Publié par : cnpert | 19 avril 2015

JT de France 2 le 19 Avril 2015 à 20H

Cette vidéo est lisible jusqu’au 25 Avril 2015

en cliquant sur la photo ci-dessous 

Le sujet commence à 8’40 »

JT France 2 le 19 04 2015.

Le laboratoire de police scientifique de Toulouse a mis les bouchées doubles pour procéder à l’analyse de l’échantillon de sang prélevé sur le conducteur de l’Audi, qui a mortellement blessé un policier, vendredi après-midi, avenue du lycée à Aubin.

Si l’analyse n’a pas révélé de présence d’alcool, le chauffard mis en cause conduisait en revanche sous l’emprise de produits stupéfiants, du cannabis en l’occurrence.

Précisons que, comme l’a confirmé le procureur samedi matin, Jérémy M. avait déjà été condamné par le passé pour conduite sous l’emprise de produits stupéfiants.

Le chauffard doit être présenté ce dimanche au pôle criminel de Montpellier qui doit décider des chefs de mises en examen, le plus probable étant la violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec au moins deux circonstances aggravantes : l’utilisation d’une arme par destination (la voiture) et le fait que la victime soit policier.

SOURCE

Publié par : cnpert | 9 avril 2015

Pétition contre les salles de shoot organisée par UNI

petition salles de shoot

cliquez sur NON

Dans la nuit du mardi 7 avril, l’Assemblée nationale a autorisé la création de salles de shoot en France. Dans ces lieux, la consommation de drogues sera autorisée, y compris les plus dangereuses. Si nous ne l’empêchons pas, cela va entraîner une banalisation de la drogue auprès des jeunes et aggraver le problème de la toxicomanie en France.

Pour faire adopter cette mesure, le gouvernement a osé la présenter comme une mesure de santé publique. C’est tout le contraire ! En effet, comme le souligne Joséphine Baxter, vice-présidente de la Fédération mondiale contre les drogues,« ces salles entretiennent la dépendance aux drogues au lieu d’aider les gens à s’en débarrasser ». Des études menées en Suisse démontrent que la consommation des toxicomanes augmente lorsqu’ils fréquentent des salles de shoot. La prévalence à l’héroïne est d’ailleurs devenue 3 fois supérieure en Suisse par rapport à la France.

Les salles de shoot sont de véritables pousse au crime. Yann, un ancien toxicomane, ayant, pendant une quinzaine d’année fréquenté ces lieux, témoigne que « dans une salle de shoot, on monte les doses, pour avoir un effet plus fort et parce qu’il y a un médecin à côté, alors on ne risque pas l’overdose ».

Au delà du problème de santé, les salles de shoot posent également de graves problèmes d’insécurité. Ces endroits créent ce que les spécialistes appellent un effet “pot de miel”, puisque les dealers se regroupent aux abords de ces salles pour vendre leur drogue, ce qui entraîne des nuisances et une hausse de l’insécurité pour les riverains. L’expérience suisse montre d’ailleurs que de nombreux toxicomanes n’attendent même pas d’entrer dans la salle de shoot et se droguent n’importe où,transformant ainsi l’ensemble du quartier en lieu de consommation sauvage.Zoé, ancienne toxicomane, raconte « un toxicomane veut consommer dès qu’il achète. Il préféra faire 10 mètres et se piquer dans les toilettes publiques plutôt que faire 200 mètres et devoir en plus en parler à un psy. »

Le Pr. Jean Costentin, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie de Pharmacie, dénonce la création de véritable « squats de santé » dans lesquels les lois de la République ne seront plus appliquées. En effet, des consignes sont données à la police. On lui demande de fermer les yeux sur le trafic fait aux alentours des salles de shoot, pour ne pas importuner les toxicomanes. Le 7 avril dernier, une députée socialiste, Mme Dagoma, a même proposé que l’on crée uneimpunité pénale pour les personnes qui se drogueront à PROXIMITE des salles de shoot. Qui pense aux riverains et aux enfants qui vivront dans ces quartiers ? 

Dans quelques semaines, ce texte sera examiné par le Sénat. Nous pouvons donc encore nous mobiliser pour empêcher cela. D’ici là, nous devons montrer que les Français n’accepteront pas que l’on joue ainsi avec la santé des plus jeunes, et leur sécurité.

En quelques jours, notre pétition a recueilli 30 000 signataires, notre objectif est d’en récolter 100 000 avant l’examen du texte au Sénat. Pour cela, j’ai besoin de vous, n’hésitez pas à transférer ce message et cette pétition à vos amis. 

Nous n’avons que quelques jours pour mener ce combat important.

UNI, 34 rue Emile Landrin, 92100 Boulogne Billancourt. 

Publié par : cnpert | 9 avril 2015

Salles de shoot : le « Oui » des députés

Voilà une quinzaine d’années que dure le débat des salles d’injection supervisée, autrement appelées salles de shoot. Alors que ce dispositif d’accompagnement des usagers de drogues est plébiscité chez nos voisins allemands, belges, espagnols, et suisses, la France vient tout juste de donner son feu vert. Adoptée ce mardi 7 avril à l’Assemblée nationale, l’expérimentation des « salles de consommation de drogue à moindre risque » (SCMR) est prévue pour 6 ans.

Par 50 voix pour et 24 contre, cet accompagnement spécifique », estime Jean-Pierre Couteron.

Un geste plus encadré

Concrètement, des seringues à usage unique, des compresses stérilisées et des conseils d’hygiène seront délivrés dans des salles aseptisées. La prise en charge individuelle sera effectuée par des professionnels des Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques chez les Usagers de Drogue (CAARUD). Grâce à cette pluridisciplinarité, chacun des entrants pourra, s’il le souhaite, intégrer un parcours de soins pour apprendre à maîtriser, voire réduire, sa consommation de substances illicites.

Des points de désaccord

« Toutes ces mesures font leurs preuves à l’étranger », insiste Jean-Pierre Couteron. En France, une partie de l’opposition y voit un risque de banalisation des injections, notamment auprès du public jeune. « Il s’agit pourtant d’une problématique de santé publique ». En plus d’aider des patients souffrant d’addiction, « encadrer ce geste dans un lieu dédié épargne l’espace public de matériels souillés et de pratiques d’injections peu sécurisées ». C’est pourquoi la ministre de la Santé a insisté sur l’urgence « de prendre en compte des situations qui existent, qu’on les supporte ou pas, qu’on les voie ou pas ».

