Publié par : cnpert | 31 octobre 2014

Le dialogue pour briser le tabou du cannabis

Poser de simples questions aux adolescents pour faire baisser leur consommation de cannabis. Tel était le pari de l’étude CANABIC, initiée en 2012 dans trois régions du sud de la France. L’objectif : lever les tabous entre le médecin généraliste et son patient, en invitant ce dernier à parler librement de sa consommation. Les résultats doivent être rendus publics le mois prochain.

L’expérimentation CANABIC, menée sur deux ans, propose aux médecins généralistes d’aborder sans gêne la question du cannabis avec les adolescents. L’objectif : faire baisser la consommation, en encourageant les adolescents à s’exprimer en consultation.

L’expérimentation CANABIC a été initiée à partir d’un constat simple : les médecins traitants n’osent pas discuter du cannabis avec leurs jeunes patients.

Pourtant, « Est-ce que tu fumes ? » ou « Qu’est ce que tu fumes ? » devraient être des questions abordées systématiquement et naturellement en consultation générale, soulignent les coordinateurs du projet.

(Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France. Environ 1,2 millions de français en fumeraient régulièrement. 24% des adolescents en consommeraient tous les mois, 3% tous les jours. (Source : AFP))

Selon une étude publiée dans la revue d’Epidémiologie et de Santé publique en 2011, seuls 8% des généralistes aborderaient ce sujetlors des consultations. Comme raisons, ils évoquent la gêne ou la peur d’être trop moralisateurs ou trop intrusifs. Pourtant, le médecin généraliste est le premier interlocuteur santé des adolescents.

Encourager la motivation et l’arrêt

Pour briser ce tabou, les chercheurs ont proposé à 150 généralistes d’Auvergne, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, de changer leurs réflexes. Entre 2012 et 2014, ces médecins ont reçu près de 750 patients âgés de 15 à 25 ans. La moitié des généralistes étaient invités à ne pas changer leurs habitudes, et l’autre moitié devait mettre en place un entretien systématique et bref sur la consommation de cannabis.

Pendant une année, le nombre de joints fumés chaque mois par les adolescents a été suivi. En parallèle, des sociologues ont cherché à savoir comment le dialogue s’est installé entre médecin et patient, et comment la démarche a fonctionné « humainement parlant ».

Les instigateurs de l’étude espèrent observer une baisse de 30% de la consommation.

Entretiens motivationnels

CANABIC se base sur une méthode bien connues des psychologues, inventée dans les années 80 : l’entretien motivationnel. Basé sur l’empathie du soignant, ce dialogue instaure une réflexion mutuelle entre médecin et patient. L’objectif est d’amener l’adolescent à trouver lui-même les arguments en faveur de l’arrêt de sa consommation. Une technique qui a déjà fait ses preuves à l’égard du tabac et de l’alcool.

Selon Catherine Laporte, coordinatrice du projet CANABIC interrogée par le Quotidien du Médecin, « la simple question – Est-ce que vous envisagez d’arrêter de fumer ? - provoque une baisse de 2% de la consommation de tabac. » La chercheuse estime que si l’intervention brève démontre son efficacité pour le cannabis, elle pourrait également fonctionner « avec le poids et les facteurs cardiovasculaires ».

Source : CANABIC: CANnabis and Adolescents: effect of a Brief Intervention on their Consumption–study protocol for a randomized controlled trial. C. Laporte et al, PubMed, janv. 2014

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Publié par : cnpert | 27 octobre 2014

Artérites au cannabis : trois nouveaux cas

Nous devons la communication de ces trois nouveaux cas à nos collègues de l’Hôpital d’instruction des armées BEGIN qui viennent de créer un nouveau journal  Research auquel nous sommes heureux d’ouvrir nos colonnes. Ces nouvelles observations s’ajoutent aux précédentes et confirment s’il en était besoin, la toxicité de l’usage répété du cannabis chez des sujets jeunes. L’article décrit en outre l’histoire de ces maladies et montre à l’aide de clichés, l’importance des lésions .

« Roulette russe dont le coup ne part que longtemps après avoir appuyé sur la gâchette (la queue de détente pour les spécialistes) » (JP Goullé dixit), les dégâts, tardifs, n’en sont pas moins importants et irréversibles. JP Tillement


 

L’artérite au cannabis est un sujet d’actualité en raison de l’augmentation régulière du nombre de consommateurs. Nous rapportons trois nouvelles observations chez des adultes jeunes. Nous avons la singularité de rapporter un cas d’artérite au cannabis chez une femme, une localisation aux membres supérieurs dans deux cas et une association au phénomène de Raynaud dans un cas. Une intoxication chronique au cannabis doit être recherchée devant toute artériopathie inhabituelle chez le sujet jeune.

