En administrant de l’isradipine à des rats, des chercheurs ont réussi à bloquer les mécanismes sources de la consommation de drogues. Une réelle avancée pour la recherche dans le traitement des addictions

Dans les années 1970, les scientifiques pensaient que la toxicomanie n’était seulement qu’un besoin physique surmontable par la seule force de la volonté. Aujourd’hui, grâce aux avancées de la recherche, on sait que les mécanismes qui entrent en jeu dans cette pathologie sont beaucoup plus complexes. Les scientifiques ont mis en évidence que le processus physiologique impliqué utilise le circuit de la récompense (d’où la sensation de plaisir), de l’apprentissage et serait guidé par des stimuli enregistrés très fortement dans nos neurones à la manière du chien de Pavlov.

L’isradipine, un médicament utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle pourrait être la solution. Des chercheurs de l’université du Texas à Austin ont testé ce médicament sur des rats rendus dépendants à l’alcool et à la cocaïne. Et les résultats de cette étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, sont très encourageants.

L’isradipine efface les souvenirs

Après plusieurs jours de traitements, ils ont réussi à éliminer tout phénomène de dépendance. « Un des pilotes de la toxicomanie est le souvenir durable de déclencheurs comme les gens, les lieux, les images et les sons. La rencontre avec ces déclencheurs est connue comme principale cause de la rechute », explique Hitoshi Morikawa, professeur agrégé de neuroscience et chef d’équipe de cette étude. « L’isradipine semble avoir effacé de leur cerveau le souvenir de ces déclencheurs qui induisaient une consommation de cocaïne et d’alcool. »

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont, dans un premier temps, formé les rats à associer une chambre de couleur, noire ou blanche, avec la cocaïne et l’alcool. Puis ils ont testé leurs souvenirs. Dans 90% des cas, les rats se sont spontanément dirigés vers la chambre de couleur correspondante à leur addiction. Puis, ils les ont séparés en deux groupes. À ceux du premier, ils ont donné une forte dose d’isradipine, avant de confronter de nouveau les rats au même choix. « Le jour où ils ont été traités, les rats sous traitement ont quand même choisi la pièce liée à leur consommation de drogues. Mais les jours suivants, ils n’ont plus montré de préférences particulières, ce qui n’a pas été le cas du groupe sans isradipine. Ce médicament qui cible les déclencheurs qui entraînent une dépendance pourrait ainsi aider le cerveau humain à oublier ses addictions », précise le Pr Morikawa.

Reste maintenant à poursuivre les essais sur l’homme. La Food and Drug Administration américaine ayant déjà approuvé ce médicament comme sans danger pour la consommation, le temps d’attente pour obtenir l’autorisation pour commencer ces essais ne devrait pas être trop long.

Publié par : cnpert | 2 juillet 2015

Lettre du CNPERT de Mai 2015

Vous pouvez lire la lettre du CNPERT de Mai 2015 en cliquant ici

Publié par : cnpert | 28 juin 2015

Cuba rejete toute légalisation du cannabis

Cuba a rejeté vendredi toute légalisation du cannabis, qu’elle considère comme une «drogue dure» capable de «transformer fortement le comportement humain», alors que plusieurs pays d’Amérique latine ont déjà adopté ou étudient des lois favorables.

«La marijuana est une drogue dure qui fait partie, comme l’alcool notamment, des plus importantes substances psychoactives capables de transformer fortement le comportement humain», a déclaré Ricardo Gonzalez, président de la Commission nationale d’éthique médicale et humaine, au quotidien officiel Granma.

«Ceux qui en proposent la légalisation ne se rendent pas compte de la répercussion à la maison, au travail et au sein de la communauté, des effets sur le cerveau de cette drogue, qui en bloque la partie rationnelle et en libère les structures et fonctions les plus primitives», a jugé M. Gonzalez, spécialiste du traitement des dépendances à l’hôpital psychiatrique de La Havane.

La décision pionnière de l’Uruguay, fin 2013, de légaliser la culture et la consommation du cannabis a eu un impact en Amérique latine, notamment à Cuba où l’ancien guérillero uruguayen José Mujica, alors président, est très populaire.

Depuis, l’idée commence à faire son chemin dans la région, le Chili commençant par exemple à cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques. En Colombie et en Argentine, des projets de loi envisagent d’autoriser son utilisation médicale ou sa culture à usage personnel.

Mais à Cuba, vente et culture de toute drogue sont fortement punies, avec un contrôle très strict dans les ports et aéroports pour éviter son entrée sur le territoire de l’île communiste.

«Aujourd’hui il y a suffisamment d’informations scientifiques concernant les effets de la marijuana sur le déclenchement de la schizophrénie, la détérioration cognitive, les effets cancérigènes et les accès de violence», a assuré Ricardo Gonzalez. Selon lui, «il faut sortir du mythe selon lequel il s’agit d’une drogue douce sans effet déterminant en termes de dépendance».

Information AFP transmise par Sophie Daout

 

De nombreuses données sur la consommation de drogue en France et dans le monde ont été publiées à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic de drogues. En France l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié les « chiffres clés » pour l’année 2014.

Le cannabis poursuit sa hausse entamée en 2010 avec 3 % d’utilisateurs réguliers contre 2,2 % en 2010.

Les usages réguliers de tabac (32 %) d’alcool (12 %) et de cannabis (9 %) poursuivent leur augmentation chez les jeunes de 17 ans. En 2014, 48 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis, 3,2 % ont déjà goûté à la cocaïne, 89 % ont essayé le tabac et 68 % ont déjà fumé du tabac. La courbe de la consommation de tabac chez les jeunes suit le chemin inverse de celle de la population générale : 29 % des adultes de 18 à 75 ans fument. L’usage problématique de cannabis a également augmenté, passant de 18 à 22 % des usagers actuels de 17 ans.

Pour la première fois, l’OFDT faire un point sur la consommation de cigarette électronique. En 2014, un français sur quatre a déjà essayé la cigarette électronique, et 3 % sont des vapoteurs quotidiens (2 % chez les jeunes de 17 ans).