« Paris et Strasbourg sont à ce jour en première ligne pour l’ouverture des centres pilotes, mais aucune décision n’est encore arrêtée », précise Jean-Pierre Couteron. « Dans plusieurs villes de France, les professionnels des secteurs médicaux, paramédicaux et sociaux (addictologues, infirmiers, éducateurs spécialisés) sont d’ores et déjà formés à la prise en charge de la toxicomanie. Il faut désormais attendre l’aval de leur ville pour organiser à l’échelle locale l’ouverture et la gestion de ces locaux », conclut le président de la Fédération Addiction. La date d’ouverture des premiers centres n’a pas encore été définie.

Source

Article dans JIM sur ce sujet

DÉPENDANCE : Les centres d’aide font face à une augmentation des personnes liées à cette drogue. Une population plus jeune que les autres, constate Addiction Suisse.

Le nombre de personnes prises en charge dans des centres d’aide en raison de leur consommation de cannabis est en forte hausse en Suisse. En 2013, elles représentaient 51% des admissions contre 6% en 1997. De nombreux jeunes sont concernés.

La majorité des demandes restent liées à l’abus d’alcool, indique le mercredi 8 avril Addiction Suisse. Mais depuis les années 1990, les admissions pour consommation de cannabis augmentent.

Les personnes venant pour un problème lié à cette drogue constituent de loin la population la plus jeune parmi les personnes, poursuit la fondation. Environ 60% d’entre elles ont moins de 20 ans.

Environ un tiers des personnes qui débutent une prise en charge affirment en consommer tous les jours. A l’autre extrémité, 20% consomment cette substance un jour par semaine ou moins et 24% rapportent ne pas en avoir consommé durant le mois précédant l’admission.

Contrairement à d’autres patients admis, ces personnes indiquent plus souvent qu’elles ont effectué leur demande suite à des mesures judiciaires ou administratives (47%) et moins en raison d’une initiative personnelle, de la famille ou des amis (30%).

«Un défi particulier pour les centres d’aide, mais qui peut aussi permettre le repérage précoce de problèmes émergents», juge Addiction Suisse.

Moins d’opioïdes

Les admissions pour des problèmes de dépendance aux opioïdes, surtout l’héroïne, sont elles en revanche en diminution.La statistique suisse menée dans les centres ambulatoires et résidentiels montre qu’elles représentaient 78% des admissions contre 24% en 2013.

Cette baisse résulte notamment «d’une baisse de nouveaux consommateurs et d’un élargissement de l’offre de prise en charge des traitements de substitution de longue durée», explique la fondation.

Source

L’usage de cannabis et de substances stimulantes, comme l’ecstasy et la cocaïne, est en hausse en France, selon les premiers résultats du baromètre Santé 2014 publiées vendredi soir par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

Le cannabis est toujours le produit illicite le plus consommé en France, expérimenté au moins une fois dans leur vie par quatre personnes sur 10 (42 %) chez les 18-64 ans en 2014, précisent les deux organismes.

Une personne sur dix en avait consommé dans l’année (11 % contre 8 % en 2010). Une hausse constatée dans toutes les tranches d’âge, mais surtout chez les femmes de 18 à 40 ans et les hommes de 18 à 55 ans. Mais « l’usage au cours de l’année atteint son niveau maximum chez les 18-25 ans« , précise le communiqué, avec 34 % des jeunes hommes et 23 % des jeunes femmes (29 % et 17 % en 2010).

Cette augmentation s’inscrit dans un contexte de « développement de l’offre », aussi bien d’herbe, notamment grâce à l’autoculture, que de résine, dont le taux de THC (substance active du produit) a fortement augmenté, analyse l’OFDT.

La consommation de substances stimulantes, notamment dans un contexte festif ou de travail, est également en hausse, notamment pour l’ecstasy, que ce soit en comprimés ou sous forme de poudre et de cristal (MDMA). 4,3 % des 18-64 ans l’ont déjà expérimenté.

L’usage dans l’année est passé de 0,3 % en 2010 à 0,9 % en 2014. Ce sont les 18-25 ans qui consomment le plus (3,8 %), trois fois plus que les 26-34 ans (1,3 %).

Concernant la cocaïne, 5,6 % des 18-64 ans l’avaient expérimentée au moins une fois au cours de leur vie en 2014. Ils étaient seulement 1,2 % en 1995.  Un peu plus de 1 % des 18-64 ans en a par ailleurs consommé dans l’année, contre 0,9 % en 2010. Une consommation plus importante chez les 18-25 ans (3,1%) et les 26-34 ans (2,2%), qui régresse ensuite nettement.

L’enquête fait également apparaître des expérimentations très inférieures pour l’héroïne, les champignons hallucinogènes ou le LSD . Au cours de l’année, les consommations de ces trois produits ne dépassent pas 0,2 % de la population.

Le Baromètre santé 2014, portant sur plus de 15.000 personnes de 15 à 75 ans interrogées entre décembre 2013 et mai 2014 est mené tous les 5 ans.

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Publié par : cnpert | 3 avril 2015

Les salles de shoot à l’Assemblée Nationale

 

Entretien. Yannick Moreau est député (UMP) de la troisième circonscription de Vendée. Il est l’un des opposants majeurs au projet de loi Santé de Marisol Touraine. Il dénonce les dangers de la création de « salles de shoot » à titre expérimental.

VA. L’expérimentation des salles de shoot a été votée en commission le 18 mars, la bataille est-elle perdue ?

YM. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on ne mène pas. Et le combat contre l’idéologie soixante-huitarde qui consiste à maintenir les toxicomanes dans l’enfer de la consommation et de l’addiction, nous allons le mener. Le seul moyen de soigner les malades dépendant de la drogue est de les accompagner et de les entourer sur le difficile chemin du sevrage et de l’abstinence. C’est une réalité médicale objective à l’opposé de la vision hygiéniste de la ministre de la santé. Marisol Touraine préfère gaspiller l’argent public (que l’Etat n’a plus) en cachant la misère de la toxicomanie dans des salles ouvertes 35 heures par semaine. Cela ne répond en rien à la détresse des toxicomanes et de leurs proches exposés au fléau de la drogue. La bataille législative ne fait que commencer. Nous serons là, déterminés et responsables, pour la mener jusqu’à la dernière seconde.

VA. Quels dangers représentent les salles de shoot? Combien de salles de shoot pourraient voir le jour prochainement ?

YM. Dans son projet de loi dit de « santé », Mme Touraine veut légaliser les salles de shoot, et les généraliser sur l’ensemble du territoire national, dans chacune des grandes villes de France, dans chacun de nos départements. Sous couvert d’une pseudo expérimentation allant jusqu’à six ans (!), le gouvernement s’apprête à légaliser la consommation de drogue dans des salles de non-droit et, finalement à banaliser inexorablement la drogue dans notre pays. C’est une faute contre notre jeunesse à laquelle on adresserait un message mortifère. C’est une faute contre les familles éprouvées par le fléau de la drogue. Là où elles attendent de l’Etat un message de fermeté et d’accompagnement au sevrage, elles reçoivent un message de laxisme et de fatalisme. C’est enfin une faute contre nos forces de l’ordre qui luttent chaque jour au péril de leur vie contre les réseaux criminels liés à la drogue.

