Estelle a 16 ans, et alors qu’elle consulte son médecin pour obtenir un certificat médical, une série de questions sur son bien-être, sur le stress au moment de l’entrée au Lycée ou sur ses consommations d’alcool et de tabac (test TSTS), l’amène à aborder des problèmes qu’elle n’aurait pas évoqués naturellement.« J’ose pas en parler à mes parents, mais mon copain fume beaucoup. Il boit pas mal aussi et ne fait plus rien en classe… Je pense qu’il ne va pas bien depuis que son père est au chômage et que ses parents se sont séparés »,explique-t-elle. Pour l’ami – gêné, lui aussi, à l’idée d’en parler à un médecin -, le praticien propose à Estelle de lui remettre un fascicule présentant les consultations jeunes consommateurs. Le dialogue s’arrêtera là, le médecin ne peut pas aller plus loin sans connaissance du patient. La porte est ouverte, et la patiente le sait.

La preuve par la vidéo

Cette scène est l’une des dix mises en situation filmées et commentées présentes sur le portail intervenir-addications.fr conçu par la Fédération Addiction, en partenariat avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et avec le soutien de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Ce nouveau site a pour but de soutenir le rôle des professionnels de santé de premier recours dans la prévention des conduites addictives.

« Ces films sont tous tirés de situations vécues en cabinet, explique le Dr Dominique de Muizon, médecin généraliste à Chauny (Aisne), qui a participé à l’écriture et à la réalisation de ces vidéos. Il y a eu des débats passionnés sur l’écriture des dialogues. Il fallait que les acteurs s’expriment de manière réaliste, compte tenu des profils de leurs personnages », raconte-t-il.

Version 1.0

À travers ces vidéos, le site fournit aux médecins des conseils de posture, ainsi que des fiches sur les produits et des ressources téléchargeables : questionnaires standardisés de repérage, plaquettes d’information pour les patients, score CAST… Le site propose aussi des outils pour organiser des séances de sensibilisation ou de formation. On y trouve ainsi des documents qui précisent le déroulé de telles réunions organisées à l’initiative des médecins généralistes autour de problématiques précises comme celle de la relation avec les parents.

Le site doit s’enrichir au fil du temps. Pour l’instant, c’est la consommation de cannabis chez les jeunes qui bénéficie du contenu le plus fourni. Des travaux sont en cours sur la question du tabac. « Il n’existe que peu d’outils pour parler du tabac aux jeunes, signale le psychologue Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction. Une fois le site approprié par les professionnels de santé, un volet communautaire doit également être ajouté pour orchestrer un dialogue avec les internautes médecins », complète-t-il.

Création d’un pôle médecine générale au sein de la fédération

Le lancement de ce nouveau site participe d’une volonté de la Fédération Addiction de se rapprocher des professionnels de santé du premier recours. Un pôle médecine générale vient d’ailleurs d’être créé au sein de la Fédération Addiction, autour du noyau de médecins généraliste du groupe MG Addiction récemment intégré à la fédération. Son rôle sera de formaliser les pratiques professionnelles addictologiques en médecine de ville. La fédération espère renforcer leur rôle de prévention envers les consommateurs qui ne sont pas encore tombés dans la consommation très problématique accompagnée de comorbidités lourdes. Selon le Dr Xavier Aknine, membre du groupe MG addictions, « nous n’intervenons pas comme addictologues mais comme médecins du premier recours. Le médecin généraliste n’est pas dans la même démarche que les centres spécialisés mais dans l’humain et dans l’empathie. Nous agissons sur le contexte et l’environnement que nous connaissons bien »

Damien Coulomb

Sur le site « La vie des idées », un sociologue, P.Pharo, défend   la permissivité de l’accès aux drogues et donc  leur légalisation. Ce n’est évidemment pas notre avis, nos lecteurs le savent depuis longtemps,  comme ils connaissent  les arguments majeurs qui s’y opposent et que nous développons constamment .

Notre Président, Jean Henri  Costentin  dont on connait la fougue a bondi..sur sa plume à la lecture de ce texte et a proposé  une réponse. Elle n’a pas été acceptée. Mauvaise idée ? Pas si sur. C’est bien  pour cela que nous la publions.

Il  est dommage  qu’il soit difficile, sinon impossible de faire valoir des opinions opposées à celle de la pensée dominante actuelle, omniprésente  dans les media et les réseaux sociaux. C’est  d’autant plus  regrettable qu’une légalisation des drogues serait une catastrophe annoncée et inéluctable. La multiplication exponentielle des nouvelles drogues, leurs  puissances souvent décuplées , leur sophistication, l’organisation industrielle de leurs créations et de leurs circuits de distribution ne laissent aucun doute sur leur impact désastreux en particulier chez les jeunes.

Il y a deux réponses nationales possibles ; La première est l’enseignement dés l’école des méfaits des drogues avec des preuves scientifiques et médicales indiscutables, c’est ce que nous faisons. L’autre réponse est de nous opposer, chaque fois que cela est  accepté, aux affirmations fausses. C’est dans cet esprit que se situe le texte de notre Président.

 Jean-Paul Tillement

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Un autre regard (que celui de P. Pharo*)  sur la dépendance aux drogues à l’âge libéral

Professeur Jean Costentin**

Le trait toxicophile

         Chez les mammifères, la survie et la pérennité d’une espèce requierent, en particulier, qu’elle s’abreuve quand elle a soif, qu’elle se sustente quand elle a faim et qu’elle s’adonne à la copulation pour assurer sa reproduction. D’une façon toute Darwinienne, ces fonctions sont garanties par la sensation de plaisir qui émane de leur mise en œuvre. Si toutes les femmes étaient dyspareuniques, l’espèce humaine compterait sans doute beaucoup moins de 7 milliards d’individus. Qui plus est, l’Homme est insatiable. Il s’ingénie non seulement à exalter ces plaisirs élémentaires mais aussi à s’en fabriquer d’autres. « L’Homme est le seul animal qui boit sans avoir soif, mange sans avoir faim et fait l’amour en toutes saisons ». Ses boissons se sont multipliées, ses mets devenus très variés, par les talents de la gastronomie se font de plus en plus agréables à la vue et exquis au palais. Sur les feux de l’amour soufflent, avec sollicitude, les ressources de l’imagination : kamasoutra, lingerie fine, viagra etc… Mais, de même que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », l’intensité de ces plaisirs plafonne. L’hédonisme humain a une propension naturelle à rechercher des sensations de plaisir plus intenses et plus fréquentes ; il trouve de nouveaux moyens pour les faire naitre  : l’extase mystique, la pamoison artistique, le masochisme (qui transforme l’aversion de la douleur en plaisir) ; la cleptomanie ; la ludomanie ; la laboromanie ; la cybéromanie ; la sexomanie ; les sports extrêmes (escalade, saut à l’élastique…) et puis, et surtout, les toxicomanies, par le recours aux drogues (que par une pusillanimité troublante certains appellent « les substances »). Les drogues d’origine naturelle sont, de longue date, consommées de façon abusive : caféine, alcool, nicotine, tétrahydrocannabinol, cocaïne, cathinone, morphine….. Des drogues de synthèse s’y sont ajoutées au cours du siècle précédent et depuis une dizaine d’années leur nombre explose [1].

Le système de récompense

         Tous ces comportements et le recours à toutes ces drogues, prennent appui sur un système cérébral : le système de récompense, révélé par les travaux de deux chercheurs canadiens Olds et Milner [2 ]. Ces chercheurs implantaient deux électrodes en différents points du cerveau du Rat. L’animal, en appuyant alors sur une pédale, faisait passer un courant électrique entre ces électrodes et activait électriquement les neurones sous-jacents. Pour certaines localisations de ces électrodes, l’animal appuyait sur la pédale d’une façon compulsive, forcenée. Il devait alors éprouver un plaisir tyrannique, puisqu’il appuyait des milliers de fois par heure et ce jusqu’à l’épuisement, « l’overdose ». Il dédaignait toute autre sollicitation, le biberon d’eau pour étancher sa soif, la nourriture pour satisfaire sa faim. Il dédaignait même la jeune et jolie ratte, en œstrus, en position de disponibilité, qui venait s’offrir à lui. Le plaisir, à en mourir ; il faut bien expliquer ainsi ce phénomène, pour justifier un tel comportement.