246 millions de consommateurs dans le monde

Pour sa part, l’office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUCD) a aussi émis les données sur la consommation mondiale de drogue. Selon leurs estimations, 246 millions de personnes ont consommé des drogues interdites en 2013, soit 5 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, et 27 millions présentaient un usage problématique.

L’ONUCD constate une stabilité globale de la consommation mondiale de drogues, mais précise que certaines pratiques ont décliné, comme la prise d’opiacés (32.4 millions de consommateurs). Cette baisse est compensée par la forte augmentation de la production et de la consommation de drogues de synthèse comme la méthenphétamine dont les saisies annuelles ont doublé depuis 2009 pour atteindre 144 tonnes en 2012 et 2013. L’ONUCD note aussi une augmentation du nombre de produits de synthèse sur le marché : 541 nouvelles substances psychoactives ont été identifiées en 2014, un chiffre en hausse de 20 % depuis 2013.

Damien Coulomb

Source

Addiction Plusieurs dizaines de personnes sont mortes en Floride depuis l’apparition d’une nouvelle substance addictive et dangereuse.

Elle a tout pour plaire aux consommateurs de drogue: la flakka est une substance bon marché et ses effets sont puissants, mais elle est aussi particulièrement addictive et mortelle. Cette drogue de synthèse fait des ravages en Floride et gagne du terrain aux Etats-Unis.

Plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans cet Etat du sud-est des Etats-Unis et la consommation de la flakka – aussi appelée «folie à 5 dollars» à cause du prix d’une dose – gagne malgré tout en popularité. Ce stimulant fabriqué en Chine a l’apparence de sels de bain. Il a rencontré un certain succès dans le comté touristique de Broward.

«Broward est considéré comme le point d’origine de la flakka, ou alpha-PVP, le composant de la drogue», a expliqué Heather Clark, de l’association United Way, à l’initiative d’une campagne de sensibilisation sur les dangers de cette substance illégale aux Etats-Unis. Elle se consomme en général en fumant, mais elle peut également être injectée ou inhalée.

«C’est une drogue vraiment très dangereuse. Elle n’est pas récréative, ce n’est pas quelque chose qui se consomme sans créer d’effets néfastes», a relevé Mme Clark.

Tous les vices

Le nom flakka découle du mot espagnol «flaca», qui signifie «femme maigre». Elle s’achète sur internet pour 1500 dollars le kilo, arrive de Chine en petits conditionnements par courrier puis est vendue par des dealers dans la rue, selon un récent rapport des autorités de Floride sur la consommation de drogue à Broward.

A titre de comparaison, un kilo de cocaïne coûte au moins quinze fois plus cher.

«C’est une substance extrêmement toxique, qui peut avoir été intentionnellement conçue pour que ses effets durent plus longtemps et pour être plus addictive, parce que c’est bien pour les ventes», a souligné James Hall, épidémiologiste de la Nova Southeastern University qui étudie depuis plusieurs années le marché de la drogue en Floride.

Depuis son apparition en septembre dans les rues de Broward, 34 personnes sont mortes. Les services d’urgence des hôpitaux ont accueilli jusqu’à vingt patients par jour, d’après M. Hall. La flakka provoque des problèmes cardiaques, génère agressivité et paranoïa qui peuvent dégénérer en psychose.

Attitudes extrêmes

«La température du corps grimpe à 105 degrés Fahrenheit ou plus (40 degrés Celsius), les victimes se déshabillent, certaines pensent que leur corps est en feu, d’autres courent dans les rues convaincues qu’elles sont poursuivies par des personnes ou des animaux sauvages imaginaires cherchant à les tuer», a poursuivi James Hall.

Les comportements hors du commun se sont multipliés.

Un homme a couru, nu comme un ver, dans son quartier se pensant poursuivi par une meute de bergers allemands. Un autre a donné un coup de pied dans la porte d’un poste de police de Fort Lauderdale, non loin de là, pour échapper à un soi-disant agresseur. Et une personne s’est empalée quelques jours plus tard sur la grille du même poste de police en l’escaladant.

En mai, la police de Fort Lauderdale a tué un homme sous l’emprise de la flakka qui avait séquestré une femme, armé d’un couteau.

Une pour une autre

De nombreux autres cas, moins spectaculaires mais tout aussi dévastateurs, ont été répertoriés. Ainsi, Java Jackson est mort à l’hôpital le 25 mai quelques heures après avoir consommé cette drogue, a expliqué Rose Waters, la tante du jeune homme de 26 ans, lors d’un défilé de sensibilisation jeudi dernier.

«Cette drogue est très facile à obtenir, elle est très bon marché, ce qui la rend très attractive pour beaucoup de gens, mais elle est plus létale que n’importe quelle autre substance disponible dans la rue», a commenté Mme Waters.

A cause de son prix, elle séduit surtout les personnes à bas revenus ou vulnérables comme les sans domicile fixe, a relevé Dana Swisher, de la police de Fort Lauderdale. Les autorités locales tentent de couper les routes d’approvisionnement, même si elles ont conscience que lorsqu’une drogue de synthèse est endiguée, une autre apparaît.

«L’an dernier, c’était le molly. Aujourd’hui, c’est la flakka, et qui sait quel sera le nom demain», a relevé A.D. Wright, responsable du bureau de Miami de l’Agence de contrôle des stupéfiants (DEA). (ats/Newsnet)

Source : La Tribune de Genève

Publié par : cnpert | 25 juin 2015

Cannabis : une efficacité thérapeutique limitée ?

Des chercheurs ont analysé des dizaines d’essais cliniques portant sur l’efficacité du cannabis à usage médical. Verdict : il serait inutile, peut-être même néfaste

L’efficacité thérapeutique du cannabis est limitée voire incertaine, selon les symptômes, révèle une étude américaine publiée mardi 23 juin 2015 le Journal of the American Medical Association (JAMA) qui analyse les résultats de 79 essais cliniques. L’analyse des essais menés sur 6.500 participants suggère que le psychotrope est lié à une amélioration variable des symptômes, mais aucun des essais cliniques ne parvient à le démontrer statistiquement, estiment les chercheurs.