VA. Vous avez récemment reçu le soutien de Nicolas Sarkozy sur ce sujet, est-ce un enjeu prioritaire pour l’UMP ?

YM. Nicolas Sarkozy et l’UMP sont mobilisés autour des 105 signataires de la résolution parlementaire contre les salles de shoot, que j‘ai initiée, pour combattre l’idéologie laxiste de Mme Touraine et du gouvernement. Nicolas Sarkozy et l’UMP font un choix très clair contre l’esclavage de la dépendance et pour la liberté et la dignité des victimes de la drogue. En les entretenant dans l’addiction, les salles de shoot n’offrent pas de réelles perspectives aux toxicomanes. Avec Nicolas Sarkozy et l’UMP, je veux combattre les tentatives répétées de déconstruction des repères fondamentaux de notre société. Nos compatriotes exigent de leurs dirigeants politiques de parler vrai et de défendre les valeurs fondamentales de notre pays. La vérité c’est que la drogue est un fléau, un enfer que la France doit combattre de toutes ses forces.

Publié par : cnpert | 2 avril 2015

Sénat et cannabis : La réponse

Jeudi 2 avril,

Le Sénat n’a pas adopté la proposition de loi d’Esther BENBASSA et plusieurs de ses collègues autorisant l’usage contrôlé du cannabis.

Source

 2 Avril 2015

Dans le cadre de son espace réservé de « niche parlementaire », pendant lequel ils peuvent inscrire les textes de leur choix à l’ordre du jour de la séance, le groupe écologiste du Sénat présentera demain jeudi trois propositions de loi. L’un propose la création de nouveaux indicateurs de richesse, notamment des indicateurs de « qualité de vie » et de « développement durable », afin de compléter l’indicateur qu’est le PIB.

L’autre proposition suggère un guide de pilotage statistique pour l’emploi qui référencerait au niveau local et national les offres d’emploi non pourvues.

Mais la troisième proposition de loi, est en fait une proposition de résolution, c’est-à-dire qu’elle devra être soumise à l’issue de la séance à un vote décisif. Déjà proposée le 5 février dernier au Sénat, toujours lors de la « niche parlementaire », le débat avait dû alors être interrompu au bout de 2 heures, pendant lesquelles plusieurs membres n’avaient pas voté contre, mais avaient préféré s’abstenir de donner leur avis. Cette proposition qui vise carrément à autoriser « l’usage contrôlé du cannabis » en France, dans le contexte d’une réglementation « aussi répressive qu’inefficace » à l’heure actuelle, sera donc de nouveau discutée demain.

« Cette proposition de loi entend réglementer l’usage du cannabis et maîtriser les risques engendrés. Elle autorise, de manière encadrée, la vente au détail aux personnes majeures et l’usage de plantes de cannabis et de produits dérivés issus de cultures contrôlées », énonce le groupe écologiste.

Alors que les Français comptent parmi les plus gros fumeurs de cannabis en Europe, la proposition de loi présentée le 5 février dernier et re-présentée ce jeudi, fait figure de grande première dans le débat politique

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Publié par : cnpert | 1 avril 2015

L’UMP se mobilise contre les salles de shoot

Le projet de loi santé défendue par Marisol Touraine prévoit la généralisation des expérimentations en la matière.

salle de shoot Figaro

«Les salles de shoot, ce sont des salles de mort.» Sauvés par l’association Espoir du Val-d’Oise, les trois anciens toxicomanes ont les larmes aux yeux. Et ils font visiblement un effort énorme pour surmonter leur émotivité et exprimer devant la presse, à l’Assemblée nationale, leur opposition à l’instauration des salles de shoot à l’occasion de la loi santé défendue par Marisol Touraine.

Mardi, Yannick Moreau, député de Vendée, à l’origine d’une pétition ayant réuni 105 députés hostiles aux salles de shoot, tentait une ultime prise de conscience sur le sujet, entouré de plusieurs députés: «Il faut investir sur la prévention et la guérison plutôt que dans l’accompagnement des toxicomanes dans l’enfer de la drogue», martèle-t-il.

«J’y suis allée à Genève, dans les salles de shoot, raconte Zoé, et puis j’en suis repartie, car nous sommes fichés, il faut répondre à des questions, voir un psychologue. Un toxicomane veut consommer dès qu’il achète. Il préférera faire 10 mètres et se piquer dans des toilettes publiques plutôt que faire 200 mètres et devoir en plus parler à un psy.» «De plus, souligne Emmanuel, une salle de shoot qui fait les 35 heures, ça n’a pas de sens. Un toxicomane l’est 24 heures sur 24. Et puis autour, cela va devenir une telle zone que les riverains ne supporteront plus, et ces salles finiront entre la décharge publique et le camp de Roms.»

Pierre Lellouche n’a pas manqué, lui, de lever la contradiction gouvernementale qui consiste à «vouloir réactiver la loi Évin sur l’alcool et interdire le tabac, mais installer l’État dans le rôle de dealer au lieu de celui de thérapeute et de gardien de la sécurité publique». Quant à Nicolas Dhuicq, psychiatre de profession et député de l’Aube, il rappelle que «le toxicomane joue un jeu terrible avec la mort». Une mort qui, selon Philippe Goujon, député de Paris, a reculé en France, «puisque les décès par overdose ont été divisés par 5 et que la prévalence à l’héroïne en Suisse est trois fois supérieure à la nôtre. Pourquoi rompre l’équilibre?»

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Publié par : cnpert | 1 avril 2015

Un sondage important

Figaro sondage salle de shootNON : 85%

Source , avec les commentaires des lecteurs

 

Le service de médecine préventive universitaire de l’université Paris 8 organise une action de prévention santé au sujet des addictions, de l’alcool, du tabac et du cannabis, le vendredi 3 avril 2015, de 11h à 17h sur le bâtiment pont de l’université Paris 8.

En savoir plus

Contact : Service de médecine préventive universitaire de Paris 8 – 01 49 40 65 10

 Informations pratiques

Vendredi 3 avril 2015 de 11h à 17h

Bâtiment pont, face à la B.U

cannabis-ville-drogue

Une localité appelée Palmerah à l’ouest de Jakarta en Indonésie s’est retrouvée droguée après que la police ait incinéré 3,3 tonnes de cannabis dans les environs. La police a commencé à brûler le cannabis le matin et vers midi tous les résidents se plaignaient de migraines et d’ivresse.