Des études neurobiologiques ultérieures ont montré que les stimulations électriques  efficaces étaient celles pratiquées à l’aplomb de neurones prenant naissance dans une région postérieure du cerveau, le mésencéphale (et plus précisément l’aire du tegmentum ventral, ou aire de Tsaï). Ces neurones projettent leurs boutons synaptiques sur une petite structure diencéphalique, située à la basse du striatum : le striatum ventral ou noyau accumbens. Ces neurones, afin de dialoguer avec les neurones sur lesquels ils projettent leurs boutons synaptiques, ont pour neuromédiateur la dopamine [3 ]. Toute sensation de plaisir, telle celle suscitée par la stimulation électrique que l’on vient d’évoquer (« autostimulation de récompense »), ou encore la satisfaction de la soif, ou bien celle de la faim, ou la copulation, ou la consommation de n’importe quelle drogue : caféine, alcool, nicotine, tétrahydrocannabinol, cathinone, ecstasy, amphétamines, cocaïniques, morphiniques (dont la très addictive héroïne par voie intraveineuse), suscitent dans le noyau accumbens (dans sa partie la plus externe, « le shell ») une libération de dopamine. La dopamine apparait ainsi telle l’amine du plaisir. Cette libération accumbique de dopamine est consubstantielle du caractère addictif / toxicomanogène d’une drogue.

Notre hédonisme constitutif peut ainsi nous piéger. En effet, ayant perçu cette sensation de plaisir, avec une intensité qui varie selon la drogue, sa dose, sa voie d’administration, le contexte de sa consommation (la morphine à l’hôpital recrute moins vite les sujets qui en deviendront dépendants que la morphine dans les « rave parties), le contexte culturel, éducatif, génétique, socio-économique, la condition physique, l’état psychique du moment, le contexte sentimental, l’état d’éveil ou de sédation, les drogues associées, l’ambiance festive, l’environnement radieux ou au contraire glauque, la transgression, le mimétisme… et cent autres facteurs peuvent modifier l’expérimentation princeps ou les premiers pas dans l’usage. On rejoint là une relation de type Pavlovienne : Drogue = plaisir, dans un contexte multifactoriel.

Le premier contact peut faire que, par malchance, les aspects appétitifs / « de récompense » / plaisants / attrayants, l’emportent de loin sur les aspects négatifs / déplaisants / aversifs / dissuasifs. Alors l’incitation est forte à y revenir, « à repiquer au truc », à réitérer l’usage, qui pourra virer à l’abus et à la dépendance. On y est venu, on y revient, on en use et bientôt on en abuse. Le piège s’est refermé, la pharmacodépendance s’est installée.

Si ce premier contact (par chance, est on tenté de dire en pensant à la suite), est désagréable : vomissements, diarrhées de la première cigarette ; ivresse triste d’une alcoolisation ; anxiété, syndrome de dépersonnalisation, « bad trip » d’un premier joint…, l’expérimentateur est incité à n’en jamais réitérer l’usage.

Au regard des toxicomanies, l’Homme est un apprenti ; il ne sait pas, franchissant la porte de l’expérimentation, s’il pourra rester maitre de sa destinée où s’il abdiquera sous le pouvoir tyrannique d’une drogue, qui l’abimera par l’abus qu’il en fera. Combien de trajectoires brisées, de vies intellectuelles, sociales, familiales, professionnelles, sentimentales, sacrifiées par l’immixtion d’une drogue et bientôt de plusieurs drogues (escalade et polytoxicomanies).

Dans un « toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort », la drogue fait négliger l’essentiel ; elle fait passer à côté de ce qui est important, de ce qui fait sens dans la vie. Ces drogues peuvent faire croire un temps qu’elles seraient la solution à l’anxiété, à la dépression, au sentiment d’échec. En fait, non contentes de perdre progressivement l’effet sollicité pour apaiser ces troubles, elles les font réapparaître, plus intenses qu’ils étaient primitivement. La dépression se met alors à flamber avec, en embuscade, le risque suicidaire. Les toxicomanies recrutent un pourcentage important des tentatives de suicides ; parmi les 120.000 qui sont dénombrées chaque année en France, 10% d’entre elles sont fatales….Il faut ajouter le recrutement et/ou l’aggravation des schizophrénies (la folie au sens commun du terme). Les relations entre le cannabis et ces schizophrénies est désormais bien établi et les mécanismes en cause sont explicités. N’oublions ni l’accidentalité routière ni la toxicité somatique de ces drogues, à l’origine de décès ou d’altération de la qualité de vie.

Le caractère licite du tabac en constitue une terrible illustration. En France, il a piégé plus de 13 millions des nôtres, devenus des fumeurs irrépressibles. Un fumeur sur deux mourra d’une cause liée à sa consommation tabagique, avec 75.000 morts chaque année (là où la route ne fait que 3.700 victimes). Chaque jour c’est un Airbus, avec 200 fumeurs à bord, qui se crashe, sans susciter d’émotion. Quant à ceux qui n’en meurent pas, ils ne vont pas tous bien : amputations de tout ou partie d’un membre inférieur pour artérite ; angine de poitrine ; séquelle d’infarctus du myocarde ; séquelles d’accidents vasculaires cérébraux ; bronchite chronique ; bronchopneumopathie chronique obstructive (B.P.C.O.) qui affecte deux cent mille personnes (dont les promenades s’effectuent avec un petit obus d’oxygène sous le bras et un tuyau pour leur dispenser ce gaz dans chaque narine). Il a été établi que pour que le tabac ne coûte rien à la collectivité nationale il faudrait multiplier son prix par quatre !

On peut aussi évoquer les désastres provoqués par l’alcool, l’autre drogue licite. L’alcool recrute 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants (i.e. incapables de se priver, un jour par semaine, de la consommation de toute boisson alcoolique (cidre, poiré et bière y compris). Dix pour cent d’entre eux consomment, à eux seuls, le tiers de la production alcoolière nationale ; ceux-là sont les alcooliques. En France, l‘alcool est responsable de 49.000 morts par an. Avec cette drogue, aussi, beaucoup de ceux qui n’en meurent pas ne vont pas bien. Evoquons le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), qui plombe l’existence de pauvres gamins nés de mères intempérantes. Ce SAF concernait il y a quarante ans un nouveau-né sur 100 ; grâce à la réduction de moitié de la consommation moyenne d’alcool chez nos concitoyens (passant de 22 litres d’alcool pur par an et par personne à deux fois moins), et à des mises en gardes des femmes enceintes, la proportion des victimes du SAF a chuté d’un facteur 10. Des dispositions législatives, la loi Evin sur la publicité, sont passées par là. « Où il y a une volonté il y a un chemin ».