Un risque accru d’effets secondaires graves

Les auteurs ont constaté que les cannabinoïdes pourraient être bénéfiques pour traiter des douleurs neuropathiques chroniques et les spasmes provoqués par la sclérose en plaques. Mais ils ont jugé « faibles » les preuves que la marijuana procure une amélioration pour les cancéreux ayant des nausées et des vomissements provoqués par la chimiothérapie et chez les personnes souffrant d’insomnie ou du syndrome de Gilles de la Tourette. Quant à l’anxiété et à la dépression, aucune amélioration n’a été constatée.

Cette recherche montre également un risque accru de plusieurs effets secondaires, dont certains graves. Les plus fréquents sont des étourdissements, la bouche sèche, la nausée, la fatigue, la somnolence, l’euphorie, des vomissements, la désorientation, la confusion, la perte d’équilibre et des hallucinations. Les chercheurs n’ont découvert aucune différence claire pour ce qui est des effets bénéfiques ou néfastes selon le type de cannabinoïdes et le mode d’administration. Il existe quelque 100 cannabinoïdes dans la plante de cannabis.

Il serait prudent d’attendre avant de permettre un usage étendu du cannabis

Selon les auteurs, il est nécessaire « d’effectuer des essais cliniques étendus solides pour confirmer les effets des cannabinoïdes, ainsi que des recherches supplémentaires pour évaluer la plante de cannabis elle-même étant donné qu’il existe peu de données scientifiques décrivant ses effets ». Aux États-Unis, 23 États et Washington D.C., la capitale fédérale, ont légalisé l’utilisation médicale du cannabis et de nombreux autres pays ont des lois similaires. « Si l’objectif des États dans cette légalisation est seulement d’ordre médical et non un moyen de décriminaliser la marijuana, pourquoi ce psychotrope n’est pas soumis au même processus rigoureux d’approbation que les médicaments », s’interrogent les docteurs Deepak Cyril D’Souza et Mohini Ranganathan de la faculté de Médecine de Yale.

Selon eux, « il serait prudent d’attendre avant de permettre un usage étendu du cannabis d’avoir des preuves solides de ses différents effets afin d’élaborer un processus rationnel d’approbation ». Une autre étude publiée mardi 23 juin 2015 dans le JAMA montre que seulement 17 % des 75 produits administrés oralement et vendus à des patients dans trois villes américaines, Seattle, San Francisco et Los Angeles, indiquaient la teneur exacte de tétrahydrocannabinol, la principale substance psychoactive du cannabis.

Source : Sciences et Avenir

 

Au tour du Conseil économique social et environnemental (CESE) de réclamer un débat public sur le cannabis. Dans une note d’avis de la section des affaires sociales et de la santé intitulée « Les addictions », publiée mercredi 24 juin, l’instance insiste sur la nécessité de s’interroger sur l’« échelle des sanctions » liées à la consommation de ce stupéfiant. Le CESE appelle la France à « se forger une position » alors qu’une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les drogues est prévue courant 2016.

« Un débat public sur l’échelle des sanctions doit être posé [et] solidement documenté pour permettre d’explorer les voies possibles soutenues par les différents acteurs », souligne Giselle Ballaloud, l’auteure de la note qui doit être votée en séance plénière mercredi en fin de journée. Le rapport rappelle que « les divers positionnements et réflexions en cours vont du maintien du statu quo jusqu’à la légalisation, ou encore de la dépénalisation de l’usage, en passant par des sanctions contraventionnelles ».

Proposition de loi rejetée

La France est l’un des pays où l’on consomme le plus de cannabis en Europe, alors que la législation française fait partie des plus répressives : son usage, comme celui de tout autre stupéfiant, est un délit passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3 750 euros. Mais les sanctions sont, dans les faits, loin d’être systématiques.

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Alors qu’à l’échelle mondiale, la légalisation a été actée ici ou là, comme en Uruguay ou aux Etats-Unis dans certains Etats (Colorado, Washington), la France préfère de son côté ne pas toucher à la législation en vigueur. Ces derniers mois, le gouvernement a été interpellé à plusieurs reprises sur la question. Déposée en 2014, une proposition de loi de la sénatrice (EELV) Esther Benbassa visant à autoriser un « usage contrôlé » du cannabis s’inscrivant « dans un processus de sensibilisation » a été rejetée en avril.

En novembre 2014, deux députés du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques avaient préconisé la mise en place d’une contravention de troisième catégorie (450 euros maximum), jugeant la loi actuelle peu efficace. Constatant lui aussi l’échec de « la politique de répression », le think tank Terra Nova affirmait pour sa part en décembre 2014, étude d’économistes à l’appui, qu’un assouplissement de la législation pourrait conduire à une baisse de la consommation.

Prévention

Si la majorité des membres de la section des affaires sociales et de la santé du CESE n’est pas favorable à la dépénalisation du cannabis, le rapport insiste cependant sur la nécessité de faire évoluer le modèle français. « La pénalisation telle qu’elle est actuellement n’a pas permis de faire baisser la consommation », soutient Gisèle Ballaloud. Un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, publié en avril, montre en effet que l’usage du cannabis est reparti à la hausse. En 2014, 11 % des adultes âgés entre 18 et 64 ans ont fait usage de ce produit au moins une fois dans les douze derniers mois. Ils n’étaient que 8 % quatre ans auparavant.

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« Contrairement à la politique répressive en vigueur, il faut surtout mettre l’accent sur la prévention et l’éducation à la santé », préconise Gisèle Ballaloud. Mais pour elle, cette sensibilisation aux dangers d’un produit aujourd’hui « plus puissant » et « plus addictif » qu’autrefois passe aussi par le « maintien d’un interdit fort » et notamment par une sanction pénale systématique. « Actuellement, lorsqu’une personne est interpellée, il n’y pas forcément de suivi, constate-t-elle. Alors qu’avec une sanction suffisamment applicable et appliquée, on pourrait déboucher sur un suivi éducatif. »

Son rapport préconise par ailleurs que soit reconnue comme maladie la souffrance liée aux addictions (alcool, tabac, drogues, jeux d’argent et jeux vidéo), insistant sur l’urgence de « lever la stigmatisation qui pèse encore sur les addictions afin que les personnes demandent davantage d’aide et de soutien ».

