L’ÉTUDE SANTÉ DU JOUR – Les hommes sont quatre fois plus susceptibles que les femmes de développer une psychose en fumant du cannabis, d’après des scientifiques.

En France, le cannabis reste de loin la drogue illicite la plus plébiscitée chez les 18-25 ans : 23% des jeunes femmes et 34% des jeunes hommes en consommeraient régulièrement, d’après les derniers chiffres de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Aux États-Unis, après le Colorado, l’État de Washington et l’Alaska, l’Oregon va devenir le quatrième État américain à légaliser le cannabis récréatif.

Et pourtant, de plus en plus d’études suggèrent que la consommation de marijuana n’est peut-être pas aussi inoffensive que le croient les adolescents, et parfois leurs parents. D’après les résultats d’une nouvelle étude, les femmes seraient moins susceptibles que les hommes de souffrir de psychose cannabique. Autrement dit, de graves problèmes de concentration, d’hallucinations visuelles ou auditives, de paranoïa ou encore de schizophrénie.

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Méthodologie : comparer les admissions pour psychose cannabique
Des scientifiques de l’université de New York ont analysé des données issues du fichier de la Sécurité sociale britannique, le National Health Service (NHS), pour connaître le nombre d’admissions pour psychose cannabique dans les hôpitaux en Grande-Bretagne. Objectif : comparer le risque chez les fumeurs de cannabis en fonction du sexe de la personne.

Ce que l’étude a montré : quatre fois plus de risques chez les hommes
Les résultats de l’étude, parus dans la revue Advances in Dual Diagnosis, montrent que les hommes ont quatre fois plus de risques que les femmes de souffrir d’une psychose ou de schizophrénie en fumant régulièrement du cannabis. La raison ? Une barrière défensive contre les effets du cannabis, que formerait l’œstrogène, une hormone naturelle sécrétée par l’ovaire, qui assure la formation, le maintien et le fonctionnement des organes génitaux.

Ce que l’étude va changer : un lien entre les hormones et les effets du cannabis
Le scientifique Ian Hamilton, qui a dirigé l’étude, admet toutefois qu’il est possible que les résultats soient faussés, sachant que les données contenues dans les dossiers d’admission du NHS ne mentionnent pas les facteurs sociaux. En outre, il semblerait que les femmes soient moins nombreuses à consulter pour des problèmes liés à la drogue que les hommes, même en cas de psychose sévère.

Mais ce n’est pas la première fois qu’une étude met en avant le rôle des hormones sur les effets du cannabis. Une étude menée par des chercheurs de l’université d’Aberdeen aux États-Unis avait montré que la consommation régulière de cannabis réduit les niveaux de testostérone des hommes, et a par conséquent un impact négatif sur la fertilité masculine.

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Publié par : cnpert | 22 juillet 2015

Cannabis : les jeunes du sud plus accros que ceux du nord

Plus de 9% des jeunes de 17 ans disent consommer du cannabis au moins 10 fois par mois. Mais ce ratio va du simple au double selon les régions.

Menée régulièrement par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), l’enquête Escapad, menée sous la forme d’un questionnaire de santé anonyme au cours de la journée Défense et citoyenneté, permet depuis 2000 de décrire les habitudes de consommation des jeunes Français de 17 ans. Elle révélait ainsi en avril que pour la première fois depuis 2003, la consommation de cannabis avait progressé chez les jeunes de l’Hexagone.

Les résultats de mars 2014, qui regroupent les réponses de plus de 23.000 adolescents, viennent d’être déclinés par région dans la revue « Tendances » et démontrent une véritable disparité culturelle entre jeunes du Nord et du Sud.

Selon cette huitième édition de l’étude, 9,2% des jeunes Français de 17 ans déclarent anonymement avoir une consommation de cannabis régulière, c’est-à-dire, selon les critères de l’OFDT, au moins 10 occurrences dans le mois précédant l’enquête. Mais tandis que le Nord-Pas-de-Calais, la Haute-Normandie et la Picardie affichent des niveaux compris entre 6 et 7% des jeunes, les régions PACA, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées se caractérisent par un usage régulier deux fois plus répandu, (12 à 13%).