Ils ne se rendaient pas compte qu’ils étaient complètement drogués. La fumée provoquée par l’incinération du cannabis a créé un immense nuage qui a recouvert toute la ville. Les policiers n’ont subi aucun effet puisqu’ils avaient des masques à gaz. Mais ils n’avaient pas prévus qu’ils allaient propager les vertus du cannabis à leur manière.

La police de cette ville a également détruit 1,8 kg de cristal et 2538 pilules d’ecstasy. Heureusement, ils les ont fondus plutôt que les incinérer .

Source

 

Estelle a 16 ans, et alors qu’elle consulte son médecin pour obtenir un certificat médical, une série de questions sur son bien-être, sur le stress au moment de l’entrée au Lycée ou sur ses consommations d’alcool et de tabac (test TSTS), l’amène à aborder des problèmes qu’elle n’aurait pas évoqués naturellement.« J’ose pas en parler à mes parents, mais mon copain fume beaucoup. Il boit pas mal aussi et ne fait plus rien en classe… Je pense qu’il ne va pas bien depuis que son père est au chômage et que ses parents se sont séparés »,explique-t-elle. Pour l’ami – gêné, lui aussi, à l’idée d’en parler à un médecin -, le praticien propose à Estelle de lui remettre un fascicule présentant les consultations jeunes consommateurs. Le dialogue s’arrêtera là, le médecin ne peut pas aller plus loin sans connaissance du patient. La porte est ouverte, et la patiente le sait.

La preuve par la vidéo

Cette scène est l’une des dix mises en situation filmées et commentées présentes sur le portail intervenir-addications.fr conçu par la Fédération Addiction, en partenariat avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et avec le soutien de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Ce nouveau site a pour but de soutenir le rôle des professionnels de santé de premier recours dans la prévention des conduites addictives.

« Ces films sont tous tirés de situations vécues en cabinet, explique le Dr Dominique de Muizon, médecin généraliste à Chauny (Aisne), qui a participé à l’écriture et à la réalisation de ces vidéos. Il y a eu des débats passionnés sur l’écriture des dialogues. Il fallait que les acteurs s’expriment de manière réaliste, compte tenu des profils de leurs personnages », raconte-t-il.

Version 1.0

À travers ces vidéos, le site fournit aux médecins des conseils de posture, ainsi que des fiches sur les produits et des ressources téléchargeables : questionnaires standardisés de repérage, plaquettes d’information pour les patients, score CAST… Le site propose aussi des outils pour organiser des séances de sensibilisation ou de formation. On y trouve ainsi des documents qui précisent le déroulé de telles réunions organisées à l’initiative des médecins généralistes autour de problématiques précises comme celle de la relation avec les parents.

Le site doit s’enrichir au fil du temps. Pour l’instant, c’est la consommation de cannabis chez les jeunes qui bénéficie du contenu le plus fourni. Des travaux sont en cours sur la question du tabac. « Il n’existe que peu d’outils pour parler du tabac aux jeunes, signale le psychologue Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction. Une fois le site approprié par les professionnels de santé, un volet communautaire doit également être ajouté pour orchestrer un dialogue avec les internautes médecins », complète-t-il.

Création d’un pôle médecine générale au sein de la fédération

Le lancement de ce nouveau site participe d’une volonté de la Fédération Addiction de se rapprocher des professionnels de santé du premier recours. Un pôle médecine générale vient d’ailleurs d’être créé au sein de la Fédération Addiction, autour du noyau de médecins généraliste du groupe MG Addiction récemment intégré à la fédération. Son rôle sera de formaliser les pratiques professionnelles addictologiques en médecine de ville. La fédération espère renforcer leur rôle de prévention envers les consommateurs qui ne sont pas encore tombés dans la consommation très problématique accompagnée de comorbidités lourdes. Selon le Dr Xavier Aknine, membre du groupe MG addictions, « nous n’intervenons pas comme addictologues mais comme médecins du premier recours. Le médecin généraliste n’est pas dans la même démarche que les centres spécialisés mais dans l’humain et dans l’empathie. Nous agissons sur le contexte et l’environnement que nous connaissons bien »

Damien Coulomb

Sur le site « La vie des idées », un sociologue, P.Pharo, défend   la permissivité de l’accès aux drogues et donc  leur légalisation. Ce n’est évidemment pas notre avis, nos lecteurs le savent depuis longtemps,  comme ils connaissent  les arguments majeurs qui s’y opposent et que nous développons constamment .

Notre Président, Jean Henri  Costentin  dont on connait la fougue a bondi..sur sa plume à la lecture de ce texte et a proposé  une réponse. Elle n’a pas été acceptée. Mauvaise idée ? Pas si sur. C’est bien  pour cela que nous la publions.

Il  est dommage  qu’il soit difficile, sinon impossible de faire valoir des opinions opposées à celle de la pensée dominante actuelle, omniprésente  dans les media et les réseaux sociaux. C’est  d’autant plus  regrettable qu’une légalisation des drogues serait une catastrophe annoncée et inéluctable. La multiplication exponentielle des nouvelles drogues, leurs  puissances souvent décuplées , leur sophistication, l’organisation industrielle de leurs créations et de leurs circuits de distribution ne laissent aucun doute sur leur impact désastreux en particulier chez les jeunes.

Il y a deux réponses nationales possibles ; La première est l’enseignement dés l’école des méfaits des drogues avec des preuves scientifiques et médicales indiscutables, c’est ce que nous faisons. L’autre réponse est de nous opposer, chaque fois que cela est  accepté, aux affirmations fausses. C’est dans cet esprit que se situe le texte de notre Président.