Benjamin Derveaux
Source : Le Monde

Publié par : cnpert | 13 juin 2015

Cannabis de synthèse: les intoxications en hausse

Les appels aux centres anti-poison liés à la consommation de cannabis synthétiques ont plus que doublé sur les cinq premiers mois de l’année aux Etats-Unis, par rapport à la même période de 2014.

Ces centres ont reçu 3572 appels pour ce motif entre janvier et mai 2015, contre 1085 appels sur les mêmes mois de l’année précédente, soit une explosion de 229%. Leur nombre est passé de 349 en janvier à 1501 en avril, avant de retomber en mai au même niveau que l’an dernier, ont précisé les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), se disant très préoccupés par cette explosion.

Selon eux, quinze décès liés à l’usage de cette catégorie de drogue ont été répertoriés en avril, soit un triplement par rapport au même mois en 2014. Les CDC ont appelé à un renforcement des mesures pour retirer ces cannabis du marché.

Les cannabis de synthèse –plus dangereux et plus addictifs que la marijuana naturelle– contiennent des substances chimiques psychoactives, ou des mélanges de ces produits peuvent être vaporisés sur du cannabis avant d’être fumé ou ingéré de manière à obtenir des effets plus puissants.

Ces drogues portent notamment des noms comme le «K2», le «black mamba» et le «crazy clown», et sont parfois vendues dans des boutiques comme produits médicinaux à base de plantes. Les consommateurs de ces cannabis de synthèse se plaignent le plus souvent d’agitation, de tachycardie, de somnolence, de léthargie, de vomissements et de confusion mentale.

Sur les 2961 appels ayant mentionné ces symptômes, 11,3% ont présenté des effets graves ayant engagé le pronostic vital. Les hommes ont été les plus nombreux à faire part de problèmes de santé avec ces drogues (92,7%) et les 30 à 39 ans ont été les plus nombreux à subir les effets les plus sévères.

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Lire l’éditorial  présentant cet article

 photo Goulle Tillement

 

Des demandes renouvelées de nouvelles drogues toujours plus puissantes, des chimistes capables d’en créer, un marché lucratif à l’abri de tout contrôle, activité principale de la criminalité organisée

 

Demandes et propositions nombreuses et diversifiées

Dans un rapport en date du 27 mai dernier, l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) tirait la sonnette d’alarme à propos des « nouvelles drogues » dites nouvelles substances psychoactives (NSP) pour bien indiquer leur impact mental. Elles sont plus puissantes et beaucoup plus toxiques; chacun peut très facilement s’en procurer sur Internet et se faire livrer à domicile par voie postale.

A coté des drogues classiques comme l’héroïne, la cocaïne, l’ecstasy et le cannabis toujours bien présents, il y a là un nouvel apport de drogues qui s’ajoute à celles qui existent et qui représente un danger supplémentaire considérable pour la santé dans notre société et en particulier pour les plus jeunes. Ce nouveau danger frappe de nombreux pays. Face à cette situation préoccupante l’Union Européenne (UE) a créé une structure spécifique pour suivre, analyser et maitriser ce nouvel afflux dont les conséquences pourraient être désastreuses s’il n’était pas contenu.

Jusqu’en 2008, les nouvelles drogues disponibles chaque année sur le marché européen se comptaient sur les doigts des deux mains, le dispositif européen d’alerte précoce ou Early Warning System (EWS) mis en place par l’OEDT en a dénombré 81 en 2013, sans compter celles qui n’ont pas été identifiées ! Cette progression est fulgurante : 13 nouvelles drogues en 2008, 41 en 2010, puis 73 en 2012. l’UE a décidé de mettre en œuvre une politique de lutte contre leur diffusion dans un marché européen en pleine expansion. On observe une véritable compétition entre les nouvelles drogues offertes à la consommation. A eux seuls, les cannabinoïdes de synthèse, beaucoup plus puissants que le cannabis classique dont ils dérivent, apparus pour la première fois en décembre 2008, sont au nombre de 120 en juin 2014. Ils représentent plus de la moitié des nouvelles drogues qui apparaissent sur le marché. En France, 13 nouvelles substances, principalement des cannabinoïdes de synthèse, ont été identifiées en deux mois entre le 1er août et le 1er octobre 2014. Ce phénomène, loin d’être localisé à l’Europe, touche également les Etats-Unis et de nombreux pays dans le monde.

 Pourquoi toutes ces nouvelles drogues ?

Parmi plusieurs réponses, la recherche de sensations toujours plus fortes est déterminante : la quête de drogues pouvant exercer des effets stimulants du système nerveux central, des effets euphorisants, ou hallucinogènes, voire de substances possédant à la fois toutes ces propriétés. Il y a donc un marché. Une autre raison, qui explique l’effet amplificateur de la demande, est la possibilité d’acquérir en toute légalité, sans risque, des produits inconnus, que donc la réglementation n’a pas encore classés dans la catégorie des drogues, ce qui permet d’échapper à toute poursuite en cas de saisie. De plus, la consommation de ces nombreuses NSP en particulier des cannabinoïdes de synthèse échappe aux dépistages biologiques habituels réalisés dans la salive ou les urines. En effet, alors que la consommation des drogues traditionnelles comme le cannabis, l’héroïne, la cocaïne ou l’ecstasy est facilement mise en évidence par le dépistage salivaire ou urinaire, ces tests biologiques sont totalement inopérants pour les NSP. Ainsi le consommateur de cannabis échappera à tout contrôle en substituant à la résine de cannabis dans son tabac, des cannabinoïdes de synthèse qu’il peut se procurer le plus facilement du monde sur la toile. Leur détection impose en effet des tests spécifiques qui ne sont pas pratiqués en France et dans la plupart des pays, qu’il s’agisse du dépistage d’un conducteur dans le cadre de la sécurité routière, ou de la surveillance médicale d’un sujet exerçant une activité professionnelle à risque.

