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Tous nos voeux pour 2016

Le CNPERT, son Président, son bureau,

et les éditeurs de ce blog  

vous présentent leurs meilleurs voeux

pour la nouvelle année.

Ils vous remercient de votre fidélité et vous assurent

de leur écoute et de vous apporter l’information

la plus objective et complète possible

Source de la vidéo : JacquieLawson.com

Demi Lovato : Drogue, dépendance, addiction… Elle tire la sonnette d’alarme

Demi Lovato - People à la soirée "Z100's iHeartRadio Jingle Ball 2015" à New York, le 12 décembre 2015.

Demi Lovato – People à la soirée « Z100’s iHeartRadio Jingle Ball 2015 » à New York, le 12 décembre 2015.
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Revenue de Saint-Barth où elle a passé les vacances avec son amoureux, la popstar américaine s’est saisie d’un grave problème sur les réseaux sociaux…

Il ne faut pas faire de son cas une généralité… Exception faite quand on s’appelle Demi Lovato et qu’on utilise sa voix pour éveiller les consciences ?

La chanteuse américaine de 23 ans est une nouvelle fois revenue sur ses problèmes d’addiction passés, dont elle ne cesse de parler pour tenter de venir à bout ce fléau auquel nous sommes, selon elle, tous confrontés de près ou de loin. Heureusement, l’interprète de Confident qui a échappé à ses vieux démons est là pour en parler aujourd’hui et rendre public un débat qui l’a tout de même conduite jusqu’au Congrès des États-Unis, il y a trois mois.

 « Comme une personne sur sept, j’ai lutté contre l’addiction et je suis reconnaissante d’en être guérie aujourd’hui », écrivait l’ancienne cocaïnomanequi consommait de la drogue même en avion, bravant les lois de l’altitude et celles de la douane, surtout.
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Cessons d’ignorer le plus gros problème de notre pays !

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« Il est temps pour nous de réfléchir et commencer à faire face à l’addiction. Cessons d’ignorer le plus gros problème de notre pays et auquel nous refusons si souvent de nous confronter. Nous sommes tous confrontés à ce problème d’une manière ou d’une autre et nous avons tous un rôle à jouer dans sa résolution. Tous ensemble, nous pouvons troquer la honte contre du soutien, de l’espoir et la guérison », a-t-elle martelé, toujours sur sa page Instagram, en légende d’une vidéo qui prend fait et cause pour le mouvementFacing Addiction qui, comme son nom l’indique, vient en aide aux personnes dépendantes.

Ce n’est pas la première fois que Demi Lovato, visiblement très alarmiste sur la situation aux États-Unis, évoque son passé d’ancienne dépendante puisque la brune aux courbes voluptueuses n’a jamais caché avoir été schizophrène et bipolaire, en plus d’avoir souffert de troubles du comportement alimentaire et de pratiquer la scarification. Plus que fière d’avoir surmonté tous ces problèmes grâce à l’amour inconditionnel de son chéri Wilmer Valderrama, la popstar a consacré une très belle chanson à ses troubles passés dans son nouvel album, intitulée Old Ways. Des mauvais souvenirs qui sont désormais loin derrière elle. Espérons qu’ils le restent.

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Captagon la drogue des tueurs

 Cette substance désinhibe celui qui l’ingère et décuple sa bruta­lité. Elle aurait été utili­sée par les terro­ristes du 13 novembre.

Plusieurs survi­vants du Bata­clan évoquent le compor­te­ment « méca­nique, déshu­ma­nisé » des terro­ristes. Un témoin qui les a croi­sés juste avant leur attaque note leurs « têtes de morts-vivants ».

Leur -fana­tisme reli­gieux et leur passage dans des camps d’en­traî­ne­ment au djihad en vue de deve­nir de parfaits bour­reaux ou kami­kazes n’ex­plique­raient pas tout : des substances décu­ple­raient leur sauva­ge­rie.

Pour­tant pros­crite par le Coran – comme le suicide –, la drogue -faci-lite­rait le passage à l’acte des terro­ristes. En juin dernier, en -Tuni­sie, des resca­pés rapportent que le djiha­diste qui a -massa­cré trente-huit touristes à Sousse « -rigo­lait et prenait des photos des victimes ». Selon le Daily Mail, qui s’ap­puie sur les résul­tats de son -autop­sie, des « stimu­lants » ont été déce­lés dans son orga­nisme. D’autres médias -citent le Capta­gon, nom commer­cial de la -féné­thyl­line, de la famille des amphé­ta­mines (comme l’ecs­tasy).