 Jean-Paul Tillement

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Un autre regard (que celui de P. Pharo*)  sur la dépendance aux drogues à l’âge libéral

Professeur Jean Costentin**

Le trait toxicophile

         Chez les mammifères, la survie et la pérennité d’une espèce requierent, en particulier, qu’elle s’abreuve quand elle a soif, qu’elle se sustente quand elle a faim et qu’elle s’adonne à la copulation pour assurer sa reproduction. D’une façon toute Darwinienne, ces fonctions sont garanties par la sensation de plaisir qui émane de leur mise en œuvre. Si toutes les femmes étaient dyspareuniques, l’espèce humaine compterait sans doute beaucoup moins de 7 milliards d’individus. Qui plus est, l’Homme est insatiable. Il s’ingénie non seulement à exalter ces plaisirs élémentaires mais aussi à s’en fabriquer d’autres. « L’Homme est le seul animal qui boit sans avoir soif, mange sans avoir faim et fait l’amour en toutes saisons ». Ses boissons se sont multipliées, ses mets devenus très variés, par les talents de la gastronomie se font de plus en plus agréables à la vue et exquis au palais. Sur les feux de l’amour soufflent, avec sollicitude, les ressources de l’imagination : kamasoutra, lingerie fine, viagra etc… Mais, de même que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », l’intensité de ces plaisirs plafonne. L’hédonisme humain a une propension naturelle à rechercher des sensations de plaisir plus intenses et plus fréquentes ; il trouve de nouveaux moyens pour les faire naitre  : l’extase mystique, la pamoison artistique, le masochisme (qui transforme l’aversion de la douleur en plaisir) ; la cleptomanie ; la ludomanie ; la laboromanie ; la cybéromanie ; la sexomanie ; les sports extrêmes (escalade, saut à l’élastique…) et puis, et surtout, les toxicomanies, par le recours aux drogues (que par une pusillanimité troublante certains appellent « les substances »). Les drogues d’origine naturelle sont, de longue date, consommées de façon abusive : caféine, alcool, nicotine, tétrahydrocannabinol, cocaïne, cathinone, morphine….. Des drogues de synthèse s’y sont ajoutées au cours du siècle précédent et depuis une dizaine d’années leur nombre explose [1].

Le système de récompense

         Tous ces comportements et le recours à toutes ces drogues, prennent appui sur un système cérébral : le système de récompense, révélé par les travaux de deux chercheurs canadiens Olds et Milner [2 ]. Ces chercheurs implantaient deux électrodes en différents points du cerveau du Rat. L’animal, en appuyant alors sur une pédale, faisait passer un courant électrique entre ces électrodes et activait électriquement les neurones sous-jacents. Pour certaines localisations de ces électrodes, l’animal appuyait sur la pédale d’une façon compulsive, forcenée. Il devait alors éprouver un plaisir tyrannique, puisqu’il appuyait des milliers de fois par heure et ce jusqu’à l’épuisement, « l’overdose ». Il dédaignait toute autre sollicitation, le biberon d’eau pour étancher sa soif, la nourriture pour satisfaire sa faim. Il dédaignait même la jeune et jolie ratte, en œstrus, en position de disponibilité, qui venait s’offrir à lui. Le plaisir, à en mourir ; il faut bien expliquer ainsi ce phénomène, pour justifier un tel comportement.

Des études neurobiologiques ultérieures ont montré que les stimulations électriques  efficaces étaient celles pratiquées à l’aplomb de neurones prenant naissance dans une région postérieure du cerveau, le mésencéphale (et plus précisément l’aire du tegmentum ventral, ou aire de Tsaï). Ces neurones projettent leurs boutons synaptiques sur une petite structure diencéphalique, située à la basse du striatum : le striatum ventral ou noyau accumbens. Ces neurones, afin de dialoguer avec les neurones sur lesquels ils projettent leurs boutons synaptiques, ont pour neuromédiateur la dopamine [3 ]. Toute sensation de plaisir, telle celle suscitée par la stimulation électrique que l’on vient d’évoquer (« autostimulation de récompense »), ou encore la satisfaction de la soif, ou bien celle de la faim, ou la copulation, ou la consommation de n’importe quelle drogue : caféine, alcool, nicotine, tétrahydrocannabinol, cathinone, ecstasy, amphétamines, cocaïniques, morphiniques (dont la très addictive héroïne par voie intraveineuse), suscitent dans le noyau accumbens (dans sa partie la plus externe, « le shell ») une libération de dopamine. La dopamine apparait ainsi telle l’amine du plaisir. Cette libération accumbique de dopamine est consubstantielle du caractère addictif / toxicomanogène d’une drogue.

Notre hédonisme constitutif peut ainsi nous piéger. En effet, ayant perçu cette sensation de plaisir, avec une intensité qui varie selon la drogue, sa dose, sa voie d’administration, le contexte de sa consommation (la morphine à l’hôpital recrute moins vite les sujets qui en deviendront dépendants que la morphine dans les « rave parties), le contexte culturel, éducatif, génétique, socio-économique, la condition physique, l’état psychique du moment, le contexte sentimental, l’état d’éveil ou de sédation, les drogues associées, l’ambiance festive, l’environnement radieux ou au contraire glauque, la transgression, le mimétisme… et cent autres facteurs peuvent modifier l’expérimentation princeps ou les premiers pas dans l’usage. On rejoint là une relation de type Pavlovienne : Drogue = plaisir, dans un contexte multifactoriel.

Le premier contact peut faire que, par malchance, les aspects appétitifs / « de récompense » / plaisants / attrayants, l’emportent de loin sur les aspects négatifs / déplaisants / aversifs / dissuasifs. Alors l’incitation est forte à y revenir, « à repiquer au truc », à réitérer l’usage, qui pourra virer à l’abus et à la dépendance. On y est venu, on y revient, on en use et bientôt on en abuse. Le piège s’est refermé, la pharmacodépendance s’est installée.

Si ce premier contact (par chance, est on tenté de dire en pensant à la suite), est désagréable : vomissements, diarrhées de la première cigarette ; ivresse triste d’une alcoolisation ; anxiété, syndrome de dépersonnalisation, « bad trip » d’un premier joint…, l’expérimentateur est incité à n’en jamais réitérer l’usage.

Au regard des toxicomanies, l’Homme est un apprenti ; il ne sait pas, franchissant la porte de l’expérimentation, s’il pourra rester maitre de sa destinée où s’il abdiquera sous le pouvoir tyrannique d’une drogue, qui l’abimera par l’abus qu’il en fera. Combien de trajectoires brisées, de vies intellectuelles, sociales, familiales, professionnelles, sentimentales, sacrifiées par l’immixtion d’une drogue et bientôt de plusieurs drogues (escalade et polytoxicomanies).

Dans un « toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort », la drogue fait négliger l’essentiel ; elle fait passer à côté de ce qui est important, de ce qui fait sens dans la vie. Ces drogues peuvent faire croire un temps qu’elles seraient la solution à l’anxiété, à la dépression, au sentiment d’échec. En fait, non contentes de perdre progressivement l’effet sollicité pour apaiser ces troubles, elles les font réapparaître, plus intenses qu’ils étaient primitivement. La dépression se met alors à flamber avec, en embuscade, le risque suicidaire. Les toxicomanies recrutent un pourcentage important des tentatives de suicides ; parmi les 120.000 qui sont dénombrées chaque année en France, 10% d’entre elles sont fatales….Il faut ajouter le recrutement et/ou l’aggravation des schizophrénies (la folie au sens commun du terme). Les relations entre le cannabis et ces schizophrénies est désormais bien établi et les mécanismes en cause sont explicités. N’oublions ni l’accidentalité routière ni la toxicité somatique de ces drogues, à l’origine de décès ou d’altération de la qualité de vie.