Introduction

Décrit pour la première fois dans les années 1960, par Sterne et Ducastaing, à propos d’une série de 29 hommes d’origine marocaine, âgés de 25 à 35 ans, fumeurs de kif et qui présentaient des tableaux d’artériopathie distale sévère [1]. Le terme de cannabis arteritis a été utilisé pour décrire les conséquences vasculaires périphériques induites par les fortes doses de cannabis [2]. Disdier et al. [3] ont revisité ce vieux concept tout en rapportant une série de 10 patients qui ont développé une ischémie subaiguë et progressive des extrémités distales supérieures et inférieures conduisant à une nécrose des tissus et la gangrène. Les auteurs distinguaient ces artérites au cannabis de celles de la maladie de Buerger.

Artérites au cannabis : trois nouveaux cas Figure 1

Figure 1. Nécrose pulpaire du pouce droit.
Observations

Nous rapportons une série de trois observations d’artérites au cannabis chez des adultes jeunes. Cette série est singulière. Elle rapporte des cas rarement décrits : un cas d’artérite au cannabis chez une femme, une localisation aux membres supérieurs dans deux cas et une association au phénomène de Raynaud dans un cas. Ces malades avaient en commun une forte consommation de cannabis et un tabagisme modéré.

Observation n°1 : Une femme, âgée de 44 ans, présentait une nécrose pulpaire hyperalgique du pouce droit (figure 1). Elle n’avait pas d’hypertension artérielle. Elle avait un syndrome de Raynaud des deux mains. Les pouls radial et cubital droits étaient abolis. Le reste de l’examen clinique était sans anomalie. L’hémogramme, les examens lipidique et glucidique étaient normaux. La recherche de thrombophilie était négative. L’écho-Doppler artériel des membres supérieurs montrait un ralentissement du flux au niveau des artères digitales. L’artériographie montre une atteinte occlusive et segmentaire des artères digitales: artères hélicines (figure 2). L’échographie cardiaque, l’écho-Doppler pulsé des troncs supra-aortiques et des membres inférieurs et le holter électrocardiographique étaient normaux. La chirurgie était impossible du fait de la localisation distale de l’atteinte artérielle. L’arrêt du cannabis et du tabac, un traitement anticoagulant et des soins locaux ont permis une cicatrisation en 6 semaines de la nécrose pulpaire. Lire la Suite…

Publié par : cnpert | 26 octobre 2014

Détente : Découvrez les Alpes …. dans votre fauteuil !

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Publié par : cnpert | 26 octobre 2014

Le cannabis rend-il schizophrène ?

En 1988, une étude suédoise prouvait que la consommation de cannabis multipliait par 6 le risque de schizophrénie. Pour autant, le cannabinol, extrait de cannabis, est aujourd’hui prescrit à dose thérapeutique dans la prise en charge de la schizophrénie. Les patients atteints de ce trouble psychiatrique sont-ils plus sensibles aux effets du cannabis ? Les précisions du Pr Amine Benyamina, psychiatre et responsable de l’unité fonctionnelle d’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP).

« C’est un fait, beaucoup de patients schizophrènes fument des joints. Et inversement, beaucoup de consommateurs de cannabis souffrent de cette psychose », souligne le Pr Amine Benyamina. Mais le lien de cause à effet est difficile à confirmer. D’autant que la schizophrénie est complexe à diagnostiquer. « Dans certains cas, les symptômes sont clairement identifiés : hallucinations, bouffées délirantes. Mais le diagnostic est souvent moins évident. Des signes plus insidieux apparaissent comme l’apathie, un manque d’émotivité, des difficultés à s’organiser dans la vie de tous les jours, mais aussi des troubles de la concentration et de la mémoire.

Chez la majorité des patients atteints de schizophrénie, les premiers symptômes surviennent à l’âge le plus propice aux comportements addictifs, soit entre 15 et 25 ans. « C’est aussi la période où se fait la maturation cérébrale », confirme le Pr Benyamina.