Produites dans des labo­ra­toires clan­des­tins au Liban et en Syrie, les pilules sont vendues entre 5 et 20 dollars et consom­mées à des fins « récréa­tives » au Moyen-Orient, où l’al­cool est pros­crit. En 2010, en Arabie saou­dite, 7 tonnes ont été saisies. En Syrie, selon -Ramzi Haddad, un psychiatre liba­nais inter­viewé par Reuters en 2014, les combat­tants de Daech, du front al-Nosra et l’ar­mée de -Bachar el-Assad en consomment, notam­ment pour les « missions » longues ou nocturnes.

Des civils en avalent aussi pour lutter contre le stress -engen­dré par le conflit. Synthé­ti­sée en 1961, cette molé­cule a un temps été utili­sée en méde­cine pour trai­ter la dépres­sion, la -narco­lep­sie et l’hy­per­ac­ti­vité. Mais elle a vite été détour­née de son usage d’ori­gine, notam­ment par des toxi­co­manes et des -cyclistes. Dès 1986, le Capta­gon est classé par l’OMS comme stupé­fiant, en raison de l’ad­dic­tion qu’il -entraîne et de ses graves effets secon­daires, telles des -lésions cardiaques. Il est -inter­dit en France depuis 1993.

Le neuro­bio­lo­giste Jean-Pol Tassin -explique à VSD que cette drogue est « hélas idéale » pour des combat­tants : « L’am­phé­ta­mine augmente la force muscu­laire et dimi­nue l’an­goisse. Le sujet ne ressent plus la -fatigue et a l’im­pres­sion que rien ne peut l’ar­rê­ter. L’ef­fet dure une heure. Des otages du Bata­clan ont remarqué qu’au bout d’une heure le compor­te­ment des terro­ristes a -changé, ils sont deve­nus plus nerveux. »

Le Pr Tassin précise que les amphé­ta­mines -accroissent l’agres­si­vité : « Lors des premiers tests sur des animaux, les souris s’étaient -entre­tuées. Il n’y a aucun problème pour en trou­ver en Europe. Ce sont les mêmes clan­des­tins qui, notam­ment en Belgique et aux Pays-Bas, fabriquent l’ecs­tasy. »

Des seringues ont été retrou­vées dans les chambres d’hô­tel louées à Alfort­ville (Val-de-Marne) loué par Salah Abdes­lam, le chef présumé du commando (en fuite à l’heure où nous impri­mons). Jean-Pol Tassin s’en étonne : « Je doute qu’ils s’en soient injecté en intra­vei­neuse. L’ef­fet est quasi­ment immé­diat, il aurait été plus logique qu’ils -avalent des pilules un peu avant de -passer à l’ac­tion. Peut-être se sont-ils admi­nis­tré des opia­cés la veille pour -réduire leur angoisse ? » Les résul­tats des autop­sies -devraient éclair­cir ce point.

Le mot « assas­sin » vien­drait du mot « hachi­chin », une secte de tueurs de l’Orient médié­val qui -fumaient du canna­bis avant de sévir. Dans les tran­chées de 14–18, l’état-major distri­buait aux poilus de grandes quan­ti­tés de gnôle, surnom­mée le « monte-à-l’as­saut ». Et, pendant la Seconde Guerre mondiale, les soldats alle­mands étaient -dopés au Pervi­tin, une amphé­ta­mine qu’ils appe­laient « Panzer-scho­ko­lade ». –

Enrôlé dans la Wehr­macht, l’écri­vain Hein­rich Böll (1917–1985) parlait de « pilules miracle » qui rendaient « froid, sans réac­tion ». Ce sont d’ailleurs des méde­cins nazis qui ont inventé la métha­done, un substi­tut à l’hé­roïne. Cette -dernière fut -large­ment consom­mée par les GI au Viet­nam et par l’ar­mée Rouge en Afgha­nis­tan. Aujourd’­hui encore, en Afrique, les chefs de guerre en donnent souvent aux -enfants-soldats. -Droguer des soldats pour en faire des -robots n’a donc rien nouveau.