– Sur toutes les cartes, la couleur rouge indique une consommation significativement supérieure à la moyenne nationale ; la couleur verte, une consommation significativement inférieure ; le gris, une consommation proche de la moyenne nationale.

– « Usage régulier » signifie ici au moins 10 consommations au cours des 30 derniers jours.

L’Alsace connaît elle aussi un faible niveau (6%), en contraste avec la région voisine de la Franche-Comté, au niveau très élevé (14%). L’OFDT retrouve néanmoins de façon homogène « une hausse globale de près de 3 points entre 2011 et 2014″.

« Les progressions les plus nettes (6 points de hausse) sont observées dans les régions Pays de la Loire – dont le niveau était pourtant inférieur à la moyenne métropolitaine en 2011 – Franche-Comté et Languedoc-Roussillon », note l’étude. En ce qui concerne la simple expérimentation, 47,8% des jeunes de 17 ans ont goûté au moins une fois au cannabis, contre 41,5% en 2011. En 2003, ils étaient 50,3% à avoir testé cettedrogue.

#Alcool : la jeunesse de l’ouest se distingue

En matière d’alcool aussi, le « bloc du nord » se distingue par une consommation plus faible que la moyenne chez les jeunes de 17 ans (de 8 à 10% en boivent 10 fois par mois). En revanche, c’est ici un bloc de l’ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie) qui se distingue. La consommation régulière atteint 22% chez les jeunes de Pays-de-la-Loire, un record national.

– Au moins 10 consommations d’alcool dans les 30 derniers jours.

On retrouve une hiérarchie sensiblement parallèle concernant ce que l’OFDT appelle les API (alcoolisations ponctuelles importantes), que l’on connait aussi depuis plusieurs années sous le nom de « binge drinking » (au moins 5 verres en une même occasion). Pour que ces API soient dites « répétées », elles doivent être survenues au moins 3 fois au cours des 30 derniers jours. Les jeunes Bretons décrochent la palme des beuveries, avec plus d’un tiers de réponses positives.

– Ici, l’OFDT retient le seuil d’au moins 3 séances de « binge drinking » dans le mois.

#Tabac : consommation plutôt homogène

Le tabagisme quotidien paraît davantage répandu sur la façade ouest, de la Basse-Normandie au Poitou-Charentes ainsi que dans le Sud (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Corse) et en Bourgogne, note l’étude. À l’inverse, seules deux régions (Alsace et Île-de-France) affichent des niveaux de tabagisme significativement inférieurs à la moyenne (respectivement 28 % et 27 %).

La légère progression du tabagisme à l’échelle nationale entre 2011 et 2014 s’observe dans la plupart des régions avec un mouvement orienté globalement à la hausse, même si seules la Bourgogne et les Pays de la Loire voient leur niveau croître de manière significative. Celui des jeunes Bourguignons augmente même de plus de 10 points.

Par ailleurs, 64,7 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà expérimenté la chicha (autre nom du narguilé).

#Autres substances illicites : PACA en tête

« Les niveaux régionaux d’expérimentation de substances illicites autres que le cannabis, qui demeurent faibles à 17 ans (compris entre 3 % et 5 %), forment une distribution des usages qui n’offre pas de grille de lecture géographique simple », pointe l’étude.

Comme pour le cannabis, la région PACA affiche des usages au cours de la vie toujours plus élevés pour les quatre produits étudiés : poppers, MDMA/ecstasy, cocaïne et amphétamines. À l’opposé, l’Île-de-France est la seule région dont trois des quatre niveaux d’expérimentation se révèlent inférieurs à ceux mesurés pour l’ensemble du territoire.

Toujours est-il que l’étude confirme l’existence de particularismes régionaux liés à une culture régionale. Elle montre aussi que dans certaines régions, comme le Nord-Pas-de-Calais, les nouvelles générations tentent de s’échapper du modèle de consommation des adultes, note François Beck, de l’OFDT.

