comédiens déroulent la première partie du programme : une demi-heure d’explications générales dites par l’un d’eux, entrecoupées par les interventions humoristiques de l’autre, qui provoquent l’hilarité du jeune public et lui permettent d’appréhender plus facilement le discours théorique. Les élèves sont interpellés, mis en cause mais aussi mis en valeur par un dialogue scène-public qui les tient en haleine et retient leur attention. Un exposé minutieusement brodé d’humour, un exposé drôle : le message passe.

Après ce mini-spectacle, c’est au tour des jeunes de se mobiliser sur le devant de la scène et quatre d’entre eux, après un casting rapide et amusant, vont jouer devant leurs camarades une saynète où la consommation de stupéfiants est mise en situation, tournée en dérision. Ces comédiens talentueux ont délivré des enseignements nourris de rires et de bonne humeur, et ils ont également fait preuve d’un véritable talent pédagogique. «On s’attendait, déclare Wahid Habri, lycéen, à ce que ce soit drôle, on n’a pas été déçu».

Bac 2014 : Fumer du cannabis diminue vos chances de réussite

Fumer un joint entre deux épreuves pour se détendre : la fausse bonne idée ? C’est malheureusement exact selon Alain Dervaux, professeur au service d’addictologie de l’hôpital Sainte-Anne à Paris. Et pour cause : le principe actif du cannabis, le THC, se fixe en effet sur les graisses du corps, les lipides, et se trouve évacué en même temps qu’eux en trois à cinq semaines. Et c’est seulement à ce moment que les capacités du sujet, notamment intellectuelles, retournent à la normale. Donc, si votre baccalauréat approche et que vous fumez, c’est le moment de faire une pause afin de mettre toutes les chances de votre coté. De toutes façons, nous ne vous apprendrons rien de nouveau en vous disant que c’est difficile de passer le bac défoncé… Et nous restons sceptiques face aux étudiants qui fument pour mieux travailler !

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Autre bonne raison d’arrêter avant un examen, ou si vous voulez entamer des études exigeantes : le cannabis réduit grandement les facultés intellectuelles des consommateurs, occasionnant troubles de la mémoire et de la vigilance. Apprendre, retenir et restituer peut ainsi devenir singulièrement difficile. Et plus le sujet commence à fumer jeune, plus il endommagera ses capacités intellectuelles. Un joint de temps en temps, ça fait certes du bien, mais la consommation régulière se paye très cher et les études sont les premières à trinquer. Sur cette conclusion moralisatrice, faites-vous une tisane à la verveine avant les épreuves, ça marche aussi pour se détendre !  Source

Les méfaits écologiques du cannabis au Maroc

Au Maroc, la production du cannabis, localement appelé kif, a toujours eu une grande importance, principalement dans le Rif. Sa croissance exponentielle au cours des dernières décennies a fait que le Royaume en est devenu le premier producteur mondial, selon les données de l’ONU. Cette culture a de nombreux effets négatifs sur l’environnement.

Depuis six siècles, la région du Rif vit du cannabis. La culture du kif n’a été interdite que trois ans dans l’histoire de la région : pendant la République du Rif, de 1923 à 1926, car  Abdelkrim El Khattabi, le dirigeant, estimait sa culture contraire à l’islam. En 1956, la législation établit que cette culture n’est autorisée que dans cinq villages mais, dans les faits, elle s’étend bien au-delà, recouvrant toute la région du Rif. De la sorte, en 2001, le Maroc est devenu le premier producteur mondial de cannabis.

La production du kif a de nombreuses conséquences et, en premier lieu, elles sont écologiques. Mohamed Andalusi, directeur de l’association AZIR pour la protection de l’environnement ne cesse de réclamer des mesures concrètes face au désastre environnemental du kif. Il explique que cette culture a entraîné la destruction des forets tout en faisant perdre aux sols leur richesse et en remplissant les nappes phréatiques de fertilisants. Aujourd’hui, le Maroc compte 47.000 hectares de culture du kif, un chiffre qui a fortement baissé depuis 2003 (135.000) mais qui n’en reste pas moins lourd de conséquences.

La détérioration environnementale liée au kif a commencé dans les années 80, avec l’expansion de sa superficie de culture. Depuis, cette plante est devenue une monoculture dans la région. Ceci est dû au fait qu’elle apporte plus de rendement aux agriculteurs, qui refusent donc de revenir vers d’autres cultures traditionnelles, comme les pommes de terre ou les tomates. Pourtant, les producteurs marocains de cannabis sont loin d’être riches. Beaucoup gagnent à peine plus que le salaire minimal, fixé à 2.500€ annuels. Alors que les mafias empochent 14 milliards de dollars par an, les paysans n’en touchent que 214 millions.

La recherche infinie d’expansion et de nouvelles terres de culture a entrainé la destruction de nombreuses forets. Mohamed Andalusi en explique les conséquences. Cinq ans après la destruction d’une forêt,  la couche de terrain fertile disparait laissant apparaitre la roche mère ce qui a fait que le Rif détient le record mondial d’érosion et perd d’énormes superficies de terrain fertile. En parallèle, certaines zones de cultures ne possèdent pas les capacités pour arroser un si grand nombre de champs. En conséquence, de nombreuses nappes phréatiques ont été épuisées.