Le caractère licite du tabac en constitue une terrible illustration. En France, il a piégé plus de 13 millions des nôtres, devenus des fumeurs irrépressibles. Un fumeur sur deux mourra d’une cause liée à sa consommation tabagique, avec 75.000 morts chaque année (là où la route ne fait que 3.700 victimes). Chaque jour c’est un Airbus, avec 200 fumeurs à bord, qui se crashe, sans susciter d’émotion. Quant à ceux qui n’en meurent pas, ils ne vont pas tous bien : amputations de tout ou partie d’un membre inférieur pour artérite ; angine de poitrine ; séquelle d’infarctus du myocarde ; séquelles d’accidents vasculaires cérébraux ; bronchite chronique ; bronchopneumopathie chronique obstructive (B.P.C.O.) qui affecte deux cent mille personnes (dont les promenades s’effectuent avec un petit obus d’oxygène sous le bras et un tuyau pour leur dispenser ce gaz dans chaque narine). Il a été établi que pour que le tabac ne coûte rien à la collectivité nationale il faudrait multiplier son prix par quatre !

On peut aussi évoquer les désastres provoqués par l’alcool, l’autre drogue licite. L’alcool recrute 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants (i.e. incapables de se priver, un jour par semaine, de la consommation de toute boisson alcoolique (cidre, poiré et bière y compris). Dix pour cent d’entre eux consomment, à eux seuls, le tiers de la production alcoolière nationale ; ceux-là sont les alcooliques. En France, l‘alcool est responsable de 49.000 morts par an. Avec cette drogue, aussi, beaucoup de ceux qui n’en meurent pas ne vont pas bien. Evoquons le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), qui plombe l’existence de pauvres gamins nés de mères intempérantes. Ce SAF concernait il y a quarante ans un nouveau-né sur 100 ; grâce à la réduction de moitié de la consommation moyenne d’alcool chez nos concitoyens (passant de 22 litres d’alcool pur par an et par personne à deux fois moins), et à des mises en gardes des femmes enceintes, la proportion des victimes du SAF a chuté d’un facteur 10. Des dispositions législatives, la loi Evin sur la publicité, sont passées par là. « Où il y a une volonté il y a un chemin ».

S’agissant du cannabis et de son tétrahydrocannabinol (THC), c’est une drogue lente. Elle est la seule, de toutes les drogues, à s’accumuler pendant des semaines dans les éléments lipidiques du cerveau et dans les graisses de l’organisme. Cette drogue agit à des concentrations un million de fois moindres que celles de l’alcool (c’est-à-dire pour des concentrations sanguines de l’ordre du microgramme par litre, soit donc du millionième de gramme). La teneur du THC dans les produits en circulation s’est accrue en moyenne d’un facteur 8 aux cours des 40 dernières années. La combustion du cannabis génère sept fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, ainsi que 7 fois plus d’oxyde de carbone (qui diminue la capacité de l’hémoglobine à transporter l’oxygène des poumons vers les tissus qui le consomment ; fœtus y compris). Le THC diminue les défenses immunitaire (mauvaise pioche pour les sidéens, que l’on a présenté un temps comme ses grands bénéficiaires…) ; c’est une drogue dont toxicité cardio-vasculaire est avérée (artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…). C’est une drogue à l’origine de cancers des sphères O.R.L. et broncho-pulmonaire, ou encore de cancers du testicule (germinomes non séminomes). C’est une drogue qui perturbe le cours de la grossesse (en l’abrégeant) ; donnant naissance à des nourrissons moins gros et moins longs que ne le laissait attendre la seule prématurité, avec un accroissement de l’incidence des morts subites inexpliquées, avec un retard du développement psychomoteur, avec une incidence accrue de syndromes d’hyperactivité avec déficit de l’attention, avec une fréquence élevée de consommateurs de drogues à l’adolescence….Les conséquences de sa consommation au niveau cérébrale sont encore plus préoccupantes. Le THC est sédatif, il défocalise l’attention, il crée un syndrome amotivationnel, il perturbe la mémoire à court terme, sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, une culture, une éducation. Il engendre donc d’importantes perturbations cognitives, qui expliquent, au moins pour partie, le rang peu enviable de la France (27ième rang) dans le classement des performances éducatives PISA. Après avoir été perçu par son utilisateur comme anxiolytique, il devient anxiogène ; après avoir apaisé le déprimé il fait apparaître une dépression plus vive qu’elle n’était primitivement. Son abus a des relations démontrées avec la schizophrénie, la révélant, l’aggravant, créant une résistance à ses traitements, incitant à des comportements auto- ou hétéro-agressifs. Il facilite le passage à d’autres drogues et en particulier à l’héroïne. Le nombre des héroïnomanes (250.000) s’est accru à la mesure de l’augmentation du nombre des cannabinomanes. On dénombre dans notre pays 1.600.000 usagers réguliers de cette drogue (consommant au moins un pétard tous les trois jours, ce qui, eu égard à la longue persistance du THC dans l’organisme, correspond à une imprégnation permanente par le THC). Le développement d’une tolérance conduit à des consommations plus fréquentes, avec 600.000 usagers quotidiens et multiquotidiens. Alors qu’il s’agit d’une drogue illicite, ces chiffres soulignent l’importance de son pouvoir d’accrochage, puisque ses consommateurs passent outre à la loi et à ses rigueurs pour s’adonner à sa consommation. Ces chiffres font des français les plus grands consommateurs de cannabis (en proportion, bien entendu) des 28 états membres de l’union européenne. [4] La banalisation s’est généralisée alors que la pédagogie préventive est virtuellement inexistante. Pourtant la collectivité se ruine dans le fonctionnement d’organismes que l’on a pu croire un temps inutiles, mais qui se sont avérés nuisibles. Ainsi la MILDT (mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies) a dépensé beaucoup d’énergie pour faire taire ceux qui luttaient effectivement contre ces drogues ; qui le faisaient à sa place (puisqu’elle ne le faisait pas, ou le faisait mal), quand elle ne s’appliquait pas à les contredire. Cet organisme contestait la nocivité des drogues dont elle était censée empêcher la diffusion, jusqu’à ce qu’elle soit rattrapée par les données de l’épidémiologie, qui chiffrait enfin ce que le bon sens et l’observation avait rendu manifestes de longue date. Cette MILDT a même mobilisé des  scientifiques, qui ne savaient pas grand-chose en cette matière. Ces chercheurs… de crédits, pour les obtenir, furent prompts à débiter devant des médias accueillants les sottises qui leur étaient commanditées.