S’agissant du cannabis et de son tétrahydrocannabinol (THC), c’est une drogue lente. Elle est la seule, de toutes les drogues, à s’accumuler pendant des semaines dans les éléments lipidiques du cerveau et dans les graisses de l’organisme. Cette drogue agit à des concentrations un million de fois moindres que celles de l’alcool (c’est-à-dire pour des concentrations sanguines de l’ordre du microgramme par litre, soit donc du millionième de gramme). La teneur du THC dans les produits en circulation s’est accrue en moyenne d’un facteur 8 aux cours des 40 dernières années. La combustion du cannabis génère sept fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, ainsi que 7 fois plus d’oxyde de carbone (qui diminue la capacité de l’hémoglobine à transporter l’oxygène des poumons vers les tissus qui le consomment ; fœtus y compris). Le THC diminue les défenses immunitaire (mauvaise pioche pour les sidéens, que l’on a présenté un temps comme ses grands bénéficiaires…) ; c’est une drogue dont toxicité cardio-vasculaire est avérée (artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…). C’est une drogue à l’origine de cancers des sphères O.R.L. et broncho-pulmonaire, ou encore de cancers du testicule (germinomes non séminomes). C’est une drogue qui perturbe le cours de la grossesse (en l’abrégeant) ; donnant naissance à des nourrissons moins gros et moins longs que ne le laissait attendre la seule prématurité, avec un accroissement de l’incidence des morts subites inexpliquées, avec un retard du développement psychomoteur, avec une incidence accrue de syndromes d’hyperactivité avec déficit de l’attention, avec une fréquence élevée de consommateurs de drogues à l’adolescence….Les conséquences de sa consommation au niveau cérébrale sont encore plus préoccupantes. Le THC est sédatif, il défocalise l’attention, il crée un syndrome amotivationnel, il perturbe la mémoire à court terme, sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, une culture, une éducation. Il engendre donc d’importantes perturbations cognitives, qui expliquent, au moins pour partie, le rang peu enviable de la France (27ième rang) dans le classement des performances éducatives PISA. Après avoir été perçu par son utilisateur comme anxiolytique, il devient anxiogène ; après avoir apaisé le déprimé il fait apparaître une dépression plus vive qu’elle n’était primitivement. Son abus a des relations démontrées avec la schizophrénie, la révélant, l’aggravant, créant une résistance à ses traitements, incitant à des comportements auto- ou hétéro-agressifs. Il facilite le passage à d’autres drogues et en particulier à l’héroïne. Le nombre des héroïnomanes (250.000) s’est accru à la mesure de l’augmentation du nombre des cannabinomanes. On dénombre dans notre pays 1.600.000 usagers réguliers de cette drogue (consommant au moins un pétard tous les trois jours, ce qui, eu égard à la longue persistance du THC dans l’organisme, correspond à une imprégnation permanente par le THC). Le développement d’une tolérance conduit à des consommations plus fréquentes, avec 600.000 usagers quotidiens et multiquotidiens. Alors qu’il s’agit d’une drogue illicite, ces chiffres soulignent l’importance de son pouvoir d’accrochage, puisque ses consommateurs passent outre à la loi et à ses rigueurs pour s’adonner à sa consommation. Ces chiffres font des français les plus grands consommateurs de cannabis (en proportion, bien entendu) des 28 états membres de l’union européenne. [4] La banalisation s’est généralisée alors que la pédagogie préventive est virtuellement inexistante. Pourtant la collectivité se ruine dans le fonctionnement d’organismes que l’on a pu croire un temps inutiles, mais qui se sont avérés nuisibles. Ainsi la MILDT (mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies) a dépensé beaucoup d’énergie pour faire taire ceux qui luttaient effectivement contre ces drogues ; qui le faisaient à sa place (puisqu’elle ne le faisait pas, ou le faisait mal), quand elle ne s’appliquait pas à les contredire. Cet organisme contestait la nocivité des drogues dont elle était censée empêcher la diffusion, jusqu’à ce qu’elle soit rattrapée par les données de l’épidémiologie, qui chiffrait enfin ce que le bon sens et l’observation avait rendu manifestes de longue date. Cette MILDT a même mobilisé des  scientifiques, qui ne savaient pas grand-chose en cette matière. Ces chercheurs… de crédits, pour les obtenir, furent prompts à débiter devant des médias accueillants les sottises qui leur étaient commanditées.

A défaut de pouvoir ici visiter chacune des drogues largement diffusée sur le « marché »,  arrêtons-nous un instant sur le scandale (terme souvent galvaudé, mais dont la suite devrait justifier le choix) de la buprénorphine à haut dosage, le Subutex©, (« subu »). Ce traitement de substitution à l’héroïne vise à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur, qui rend impossible son éloignement de la drogue et qui est susceptible de le contaminer par des virus des hépatites ou du SIDA. Cette bonne idée au départ a été, hélas, largement détournée sous le nez de pouvoirs publics aveugles, sourds et s’appliquant manifestement à l’ignorer. Voyons ces divers détournements. Des héroïnomanes vont visiter plusieurs médecins qui leur prescrivent la dose la plus forte permise (16 mg/jour) ; ils présentent ces ordonnances à plusieurs pharmaciens qui les délivrent ; puis ils revendent ces comprimés à de jeunes toxicophiles, qui ainsi se familiarisent avec les morphiniques, dans une initiation qui pourra les mener, à plus ou moins long terme, à l’héroïne (le  « subu » comme médicament de recrutement de nouveaux héroïnomanes !). L’argent de cette revente permet au revendeur d’acquérir sa chère héroïne (le « subu » comme moyen de financement de l’héroïne pour l’héroïnomane !). Le Subutex© qui peut être prescrit par chaque praticien, ne l’est en fait que par un nombre très restreint d’entre eux ; devant cet afflux de patients ils le prescrivent à vive allure, à la polycopieuse, parfois à plus de 40 patients par jour. Or ce sont des patients qui ont besoin, beaucoup plus que d’autres, d’une écoute, d’échanges, de soutiens et qui, dans ces conditions, n’en bénéficient pas. Ce médicament n’est qu’exceptionnellent prescrit à doses dégressives, pour viser l’abstinence ; les patients sont ainsi  maintenus dans un état de précarité dont le prochain bleu à l’âme les fera retourner à l’injection d’héroïne. Ce médicament, avons-nous dit, a été développé pour faire rompre avec le comportement injecteur, et bien il fait désormais l’objet d’injections. Pour faciliter cela certains organismes, au prétexte de la réduction des risques, distribuent, avec des seringues (gratuites) des filtres pour retenir les éléments insolubles de la matrice galénique de ces comprimés sublinguaux. Des moyens permettent d’empêcher cela : c’est la Suboxone©( ou encore la prescription du médicament générique (moins cher)  moins facile à mettre en solution. Et bien, cherchez l’erreur, nombre d’addictologues répugnent à les prescrire. Indiquons que les détournements paraissent porter sur plus du tiers de ce qui est vendu de ce médicament, et ajoutons qu’en termes de coût ce Subutex est presque en première position au « hit parade » des dépenses de médicaments. Voilà comment une intéressante idée peut être dévoyée [5]. C’est désormais d’une main tremblante que le législateur devrait légiférer en matière de toxicomanies, maintenant qu’il sait tous les drames qu’ont recrutés ses inconséquences, ses actions et ses omissions.

Pour une éducation au plaisir

Chaque être a besoin de plaisir. L’absence de sensations de plaisir peut être doublé, cruauté suprême, de la sensation fallacieuse que ce plaisir ne sera plus jamais éprouvé. C’est alors la dépression. Dans sa forme la plus noire elle incite à vouloir mettre fin à sa vie (120.000 tentatives annuelles, dont 12.000 sont fatales). Oui, l’Homme a un pressant  besoin de plaisir. L’erreur funeste du toxicomane, c’est de le solliciter auprès d’un unique objet, la drogue ( « sa » / « ses » drogues). Hic et nunc, tout de suite, avec la facilité d’une inhalation ample (tabac, crack, cannabis), ou d’un sniff (cocaïne, héroïne), ou de l’appui sur le piston d’une seringue (amphétamine, cocaïne, héroïne. La drogue est au plaisir ce qu’est la prostitution à l’amour. Un raptus irrépressible, non maitrisé. La consommation d’une drogue n’est bientôt plus un plaisir, mais un besoin tyrannique qui, lorsqu’il n’est pas satisfait, rend très malheureux. Comme l’exprimait autrefois l’addictologue C. Olievenstein : « il n’y a pas de drogués heureux ». Le « toxico » n’est pas un « sale type », c’est un « pauvre type », au sens de malheureux, de victime de tout ce qui n’a pas fonctionné pour lui , souvent dès l’enfance, avec des carences affectives, des traumatismes de divers ordres, des informations qui n’ont pas été délivrées, ou mal délivrées ; qui l’ont incité à les transgresser, d’un argent de poche à foison, de mauvais « copains », des ruptures familiales au gré de la versatilité sentimentale de parents ayant privilégié leurs appétits et sentiments à l’importance qu’ils accordaient à leur descendance ; une éducation familiale et/ou institutionnelle défaillante(s). Alors que l’école est obligatoire, elle ne s’oblige pas à faire passer les messages indispensables à l’hygiène du corps et de l’esprit.