D’où proviennent-elles ? Internet : un marché en plein essor avec de nouvelles drogues de plus en plus diversifiées

L’analyse du marché est compliquée par l’émergence de NSP non réglementées donc inconnues par le droit international. Le produit fini, mais le plus souvent un intermédiaire de synthèse est fabriqué à très bas coût, en Chine ou en Inde, où il a une existence légale, puis il est vendu en Europe. Il arrive d’ailleurs qu’il enfreigne la réglementation de certains pays de l’UE. La plupart des cannabinoïdes synthétiques sont fabriqués en Chine, puis acheminés en vrac, par l’intermédiaire de réseaux de transport et de distribution ayant pignon sur rue. Une fois dans l’UE, ces cannabinoïdes sont généralement mélangés à des végétaux séchés ou pulvérisés, puis conditionnés comme « euphorisants légaux » pour être vendus sur Internet directement ou par des intermédiaires. Au premier semestre 2013, dix huit pays de l’UE ont fait état de plus de 1 800 saisies de cannabinoïdes de synthèse. Les plus importantes ont été déclarées par l’Espagne et par la Finlande. Enfin, ces nouvelles drogues sont parfois produites en Europe à partir d’intermédiaires de synthèse, dans des laboratoires clandestins, principalement localisés dans le Nord et l’Est de l’Europe, puis vendues directement. Comme dans de nombreux domaines, mais tout particulièrement celui des drogues, la vente sur Internet occupe une place grandissante et pose de sérieux problèmes pour son contrôle et pour freiner cette offre. La possibilité pour les fabricants, les grossistes, les revendeurs, les hébergeurs de sites web et de paiement d’être localisés dans différents pays, d’être de plus très mobiles, rend la situation particulièrement difficile à maitriser. A cela s’ajoute encore le recours croissant à des réseaux clandestins anonymes du cybermarché noir ou darknets pour écouler toutes ces drogues auprès des dealers et des consommateurs. En 2013, l’UE a recensé 651 sites Internet proposant sous le label legal highs c’est à dire « euphorisants légaux », ou sous des appellations des plus fantaisistes, afin d’en falsifier l’identité comme : « produit chimique destiné à la recherche » ou « engrais » voire « complément alimentaire ». Un nombre croissant de ces nouvelles drogues est aussi proposé à la vente en tant que simple médicament. L’étiquetage mentionne d’ailleurs le plus souvent que l’achat n’est pas destiné à la consommation humaine; c’est aussi habituellement avec la mention « not for human consumption » figurant sur l’emballage que ces cannabinoïdes de synthèse sont proposés.

Quels sont leurs effets pathologiques ?

Les doses trop élevées sont mortelles. Globalement les décès annuels par surdosage s’élèvent à 6100 pour l’Europe en 2012 dont environ 340 en France et demeurent une cause importante de mortalité évitable, surtout chez les jeunes. En ce qui concerne la toxicité des cannabinoïdes de synthèse, qui dominent largement le marché des NSP, celle-ci est beaucoup plus importante que celle du cannabis, avec d’une part un plus grand nombre d’effets secondaires toxiques. On note en particulier, une hypertension artérielle et des vertiges, mais surtout des hallucinations et une tachycardie qui menacent le pronostic vital. Des intoxications à conséquence mortelle par défenestrations et automutilations consécutives au syndrome hallucinatoire, infarctus du myocarde et arrêt cardiaque sont régulièrement rapportées. Les centres antipoison américains font état de la prise en charge de 7000 dossiers de patients victimes de cannabinoïdes de synthèse pour la seule année 2011. Pour les autres nouvelles drogues, l’UE a récemment relevé 135 décès consécutifs à la prise de trois d’entre elles. Face à l’imagination sans limites de chimistes véreux, les nouveautés proposées à la vente sont actives à des doses de plus en plus faibles, augmentant ainsi le risque de surdosage, c’est le cas des dérivés synthétiques d’un médicament très puissant, le fentanyl. Ainsi, avec 0,1 gramme de carfentanyl, on peut préparer 10 000 doses. Il s’y ajoute un réel problème analytique car ces drogues ne sont pas détectables par les méthodes classiques. En effet, elles sont présentes en très faibles concentrations dans l’organisme et leur analyse nécessite la mise en œuvre de techniques spécifiques. Quant à la mortalité qui leur attribuée, les statistiques sont donc vraisemblablement très largement sous-estimées.

Comment lutter contre leur prolifération ?

La production et l’offre de drogue constitue aujourd’hui l’activité principale de la criminalité organisée. Il est très lucratif, discret, il est beaucoup plus facile de dissimuler une usine qu’un champ de pavot ou de cannabis, il nécessite moins de personnel, sa distribution est difficile à repérer. Le volumineux marché actuel du cannabis, à la fois importé et cultivé sur place, joint à toutes les autres NSP a entraîné une prise de conscience des autorités de santé. Le danger sanitaire encouru est d’autant plus grand qu’il s’agit d’une activité extrêmement lucrative, en pleine expansion, permettant aux groupes criminels organisés de générer des liquidités au travers de profits tout à fait considérables, qu’il s’agisse d’ailleurs des drogues traditionnelles ou de NSP. L’émergence de ces dernières a également des conséquences sur la lutte antidrogue qui devient beaucoup plus difficile, puisque à partir d’une très faible quantité de principe actif, il est possible de produire un très grand nombre de doses. Ainsi alors qu’il faut respectivement 200 et 750 grammes  pour fabriquer 10 000 doses équivalentes de cocaïne ou d’ecstasy,  2,5 grammes suffisent pour le méthylfentanyl et 0,1 gramme pour le carfentanyl ! Cette réduction drastique facilite leur dissimulation et donc leur trafic. Conséquence immédiate, tandis que les décès dus à l’héroïne sont en recul d’une manière générale, dans certains pays les décès dus à ces fentanyls progressent très vite et dépassent désormais ceux attribués à l’héroïne ! La lutte contre la prolifération de ces NSP impose de remonter les filières jusqu’aux lieux de production. Ainsi en 2011, les autorités ont déclaré avoir démantelé 350 sites de production de dérivés amphétaminiques en Europe, pour la plupart localisées en République tchèque.