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Cannabis, tolérance zéro

Editorial  11 Novembre 2015    

(cliquez pour en savoir + sur les mots en couleur)            

Les relais sur le blog de l’émission d’Arte «  Cannabis, l’état doit –il devenir dealer  » où notre Président, Jean Costentin, intervenait, face à deux partisans de la libéralisation de l’usage du cannabis et des autres drogues puis de la proposition de Madame Valérie Pécresse de dépister l’usage de drogues dans les établissements scolaires nous valent un important courrier. Les vraies questions sont enfin posées, le débat s’engage, nous allons proposer à nos lecteurs de larges extraits des commentaires que nous avons reçus

Deux informations complémentaires sont à apporter au dossier ; La première vient des USA après que quelques états aient légalisé l’usage du cannabis. La réaction des narcotrafiquants  ne s’est pas faite attendre, l’héroïne et la cocaïne ont remplacé le cannabis , semble t-il avec un succès commercial assorti d’une recrudescence d’accidents graves qui justifient une intervention fédérale. Ces deux drogues, plus puissantes sont aussi plus attractives mais plus toxiques , la situation des toxicomanes s’aggrave.

L’autre information est la prolifération actuelle des nouvelles drogues, beaucoup plus puissantes et aussi plus toxiques, parmi lesquelles les cannabinoïdes de synthèse (voir article du Figaro du 8 juin 2015). Introduire des dérivés du cannabis n’est pas innocent, on peut penser qu’ils s’avancent à l’ombre du cannabis pour profiter de l’allégement pénal annoncé en France, une simple contravention pour usage illicite. Or ils sont beaucoup plus puissants et génèrent des pathologies nouvelles. Les risques sont grands, la prévention et l’éducation plus que jamais nécessaires, ne suffiront pas.

Jean-Paul Tillement et Jean- Pierre Goullé

Arte : Cannabis , l’Etat doit il devenir dealer ?

Les points de vue de Jean Costentin (Pt du CNPERT),  Emma Wieviorka (psychiatre) Romain Perez, (économiste)

Cliquez sur la photo pour voir la vidéo jusqu’au 11/11/152015-11-04_Costentin Arte

Nouvelle rubrique

Les méfaits du cannabis au quotidien, la preuve par la revue de presse.

Nier le rôle néfaste du cannabis va à l’encontre de toutes les données médicales et scientifiques. Pourtant, apparemment, elles ne suffisent pas. Il en résulte que,  d’un emploi principalement festif  ( ?), il est entré dans la vie courante et professionnelle. Conséquence attendue, il ne se passe pas un jour sans que la relation dans la presse d’un accident, d’une prise de risque inconsidérée, d’une maladie ne soit associée à une prise de cannabis seul ou associé à d’autres drogues.

C’est pourquoi nous vous proposons une nouvelle rubrique sur une idée de notre ami Guy Millant, « Cannabis et faits divers« , qui rassemble tous les faits majeurs graves associés au cannabis  rapportés dans la presse.  Nouvelle preuve concrète, réelle et observée de la toxicité du cannabis. Elle rejoint celle que nous rapportons déjà à partir des travaux de  recherche.  On ne manquera pas d’observer aussi  les conséquences toxiques de l’augmentation des concentrations du principe actif, le THC (tétrahydrocannabinol) dans les nouvelles livraisons de cannabis beaucoup plus dangereuses que les premières.

Jean-Pierre Goullé et Jean-Paul Tillement

En haut de cette page découvrez cette nouvelle rubrique en cliquant sur « Cannabis et faits divers » et merci de bien vouloir répondre au sondage  ( UN clic !)

Cannabis de synthèse: les intoxications en hausse

Les appels aux centres anti-poison liés à la consommation de cannabis synthétiques ont plus que doublé sur les cinq premiers mois de l’année aux Etats-Unis, par rapport à la même période de 2014.

Ces centres ont reçu 3572 appels pour ce motif entre janvier et mai 2015, contre 1085 appels sur les mêmes mois de l’année précédente, soit une explosion de 229%. Leur nombre est passé de 349 en janvier à 1501 en avril, avant de retomber en mai au même niveau que l’an dernier, ont précisé les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), se disant très préoccupés par cette explosion.