A défaut de pouvoir ici visiter chacune des drogues largement diffusée sur le « marché »,  arrêtons-nous un instant sur le scandale (terme souvent galvaudé, mais dont la suite devrait justifier le choix) de la buprénorphine à haut dosage, le Subutex©, (« subu »). Ce traitement de substitution à l’héroïne vise à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur, qui rend impossible son éloignement de la drogue et qui est susceptible de le contaminer par des virus des hépatites ou du SIDA. Cette bonne idée au départ a été, hélas, largement détournée sous le nez de pouvoirs publics aveugles, sourds et s’appliquant manifestement à l’ignorer. Voyons ces divers détournements. Des héroïnomanes vont visiter plusieurs médecins qui leur prescrivent la dose la plus forte permise (16 mg/jour) ; ils présentent ces ordonnances à plusieurs pharmaciens qui les délivrent ; puis ils revendent ces comprimés à de jeunes toxicophiles, qui ainsi se familiarisent avec les morphiniques, dans une initiation qui pourra les mener, à plus ou moins long terme, à l’héroïne (le  « subu » comme médicament de recrutement de nouveaux héroïnomanes !). L’argent de cette revente permet au revendeur d’acquérir sa chère héroïne (le « subu » comme moyen de financement de l’héroïne pour l’héroïnomane !). Le Subutex© qui peut être prescrit par chaque praticien, ne l’est en fait que par un nombre très restreint d’entre eux ; devant cet afflux de patients ils le prescrivent à vive allure, à la polycopieuse, parfois à plus de 40 patients par jour. Or ce sont des patients qui ont besoin, beaucoup plus que d’autres, d’une écoute, d’échanges, de soutiens et qui, dans ces conditions, n’en bénéficient pas. Ce médicament n’est qu’exceptionnellent prescrit à doses dégressives, pour viser l’abstinence ; les patients sont ainsi  maintenus dans un état de précarité dont le prochain bleu à l’âme les fera retourner à l’injection d’héroïne. Ce médicament, avons-nous dit, a été développé pour faire rompre avec le comportement injecteur, et bien il fait désormais l’objet d’injections. Pour faciliter cela certains organismes, au prétexte de la réduction des risques, distribuent, avec des seringues (gratuites) des filtres pour retenir les éléments insolubles de la matrice galénique de ces comprimés sublinguaux. Des moyens permettent d’empêcher cela : c’est la Suboxone©( ou encore la prescription du médicament générique (moins cher)  moins facile à mettre en solution. Et bien, cherchez l’erreur, nombre d’addictologues répugnent à les prescrire. Indiquons que les détournements paraissent porter sur plus du tiers de ce qui est vendu de ce médicament, et ajoutons qu’en termes de coût ce Subutex est presque en première position au « hit parade » des dépenses de médicaments. Voilà comment une intéressante idée peut être dévoyée [5]. C’est désormais d’une main tremblante que le législateur devrait légiférer en matière de toxicomanies, maintenant qu’il sait tous les drames qu’ont recrutés ses inconséquences, ses actions et ses omissions.

Pour une éducation au plaisir

Chaque être a besoin de plaisir. L’absence de sensations de plaisir peut être doublé, cruauté suprême, de la sensation fallacieuse que ce plaisir ne sera plus jamais éprouvé. C’est alors la dépression. Dans sa forme la plus noire elle incite à vouloir mettre fin à sa vie (120.000 tentatives annuelles, dont 12.000 sont fatales). Oui, l’Homme a un pressant  besoin de plaisir. L’erreur funeste du toxicomane, c’est de le solliciter auprès d’un unique objet, la drogue ( « sa » / « ses » drogues). Hic et nunc, tout de suite, avec la facilité d’une inhalation ample (tabac, crack, cannabis), ou d’un sniff (cocaïne, héroïne), ou de l’appui sur le piston d’une seringue (amphétamine, cocaïne, héroïne. La drogue est au plaisir ce qu’est la prostitution à l’amour. Un raptus irrépressible, non maitrisé. La consommation d’une drogue n’est bientôt plus un plaisir, mais un besoin tyrannique qui, lorsqu’il n’est pas satisfait, rend très malheureux. Comme l’exprimait autrefois l’addictologue C. Olievenstein : « il n’y a pas de drogués heureux ». Le « toxico » n’est pas un « sale type », c’est un « pauvre type », au sens de malheureux, de victime de tout ce qui n’a pas fonctionné pour lui , souvent dès l’enfance, avec des carences affectives, des traumatismes de divers ordres, des informations qui n’ont pas été délivrées, ou mal délivrées ; qui l’ont incité à les transgresser, d’un argent de poche à foison, de mauvais « copains », des ruptures familiales au gré de la versatilité sentimentale de parents ayant privilégié leurs appétits et sentiments à l’importance qu’ils accordaient à leur descendance ; une éducation familiale et/ou institutionnelle défaillante(s). Alors que l’école est obligatoire, elle ne s’oblige pas à faire passer les messages indispensables à l’hygiène du corps et de l’esprit.

Le plaisir doit être sollicité auprès d’une multitude de sources et non pas d’une seule. C’est ce dont doit s’inspirer l’éducation au plaisir, comme un apprentissage à la mobilisation de la diversité de nos sens, afin d’éprouver des plaisirs multiples et variés, dont l’addition est ainsi en rupture avec la focalisation caractéristique de l’addiction. A enfiler de nombreuses perles on peut réaliser de très beaux colliers. Trouver du plaisir en mille choses peut édifier, par sommation, le Plaisir. Une rose se regarde, s’admire, se hume et son parfum peut être prenant, le soyeux du toucher de ses pétales peut s’apparenter à la douceur de la peau féminine…. Le plaisir est rehaussé par le désir, par l’attente, par l’effort pour y accéder ; bref, le contraire de l’appui sur le piston de la seringue. Si la jeune femme convoitée sait un temps résister, le plaisir de sa conquête en sera bien plus intense…

 

La société libérale effondre des digues, patiemment érigées par le temps et le bon sens