Schizophrène avant d’être dépendant 

Première drogue illicite la plus consommée, le cannabis engendre de sévères dommages sur le plan cognitif. Conséquences, une consommation élevée et précoce de cannabis peut mener à la dépression, voire aux troubles de la personnalité. Et donc aggraver ces symptômes caractéristiques de la schizophrénie. En effet, chez un patient sujet à la schizophrénie, la consommation de cannabis amplifie le trouble, mais ne le provoque pas. « La prédisposition génétique a une rôle très important dans le déclenchement de cette pathologie ». D’autres facteurs de vulnérabilité sont clairement identifiés :

  • « La précocité de la consommation : un jeune qui commence à fumer du cannabis à 12 ans est davantage exposé au risque de développer une schizophrénie qu’à l’âge de 30 ans », explique le Pr Benyamina.
  • La qualité du cannabis : un jeune qui consomme du cannabis fortement dosé en tétrahydrocannabinol (THC), substance addictogène, a plus de risque de développer une schizophrénie.
  • bipolarité dans sa famille a plus de risque d’être touché à un certain degré par la schizophrénie

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Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue sera expérimentée sur les conducteurs dans dix départements français entre décembre 2014 et juin 2015.

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA
Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

CONDUCTEURS. Une nouvelle technique de tests salivaires de détection de drogue va être expérimentée sur les conducteurs à partir du 1er décembre dans dix départements dont Paris, a annoncé mardi 21 octobre la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).

Se passer du prélèvement sanguin

« Actuellement, la recherche de stupéfiants chez les conducteurs relève d’un protocole long et coûteux » avec un test salivaire puis un prélèvement sanguin effectué par un médecin et transmis ensuite à un laboratoire pour analyse, explique la MILDECA dans un communiqué.

La nouvelle technique vise à se passer du prélèvement sanguin en le remplaçant par un deuxième test salivaire, effectué par les forces de l’ordre, beaucoup moins lourd et coûteux à mettre en place.

DÉPARTEMENTS. Les tests seront menés du 1er décembre 2014 au 1er juin 2015 sur 200 conducteurs volontaires au total dans les Alpes-Maritimes, en Dordogne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Moselle, dans le Nord, la Haute-Savoie, les Yvelines et Paris.

En août dernier, Jean-Robert Lopez, le délégué interministériel à la sécurité routière, avait précisé que ce test, se présentant sous la forme d’un petit bâtonnet, « devrait permettre de pratiquer davantage de dépistages sur le bord de la route », en rappelant que dans 4 % des cas d’accidents, l’usage de stupéfiants est le facteur principal.

ACCIDENTS. Le cannabis multiplie par deux le risque d’accident mortel, selon l’étude « Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière » (SAM) financée par le Ministère de la Santé. De plus, la consommation conjointe de cannabis et d’alcool (effective chez 40% des conducteurs positifs au cannabis) entraîne une cumulation des effets, et une multiplication des risques : le conducteur positif au cannabis et à l’alcool multiplie ainsi par 14 le risque d’être responsable d’un accident mortel.

144.000 dépistages de drogue contre 10.8 millions de tests d’alcoolémie

« L’objectif c’est de rendre la procédure plus simple et d’éviter au conducteurs et aux forces de l’ordre de passer la nuit aux urgences » pour y effectuer un prélèvement sanguin, a expliqué à l’AFP Danièle Jourdain Menninger, présidente de la MILDECA.

« Beaucoup de jeunes découvrent après un accident que les substances prises atténuent leur vigilance », dit la présidente de la MILDECA, précisant que seulement 144.000 dépistages de stupéfiants sont effectués chaque année en France contre 10,8 millions de tests d’alcoolémie.

Les nouveaux tests seront menés en parallèle de la procédure actuelle, avec prélèvement sanguin, afin de tester la fiabilité du nouveau protocole.

« L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) etl’Institut national de police scientifique (INPS) seront chargés d’analyser les prélèvements qui seront fournis par les forces de l’ordre », annonce la MILDECA.

« Les résultats obtenus permettront d’établir la fiabilité du nouveau protocole, avant sa généralisation », est-il ajouté.

AUTOTESTS. Des tests permettant l’auto-dépistage du cannabis sont en vente depuis février dernier dans les bureaux de tabac, au tarif de 3,50 euros. Chaque test se présente sous la forme d’une bandelette qui permet de détecter le tétrahydrocannabinol, plus connu sous le nom de THC, la substance psychoactive du cannabis. Quelques gouttes d’urines et quelques minutes suffisent à détecter une consommation de cannabis.