Selon eux, quinze décès liés à l’usage de cette catégorie de drogue ont été répertoriés en avril, soit un triplement par rapport au même mois en 2014. Les CDC ont appelé à un renforcement des mesures pour retirer ces cannabis du marché.

Les cannabis de synthèse –plus dangereux et plus addictifs que la marijuana naturelle– contiennent des substances chimiques psychoactives, ou des mélanges de ces produits peuvent être vaporisés sur du cannabis avant d’être fumé ou ingéré de manière à obtenir des effets plus puissants.

Ces drogues portent notamment des noms comme le «K2», le «black mamba» et le «crazy clown», et sont parfois vendues dans des boutiques comme produits médicinaux à base de plantes. Les consommateurs de ces cannabis de synthèse se plaignent le plus souvent d’agitation, de tachycardie, de somnolence, de léthargie, de vomissements et de confusion mentale.

Sur les 2961 appels ayant mentionné ces symptômes, 11,3% ont présenté des effets graves ayant engagé le pronostic vital. Les hommes ont été les plus nombreux à faire part de problèmes de santé avec ces drogues (92,7%) et les 30 à 39 ans ont été les plus nombreux à subir les effets les plus sévères.

Source

L’escalade insupportable des nouvelles drogues en France (Figaro 8/06/2015)

Lire l’éditorial  présentant cet article

 photo Goulle Tillement

 

Des demandes renouvelées de nouvelles drogues toujours plus puissantes, des chimistes capables d’en créer, un marché lucratif à l’abri de tout contrôle, activité principale de la criminalité organisée

 

Demandes et propositions nombreuses et diversifiées

Dans un rapport en date du 27 mai dernier, l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) tirait la sonnette d’alarme à propos des « nouvelles drogues » dites nouvelles substances psychoactives (NSP) pour bien indiquer leur impact mental. Elles sont plus puissantes et beaucoup plus toxiques; chacun peut très facilement s’en procurer sur Internet et se faire livrer à domicile par voie postale.

A coté des drogues classiques comme l’héroïne, la cocaïne, l’ecstasy et le cannabis toujours bien présents, il y a là un nouvel apport de drogues qui s’ajoute à celles qui existent et qui représente un danger supplémentaire considérable pour la santé dans notre société et en particulier pour les plus jeunes. Ce nouveau danger frappe de nombreux pays. Face à cette situation préoccupante l’Union Européenne (UE) a créé une structure spécifique pour suivre, analyser et maitriser ce nouvel afflux dont les conséquences pourraient être désastreuses s’il n’était pas contenu.

Jusqu’en 2008, les nouvelles drogues disponibles chaque année sur le marché européen se comptaient sur les doigts des deux mains, le dispositif européen d’alerte précoce ou Early Warning System (EWS) mis en place par l’OEDT en a dénombré 81 en 2013, sans compter celles qui n’ont pas été identifiées ! Cette progression est fulgurante : 13 nouvelles drogues en 2008, 41 en 2010, puis 73 en 2012. l’UE a décidé de mettre en œuvre une politique de lutte contre leur diffusion dans un marché européen en pleine expansion. On observe une véritable compétition entre les nouvelles drogues offertes à la consommation. A eux seuls, les cannabinoïdes de synthèse, beaucoup plus puissants que le cannabis classique dont ils dérivent, apparus pour la première fois en décembre 2008, sont au nombre de 120 en juin 2014. Ils représentent plus de la moitié des nouvelles drogues qui apparaissent sur le marché. En France, 13 nouvelles substances, principalement des cannabinoïdes de synthèse, ont été identifiées en deux mois entre le 1er août et le 1er octobre 2014. Ce phénomène, loin d’être localisé à l’Europe, touche également les Etats-Unis et de nombreux pays dans le monde.

 Pourquoi toutes ces nouvelles drogues ?