Le plaisir doit être sollicité auprès d’une multitude de sources et non pas d’une seule. C’est ce dont doit s’inspirer l’éducation au plaisir, comme un apprentissage à la mobilisation de la diversité de nos sens, afin d’éprouver des plaisirs multiples et variés, dont l’addition est ainsi en rupture avec la focalisation caractéristique de l’addiction. A enfiler de nombreuses perles on peut réaliser de très beaux colliers. Trouver du plaisir en mille choses peut édifier, par sommation, le Plaisir. Une rose se regarde, s’admire, se hume et son parfum peut être prenant, le soyeux du toucher de ses pétales peut s’apparenter à la douceur de la peau féminine…. Le plaisir est rehaussé par le désir, par l’attente, par l’effort pour y accéder ; bref, le contraire de l’appui sur le piston de la seringue. Si la jeune femme convoitée sait un temps résister, le plaisir de sa conquête en sera bien plus intense…

 

La société libérale effondre des digues, patiemment érigées par le temps et le bon sens

            La société libérale détruit des digues érigées pour restreindre, pour contenir l’expansion du trait toxicophile. Elle transforme des marées à haut quotient en des tsunamis. L’argent roi a de plus en plus souvent l’odeur de la fumée de cannabis, ou de la poudre de cocaïne. Des fortunes insolentes s’édifient facilement sur les dépouilles d’innocentes victimes. Innocentes car abusées par des médias complices, des éducateurs démissionnaires, quand ils ne se font pas prosélytes, des familles en déshérence, un monde politique gangréné, l’esprit de tricherie généralisé, quand ceux qui devraient être emblématiques sont mis en examen et que les pédagogues sont soit aux abonnés absents, ou bien que leurs recommandations sont occultées, tues, réduites à une discrétion de violettes sans parfum ; ou encore qu’elles sont raillées et/ ou encore critiquées. Vingt années d’une communication résolue et déterminée sur les dangers des drogues m’ont beaucoup appris en matière de liberté de la presse, muée en une dictature des journalistes. Dans leur  majorité ils ont décidé, pour la société toute entière, de la légalisation du cannabis, quand ce n’est pas de toutes les drogues. Ils lancent le « débat » ; ils choisissent ceux qu’ils interviewent ; ils ne tendent le micro qu’à ceux qui sont acquis à leur thèse ; ils choisissent les questions qu’ils leur posent ; ils ne retiennent des réponses que ce qui leur agrée, ils condensent ces réponses sur ce qui leur importe. « Remuez, servez chaud », et on parle d’information alors qu’il s’agit typiquement d’une conformation de l’opinion. Il leur a fallu du temps, mais ils voient se rapprocher sinon le basculement de l’opinion en faveur de cette légalisation des drogues, du moins l’installation d’une certaine indifférence vers la commission de ces aberrations sanitaires et sociétales que serait la légalisation du cannabis, pour commencer, suivie de celle de toutes les drogues. Cette légalisation du cannabis fera passer, très logiquement, le nombre de ses « usagers réguliers » actuels (1.600.000) vers au moins le chiffre des alcoolo-dépendants actuels (4 à 5 millions) et pourquoi pas vers le nombre des fumeurs de tabac (14 millions), la résine de cannabis étant très largement portée sur les épaules du tabac.

Notre société libérale reste solidaire

         Si certains proclament que chaque être est seul face à son destin,  notre société reste encore marquée, et pour longtemps encore peut-on espérer, du sceau de la solidarité. On ne laisse pas au sol celui/celle qui vient à choir. Mais ces efforts d’entraide, gouvernementaux, non gouvernementaux (O.N.G.), individuels, peuvent de moins en moins servir à arroser le sable. Ils doivent être concentrés sur les détresses inévitables. Aussi tout doit être fait pour prévenir la survenus des drames prévisibles. Dans la même logique que celle qui impose aux automobilistes le port de la ceinture de sécurité, afin d’atténuer les conséquences de certains accidents. Il s’agit, en l’occurrence, non seulement de protéger la victime, mais aussi les organismes sociaux qui devront prendre en charge les conséquences matérielles que la victime ne peut assurer seule. La liberté des uns s’arrête là où commence l’engagement matériel des autres. Quant à faire miroiter qu’une régie du cannabis rapporterait au budget de la nation une manne substantielle [5], il s’agit d’une malversation caractérisée. S’agissant du tabac, présenté comme un gisement très productif de taxes, il vient d’être montré que pour qu’il n’obère pas le budget de la nation son prix devrait être multiplié par 4. Une étude toute aussi récente établit que le budget de la nation américaine est taxé, à hauteur de 0, 8 $, pour chaque verre de boisson alcoolique consommée aux U.S.A.

Mais il n’y a pas que l’argent, si l’on veut bien admettre, avec Jean Bodin, « qu’il n’est de richesse que d’hommes », j’ajouterais ni shootés, ni camés, ni paumés, n’ayant pas perdu pied, ni l’estime d’eux-mêmes, ni leur autonomie, ni leur fierté de contribuer à une ambition collective. Dans la mondialisation, qui s’apparente à certains égards aux jeux olympiques de l’intelligence (individuelle et collective), gagneront, ou du moins seront en tête de peloton, les nations qui sauront préserver leurs populations de l’agression des drogues. Les drogues constituent, à cet égard, une arme économique. Les nations en « pole position » seront celles qui sauront mobiliser les efforts de citoyens ayant un esprit sain dans un corps sain.

On constatera que le laxisme de certains états vis-à-vis des drogues parait être conçu pour attirer, afin de s’enrichir, les jeunes consommateurs des pays voisins, en s’appliquant par une pédagogie forte à essayer d’en protéger leurs jeunes nationaux (ainsi la Hollande). Ce laxisme peut encore être destiné à apaiser une jeunesse malmenée par la crise, et à transformer des indignés en résignés (Portugal, Espagne, Grèce…). En France, certains mouvements qui militent pour une régression économique (Europe-Ecologie-Les Verts) voient dans le cannabis, mis à la portée de tous, par ses nombreux effets négatifs (l’aboulie, le syndrome amotivationnel, l’effet planète, les perturbations cognitives, la sédation, l’engagement remis à demain, l’absence d’ambition, de projets) un moyen, telle une vessie à glace, pour entraver le développement économique. Le communisme soviétique s’est dissout dans l’alcool. Pour dissoudre le monde occidental il faudra y ajouter d’autres drogues, c’est bien parti, certains s’y emploient avec détermination. Rappelons le manifeste surréaliste, et Aragon «Nous minerons cette civilisation qui nous est chère. Monde occidental, tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l’Europe. Voyez comme cette terre sèche est bonne pour les incendies. Que les trafiquants de drogues se jettent sur nos pays terrifiés, que l’Amérique au loin croule de ses buildings blancs… »

La formule fondatrice du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (C.N.P.E.R.T.) inspirera notre conclusion: «  S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de se préoccuper de l’état des enfants qui nous succèderont sur cette planète.

                                  

Quelques références bibliographiques

[1] Nouveaux produits de synthèse identifiés en France depuis 2000. Note d’information SINTES (9 oct. 2014)

[2] Olds J., Milner PM. Positive reinforcement produced by electrical stimulation of septal area and other regions of rat brain. J. Comp. Physiol. Psychol., 1954, 47, 419-27.

[3] Costentin J.  “La dopamine dans tous ses états”. Ed. Docis (à paraître en Mars 2015)

[4] Costentin J.  « Halte au Cannabis » Ed. O. Jacob, 2007

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis »

Ed. O. Jacob, 2013

[5] Costentin J. – Le « subu » roi, c’est subuesque. Lettre XXIX du CNPERT, Mai 2014

[6] Kopp P. déclaration au journal « Le Monde » 3 août 2014

*P. Pharo  a été l’auteur d’un article dans « La vie des idées » le 23 sept. 2014, intitulé « La dépendance aux drogues à l’âge libéral »

**Jean Costentin- docteur en médecine, pharmacien, docteur ès sciences ; professeur émérite de la faculté de médecine & pharmacie de Rouen ; directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie –CNRS- (1984-2008) ; directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011) ; membre titulaire des académies nationales de médecine et de pharmacie ; président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT).