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Publié par : cnpert | 23 octobre 2014

Alcool et cannabis au volant, crash au tournant

Convaincre 350 jeunes du Centre de Formation des Apprentis de St-Germain-Laval et de Meaux de ne pas boire ou fumer un joint avant de conduire. Un défi choc qui a eu lieu ce mardi, lors d’une journée sécurité routière organisée par la MAAF.

Le Collège des médecins de famille du Canada émet ses recommandations aux médecins qui pourront dorénavant donner des ordonnances à des patients pour leur permettre de se procurer du cannabis à des fins médicales.

« L’autorisation de cannabis séché doit être envisagée exclusivement pour les patients souffrant de douleur neuropathique (qui touche les nerfs, la moelle épinière ou le cerveau) réfractaire aux traitements classiques », écrit le Collège des médecins de famille (CMFC) sur son site Internet.

Le CMFC spécifie que les médecins doivent d’abord tenter de soulager le patient à l’aide d’autres traitements et il stipule que « le cannabis séché n’est pas un traitement approprié de l’anxiété ni de l’insomnie ».

Le cannabis séché n’est pas non plus approprié pour les patients :

  • âgés de moins de 25 ans
  • qui présentent des antécédents de psychose
  • qui présentent un trouble de consommation de cannabis actuel ou antérieur
  • qui présentent un trouble de consommation de substances actives
  • qui sont atteints d’une maladie cardiovasculaire
  • qui sont atteints d’une maladie respiratoire
  • qui sont enceintes, prévoient le devenir ou allaitent

En outre, l’accès au cannabis séché doit être autorisé avec prudence aux patients qui présentent un trouble actif concomitant anxieux ou de l’humeur, qui fument du tabac, qui présentent des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire ou font une grande consommation d’alcool, notamment.

Les médecins avaient demandé au CMFC de leur fournir des lignes directrices après un changement à la réglementation fédérale, « qui demande aux médecins de famille de traiter les demandes des patients pour la marijuana médicale malgré un manque relatif d’information ou de données probantes », écrit le Collège des médecins de famille du Canada sur son site web.

Le règlement fédéral entré en vigueur en avril implique davantage le médecin dans le processus d’accès du malade au cannabis médical. Au lieu de passer par Santé Canada, les utilisateurs auront dorénavant besoin d’une ordonnance d’un médecin.

Le Collège des médecins avait déjà exprimé ses réticences à prescrire de la marijuana médicale.

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Commentaire de Jean-Paul Tillement

et Jean-Pierre Goullé

Le collège des médecins de famille du Canada (CMFC) a exprimé « ses réticences à prescrire de la marijuana médicale » mais respecte les décisions fédérales. Il réaffirme que «  l’usage du cannabis à des fins médicales n’est pas un traitement reconnu par la profession… » mais a jugé de son devoir de se conformer aux décisions fédérales et donc  de prévoir les conditions d’accès des patients au cannabis puisque c’est au médecin que revient la responsabilité  de sa prescription. Celle-ci est   assortie d’un protocole de recherche incluant entre autres, consentement du patient, évaluation du traitement, vérification des contre-indications  et de la compatibilité avec les médicaments coprescrits.

Il ne nous appartient pas de critiquer les choix qui sont faits dans un pays étranger et de surcroit ami, mais il nous a semblé intéressant d’en observer les modalités et en conséquence la faisabilité. Cette prescription est conditionnée par de multiples restrictions (voir ci-dessous : Les médecins reçoivent des conseils pour prescrire du cannabis, ici radio-canada du 29/9/2014). Nous en extrayons quelques unes :

  • l’indication est limitée à une douleur neuropathique, nerfs, moelle épinière, cerveau, réfractaire aux traitements classiques
  • c’est à la demande du patient et non au choix du prescripteur que le cannabis est prescrit ; Le patient décide et consent (par écrit)
  • toute forme de toxicomanie, passée ou présente, est un motif d’exclusion qui  inclut évidemment  le cannabis mais aussi toute autre substance psychoactive
  • elle n’utilisera que de la marijuana « médicale » commercialisée par des laboratoires agréés et de titre en THC connu et vérifié (quelques mesures transitoires pour des cultures individuelles sont prévues)

Des consignes plus complètes aux médecins sur la marijuana médicale sont données ci-dessous (voir radio-canada, 1er Avril 2014)

Notre position est claire, nous n’avons pas changé d’avis et nous refusons le principe de l’utilisation médicale du cannabis pour de multiples raisons médicales que nous avons déjà développées. Il nous semble que la modification de la législation canadienne va soulever des difficultés de mise en œuvre. L’observation de son application sera suivie avec intérêt car il n’échappe à personne que seule la  fréquence des douleurs neuropathiques pourrait justifier  l’emploi du cannabis.