Parmi plusieurs réponses, la recherche de sensations toujours plus fortes est déterminante : la quête de drogues pouvant exercer des effets stimulants du système nerveux central, des effets euphorisants, ou hallucinogènes, voire de substances possédant à la fois toutes ces propriétés. Il y a donc un marché. Une autre raison, qui explique l’effet amplificateur de la demande, est la possibilité d’acquérir en toute légalité, sans risque, des produits inconnus, que donc la réglementation n’a pas encore classés dans la catégorie des drogues, ce qui permet d’échapper à toute poursuite en cas de saisie. De plus, la consommation de ces nombreuses NSP en particulier des cannabinoïdes de synthèse échappe aux dépistages biologiques habituels réalisés dans la salive ou les urines. En effet, alors que la consommation des drogues traditionnelles comme le cannabis, l’héroïne, la cocaïne ou l’ecstasy est facilement mise en évidence par le dépistage salivaire ou urinaire, ces tests biologiques sont totalement inopérants pour les NSP. Ainsi le consommateur de cannabis échappera à tout contrôle en substituant à la résine de cannabis dans son tabac, des cannabinoïdes de synthèse qu’il peut se procurer le plus facilement du monde sur la toile. Leur détection impose en effet des tests spécifiques qui ne sont pas pratiqués en France et dans la plupart des pays, qu’il s’agisse du dépistage d’un conducteur dans le cadre de la sécurité routière, ou de la surveillance médicale d’un sujet exerçant une activité professionnelle à risque.

D’où proviennent-elles ? Internet : un marché en plein essor avec de nouvelles drogues de plus en plus diversifiées

L’analyse du marché est compliquée par l’émergence de NSP non réglementées donc inconnues par le droit international. Le produit fini, mais le plus souvent un intermédiaire de synthèse est fabriqué à très bas coût, en Chine ou en Inde, où il a une existence légale, puis il est vendu en Europe. Il arrive d’ailleurs qu’il enfreigne la réglementation de certains pays de l’UE. La plupart des cannabinoïdes synthétiques sont fabriqués en Chine, puis acheminés en vrac, par l’intermédiaire de réseaux de transport et de distribution ayant pignon sur rue. Une fois dans l’UE, ces cannabinoïdes sont généralement mélangés à des végétaux séchés ou pulvérisés, puis conditionnés comme « euphorisants légaux » pour être vendus sur Internet directement ou par des intermédiaires. Au premier semestre 2013, dix huit pays de l’UE ont fait état de plus de 1 800 saisies de cannabinoïdes de synthèse. Les plus importantes ont été déclarées par l’Espagne et par la Finlande. Enfin, ces nouvelles drogues sont parfois produites en Europe à partir d’intermédiaires de synthèse, dans des laboratoires clandestins, principalement localisés dans le Nord et l’Est de l’Europe, puis vendues directement. Comme dans de nombreux domaines, mais tout particulièrement celui des drogues, la vente sur Internet occupe une place grandissante et pose de sérieux problèmes pour son contrôle et pour freiner cette offre. La possibilité pour les fabricants, les grossistes, les revendeurs, les hébergeurs de sites web et de paiement d’être localisés dans différents pays, d’être de plus très mobiles, rend la situation particulièrement difficile à maitriser. A cela s’ajoute encore le recours croissant à des réseaux clandestins anonymes du cybermarché noir ou darknets pour écouler toutes ces drogues auprès des dealers et des consommateurs. En 2013, l’UE a recensé 651 sites Internet proposant sous le label legal highs c’est à dire « euphorisants légaux », ou sous des appellations des plus fantaisistes, afin d’en falsifier l’identité comme : « produit chimique destiné à la recherche » ou « engrais » voire « complément alimentaire ». Un nombre croissant de ces nouvelles drogues est aussi proposé à la vente en tant que simple médicament. L’étiquetage mentionne d’ailleurs le plus souvent que l’achat n’est pas destiné à la consommation humaine; c’est aussi habituellement avec la mention « not for human consumption » figurant sur l’emballage que ces cannabinoïdes de synthèse sont proposés.

Quels sont leurs effets pathologiques ?