Enfin, la région est devenue entièrement dépendante de l’extérieur. Elle n’est plus capable de produire sa propre alimentation, pour les raisons que l’on a évoquées précédemment. En outre, beaucoup de jeunes ne savent plus cultiver les produits traditionnels, n’ayant toujours connu que le kif.

Malgré différentes tentatives, les autorités n’ont pas encore trouvé de solution à ce problème. Certains disent que c’est lié au fait qu’ils ne s’attaquent pas à son origine,  mais à ses répercussions les plus visibles. Ainsi, régulièrement, un paysan est arrêté, ou une culture brûlée, mais aucune mesure n’est prise pour agir à échelle globale.

Afriquinfos

Cannabis, cocaïne, amphet’… Dans quels pays consomme-t-on le plus de drogues?

Source : L’Express

Dans quel pays fume-t-on le plus de cannabis? Combien de Français ont déjà pris de la cocaïne? Le rapport de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies paru ce mardi dresse un état des lieux de l’usage de drogues dans 30 pays. Tour d’Europe des stupéfiants en infographies.

Le Royaume-Uni détient le record d’usage de drogues dures en Europe. Dans son rapport publié ce mardi, l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) dresse la carte de l’usage du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne, des amphétamines et de l’ecstasy dans 30 pays d’Europe.

21,7 % des Européens ont déjà consommé du cannabis

Le cannabis, sous forme de résine ou d’herbe, est la drogue la plus répandue en Europe. Sa consommation globale « semble être stable, voire en baisse, surtout chez les plus jeunes », souligne le rapport l’OEDT.

21,7 % des adultes(1) habitant l’un des pays de l’Union européenne ont déjà consommé ou consomment du cannabis. La France tient le haut du tableau avec 32,1%, juste après le Danemark.

Cannabis

Proportion de la population des 15-64 ans ayant déjà consommé du cannabis au cours de leur vie. (Estimation de prévalence) cliquez ici pour lire la suite

Autre article sur ce sujet

Le tribunal dit non à l’usage thérapeutique du cannabis

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (51). Pour calmer ses angoisses, un Marnais avait décidé d’inhaler de l’herbe qu’il cultivait à la maison. Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

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Le prévenu cherchait à se soigner avec «<br />
quelque chose de naturel<br />
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Le 8 janvier dernier, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a autorisé la mise sur le marché du Sativex®, un médicament à base de cannabis destiné à certains patients atteints de sclérose en plaques. Pour autant, l’usage thérapeutique du chanvre indien riche en psychotropes, fait toujours débat. En témoigne le cas d’un habitant de Mardeuil, près d’Épernay, qui avait décidé d’abandonner ses traitements médicamenteux au profit d’herbe de cannabis pour soigner ses angoisses sans avoir à supporter les effets secondaires des produits pharmaceutiques.

Âgé de 28 ans, le jeune homme, salarié d’une jardinerie, avait ainsi acheté sur Internet un kit de culture qu’il avait installé dans un placard, au domicile de ses parents, à Vauciennes, pour y faire pousser ses plants. Mais un incendie dans le sous-sol, en juin 2013, avait permis aux gendarmes de découvrir le pot aux roses. Deux plants poussaient alors sous lampes, et dix-huit autres dans le jardin. Un peu plus de 162g d’herbe avaient également été saisis.

Jugé pour détention et usage de stupéfiants, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Châlons, celui-ci a expliqué s’être lancé dans la culture dans la seule perspective d’un usage personnel et thérapeutique. Se disant contre tout type de trafic, il souhaitait de cette manière se débarrasser de son mal-être avec « quelque chose de naturel », en l’inhalant à l’aide d’un vaposystème acquis sur le Net. « C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour régler mes angoisses sans problèmes gastriques » a-t-il déclaré à la barre.

Son avocat parisien, Me Francis Caballero, s’est pour sa part appuyé sur le décret du 5 juin 2013 autorisant l’usage et la détention de cannabis par délivrance médicale, tout en plaidant, au titre d’une disposition du code de santé publique, la requalification des poursuites en trafic de cannabis, soumis au régime spécial des plantes vénéneuses et non des stupéfiants.

En juin 2002, la Cour d’appel de Papeete (Polynésie française) avait d’ailleurs relaxé un homme paraplégique qui utilisait du cannabis pour calmer ses douleurs, en estimant que le prévenu n’avait, pour cela, pas d’autres solutions que d’en consommer.

Mais la juridiction correctionnelle de Châlons en a cependant jugé autrement en reconnaissant le prévenu coupable de « détention et usage de stupéfiants ». Condamné en répression à trois mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis, celui-ci devra désormais trouver un moyen autrement plus légal pour calmer ses angoisses. Autant dire que le débat sur l’usage thérapeutique du cannabis a encore de beaux jours devant lui.

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