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Aux Etats-Unis la consommation de ces stupéfiants connaît un essor important. Divers incidents sans doute dus à leur consommation ont été constatés. Entre désorientation et inconscience, leurs effets sur la santé mentale sont aussi importants que sur le corps.

Atlantico : Les drogues synthétiques font des ravages aux États-Unis. Qu’entend-on par « drogues synthétiques » ? Leur consommation est-elle également en hausse en France ?

Muriel Grégoire : Leur consommation augmente certes, mais reste néanmoins marginale par rapport aux autres drogues (1% environ) plus connues telles que le cannabis, la cocaïne… En France, si elle est en hausse, la situation n’est pas encore comparable à ce qu’elle peut être en Allemagne, en Grande-Bretagne et d’avatange aux Etats-Unis.

Si leur consommation ne cesse de croître, c’est surtout à cause de l’image de produits légaux dont disposent les drogues de synthèse et parce qu’elle sont plus faciles d’accès En effet, trouver un dealer peut être compliqué alors qu’acheter sur internet est simple (elles se vendent uniquement sur internet ou pendant des soirées).

D’autant plus, qu’au vue du nombre de commande sur internet, les autorités sont dans l’impossibilité de tout controler, sans mentionner que leur détection (molécules peu connues et changeantes) est délicate.

Les drogues de synthèse sont créées dans des laboratoires. Si le MDMA en est une, elle est ancienne, aujourd’hui on parle plus des NTS (nouveaux produits de synthèse). Les drogues de synthèse principales – c’est-à-dire les plus vendues, sur des sites Internet le plus souvent illégaux – sont les cannabinoïdes de synthèse (qui se rapprochent du cannabis) qui sont les plus consommés, les plus achetés sur Internet et les cathinones (qui se rapprochent de la plante cant) qui sont les plus dangereuses car encore peu connues et très variées (plus de cent variétés en 2014) et dont les effets sont très puissants et se rapprochent de ceux des amphétamines (ce sont des psychos stimulants).

Ces drogues sont diverses, il y en a des nouvelles fréquemment. Elles étaient légales (legal high) il y a encore peu ce qui peut expliquer leur nombre : dès lors que l’une d’entre-elle devient illégale, la formule change pour qu’elle redevienne légale obligeant les lois à évoluer rapidement. De ce fait, les produits se ressemblent mais leurs effets varient. Ainsi, les usagers tout comme les soignants en découvrent les effets au fur et à mesure.

On les compare souvent aux amphétamines ou à la cocaïne. Les dangers encourus par une consommation occasionnelle ou régulière sont-ils similaires ?

On retrouve deux drogues de synthèse principales :

  • les cannabinoïdes dont les effets sont proches de ceux du cannabis. Ce sont les plus consommés, les plus achetés sur internet. Leur danger est supérieur à celui du cannbis, en les consommant on court des risques d’ordres psychiatriques, psychologiques. Les consommateurs les supportent moins bien, leur impact est plus inattendu et plus long. D’autant plus qu’en les consommant on ne s’attend pas aux problèmes cardiovasculaires qu’ils peuvent entraîner.
  • les cathinones qui sont extrêment dangereuses et dont les effets, plus puissants, se rapprochent de ceux des amphétamines. Leurs impacts se trouvent quelque part entre  ceux des amphétamines et de la cocaïnes :  euphorie, stimulation intellectuelle, hausse du désir sexuel… Ils restent  plus stimulants que leurs semblables et en fonction des molécules qui les composent peuvent être plus ou moins hallucinogènes. Certaines personnes les consommant décompenseront plus rapidement au niveau psychiatrique courant des risques de dépression (envie suicidaire) tout en pouvant être désorientées, en ressentant des crises d’angoisse, un état psychotique aigu… Au niveau physique, il y a les risques de troubles cardiovasculaires, des difficultés à parler, des vomissements, des insomnies… Enfin, le risque d’addiction est plus rapide que pour d’autres produits.