Les doses trop élevées sont mortelles. Globalement les décès annuels par surdosage s’élèvent à 6100 pour l’Europe en 2012 dont environ 340 en France et demeurent une cause importante de mortalité évitable, surtout chez les jeunes. En ce qui concerne la toxicité des cannabinoïdes de synthèse, qui dominent largement le marché des NSP, celle-ci est beaucoup plus importante que celle du cannabis, avec d’une part un plus grand nombre d’effets secondaires toxiques. On note en particulier, une hypertension artérielle et des vertiges, mais surtout des hallucinations et une tachycardie qui menacent le pronostic vital. Des intoxications à conséquence mortelle par défenestrations et automutilations consécutives au syndrome hallucinatoire, infarctus du myocarde et arrêt cardiaque sont régulièrement rapportées. Les centres antipoison américains font état de la prise en charge de 7000 dossiers de patients victimes de cannabinoïdes de synthèse pour la seule année 2011. Pour les autres nouvelles drogues, l’UE a récemment relevé 135 décès consécutifs à la prise de trois d’entre elles. Face à l’imagination sans limites de chimistes véreux, les nouveautés proposées à la vente sont actives à des doses de plus en plus faibles, augmentant ainsi le risque de surdosage, c’est le cas des dérivés synthétiques d’un médicament très puissant, le fentanyl. Ainsi, avec 0,1 gramme de carfentanyl, on peut préparer 10 000 doses. Il s’y ajoute un réel problème analytique car ces drogues ne sont pas détectables par les méthodes classiques. En effet, elles sont présentes en très faibles concentrations dans l’organisme et leur analyse nécessite la mise en œuvre de techniques spécifiques. Quant à la mortalité qui leur attribuée, les statistiques sont donc vraisemblablement très largement sous-estimées.

Comment lutter contre leur prolifération ?

La production et l’offre de drogue constitue aujourd’hui l’activité principale de la criminalité organisée. Il est très lucratif, discret, il est beaucoup plus facile de dissimuler une usine qu’un champ de pavot ou de cannabis, il nécessite moins de personnel, sa distribution est difficile à repérer. Le volumineux marché actuel du cannabis, à la fois importé et cultivé sur place, joint à toutes les autres NSP a entraîné une prise de conscience des autorités de santé. Le danger sanitaire encouru est d’autant plus grand qu’il s’agit d’une activité extrêmement lucrative, en pleine expansion, permettant aux groupes criminels organisés de générer des liquidités au travers de profits tout à fait considérables, qu’il s’agisse d’ailleurs des drogues traditionnelles ou de NSP. L’émergence de ces dernières a également des conséquences sur la lutte antidrogue qui devient beaucoup plus difficile, puisque à partir d’une très faible quantité de principe actif, il est possible de produire un très grand nombre de doses. Ainsi alors qu’il faut respectivement 200 et 750 grammes  pour fabriquer 10 000 doses équivalentes de cocaïne ou d’ecstasy,  2,5 grammes suffisent pour le méthylfentanyl et 0,1 gramme pour le carfentanyl ! Cette réduction drastique facilite leur dissimulation et donc leur trafic. Conséquence immédiate, tandis que les décès dus à l’héroïne sont en recul d’une manière générale, dans certains pays les décès dus à ces fentanyls progressent très vite et dépassent désormais ceux attribués à l’héroïne ! La lutte contre la prolifération de ces NSP impose de remonter les filières jusqu’aux lieux de production. Ainsi en 2011, les autorités ont déclaré avoir démantelé 350 sites de production de dérivés amphétaminiques en Europe, pour la plupart localisées en République tchèque.

Cannabis : controverses, contrastes et contradictions.

Contrairement aux débats politiques où les discussions portent sur la légalisation ou non des produits à base de cannabis, sur le terrain les actions se concentrent essentiellement sur des mesures médicales permettant de prévenir et de répondre aux dommages individuels et aux problèmes sociaux induits par leur production et par leur consommation. Leurs effets délétères et les conséquences sur la santé des consommateurs sont de mieux en mieux identifiés. Le cannabis est à l’heure actuelle la drogue la plus souvent à l’origine d’une demande d’aide médicale parmi les patients dépendants et voulant débuter un traitement. Depuis une dizaine d’années, de nombreux pays ont réduit les sanctions infligées pour les infractions liées à sa simple consommation ou à sa simple possession. En revanche, des mesures sont prises en Europe pour réprimer l’offre et le trafic. Dans le même temps, l’OEDT constate que le nombre d’infractions liées à sa possession et à sa consommation augmente de façon constante depuis près de dix ans.

Les coûts à long terme des traitements liés à la drogue.