Alors que la libéralisation de la vente de cannabis pour usage médical et/ou récréatif s’élargit, les équipes du National Institute on Drug Abuse (NIDA) aux Etats-Unis insistent notamment sur les risques de dépendance liés à cet usage.

Ainsi, 9 % des consommateurs développeraient une addiction au cannabis, un pourcentage pouvant atteindre 17 % parmi ceux qui ont commencé à fumer de la marijuana à l’adolescence et 50 % chez les utilisateurs quotidiens. Le cannabis serait, par ailleurs, une porte d’entrée « possible » vers l’abus d’alcool, le tabagisme et l’usage des drogues en général.

Cet éditorial a utilisé les déclarations du CMFC et le reportage de Denis-Martin Chabot

Cette étude porte sur 20 ans d’utilisation du cannabis de 1993 à 2013. Elle a consisté à colliger les articles publiés en langue anglo-saxonne sur les fréquences des effets indésirables de la consommation de cannabis. Ce sont des résultats moyens et par défaut, on ne publie pas tout ce que l’on observe.

-Conduire sous cannabis multiplie par deux le risque d’accident (il faut y ajouter celui de l’alcool)

-La consommation régulière de cannabis en âge scolaire provoque des trous de mémoire (rappelez vous la phrase de notre Président «  Pétard du matin, poil dans la main, pétard du soir, trou de mémoire ». C’est aussi  vrai en Angleterre et en  Australie ) et double le risque de quitter l’école.

Chez l’adulte jeune, elle double le risque de voir apparaitre des troubles psychotiques

-Le cannabis semble induire la consommation d’autres drogues, alcool, tabac, autres ce qui expliquerait pourquoi elles sont très souvent associées.

-Fumer du cannabis augmente le risque d’affections cardio-vasculaires chez l’adulte jeune, c’est la 5e cause d’infarctus du myocarde en France.

- Fumer du cannabis augmente l’atteinte des fonctions respiratoires en synergie avec le tabac, car la présence de cannabis dans le tabac augmente de 200°C la température de la fumée (elle passe de 500 à 700°C).

On ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenu

JP  Tillement, JP Goullé

Publié par : cnpert | 11 octobre 2014

Des addictions stupéfiantes

Douce ou dure, prise à l’occasion ou régulièrement, une drogue reste une drogue. Perte du contrôle de soi, changement d’humeur, modification des perceptions… les effets varient selon les substances et dépendent surtout de la fréquence et des quantités consommées. Point commun, une consommation excessive et régulière mène… à la dépendance. Mais quelles sont ces drogues, que renferment-elles ? Quels sont leurs effets ?

L’alcool, soft ou hard.

L’alcool abaisse le niveau de vigilance, fait rapidement perdre le contrôle de soi. L’organisme n’est en effet pas capable de digérer l’alcool. Chaque gorgée avalée va donc directement dans le sang, puis est transportée en quelques minutes dans toutes les parties de l’organisme. D’où les effets euphorisants de l’ivresse… quasi immédiats. Au-delà de 2 ou 3 verres par jour sur le long terme, la consommation augmente le risque d’addiction et de pathologies (cancers du pancréas, troubles cardiovasculaires, maladies du système nerveux, hypertension artérielle, troubles du comportement, cirrhose alcoolique, cancer du foie..). Chaque année, l’alcool est responsable de 40 000 décès.

Le cannabis, de l’herbe, de la résine ou de l’huile.

Après le tabac et l’alcool, le cannabis est la troisième substance psychoactive la plus consommée par les jeunes français. Sous forme d’herbe, de résine ou d’huile, le cannabis est utilisé pour son effet « planant ». Comme toutes les drogues, il permet à ses usagers de ressentir un plaisir inatteignable à l’état naturel. Consommée pour apaiser et stimuler sur le moment, cette plante provoque un effet psychotrope au long terme. C’est le THC (tétrahydrocannabinol) qui déclenche le phénomène addictif.  L’impact varie selon chacun, entre légère euphorie ou somnolence, mais peut aussi entraîner un malaise ou un bad-trip (pensées noires, isolement, angoisse…).

