Castelsarrasin. Humour et dérision pour lutter contre la consommation de cannabis

«Tu fumes pas, tu bois pas, c’est quoi comme vacances, ça ?» L’ambiance est vite créée, émaillé de passages d’ironie, le discours n’est ni moralisateur, ni culpabilisant : il s’agit avant tout de sensibiliser les jeunes aux dangers du cannabis, entre autres. Née en 1993, la compagnie le Trimaran présente des spectacles éducatifs fondés sur la prévention pendant une dizaine d’années avant de s’engager dans une palette bien plus large d’activités centrées sur des activités ludiques ou récréatives naviguant sur les thèmes de la citoyenneté, de la prévention des addictions, de la lecture, du traitement de situations conflictuelles, de la solidarité et de la lutte contre les discriminations. Aujourd’hui, ce sont les comédiens Christophe Cousteix et Arnaud Coutancier qui mènent la danse.

À l’appel de Mustapha El Kifani, conseiller principal d’éducation et d’Amandine Tricot, infirmière scolaire du lycée, ils viennent présenter leur animation devant une cinquantaine d’élèves de seconde. «Cette séquence s’inscrit dans les programmes, précise le C.P.E., qui prévoient tout le long de la scolarité la délivrance d’une information sur les conséquences de la consommation de drogues, notamment dans leurs effets neuropsychiques».

Devant un superbe décor aux résonances psychédéliques créé par Marie Violet, les deux comédiens déroulent la première partie du programme : une demi-heure d’explications générales dites par l’un d’eux, entrecoupées par les interventions humoristiques de l’autre, qui provoquent l’hilarité du jeune public et lui permettent d’appréhender plus facilement le discours théorique. Les élèves sont interpellés, mis en cause mais aussi mis en valeur par un dialogue scène-public qui les tient en haleine et retient leur attention. Un exposé minutieusement brodé d’humour, un exposé drôle : le message passe.

Après ce mini-spectacle, c’est au tour des jeunes de se mobiliser sur le devant de la scène et quatre d’entre eux, après un casting rapide et amusant, vont jouer devant leurs camarades une saynète où la consommation de stupéfiants est mise en situation, tournée en dérision. Ces comédiens talentueux ont délivré des enseignements nourris de rires et de bonne humeur, et ils ont également fait preuve d’un véritable talent pédagogique. «On s’attendait, déclare Wahid Habri, lycéen, à ce que ce soit drôle, on n’a pas été déçu».

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