D’autre part il y a 5 ou 7 ans, on savait de quoi elles étaient composées. Aujourd’hui, il n’est pas rare que leur contenu soit inconnu or l’analyse du produit fait partie de la prévention.

Ces drogues sont consommables oralement, on peut les sniffer (ce sont leurs consommations les courantes), se les injecter (bien plus rare et au risque d’addiction plus fort) et les fumer (c’est le cas pour cannabis de synthèse).

Dans quels contextes peut-on y avoir recours ? Peut-on dresser une typologie des consommateurs de drogues synthétiques ?

Il y a trois contextes de consommations principaux :

  • tout d’abord, il y a les personnes qui prennent plaisir à expérimenter mais qui restent peu nombreuses.

  • le contexte festif.

  • Consommer de la drogue va de pair avec le milieu de la nuit. Ici, la consommation reste occasionnelle.

  • le contexte sexuel. Ici, l’usage est plus important et répétitif.

Pour l’instant, les plus gros consommateurs restent les homosexuels aux niveaux sociaux assez élevés. Ils la consomment en particulier dans un cadre sexuel. Attention, ils ne sont pas les seuls à aimer ces nouvelles drogues : dans le milieu festif, jeunes et moins jeunes des classes moyennes ou élevées les consomment également.

Là est toute l’ambiguïté de ces drogues : peu chères elles restent pour le moment préférées des milieux aisés, ce ne sont pas des drogues de rue.

 

LE PLUS. Les effets de la drogue sur le cerveau sont-ils les mêmes pour les hommes et pour les femmes ? C’est l’objet de la récente étude réalisée par des chercheurs de la faculté de médecine du Colorado. Et les résultats observés sont pour le moins surprenants.

On le sait : les cerveaux des femmes et des hommes présentent, en moyenne, certaines différences assez significatives. Des différences qui se manifestent notamment dans les effets des drogues sur cet organe, selon qu’il est situé dans une boîte crânienne masculine ou féminine

Nous réagissons différemment selon notre sex

Comme avec les médicaments et d’un point de vue très général, les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même manière aux drogues. Les hommes ont ainsi près de 25% de risque supplémentaire d’être dépendants à des drogues illicites, mais les femmes ont davantage de risque de dépendance aux médicaments sur ordonnance, comme les anxiolytiques, sans doute parce qu’elles sont par ailleurs plus sensibles au stress que les hommes.

Ensuite, si la nicotine et l’alcool sont toujours les premières drogues du cycle de l’addiction, celles par où les drogués « commencent », cette porte d’entrée n’est pas la même selon les sexes. Chez les hommes, le cycle débute plus souvent par l’alcool, et par les cigarettes chez les femmes.

En matière d’addiction, les femmes ont des risques spécifiques, ne serait-ce que parce que les drogues altèrent le cycle menstruel et détériorent la fertilité féminine. C’est le cas par exemple du nombre d’enfants, directement corrélé aux risques d’abus de substances chez les femmes, sans que la corrélation soit significative (ni même notable) chez les hommes. En d’autres termes, plus une femme a d’enfants, plus elle risquera de devenir junkie. Vous en conclurez ce que vous voudrez.

Autre détail « rigolo » : les filles (mais pas les fils) de fumeuses qui fumaient durant leur grossesse ont quatre fois plus de risques d’être fumeuses à leur tour. L’une des explications, c’est que la nicotine, qui passe par la barrière placentaire, agit sélectivement sur le cerveau féminin en développement.

Les femmes se désintoxiquent mieux que les hommes

Mais, par rapport aux hommes, les femmes jouissent aussi de certains effets « protecteurs ». Ainsi, les femmes jeunes avec des taux élevés d’œstrogènes semblent protégées contre les effets vasoconstricteurs de la cocaïne sur le cerveau et le cœur, responsables des attaques observées chez les hommes du même âge et dépendants.

Ensuite, la réponse à la cocaïne chez les femmes est sensible aux hormones et fluctue avec le cycle menstruel : en milieu de cycle, les concentrations sanguines en cocaïne sont moins élevées, et les effets de la drogue sont atténués, ce qui pourrait expliquer pourquoi les femmes se désintoxiquent en moyenne mieux que les hommes, chez qui les concentrations sanguines et les effets sont constants.