Consommé sur plusieurs années, le cannabis est connu pour altérer la mémoire immédiate et les capacités de concentration. La dépendance au cannabis peut survenir selon la vulnérabilitéde chacun (sensibilité, histoire personnelle, isolement…). Avec près de 4 millions d’usagers dont 1,2 million de fumeurs réguliers, le cannabis est la substance illicite la plus consommée en France.

La France avec le Canada, la République Tchèque, la Suisse, les Etats-Unis et l’Espagne, se situe parmi les pays où la prévalence de consommation de cannabis chez les adolescents est la plus élevée. A 17 ans, 42% des Français ont fumé du cannabis au moins une fois.

Les drogues dures

La cocaïne, de la fine poudre blanche en cristaux.   Lire la suite

Commentaire du Professeur Costentin

Cette distinction drogue douce-drogue dure est fallacieuse.

Le tabac, drogue douce, tue 73.000 personnes en France chaque année, l’alcool quant à lui fait 49.000 victimes; voila pour les drogues licites.

Le cannabis n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente ; il est, de toutes les drogues, par son THC, celui qui s’accumule et pour très longtemps (des jours et même des semaines) dans l’organisme , déterminant une multitudes de méfaits, non seulement psychiques, (psychiatriques même), mais aussi et physiques.

Notre jeunesse est entrain de se laisser bruler au feu de ce cannabis.

Le tabac donne rendez-vous à ses victimes après une trentaine d’années d’intoxication; pour le cannabis il existe une toxicité immédiate, des méfaits à moyen terme, et la toxicité tardive du tabac multipliée par au moins cinq, si l’on en juge par la concentration des goudrons cancérigènes que produit sa combustion.

Qui peut, sachant cela , continuer de parler de drogue douce à son propos?

-
Professeur Jean Costentin – Président du CNPERT

Une étude vient de confirmer les effets néfastes d’une consommation régulière de cannabis sur la santé. Isolement social, diminution de la mémoire courte, influence sur le développement cérébral… Une liste qui remet les choses en place, dans un contexte où les conséquences de cette « drogue douce » sont trop souvent écartées.

Une étude (conduite sur 20 ans) sur les effets de la consommation à long terme du cannabis a été récemment publiée par le Professor Wayne Hall, conseiller sur ces questions à l’OMS.

Les résultats publiés révèlent notamment que le cannabis serait très addictif, provoquerait des problèmes de santé mentales et ouvrirait la porte à des drogues dures. Ne contredisent-ils pas ainsi l’argument selon lequel la consommation de cannabis serait inoffensive ? Qu’en est-il dans les faits ?

Alain Morel : Nous n’avons pas tous les éléments méthodologiques de l’étude du Pr Wayne Hall, mais, au-delà des leurs formulations « choc » trop simplistes, les conclusions que vous rapportez ne font que confirmer ce que l’on sait déjà : une consommation intensive de cannabis qui commence tôt à l’adolescence et se prolonge des années augmente tous les risques de ce produit. Mais cela est valable pour tous les produits psychoactifs, y compris le tabac et l’alcool : plus on commence tôt, plus la consommation est répétée, et plus les risques d’addiction et les risques propres au produit sont aggravés. Le cannabis est un produit psychoactif qui est généralement consommé par des jeunes qui inhalent la fumée de combustion. Ces deux éléments donnent immédiatement une idée des principaux risques qui lui sont liés : les effets psychiques et les effets toxiques pulmonaires à long terme (d’autant plus quand il est consommé avec du tabac).

 Quels sont les effets (physiologiques, psychologiques et psychiques) d’une consommation prolongée et à long terme du cannabis ?

La consommation prolongée de cannabis perturbe particulièrement les fonctions cognitives, l’apprentissage et la mémoire, la perception de l’environnement, les motivations, la coordination motrice et la sensibilité douloureuse. Chez l’adolescent, l’usage régulier de cannabis entraîne des troubles cognitifs et un risque de désinvestissement plus ou moins global de ses activités sociales, familiales et scolaires. Des études ont montré….