Un produit chimique encore méconnu, vaporisé sur de  l’herbe hachée… c’est ce qui a conduit une dizaine d’ados et de jeunes adultes à l’hôpital d’Annecy ces derniers jours. Le fournisseur a été interpellé. Les lycéens qui en ont consommé invitent à la plus grande prudence.

Hypotension sévère, vomissements, problèmes cardiaques… les symptômes ne trompent pas. Le cannabis synthétique a rendu malade une dizaine de jeunes annéciens la semaine dernière. Le produit est fabriqué de toute pièce, n’a rien à voir avec le cannabis naturel, si ce n’est l’aspect. Mais l’odeur n’est clairement pas la même ! Un indice pour éviter de se faire avoir.

Ariane Combes et Dominique Bourget ont rencontré quelques lycéens annéciens qui ont goûté au faux-cannabis. Leur avis est sans appel.

Cliquez ici pour voir la video

Le cannabis de synthèse

 

Je croyais que mon coeur allait lâcher… j’ai vraiment eu peur de pas m’en sortir… »

Les produits chimiques utilisés ne sont pas considérés comme stupéfiants, en tout cas pas pour l’instant. C’est toute la perversité de la situation. Ce faux-cannabis est donc« potentiellement licite » comme l’explique le Procureur d’Annecy Eric Maillaud. « Ce produit n’est pas encore interdit puisqu’il n’est pas classifié ». 

Une jeune fille de 15 ans a été interpellée. Elle aurait fourni la majorité des jeunes hospitalisés. Elle devrait être poursuivie pour « incitation à la consommation de substances ayant les mêmes effets que des produits stupéfiants ».

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Publié par : cnpert | 18 mars 2015

Peut-on être allergique au cannabis ?

À l’occasion de la Journée Française des allergies, ce 17 mars 2015, Sciences et Avenir se penche sur une question qui ne concerne pas que les consommateurs de marijuana.

JOINTS. Comme les autres plantes portant du pollen, le chanvre (Cannabis sativa), dont est issue l’herbe des fumeurs de joints, peut en effet provoquer des réactions allergiques. Un article récemment publié par une équipe canadienne dans la revue Annals of Allergy, Asthma and Immunology décrypte pour la première fois le processus allergène du cannabis, grâce à l’analyse des données scientifiques disponibles. Une information largement méconnue de la plupart des consommateurs de cannabis… et des autres.

Un risque (rare) de choc anaphylactique

Les chercheurs canadiens recensent les différents symptômes liés à une exposition au cannabis ayant provoqué une allergie, une hypersensibilité, parfois même un choc anaphylactique (allergie sévère potentiellement mortelle). Selon cette étude, le premier cas signalé d’allergie au cannabis date de 1971 : une femme âgée de 29 ans a eu un choc anaphylactique après avoir fumé du cannabis pour la première fois. Parmi les symptômes respiratoires, la rhinite allergique (type rhume des foins) et l’asthme allergique figurent parmi les cas les plus courants.

Selon une étude menée en 2014 par une équipe belge, des symptômes cutanés immédiats ont été observés chez des consommateurs de cannabis :  notamment de l’urticaire et l’angio-œdème suite au contact de la plante avec la peau ou les muqueuses (lèvres et paupières). Des symptômes respiratoires également, comme des rhinoconjonctivites ennuyeuses, et un angio-œdème palpébral.

Le syndrome cannabis-fruits/légumes

Les allergies touchent jusqu’à 1 % des fumeurs de cannabis (en France, cela représenterait environ 40.000 personnes), rapporte l’étude belge. Mais ces derniers ne sont pas les seuls concernés. Des anaphylaxies ont été observées après l’ingestion de graines de cannabis ou en buvant du thé de marijuana, soulignent les chercheurs. Et même chez des personnes n’ayant jamais consommé de cannabis ! « L’allergène aéroporté pourrait bien constituer une cause éventuelle de sensibilisation passive qui a récemment été suggérée chez un enfant de 5 ans », est-il écrit. En France, les comptes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) révèlent la présence de pollen de cannabis de fin juillet à la mi-août principalement à Aix-en Provence, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Mâcon, Strasbourg et dans le Roussillon, ainsi qu’en octobre à Ajaccio.

Depuis quelques années, un nombre croissant d’allergiques au cannabis souffrent d’allergies croisées démontrées. Ce syndrome, appelé le « syndrome cannabis–fruits/légumes », semble surtout impliquer le Can s 3, une protéine. Étant un allergène stable qui résiste à la chaleur et demeurant fonctionnel dans le tractus gastro-intestinal, il risque d’entraîner des réactions généralisées tels que urticaire, difficultés respiratoires et anaphylaxie. L’allergie alimentaire d’origine végétale liée à cette protéine concernait surtout la pêche, la pomme, la cerise, la noisette, la tomate et parfois des agrumes comme l’orange et le pamplemousse (voir schéma ci-dessous). « Depuis lors il a été démontré qu’une sensibilisation au cannabis pourrait éventuellement engendrer une réactivité croisée avec des céréales, des boissons alcoolisées (bière et vin), le latex d’Hévea et le tabac », expliquent les chercheurs.

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Des chercheurs américains ont récemment publié une étude dans laquelle ils démontrent qu’une consommation chronique de cannabis à l’adolescence avait des effets sur la mémoire à long-terme. Ces résultats viennent compléter ceux que l’on connaissait sur la mémoire à court-terme.

Atlantico : Une nouvelle étude réalisée par l’université de Northwestern montre qu’une consommation fréquente de cannabis pendant l’adolescence peut affecter la mémoire à l’âge adulte. Comment l’expliquer ?

Dan Véléa : Cette étude vient s’ajouter à une longue liste de résultats parfois mitigés concernant les effets d’une consommation chronique de cannabis sur le cerveau.

Si la majorité d’entre elles démontrent bien les effets nocifs de la substance, elle porte un coup à d’autres résultats, notamment une dernière étude qui affirmait que la consommation de cannabis pouvait améliorer la mémoire chez les sujets atteints d’Alzheimer.

Le cannabis contient près de 480 alcaloïdes possédant des propriétés psychoactives. Certains ont des effets sur le sentiment de détente, d’autres permettent de s’amuser, de ressentir du bien-être… Ils agissent contre la mémoire, que ce soit la mémoire de fixation, à court terme, ou une mémoire plus ancienne. L’explication la plus logique est celle consistant à dire que les neurones, à force d’être trop souvent confronté à ces substances psychoactives, s’abîment fortement.

Le vieux mythe disait qu’une fois les capacités de mémoire déstabilisées, il n’y avait plus de capacité de régénération. Mais on voit de plus en plus que celles-ci existent : ceux qui souffrent de maladies de Parkinson peuvent recourir à des greffes neuronales, ou cela peut reprendre, tout comme lors de maladie cardio-vasculaires. Pour autant, je ne pense pas que la recherche se soit posé  sur ce type de mémoire : les dégâts causés sont là. A l’âge de 18 ans, le cerveau est suffisamment mûr, donc la destruction neuronale des capacités de mémorisation est atteinte chez ce type de patient. Chez les patients plus âgés, et dont la consommation est chronique, on voit aussi une perte de mémoire.

On connaissait déjà les effets sur la mémoire à court terme. Quelle est la différence entre ces deux types de mémoires, à quels besoins spécifiques répondent-elles ?

Il y a 5 types de mémoires, mais en gros la mémoire de fixation correspond à la mémoire des évènements récents, tandis que la mémoire d’évocation se crée à partir des réminiscences des souvenirs issus de l’enfance. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que les deux sont touchées par la consommation de cannabis. Le siège du système émotionnel -le système limbique- impliqué dans les mécanismes de l’apprentissage, et l’hippocampe, sont tous les deux fortement sollicités dans la consommation de cannabis.

D’ailleurs, une étude australienne avait pris un panel d’étudiants de 15 à 18 ans et qui fumait régulièrement du cannabis. A 35 ans,  leur mémoire était sensiblement inférieure par rapport aux sujets témoins qui ne fumaient pas.