Cannabis : controverses, contrastes et contradictions.

Contrairement aux débats politiques où les discussions portent sur la légalisation ou non des produits à base de cannabis, sur le terrain les actions se concentrent essentiellement sur des mesures médicales permettant de prévenir et de répondre aux dommages individuels et aux problèmes sociaux induits par leur production et par leur consommation. Leurs effets délétères et les conséquences sur la santé des consommateurs sont de mieux en mieux identifiés. Le cannabis est à l’heure actuelle la drogue la plus souvent à l’origine d’une demande d’aide médicale parmi les patients dépendants et voulant débuter un traitement. Depuis une dizaine d’années, de nombreux pays ont réduit les sanctions infligées pour les infractions liées à sa simple consommation ou à sa simple possession. En revanche, des mesures sont prises en Europe pour réprimer l’offre et le trafic. Dans le même temps, l’OEDT constate que le nombre d’infractions liées à sa possession et à sa consommation augmente de façon constante depuis près de dix ans.

Les coûts à long terme des traitements liés à la drogue.

L’Europe doit faire face à un double défi : d’une part, élaborer des réponses efficaces aux problèmes émergents et, d’autre part, continuer à prendre en charge les usagers de drogues en traitement au long cours. La majeure partie des coûts liés à ces traitements est la conséquence des « épidémies » d’héroïne des années 1980 et 1990. L’OEDT estime qu’en 2011, il y avait en France entre 270 000 et 410 00 usagers de drogue hospitalisés. L’Union européenne a consacré des moyens considérables pour mettre des traitements à disposition de ces personnes qui seraient selon les estimations 750 000 à bénéficier d’un Traitement de Substitution aux Opiacés (TSO). La France avec sa cohorte de 152 000 patients sous TSO est le meilleur élève de la classe européenne après le Royaume-Uni qui en compte 170 000. Désormais, une plus grande attention est également accordée aux coûts sociaux qui en découlent.

Le constat est implacable, le danger existe, il est clairement identifié. Il se développe à la fois qualitativement avec « l’offre » de substances de plus en plus actives et toxiques et quantitativement par des fabrications industrielles de taille internationale. Les organisations nationales, l’observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et internationales (OEDT, etc.) suivent attentivement  la progression de ce danger, l’évaluent, en rendent compte régulièrement, mettent en garde contre les conséquences prévisibles et proposent de les combattre. Personne ne pourra dire qu’il n’était pas prévenu.

 

Publié par : cnpert | 13 juin 2015

CNPERT blog Editorial :   500 ! 12/06/2015

500, c’est le nombre d’articles que nous avons publiés depuis la création du blog . C’est l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui ont bien voulu s’investir dans cette tâche, auteurs, chroniqueurs,

Lecteurs assidus de la littérature internationale et bien évidemment au chef d’orchestre qu’est notre fidèle ami Guy Millant .

Le 500e article ne pouvait qu’être exceptionnel .

IL l’est : Jean-Pierre Goullé a accepté que la version originale d’un de ses articles publié dans le Figaro ( 8 Juin 2015) soit proposé à nos lecteurs : lisez le et vous comprendrez pourquoi nous persévérons dans notre cri d’alarme, scientifiquement et médicalement vérifié, vis à vis des dangers des drogues au risque de se répéter mais nécessaire pour être entendu.

La course aux cannabinoïdes prospère et ses conséquences sont dramatiques. De loin la drogue la plus consommée dans notre pays, elle suscite le zèle et l’appétit de ses fournisseurs sans scrupules. « Comment faire mieux ! ». Non seulement la teneur en principe actif a été multipliée par 4 en 20 ans pour augmenter les effets, mais aussi les effets toxique. De plus, on voit apparaître sur le marché des molécules encore plus puissantes, les cannabinoïdes de synthèse. Un dérivé synthétique est 700 fois plus actif que le tétrahydrocannabinol, avec ses effets dévastateurs aussi avec l’émergence de maladies mentales graves voire d’effets secondaires pouvant avoir une conséquence mortelle.

Le stade ultime de l’évolution du toxicomane est l’injection intraveineuse car elle apporte un effet plus rapide, plus intense, probablement plus durable. Là encore, Internet fournit de très nombreuses drogues

L’enjeu est là, économiquement très rentable sans le moindre souci des méfaits sanitaires en particulier chez les plus jeunes .

Ce message est loin d’être entendu, de nouvelles mises en garde sont nécessaires et nous nous y emploierons.

Jean-Paul Tillement

Selon deux équipes de l’Inserm, la prégnénolone, une molécule produite par le cerveau, constitue un mécanisme naturel de défense contre les effets néfastes du cannabis chez l’animal.

Cette découverte pourrait concerner quelque 160 millions de fumeurs occasionnels de cannabis, 20 à 30 millions de toxicomanes dans le monde entier et 500 000 consommateurs quotidiens en France. Après dix ans de recherches, les scientifiques de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)Pier Vincenzo Piazza et Giovanni Marsicano ont annoncé, jeudi 2 janvier, la découverte d’une molécule produite par le cerveau et qui constitue une barrière naturelle au principe actif du cannabis : le tétrahydrocannabinole (THC). Elle pourrait être utilisée d’ici cinq ans dans le traitement de l’addiction à cette drogue.

Voici les explications de l’un des deux directeurs de recherche en neurobiologie des addictions, Pier Vincenzo Piazza.

Francetv info : Quelle est cette molécule ?

Pier Vincenzo Piazza : Il s’agit d’une hormone, un stéroïde plus précisément, la prégnénolone. On pensait jusque-là que cette hormone ne servait à rien en elle-même, que c’était un précurseur, c’est-à-dire une molécule qui sert à en fabriquer d’autres. Elle est produite uniquement par le cerveau.