Lire la suite

Le dernier message du blog (voir ci dessous) :   « Russie, Plus de 700 intoxications au cannabis synthétique« , est terrifiant, instructif et confirme ce que beaucoup d’entre nous répètent  à longueur de messages. Les apprentis sorciers à la recherche de drogues de plus en plus actives (et chères) font des ravages : le cannabis synthétique, en fait les cannabis synthétiques, les  cannabinoïdes, ont tué en Russie et la Douma va légiférer, certainement par un niet définitif.

Le message sera-t-il entendu chez nous, n’est-il pas temps de prendre la mesure de ce danger des cannabinoïdes  de synthèse, de plus en plus puissants, demande exige, mais aussi de plus en plus toxiques, et avec eux des autres drogues de synthèse pour en faire la chasse et les interdire définitivement et sans tergiverser.

Nous ne cessons de les dénoncer (voir les messages de Jean-Pierre Goullé dans les lettres N° 29 et 31 du CNPERT), elles inondent l’Europe, leur marché prospère dans une relative indifférence .

Ne peut-on prendre en compte la malheureuse expérience russe pour anticiper le risque de les voir déferler sur notre territoire.

Le législateur serait bien avisé d’accepter que sous le vocable de « cannabis », il y a beaucoup d’autres substances toxiques autres que le THC qui s’engouffreront dans la brèche qu’il veut créer et qu’il ne contrôlera pas.  Une modification réglementaire de la liste visant leur interdiction est nécessaire .

Jean-Paul Tillement

Publié par : cnpert | 6 octobre 2014

Russie : plus de 700 intoxications au cannabis synthétique

Russie : plus de 700 intoxications au cannabis synthétique

Par La Voix de la Russie | En deux semaines plus de 700 Russes se sont intoxiqués au cannabis synthétique, dont 25 sont décédés, a communiqué Viktor Ivanov, directeur du Service fédéral de contrôle des stupéfiants lors d’une réunion du Comité d’Etat anti-stupéfiants.

Les premiers cas d’intoxication ont été recensés dans plusieurs régions le 19 septembre.

Le district autonome des Khantys-Mansis (nord de la Russie), la région de Kirov et la république du Bachkortostan (Volga) ont été les plus touchés.

Les intoxications ont été provoquées par la drogue qui n’est pas encore portée sur la liste des stupéfiants interdits.

La Douma prépare un projet de loi interdisant le cannabis synthétique en Russie.


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Publié par : cnpert | 4 octobre 2014

Editorial : triste été

Ces deux lettres du CNPERT (Lettre 31 et Lettre 32) apportent ou confirment de bien mauvaises nouvelles, les décès de trois de nos membres : les Professeurs Pierre Amboise-Thomas, Georges Mahuzier et Pierre Delaveau. (cliquez sur les mots soulignés)

Compagnons de la première heure dans le combat que nous menons, d’une fidélité de tous les instants, ils ont apporté au CNPERT leur compétence, leur dynamisme et leur foi en l’avenir.

Leurs conseils pertinents nous ont été fort utiles, leur disparition nous peine.

A leurs familles, à leurs élèves, à tous leurs amis nous adressons un message de vive sympathie.

Qu’ils soient certains que les engagements et les travaux de nos trois amis disparus auront tôt ou tard le résultat qu’ils espéraient, le rejet de toute sorte de drogue, licite ou non, présente et à venir.

Leur disparition crée un vide qu’il nous faut combler car la tâche est rude, nos moyens limités et l’avenir immédiat n’est pas réjouissant. Puisse donc leur profonde conviction susciter de nouveaux engagements à nos côtés et de nouvelles adhésions, c’est ce qu’ils auraient souhaité.

Jean-Paul Tillement

PS : Toutes les lettres du CNPERT sont accessibles en cliquant en haut de cette page sur Lettres du CNPERT

Premiers cas d'intoxication au cannabis synthétique à Moscou

Par La Voix de la Russie | A Moscou trois personnes intoxiquées au cannabis de synthèse ont été hospitalisées.

Ces dernières semaines on constate une brusque montée d’intoxications au cannabis synthétique : dans la région de Kirov 395 personnes ont été intoxiquées, dont 5 sont décédées. 40 % des personnes hospitalisées sont des adolescents âgés de 14 à 16 ans.

A Sourgout on a recensé 150 cas et 6 décès. Des cas d’intoxication ont eu lieu dans les régions de Nijni Novgorod et d’Ivanovo, ainsi qu’au Bachkortostan. La drogue a été essentiellement vendue en ligne. Les organisateurs du trafic sont recherchés.