            La société libérale détruit des digues érigées pour restreindre, pour contenir l’expansion du trait toxicophile. Elle transforme des marées à haut quotient en des tsunamis. L’argent roi a de plus en plus souvent l’odeur de la fumée de cannabis, ou de la poudre de cocaïne. Des fortunes insolentes s’édifient facilement sur les dépouilles d’innocentes victimes. Innocentes car abusées par des médias complices, des éducateurs démissionnaires, quand ils ne se font pas prosélytes, des familles en déshérence, un monde politique gangréné, l’esprit de tricherie généralisé, quand ceux qui devraient être emblématiques sont mis en examen et que les pédagogues sont soit aux abonnés absents, ou bien que leurs recommandations sont occultées, tues, réduites à une discrétion de violettes sans parfum ; ou encore qu’elles sont raillées et/ ou encore critiquées. Vingt années d’une communication résolue et déterminée sur les dangers des drogues m’ont beaucoup appris en matière de liberté de la presse, muée en une dictature des journalistes. Dans leur  majorité ils ont décidé, pour la société toute entière, de la légalisation du cannabis, quand ce n’est pas de toutes les drogues. Ils lancent le « débat » ; ils choisissent ceux qu’ils interviewent ; ils ne tendent le micro qu’à ceux qui sont acquis à leur thèse ; ils choisissent les questions qu’ils leur posent ; ils ne retiennent des réponses que ce qui leur agrée, ils condensent ces réponses sur ce qui leur importe. « Remuez, servez chaud », et on parle d’information alors qu’il s’agit typiquement d’une conformation de l’opinion. Il leur a fallu du temps, mais ils voient se rapprocher sinon le basculement de l’opinion en faveur de cette légalisation des drogues, du moins l’installation d’une certaine indifférence vers la commission de ces aberrations sanitaires et sociétales que serait la légalisation du cannabis, pour commencer, suivie de celle de toutes les drogues. Cette légalisation du cannabis fera passer, très logiquement, le nombre de ses « usagers réguliers » actuels (1.600.000) vers au moins le chiffre des alcoolo-dépendants actuels (4 à 5 millions) et pourquoi pas vers le nombre des fumeurs de tabac (14 millions), la résine de cannabis étant très largement portée sur les épaules du tabac.

Notre société libérale reste solidaire

         Si certains proclament que chaque être est seul face à son destin,  notre société reste encore marquée, et pour longtemps encore peut-on espérer, du sceau de la solidarité. On ne laisse pas au sol celui/celle qui vient à choir. Mais ces efforts d’entraide, gouvernementaux, non gouvernementaux (O.N.G.), individuels, peuvent de moins en moins servir à arroser le sable. Ils doivent être concentrés sur les détresses inévitables. Aussi tout doit être fait pour prévenir la survenus des drames prévisibles. Dans la même logique que celle qui impose aux automobilistes le port de la ceinture de sécurité, afin d’atténuer les conséquences de certains accidents. Il s’agit, en l’occurrence, non seulement de protéger la victime, mais aussi les organismes sociaux qui devront prendre en charge les conséquences matérielles que la victime ne peut assurer seule. La liberté des uns s’arrête là où commence l’engagement matériel des autres. Quant à faire miroiter qu’une régie du cannabis rapporterait au budget de la nation une manne substantielle [5], il s’agit d’une malversation caractérisée. S’agissant du tabac, présenté comme un gisement très productif de taxes, il vient d’être montré que pour qu’il n’obère pas le budget de la nation son prix devrait être multiplié par 4. Une étude toute aussi récente établit que le budget de la nation américaine est taxé, à hauteur de 0, 8 $, pour chaque verre de boisson alcoolique consommée aux U.S.A.

Mais il n’y a pas que l’argent, si l’on veut bien admettre, avec Jean Bodin, « qu’il n’est de richesse que d’hommes », j’ajouterais ni shootés, ni camés, ni paumés, n’ayant pas perdu pied, ni l’estime d’eux-mêmes, ni leur autonomie, ni leur fierté de contribuer à une ambition collective. Dans la mondialisation, qui s’apparente à certains égards aux jeux olympiques de l’intelligence (individuelle et collective), gagneront, ou du moins seront en tête de peloton, les nations qui sauront préserver leurs populations de l’agression des drogues. Les drogues constituent, à cet égard, une arme économique. Les nations en « pole position » seront celles qui sauront mobiliser les efforts de citoyens ayant un esprit sain dans un corps sain.

On constatera que le laxisme de certains états vis-à-vis des drogues parait être conçu pour attirer, afin de s’enrichir, les jeunes consommateurs des pays voisins, en s’appliquant par une pédagogie forte à essayer d’en protéger leurs jeunes nationaux (ainsi la Hollande). Ce laxisme peut encore être destiné à apaiser une jeunesse malmenée par la crise, et à transformer des indignés en résignés (Portugal, Espagne, Grèce…). En France, certains mouvements qui militent pour une régression économique (Europe-Ecologie-Les Verts) voient dans le cannabis, mis à la portée de tous, par ses nombreux effets négatifs (l’aboulie, le syndrome amotivationnel, l’effet planète, les perturbations cognitives, la sédation, l’engagement remis à demain, l’absence d’ambition, de projets) un moyen, telle une vessie à glace, pour entraver le développement économique. Le communisme soviétique s’est dissout dans l’alcool. Pour dissoudre le monde occidental il faudra y ajouter d’autres drogues, c’est bien parti, certains s’y emploient avec détermination. Rappelons le manifeste surréaliste, et Aragon «Nous minerons cette civilisation qui nous est chère. Monde occidental, tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l’Europe. Voyez comme cette terre sèche est bonne pour les incendies. Que les trafiquants de drogues se jettent sur nos pays terrifiés, que l’Amérique au loin croule de ses buildings blancs… »

La formule fondatrice du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (C.N.P.E.R.T.) inspirera notre conclusion: «  S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de se préoccuper de l’état des enfants qui nous succèderont sur cette planète.

                                  

Quelques références bibliographiques

[1] Nouveaux produits de synthèse identifiés en France depuis 2000. Note d’information SINTES (9 oct. 2014)

[2] Olds J., Milner PM. Positive reinforcement produced by electrical stimulation of septal area and other regions of rat brain. J. Comp. Physiol. Psychol., 1954, 47, 419-27.

[3] Costentin J.  “La dopamine dans tous ses états”. Ed. Docis (à paraître en Mars 2015)

[4] Costentin J.  « Halte au Cannabis » Ed. O. Jacob, 2007

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis »

Ed. O. Jacob, 2013

[5] Costentin J. – Le « subu » roi, c’est subuesque. Lettre XXIX du CNPERT, Mai 2014

[6] Kopp P. déclaration au journal « Le Monde » 3 août 2014

*P. Pharo  a été l’auteur d’un article dans « La vie des idées » le 23 sept. 2014, intitulé « La dépendance aux drogues à l’âge libéral »

**Jean Costentin- docteur en médecine, pharmacien, docteur ès sciences ; professeur émérite de la faculté de médecine & pharmacie de Rouen ; directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie –CNRS- (1984-2008) ; directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011) ; membre titulaire des académies nationales de médecine et de pharmacie ; président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT).

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