Comment l’avez-vous découverte ?

En étudiant les effets d’un groupe de stéroïdes face à toutes les drogues, nous avons découvert que, lors d’une importante prise de cannabis, et surtout de son principe actif, le tétrahydrocannabinole, le cerveau fabriquait de la prégnénolone. Il s’agit donc d’une barrière naturelle à cette molécule, produite par le corps.

Comment fonctionne-t-elle ? 

La prégnénolone se fixe sur le même récepteur du cerveau que le THC, le CB1, mais à un autre endroit. Et elle contrôle les effets de l’une des deux voies de transmission cellulaire du cannabis. Concrètement, elle bloque tous les effets de l’addiction au niveau comportemental : l’envie d’en prendre, les effets sur la perte de mémoire, la zénitude exagérée que ressentent les fumeurs de cannabis et les effets sur la motivation.

La prégnénolone s’achète sur internet, est-ce qu’il suffit de la prendre comme ça ? 

Absolument pas. Il faut faire très attention. Dans le corps humain, la prégnénolone se dégrade très vite et se transforme en d’autres stéroïdes comme les œstrogènes, la testostérone, la progestérone. En prendre bouleverserait donc totalement le cycle hormonal de la personne. Avec des effets secondaires indésirables : des interactions avec le cycle reproductif, une chute des cheveux, une prise de poids ou encore des effets similaires au dopage.

Où en êtes-vous de la recherche sur un traitement pour l’homme ?

Du fait de cette dégradation rapide de la prégnénolone, nous avons dû fabriquer d’autres molécules de synthèse qui ont les mêmes effets mais qui ne se transforment pas en autres stéroïdes. Nous en avons développé une vingtaine que nous avons testées sur des rats et des souris. Nous envisageons d’en sélectionner deux pour commencer à effectuer des essais sur l’homme, ce pourquoi nous allons déposer une demande d’autorisation rapidement.

Nous pourrions mener les premières études cliniques d’ici un an et demi et imaginer, si cela marche, une mise sur le marché dans cinq ans environ.

Source : France Info

Publié par : cnpert | 9 juin 2015

Le cocktail alcool-cannabis est redoutable au volant

INFOGRAPHIE – La consommation de cannabis associée à l’alcool multiplie par 16 le risque d’accident de la route.

Cannabis et alcool

La part des conducteurs impliqués dans un accident mortel et qui ont pris de la drogue progresse. Elle a ainsi augmenté en 2014, à 13,5 %, contre 12 % en 2012. Comme les années précédentes, la tranche d’âge des 18-24 ans reste la plus exposée à ce fléau. Sous l’effet du cannabis, principalement dépisté lors des contrôles, le conducteur perd ses moyens, rappelle Jean-Pascal Assailly, psychologue et chercheur à l’Ifsttar (l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux). Ainsi, la vision périphérique est troublée et devient, selon ce spécialiste, «une vision en tunnel».

Autres conséquences: la capacité de contrôle d’une trajectoire est amoindrie et le temps de réaction est allongé. «Le cannabis perturbe les fonctions les plus automatisées de la conduite», souligne le chercheur.

«En situation d’urgence, il ne pilera pas automatiquement comme il le ferait d’ordinaire»

À la différence de celui qui a bu, l’usager qui est sous l’emprise de stupéfiant a d’ailleurs moins conscience que ses facultés sont détériorées. «L’alcool, énerve, pousse à la prise de risque et certains vont alors rouler sur une petite route à 120km/h. Avec le cannabis, le consommateur qui se sent zen, calme, croit que son comportement n’a pas changé.

Mais, en réalité, le conducteur qui aura fumé un joint réagira différemment. En situation d’urgence, il ne pilera pas automatiquement comme il le ferait d’ordinaire», explique Jean-Pascal Assailly, en rappelant que la drogue touche en majorité les 15-25 ans

Risque multiplié par deux

Toutes les études indiquent que le risque de provoquer un accident de la route est multiplié par deux quand on consomme du cannabis.

Or le risque est multiplié par 16 quand on y associe l’alcool.

Pour le chercheur, ce cocktail est tout simplement «redoutable». «Le cannabis renforce les effets de l’alcool et l’alcool renforce ceux du cannabis. Il ne faut jamais mélanger ces deux produits».

Source

Pour écouter cette émission sur RTS cliquer sur Michel Graf, expert en addictions et en projets de santé publique L’Invité de la rédaction 

Le chanvre produit aujourd’hui « a un effet beaucoup plus brutal sur le cerveau », a prévenu le spécialiste Michel Graf vendredi sur les ondes de la RTS, en rappelant que l’addiction au cannabis existe.

La teneur en THC du chanvre cultivé à fin récréative a sensiblement augmenté. « Le cannabis consommé aujourd’hui n’est pas celui des années hippies », a indiqué Michel Graf.

Et ceci est valable aussi en Suisse, « même si la hausse du taux de THC est moins élevée que dans le reste de l’Europe », a souligné cet expert en addictions et en projets de santé publique.

Selon lui, les jeunes consommateurs ne sont pas forcément à la recherche d’une marijuana plus concentrée. C’est plus le hasard qui les met face à cette substance, a-t-il estimé, en précisant : « Ils n’ont souvent pas de curseur pour déterminer quel est le cannabis le plus fort ».

« L’intention fait la différence »

Plus violent, le cannabis peut être plus addictif. Reste qu' »il n’y a jamais eu de véritable séparation entre drogue douce et drogue dure. C’est la manière et l’intention de l’utilisateur qui va faire la différence », a précisé Michel Graf.

« Le mystère du cannabis, mais aussi de n’importe quelle autre substance, c’est la relation que l’individu tisse avec. Certaines personnes arrivent à gérer l’héroïne, tandis que d’autres glissent dans l’addiction avec un peu d’alcool et de cannabis. On ne sait pas encore pourquoi, mais cela dépend de plusieurs facteurs telle que la génétique, l’environnement social, l’estime de soi, la capacité à gérer les frustrations, l’histoire personnelle et la phase traversée ».