A partir de quelles doses la consommation de cannabis devient-elle réellement problématique ?

Il va falloir ici casser un mythe : la consommation de cannabis ne devient pas problématique uniquement par la fréquence. C’est surtout la concentration de THC, et l’intensité de la fumette qui sont en jeu.

En quoi la cartographie du cerveau, très utilisée par les chercheurs, est-elle importante pour connaître les effets d’une consommation régulière de cannabis ? Et quelles régions en sont les plus affectées ?

En l’occurrence, l’équipe fait de la recherche fondamentale, et l’imagerie médicale leur permet de voir quelles sont les zones déficientes, celles sollicitées par la consommation -les zones chaudes- et celles qui ne sont pas suffisamment exploitées.

Les chercheurs se sont également intéressés à l’effet d’une consommation régulière de cannabis sur les sujets souffrant de troubles mentaux. Que sait-on concrètement de l’effet du cannabis sur ces derniers ?

Il faut être honnête sur cette question, mais même en étant honnête les résultats restent inquiétants.

Il y a deux effets du cannabis sur les troubles mentaux et les psychoses. Premièrement, ceux qui auraient de toute manière développé ce type de trouble. Chez ces derniers, on a pu constater que le cannabis provoquait une accélération de l’apparition de ces psychoses.

Dans le deuxième cas, le plus connu avec le cannabis mais aussi avec le LSD est la pharmaco-psychose, où la molécule est directement responsable de l’apparition de la psychose. Mais la différence entre les deux, c’est que celle-ci n’est que très rarement durable. En revanche, au-delà des psychoses, le cannabis est fortement impliqué dans la démotivation des individu

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par Xavier Raufer

En décembre 2014, la Fondation Terra Nova publiait ‘Cannabis, réguler le marché pour sortir de l’impasse’. Excellent sujet d’étude pour un think tank, mais, hélas, traité comme la gauche le fait souvent pour la sécurité, en noyant sous les mensonges ses propres échecs.

Pour Terra Nova, en France, la répression des drogues est un échec ; on y lutte durement contre le cannabis en interpellant des foules d’usagers. On peut, dit le think tank, prendre dix ans de prison pour avoir vendu du cannabis ; vingt ans si on en a produit ; plus des millions d’euros d’amende.

Fariboles. Mais d’abord ceci : les criminologues n’ont pas à décider des politiques publiques ; pénaliser, légaliser ou non l’usage des stupéfiants, est une décision de l’État. En revanche, ils doivent s’exprimer si les arguments échangés sont biaisés ou trompeurs, ce qui est le cas ici.

• Niveau de la répression : il y a en France (“Baromètre Santé” 2010-2014), environ 5 millions d’usagers de cannabis “au moins une fois par an”. Pourquoi Terra Nova calcule-t-il donc la répression sur les seuls usagers “au quotidien” (570 000, dit-il) ? Sur quelque 120 000 gardes à vue par an pour usage de cannabis, le taux réel de répression est ainsi de moins de 2,5 % sur tous les consommateurs, ce qui est peu dissuasif. Conclusion : la dure répression vue par Terra Nova est plutôt factice.

“il y a en France environ 5 millions d’usagers de cannabis “au moins une fois par an””

• Niveau de l’usage : il aurait quadruplé de 1992 à 2014. Oui, mais à quel rythme ? Vers 2010-2011, cet usage stagnait, voire baissait (‘Revue française de socioéconomie’, 2011/1-7, étude sur le marché du cannabis). Depuis 2003 “une légère baisse des niveaux de consommations pour tous les types de consommateurs apparaît”. L’Inpes-Santé-Territoires 2005-2010 (oct. 2013) constate une stabilité nationale de l’usage pour les 15-30 ans. L’explosion date donc de 2012, quand arrivent au pouvoir les amis de Terra Nova, qui camoufle maladroitement cette gênante réalité.

Les drogues en Europe : la France, mauvaise élève, oui, car c’est le seul pays où elles “explosent” ; ailleurs en Europe, l’usage des drogues stagne ou baisse. Exemple, celui de l’Angleterre (principal marché d’Europe pour les stupéfiants) : de 2008 à 2013, les saisies (douanes et police) s’y effondrent de – 25 %, le Home Office britannique y voyant “une rétractation objective du marché”.

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Six jeunes gens d’Annecy ont été intoxiqués après avoir fumé « un produit de synthèse s’apparentant à de l’herbe de cannabis », et au moins trois d’entre eux ont été hospitalisés, a-t-on appris vendredi auprès du parquet et de la préfecture.

« Deux jeunes se sont évanouis dès la première bouffée de ces cigarettes. Ils se sont effondrés dans la cour de leur établissement scolaire », a indiqué le procureur d’Annecy Éric Maillaud. « Une jeune fille n’avait que 9 de tension plusieurs heures après les faits », a ajouté le procureur.

Une ado de 15 ans en garde à vue

La principale vendeuse de ce produit, une jeune fille de 15 ans, a été interpellée et placée en garde à vue vendredi par la police d’Annecy. Elle « a reconnu en avoir cédé à des élèves de plusieurs établissements scolaires d’Annecy et des alentours », a indiqué la préfecture dans un communiqué. « On a trouvé plusieurs sachets lors de perquisitions à son domicile. Elle achetait ça sur internet et gagnait 7 euros du gramme à la revente. Elle voyait là matière à se faire de l’argent de poche », a indiqué M. Maillaud.

Herbe et produit de synthèse

Le produit en question doit encore être analysé. Il est présenté sur internet comme ayant les mêmes effets que le cannabis. « Ce n’est pas un produit interdit à la vente car il n’est pas référencé », a précisé le procureur. La direction départementale de la sécurité publique de Haute-Savoie a mis en garde les consommateurs face à « la dangerosité avérée » de ce produit. « Il est conditionné la plupart du temps dans un petit sachet en plastique transparent et présenté sous la forme d’herbe hachée sur laquelle est fixé un produit de synthèse. Ce produit est vaporisé à plus ou moins forte dose sur cette herbe, de manière aléatoire et non maîtrisée, la dangerosité est ainsi proportionnelle à la quantité projetée », a précisé la préfecture. Ce produit « est ensuite consommé sous forme de cigarette artisanale, ses effets sont immédiats et peuvent provoquer malaises ou évanouissements« , a-t-elle ajouté.

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Dr CostentinJean Costentin est membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie. Professeur en pharmacologie à la faculté de Rouen, il dirige une unité de recherche de neuropsychopharmacologie associée au CNRS. Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches en Toxicomanie,  (CNPERT) il a publié en 2006 Halte au cannabis !, destiné au grand public.

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La légalisation du cannabis serait une manne pour le budget de la nation et une aubaine pour le chômage…Bizarre qu’en cette période de vaches maigres, notre prix Nobel d’économie n’y ait pas pensé, et que nos gouvernants à court de pactes et autres plans de redressement de la courbe du chômage n’aient pas sauté sur une si belle occasion de jouer au Père Noël ! Pourtant, la Fondation progressiste Terra Nova a fait les comptes et nous n’avons plus qu’à gober, fanfare médiatique à l’appui, son joli conte de circonstance. Sonnez hautbois, résonnez fumettes ! Laissez-nous fumer en paix et ce sera tout bénéfice pour les finances publiques et le moral de la nation ! Laissez-nous nous abrutir en paix, et nous chanterons la vie en rose… avant de déchanter…

DES COMPTES TOXIQUES

Pour « réguler le marché », il faut dépénaliser, avant de légaliser… puisque le cannabis, c’est connu, n’a jamais fait de mal à personne… De qui se moque-t-on ? Le cannabis, c’est prouvé,  est sept fois plus toxique que le tabac qui tue déjà chaque année 73 000 de ses 13 millions de fumeurs. Plus grave, le cannabis tue plus tôt, en pleine activité, et plus fréquemment, ce qui pénalise l’investissement humain de notre pays. Toxique pour les voies respiratoires, il réduit aussi les défenses immunitaires, entraîne des artérites et des accidents vasculaires cérébraux précoces et hypothèque gravement l’avenir de l’enfant à naître quand la mère en consomme pendant sa grossesse. Autant de frais en termes médicaux, hospitaliers, en durée d’arrêts de travail et charges de handicaps dont Terra Nova ne semble pas tenir compte…