L’Europe doit faire face à un double défi : d’une part, élaborer des réponses efficaces aux problèmes émergents et, d’autre part, continuer à prendre en charge les usagers de drogues en traitement au long cours. La majeure partie des coûts liés à ces traitements est la conséquence des « épidémies » d’héroïne des années 1980 et 1990. L’OEDT estime qu’en 2011, il y avait en France entre 270 000 et 410 00 usagers de drogue hospitalisés. L’Union européenne a consacré des moyens considérables pour mettre des traitements à disposition de ces personnes qui seraient selon les estimations 750 000 à bénéficier d’un Traitement de Substitution aux Opiacés (TSO). La France avec sa cohorte de 152 000 patients sous TSO est le meilleur élève de la classe européenne après le Royaume-Uni qui en compte 170 000. Désormais, une plus grande attention est également accordée aux coûts sociaux qui en découlent.

Le constat est implacable, le danger existe, il est clairement identifié. Il se développe à la fois qualitativement avec « l’offre » de substances de plus en plus actives et toxiques et quantitativement par des fabrications industrielles de taille internationale. Les organisations nationales, l’observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et internationales (OEDT, etc.) suivent attentivement  la progression de ce danger, l’évaluent, en rendent compte régulièrement, mettent en garde contre les conséquences prévisibles et proposent de les combattre. Personne ne pourra dire qu’il n’était pas prévenu.

 

Ils sont à l’écoute des jeunes victimes d’addictions

Chaque année, le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie accueille près de 200 jeunes en consultation. La moitié d’entre eux viennent pour la consommation de cannabis.

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Le cannabis en tête des produits consommés

Sur 171 patients de moins de 25 ans, le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) a enregistré 82 cas de consommation de cannabis, en 2014. « Ça représente la moitié des personnes que l’on reçoit, explique le Dr David Le Boulanger. La plupart d’entre eux s’adressent à nous à la suite d’une décision de justice, pour un rappel sur la santé et une éventuelle évaluation d’un problème plus ou moins grave. » Il arrive aussi que des consommateurs viennent rencontrer un spécialiste pour en parler, de leur propre chef.

Si le cannabis est en tête des produits consommés, l’alcool représente 25 % des dépendances nécessitant l’attention du Csapa. « Mais pour les jeunes, l’alcool reste un produit festif. Ils vont se dire que c’est moins problématique que de fumer des joints », précise le Dr Le Boulanger. Le Csapa permet également d’appréhender des dépendances aux jeux d’argent, aux médicaments, au tabac, ou aux jeux vidéos, même si cela « reste à la marge ».

Le mal être ciblé en priorité

Six spécialistes interviennent au quotidien, notamment auprès des jeunes. À savoir, deux médecins, deux infirmières, une psychologue et une éducatrice spécialisée. Leur rôle : comprendre le consommateur, mais aussi faire de la prévention. « L’important, ce n’est pas vraiment le stade de l’addictologie, même si nous cherchons à l’évaluer, mais pourquoi le patient consomme tel ou tel produit, indique le Dr David Le Boulanger. On ne travaille pas sur le produit consommé, mais sur la santé. On effectue une prise en charge axée avant tout sur le mal être. »

Régulièrement, l’équipe intervient dans les établissements scolaires. Par exemple, au lycée Victor-Hugo, un créneau a été mis en place le mardi, tous les quinze jours, pour les élèves qui cherchent de l’aide. « Depuis six mois, je ne suis pas intervenu car il n’y a pas eu de demandes, précise le spécialiste. C’est à l’élève de se manifester pour que je puisse en discuter avec lui. »

Pas d’évolution marquante de la consommation

Mais l’important aujourd’hui, c’est aussi de former les personnels encadrant des jeunes de moins de 25 ans a repérer les problèmes éventuels. Il y a cinq ans, le programme « Aimes ta vie » a été mis en place par le Csapa. « L’avantage, c’est qu’il y a un suivi de la personne formée pour l’aider en cas de situation délicate. » Mais pour le Dr le Boulanger, la priorité réside également dans la nécessité d’une proximité avec les jeunes. « Il nous manque une structure pour mettre en place une permanence, afin de rencontrer les patients à n’importe quel moment. »

En 2014, le Dr David Le Boulanger n’a pas relevé d’évolution marquante de la consommation des adolescents et jeunes adultes. Mais, il note une forte augmentation des consultations pour les personnes plus âgées. En cause : « Certainement le chômage et la vie quotidienne où, finalement, on ne nous laisse pas le droit à l’erreur si l’on veut rester dans la course. »

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