Publié par : cnpert | 22 septembre 2014

« On peut se sortir de toutes les addictions »

Les nouveaux locaux du centre d’addictologie du bassin d’Arcachon ont été inaugurés.

L’occasion de revenir sur le travail engagé depuis treize ans par cette structure.

Arcachon

Jean-Michel Delile est une partie de son équipe, Véronique Gomez, Virginie Paillou et Christine Cuvillier.© PHOTO

PHOTO S. M.

SABINE MENET    s.menet@sudouest.fr

Si son déménagement remonte au mois de mars, ce n’est que vendredi que le Centre d’addictologie du bassin d’Arcachon a inauguré ses nouveaux locaux sur l’esplanade de la gare à Arcachon (1). Une ville que l’antenne gérée par le comité d’étude et d’information sur la drogue et les addictions (CEID) a investie il y a déjà treize ans. Le point avec Jean-Michel Delile, médecin psychiatre et directeur du CEID.

« Sud Ouest ». Pourquoi et comment le centre s’est-il implanté à Arcachon ?Jean-Michel Delile. Dans les années 90, deux personnes sont mortes d’overdose. Un premier bus d’échange de seringues s’est installé sur la jetée Thiers sous l’impulsion de Didier Spinhirny (2). Le constat a vite été fait que le problème n’était pas saisonnier. Grâce au docteur Fauquet, le centre a pu ouvrir dans les locaux de la Croix Rouge avec l’aide de la Cobas.

Quel public accueilliez-vous en 2001 ?Des héroïnomanes, des cocaïnomanes. Des gens qui avaient des problèmes à l’année, beaucoup issus du monde de la mer. Au début, nous avions une vingtaine de personnes. À présent, nous recevons 200 réguliers et le chiffre peut monter jusqu’à 400. Et nous gérons tout type d’addiction : drogue, alcool, jeu, alimentation…

Est-ce pour cela que vous avez eu besoin de locaux plus spacieux ?Oui. Le déménagement du service d’aide à domicile nous a permis de venir ici. Le dialogue avait été engagé lorsque Jean-Jacques Eroles présidait la Cobas. Nous nous connaissions, car en tant que pharmacien, il a été l’un des premiers à accepter de délivrer de la méthadone.

Qu’est-ce qui pousse les gens à franchir la porte du centre et qu’est-ce qui les en empêche ?La moitié vient spontanément ou sur l’encouragement d’un proche. Les autres sont orientés par les services sociaux ou les médecins. La réglementation fait que les consultations sont anonymes et gratuites. Cela lève déjà des barrages. En revanche, beaucoup ont peur d’être jugés ou se disent tout simplement que décrocher est une affaire de volonté. Or c’est faux. À un moment donné, la volonté ne suffit plus. Si l’on est vraiment dépendant, malade, il faut accepter de se faire aider.

Quels profils se côtoient dans la salle d’attente ?Tous les profils : des retraités aisés qui ont tout perdu au jeu aux jeunes marginaux avec leurs chiens.

Combien de temps faut-il pour décrocher ?Cela dépend. Si l’on prend un jeune fumeur de cannabis qui n’est pas encore tombé dans la dépendance et qui a envie de changer cela peut prendre quelques mois, même moins. Pour quelqu’un engagé dans une addiction dure et longue cela peut se compter en années. Il faut prendre en compte tous les facteurs car avec l’addiction, il y a souvent la dépression, l’anxiété, la phobie sociale. C’est pour cela que notre équipe est composée d’un psychiatre (lui), d’une assistante sociale et de médecins. Et ce que l’on constate, c’est que l’on peut se sortir de toutes les addictions.

À partir de quel âge peut se mettre en place un processus addictif ?En moyenne à 15 ans. Ce qui signifie que la consommation, alcool, drogue ou jeux vidéo, a débuté avant. Nous intervenons dans les lycées car le gros enjeu est de précisément retarder l’addiction. Plus elle survient jeune, plus elle a de conséquences sur l’organisme.

On parle aussi d’addictions au sexe. En traitez-vous ?Cela reste marginal. Nous avons eu trois cas sur le centre.

(1) Centre d’addictologie du bassin d’Arcachon : 05 56 83 11 12. Du lundi au vendredi de 9 h à 13 h et de 14 h à 17 h, parking des Quinconces sur l’esplanade de la gare à Arcachon. (2) Du réseau BASTHA : Bassin d’Arcachon, Sida, toxicomanies, hépatites, addictions.

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