Surtout, le cannabis est un poison pour le cerveau. Le THC, son constituant principal, perturbe l’éveil, l’attention, la mémoire, la motivation et l’ambition, avec de graves conséquences sur les facultés d’apprentissage, ce qui explique que, forte de sa première place en Europe pour la consommation de cannabis chez les jeunes, la France se retrouve dans le fond du classement PISA, annihilant en partie ses efforts budgétaires en faveur de  l’Education nationale. Nul ne conteste plus que le cannabis soit aussi à l’origine d’un grand nombre d’accidents de la route, et, encore une fois, ce sont les jeunes qui paient le plus lourd tribut. Ces mêmes jeunes qui, au lieu de se lancer dans la vie active, sombrent dans la polytoxicomanie, et qu’on retrouve en psychiatrie, car le cannabis est à l’origine d’une forte proportion de troubles mentaux, de la simple anxiété à la schizophrénie dont il est un facteur aggravant. Rappelons simplement à nos doux rêveurs de Terra Nova que le cauchemar des maladies mentales représente pour la collectivité un coût annuel de 110 Mds €, soit 5,8% du PIB !

STOP A L’ENFUMAGE !

Le tabac coûte déjà assez cher à la nation pour qu’on ne prenne pas le risque, en légalisant le cannabis, de faire exploser le nombre déjà d’autant plus conséquent de ses usagers que sa consommation est illicite. Les 1 600 000 cannabinomanes d’aujourd’hui auront vite fait de rattraper les 4 millions d’alcoolo-dépendants, voire les 13 millions de fumeurs que seul un triplement du prix des cigarettes pourrait guérir de leur addiction… Mais, on peut craindre de nos décideurs à la vue courte qu’à l’instar de ce qui se passe avec les  lobbies du tabac, ils ne cèdent au chant des sirènes de ces pseudo-économistes cannabinophiles… Pendant ce temps, la première mesure du  nouveau président de l’Uruguay, un cardiologue, a été de repénaliser l’usage du cannabis…

TERRA SANA

Dans la compétition économique internationale n’émergeront que les nations qui sauront préserver leur jeunesse de l’abêtissement des drogues. Il ne sert à rien de se ruiner à vouloir éduquer des individus que la drogue rend réfractaires aux activités éducatives. Faire miroiter la perception de taxes est dérisoire comparé à ce qui n’a pas de prix, la santé et l’intelligence de notre jeunesse. S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à notre jeunesse, il est plus important encore de se préoccuper de l’état de la jeunesse que nous préparons pour cette planète.

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Un article publié dans le numéro de mars de the Annals of Allergy, Asthma, and Immunology, qui combine différentes recherches sur le cannabis, démontre que «les allergies au cannabis non seulement existent, mais qu’elles peuvent aussi être mortelles», relate The Daily Beast.

Les docteurs Thad Ocampo et Tonya Rans, auteurs de l’article, soulignent que les cas d’allergie au cannabis sont encore rares et «peu cités dans la littérature médicale malgré le fait que la marijuana est la drogue illicite la plus largement consommée au monde». Mais avec la récente légalisation du cannabis dans différents Etats des Etats-Unis, la drogue pourrait devenir une source d’ennui de plus en plus récurrente pour les allergologues, selon les auteurs.

Leur article se concentre particulièrement sur les allergies au cannabis sativa, une sous-espèce connue pour ses effets psychotropes, qui peuvent se manifester sous «de nombreuses formes, allant de l’asthme et l’eczéma à la conjonctivite et l’anaphylaxie», note The Daily Beast.

Le docteur Purvi Parikh, allergologue et immunologiste, interrogée par The Daily Beast, relève aussi que: «le cannabis sativa peut causer jusqu’au choc anaphylactique», une réaction allergique qui peut engager le pronostic vital. Ce pourquoi l’étude des docteurs Ocampo et Rans doit être «prise très au sérieux», souligne Purvi Parikh.

D’autant plus que les allergies au cannabis ne concernent pas que les consommateurs.«L’inhalation peut causer des problèmes à ceux souffrant d’allergies qui ne consomment pas nécessairement de marijuana mais qui sont exposés à sa fumée de façon passive», dit Purvi Parikh. «Les spores de pollen issus de l’agriculture et de la production de marijuana seraient aussi un autre mode d’exposition aux allergènes.» Et «la production de cannabis va augmenter», estime l’immunologiste.

Le diagnostic des allergies au cannabis se réalise en général grâce à un test cutané, explique The Daily Beast. Mais les scientifiques cherchent à élaborer des moyens de dépistage plus sophistiqués. Et certains travailleraient sur des tests in vitro pour trouver des anticorps.

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Publié par : cnpert | 5 mars 2015

Skunk ou haschich : que choisir ?

Pédagogique, scientifique… et spectaculaire, la chaîne privée Channel 4 fait expérimenter les deux drogues à des volontaires.

Jon Snow, 63 ans, journaliste vedette de la chaîne, coprésentateur et cobaye vedette de la soirée, en inhale sous forme gazeuse dans un ballon, puis se soumet immédiatement à une IRM cérébrale. Pris de panique, il doit interrompre le scanner. L’ancien correspondant de guerre témoigne : « J’ai tenu à Gaza, j’aurais dû tenir… J’ai déjà fumé du cannabis, mais, après avoir pris de la skunk, j’ai été envahi par la pire peur de ma vieJe ne le referai jamais. »

Lire tout l’article

Les troubles du sommeil pourraient être liés à l’usage de psychotropes, notamment le cannabis. C’est ce qu’indiquent les conclusions d’une récente étude américaine, publiée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine.

Tests d’endormissement et d’urine

Pendant dix ans, les chercheurs du Nationwide Children’s Hospital (Ohio) ont, en effet, examiné le comportement de 383 adolescents redirigés vers une consultation au Centre des troubles du sommeil de l’hôpital. L’objectif? Tenter de prouver que ces troubles étaient aussi liés à la consommation de cannabis.

Pour comprendre et diagnostiquer leur narcolepsie, les patients ont, donc, d’une part, passé un test appelé Tile (test itératif de latence à l’endormissement ou MSLT en anglais): leurs phases de somnolence ont été observées et leur temps nécessaire à l’endormissement enregistré. Mais ils devaient, d’autre part, également se soumettre à un test d’urine. Et bingo: 43 % des adolescents ayant un test pouvant être lié à la narcolepsie ou à de graves troubles du sommeil étaient également positifs au cannabis.

Un diagnostic avant toute prise en charge

«Nos découvertes soulignent et soutiennent l’importance de faire passer des tests d’urine, au préalable, à tous les patients de plus de 13 ans avant d’accepter de faire des examens complémentaires pour diagnostiquer leur narcolepsie», confie, au MD NewsDaily, Mark L. Splaingard, directeur du Centre des troubles du sommeil, et principal auteur de l’étude.

Un test de dépistage qui apparaît, aujourd’hui, «essentiel avant d’entamer un diagnostic», selon le chercheur, afin de ne pas «envisager une prise en charge de l’adolescent» pour des troubles importants du sommeil qui pourraient être évités tout simplement en arrêtant les stupéfiants.

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Publié par : cnpert | 22 février 2015

Ils sont à l’écoute des jeunes victimes d’addictions

Chaque année, le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie accueille près de 200 jeunes en consultation. La moitié d’entre eux viennent pour la consommation de cannabis.

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Le cannabis en tête des produits consommés

Sur 171 patients de moins de 25 ans, le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) a enregistré 82 cas de consommation de cannabis, en 2014. « Ça représente la moitié des personnes que l’on reçoit, explique le Dr David Le Boulanger. La plupart d’entre eux s’adressent à nous à la suite d’une décision de justice, pour un rappel sur la santé et une éventuelle évaluation d’un problème plus ou moins grave. » Il arrive aussi que des consommateurs viennent rencontrer un spécialiste pour en parler, de leur propre chef.