Dans tous les cas, « quand la substance devient une amie, on risque de s’y accrocher de manière permanente », a prévenu le spécialiste.

Vers une dépénalisation

Michel Graf soutient une réforme de la politique de la drogue, notamment pour mieux contrôler la qualité des produits. Néanmoins, « ce n’est pas la petite Suisse qui va parvenir à casser les reins de la mafia. Il faut un mouvement international », a-t-il conclu.

Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe. Il représente 80% des saisies, selon un rapport publié jeudi.

Le cannabis, particulièrement apprécié par les Français, et une surmortalité constatée dans le nord du continent. L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publie, jeudi 4 juin, son nouveau rapport annuel. Quelles sont les substances les plus consommées ? Où se situe la France ? Francetv info a sélectionné quelques chiffres.

Le cannabis, drogue la plus populaire

C’est de loin la substance illicite préférée des Européens. Quelque 79 millions d’entre eux en ont déjà pris. « La prévalence de la consommation de cannabis est environ cinq fois supérieure à celle des autres substances », écrivent les auteurs de ce rapport de 86 pages.

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Si le cannabis est consommé par toutes les tranches d’âge, les amphétamines (comprenant l’amphétamine et la méthamphétamine) sont surtout l’apanage des jeunes. Parmi les quelque 1,6 million d’adultes qui disent en avoir consommé au cours des douze derniers mois, 1,3 million sont de jeunes adultes (de 15 à 34 ans).

La France, première consommatrice de cannabis

D’après les chiffres publiés par l’OEDT, la France est le pays qui compte la part la plus importante de personnes ayant déjà consommé du cannabis. Dans le détail, 40,9% de la population française (des 15-64 ans) y a déjà goûté. Un chiffre loin devant celui du Danemark, de l’Espagne et des Pays-Bas.

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Rien d’étonnant. Dans une étude de l’OEDT, publiée en 2012, et menée dans 36 pays, l’Hexagone arrivait déjà en première position.

Les jeunes adultes français (15-34 ans) sont également les plus gros fumeurs de cannabis : 22,1% d’entre eux en ont consommé au cours des douze derniers mois alors que la moyenne européenne pour la même tranche d’âge se situe à 11,7%.

L’Espagne et le Royaume-Uni largement en tête sur la cocaïne

C’est la drogue stimulante illicite la plus consommée en Europe, mais « la plupart des usagers se situent dans un petit nombre de pays occidentaux de l’UE », relève le rapport. La France est en troisième position, mais est largement devancée par l’Espagne et le Royaume-Uni.

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Si la cocaïne est davantage consommée en Espagne, elle est davantage retrouvée dans les eaux usées de Londres que dans celles de Barcelone. Et, avec les résultats selon les jours de la semaine, on observe, sans surprise, des pics le week-end.

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Si l’on entend souvent que la cocaïne se démocratise de plus en plus, sa propagation ralentit. Plusieurs pays européens ont enquêté sur cette consommation depuis 2012. Parmi eux, huit constatent des prévalences plus faibles chez les jeunes (15-34 ans) et trois des estimations plus élevées, relève le rapport.

On meurt davantage à cause de la drogue dans le nord de l’Europe

Sur l’ensemble des morts enregistrés chez les Européens âgés de 15 à 39 ans, l’Observatoire indique qu’une surdose est constatée dans 3,4% des cas, et qu’il s’agit d’opiacés dans environ 66% des surdoses létales.

L’Estonie arrive très largement en tête de ce triste palmarès avec un taux de mortalité huit fois supérieur à la moyenne européenne. Le pays enregistre pourtant une récente diminution, selon l’Observatoire. Comment expliquer cette hécatombe ? « Les surdoses fatales sont principalement dues à l’injection de fentanyls, opiacés de synthèse très puissants », dit le rapport.

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De nouvelles drogues arrivées en Europe ces dernières années sont également dangereuses. Elles mêlent des « substances de synthèse ou naturelles, non réglementées par le droit national » et souvent fabriquées dans l’intention de reproduire les effets des substances prohibées, écrivent les auteurs du rapport. « De plus en plus de rapports font état de leurs effets nocifs, notamment des hospitalisations et des décès. »

Source

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a rendu son rapport annuel jeudi à Lisbonne. Selon le document, plus de 80 millions de personnes, soit près d’un quart de la population adulte de l’Union Européenne, ont déjà consommé des drogues illicites.

La drogue reine ? Le cannabis, qui reste la plus consommée et représente 80% des saisies, mais aussi plus de 60% de toutes les infractions liées à la drogue en Europe.

Les 15 – 34 ans particulièrement concernés

Fait notable du rapport relevé par France TV info : la France est le pays qui compte la part la plus importante de personnes ayant déjà consommé du cannabis. 40,9% de la population française entre 15 et 64 ans en a déjà fumé, un chiffre qui place l’hexagone loin devant le Danemark, l’Espagne et les Pays-Bas.

Les jeunes adultes français ayant entre 15 et 34 ans sont également les plus gros fumeurs de cannabis : 22,1% d’entre eux en ont consommé au cours des douze derniers mois, alors que la moyenne européenne pour la même tranche d’âge se situe à 11,7%.

Dans son étude annuelle de 2012, l’OEDT estimait déjà que la France était première consommatrice de cannabis d’Europe. Le rapport 2015 indique que cette consommation est aujourd’hui en hausse.

Une drogue plus « pure »

Tout comme c’est le cas pour les autres drogues étudiées, l’OEDT observe que la teneur en principe actif du cannabis augmente. En cause : l’innovation technique et la concurrence sur le marché. Dans ce contexte, la production d’herbe de cannabis s’est intensifiée ces dernières années sur le continent.

L’organisme évoque d’une part le « travail » de petits cannabiculteurs soucieux d’un produit « de qualité », d’autre part celui des réseaux de type mafieux. Attirés par les bénéfices, ceux-ci poussent les producteurs de résine, majoritairement marocaine, à améliorer leur produit pour rester attractifs.

Les teneurs moyennes en principe actif de l’herbe ont du coup doublé en cinq ans et celles de la résine en dix ans.

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