Si le cannabis est en tête des produits consommés, l’alcool représente 25 % des dépendances nécessitant l’attention du Csapa. « Mais pour les jeunes, l’alcool reste un produit festif. Ils vont se dire que c’est moins problématique que de fumer des joints », précise le Dr Le Boulanger. Le Csapa permet également d’appréhender des dépendances aux jeux d’argent, aux médicaments, au tabac, ou aux jeux vidéos, même si cela « reste à la marge ».

Le mal être ciblé en priorité

Six spécialistes interviennent au quotidien, notamment auprès des jeunes. À savoir, deux médecins, deux infirmières, une psychologue et une éducatrice spécialisée. Leur rôle : comprendre le consommateur, mais aussi faire de la prévention. « L’important, ce n’est pas vraiment le stade de l’addictologie, même si nous cherchons à l’évaluer, mais pourquoi le patient consomme tel ou tel produit, indique le Dr David Le Boulanger. On ne travaille pas sur le produit consommé, mais sur la santé. On effectue une prise en charge axée avant tout sur le mal être. »

Régulièrement, l’équipe intervient dans les établissements scolaires. Par exemple, au lycée Victor-Hugo, un créneau a été mis en place le mardi, tous les quinze jours, pour les élèves qui cherchent de l’aide. « Depuis six mois, je ne suis pas intervenu car il n’y a pas eu de demandes, précise le spécialiste. C’est à l’élève de se manifester pour que je puisse en discuter avec lui. »

Pas d’évolution marquante de la consommation

Mais l’important aujourd’hui, c’est aussi de former les personnels encadrant des jeunes de moins de 25 ans a repérer les problèmes éventuels. Il y a cinq ans, le programme « Aimes ta vie » a été mis en place par le Csapa. « L’avantage, c’est qu’il y a un suivi de la personne formée pour l’aider en cas de situation délicate. » Mais pour le Dr le Boulanger, la priorité réside également dans la nécessité d’une proximité avec les jeunes. « Il nous manque une structure pour mettre en place une permanence, afin de rencontrer les patients à n’importe quel moment. »

En 2014, le Dr David Le Boulanger n’a pas relevé d’évolution marquante de la consommation des adolescents et jeunes adultes. Mais, il note une forte augmentation des consultations pour les personnes plus âgées. En cause : « Certainement le chômage et la vie quotidienne où, finalement, on ne nous laisse pas le droit à l’erreur si l’on veut rester dans la course. »

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Publié par : cnpert | 20 février 2015

Cannabis : il augmente le risque de narcolepsie

Le cannabis est la substance illicite la plus consommée en France avec plus de 41 % des jeunes de 17 ans qui en ont déjà pris. Attention, c’est un facteur favorisant le risque de souffrir de narcolepsie !

Une étude, réalisée par les chercheurs du Centre des troubles du sommeil à la Natiowide Children’s Hospital aux Etats-Unis, montre un lien entre la consommation de cannabis et la somnolence accrue chez les jeunes pouvant aller jusqu’à la narcolepsie.

Cette maladie du sommeil débute généralement à l’adolescence. Elle touche une personne sur 2 000.

Elle se caractérise par des accès de sommeil incoercibles qui surviennent n’importe quand : en travaillant, en mangeant, en discutant avec des amis…

Somnolence : elle touche plus de 40 % des fumeurs de cannabis

L’étude, qui a porté sur plus de 380 jeunes suivis pendant dix ans, montre un lien entre la consommation de cannabis et des habitudes anormales de sommeil. Ainsi, si votre adolescent fait des siestes répétées sans vrai raison, s’il vous semble amorphe toute la journée, s’il fait des nuits de dix à douze heures sans être sorti tard la veille, soyez vigilants.

Ces troubles du sommeil peuvent être le signe que votre jeune consomme du cannabis. Un simple dépistage urinaire peut permettre d’en savoir plus et d’orienter, si besoin, l’adolescent vers une structure qui l’aidera à se sevrer du cannabis.

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18/02/2015

Archiver
Le Centre de surveillance européen des drogues et des addictions (EMCDDA) vient de publier le sinistre portrait de la mortalité au sein des usagers de drogue européen. Selon l’EMCDDA, plus de 6 000 usagers de drogues meurent d’une overdose chaque année dans l’Union européenne.

En se basant sur des études de cohortes de consommateurs de drogues, issus de neuf pays européens, et totalisant 31 000 participants, ils ont calculé que le taux de décès toutes causes étaient de 14,2 pour 1 000 personnes-années, soit 10 fois plus qu’en population générale. Il y avait cependant de disparités géographiques, puisque ce taux oscillait entre 3,5/1 000 personnes-années (Malte) et 22,7/1 000 personnes années (Pologne) selon les cohortes. La majorité des décès par overdose intervenaient chez les 1,3 million de consommateurs d’opioïdes recensés en Europe en 2014. Les auteurs précisent d’ailleurs que la population européenne de consommateurs d’opioïdes était vieillissante et rencontrait de plus en plus de problèmes de santé.

L’overdose : première cause de décès des consommateurs de drogue

Parmi les morts documentées, les overdoses représentaient 35 % des causes de décès, une infection par le VIH était associée à 14 % des décès dont elle était la première cause médicale. Venaient ensuite les pathologies de l’appareil circulatoire (9 %) et du système respiratoire (5 %), et les suicides (5 %). Dans la moitié des cas, la cause de décès était externe : overdose, suicide, violence ou accidents. Les auteurs estiment que les décès des consommateurs de drogues sont, dans leur grande majorité,« prématurés et évitables ».

Le VIH et les overdoses font moins de victimes

En comparant ces résultats à ceux de l’étude COSMO menée dans les années quatre-vingt-dix dans huit pays européens, les auteurs notent que la mortalité des usagers de drogues a baissé, entraînée par la diminution de la mortalité liée aux infections par le VIH et aux overdoses. Ils précisent cependant, que cette nouvelle estimation n’a que deux sites en commun avec l’étude COSMO, ce qui limite la portée de la comparaison. Les auteurs plaident d’ailleurs pour que d’avantage de cohortes de grande taille soient montées dans les pays de l’Union européenne.

Damien Coulomb

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(AFP) – La consommation fréquente d’une variété puissante de cannabis, comme la « skunk », augmente fortement les risques de développer une maladie mentale, selon une étude publiée mardi par la revue médicale britannique The Lancet.

Les personnes consommant de la skunk (une variété de cannabis avec une forte capacité psychotrope) tous les jours sont cinq fois plus susceptibles de développer une maladie mentale, selon cette étude réalisée dans le sud de Londres pendant six ans auprès de 410 patients atteints pour la première fois d’un trouble psychotique et de 370 personnes saines.

Cette probabilité tombe à trois fois plus en cas de consommation seulement le week-end et à deux fois plus pour une consommation réduite à moins d’une fois par semaine.

En revanche, l’étude n’a pas trouvé de lien entre la consommation de haschich (variété moins puissante de cannabis) et le développement d’une maladie mentale.

« Les résultats montrent que le risque de psychose chez les consommateurs de cannabis dépend de la fréquence d’utilisation et de la puissance du cannabis », a mis en avant le docteur Marta Di Forti, principal auteur de l’étude. « L’utilisation de haschich n’a pas été associée à un risque accru de psychose ».

Le haschich contient moins de THC (tétrahydrocannabinol, la molécule à l’origine des effets psychotropes du cannabis) que la skunk.

« Nos résultats montrent l’importance de sensibiliser le public au risque associé à l’utilisation de cannabis à forte puissance, en particulier à un moment où ces variétés sont de plus en plus disponibles », jugent les auteurs de l’étude.

« La tendance mondiale à la libéralisation de l’utilisation du cannabis rend en outre urgent le développement de l’éducation des jeunes sur les risques du cannabis à forte puissance », concluent-ils.

L’Uruguay est devenu l’année dernière le premier pays au monde à légaliser la production et la vente de cannabis tandis que quatre Etats américains ont réglementé son usage à des fins récréatives.

Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée en Europe (73,6 millions des 15-64 ans l’ont expérimenté dans leur vie, soit 21,7% des Européens adultes), selon le dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

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