Enfin, quel que soit le type de drogue, les femmes « rechutent » moins que les hommes et le font principalement pour des raisons « réactionnelles », c’est-à-dire après un événement traumatisant (deuil, divorce, viol, etc.).

Pour autant, si les femmes sont en moyenne moins présentes parmi les dépendants aux drogues, leur proportion est en augmentation depuis une bonne dizaine d’années. Ensuite, l’addiction est généralement plus rapide chez les femmes et, en ce qui concerne la cocaïne, elle est même bien plus précoce.

Enfin, pour cette même drogue, les femmes dépendantes en consomment davantage que les hommes et connaissent des périodes d’abstinence plus courtes.

Les effets sexo-différenciés de drogues dures sur le cerveau

Autant d’éléments qui expliquent qu’une équipe de chercheurs de la faculté de médecine du Coloradose soit récemment penchée sur les effets sexo-différenciés de drogues stimulantes dures – cocaïne, amphétamines et/ou méthamphétamine – sur le cerveau, et en particulier sur la densité en substance grise de certaines de ses zones frontales et temporales les plus essentielles, à savoir celles dédiées au système de récompense, à l’apprentissage et au contrôle cognitif.

Des zones qui, comme le précise Jody Tanabe, l’un des auteurs principaux de cet article, gèrent « la prise de décision, les émotions » ou encore « la formation des habitudes » – des caractéristiques psychologiques pas du tout importantes, si ce n’est qu’elles nous éloignent quand même un tout petit peu de l’état légumineux (hi hi, c’est de l’ironie).

En l’espèce, l’étude a été menée sur 127 individus, parmi lesquels 28 femmes et 31 hommes ayant été dépendants à au moins l’une des substances sus-mentionnées pendant une moyenne de 15,7 ans. Face à eux, 28 femmes et 40 hommes d’âge équivalent n’ayant jamais été dépendants à quoi que ce soit (sauf parfois à la nicotine) ont constitué le groupe de contrôle.

Dans les deux groupes, les volontaires n’étaient pas sélectionnés s’ils avaient connu un épisode dépressif ou psychotique dans les deux mois précédents, s’ils avaient subi un traumatisme crânien avec perte de conscience de plus de 15 minutes, s’ils étaient séropositifs, diabétiques, bipolaires ou encore si leur QI était inférieur à 80. De plus, les déclarations de sobriété des uns et des autres étaient vérifiées par des tests salivaires et sanguins.

Et ce que les scientifiques ont trouvé risque de vous surprendre !

Diminution de matière grise, mais plus d’impulsivité

Après avoir soumis leurs cobayes une batterie de tests, et notamment un passage sous les fourches caudines d’un indiscret IRM, ils ont en effet observé que les femmes ex-droguées voyaient leur substance grise diminuer significativement après 13,5 mois d’abstinence, un changement absent chez les hommes ex-drogués, tout comme chez les individus du groupe de contrôle, quel que soit leur sexe.

Une diminution de la substance grise corrélée (là encore, uniquement chez les femmes) à de plus grands scores d’impulsivité et de goût pour la nouveauté et la prise de risque – autant d’éléments eux-mêmes corrélés à la gravité de la dépendance et à la « dureté » de la drogue « choisie », the snake is bitting its tail, comme on dit dans les Grandes Plaines.

Les zones les plus grignotées étaient le cortex orbitofrontal, les gyrus frontaux moyen et supérieur,l’insula, l’amygdale, le gyrus cingulaire, le lobe temporal – dont l’hippocampe – et le lobule pariétal inférieur.

Les femmes ex-droguées étaient même les plus impulsives de tous les participants. À l’inverse, les femmes du groupe de contrôle étaient tout en bas de l’échelle d’impulsivité, suivis (en la remontant) par les hommes jamais drogués et les hommes ex-drogués.

Ne pas vous droguer reste une très bonne idée

Des résultats qui, selon les chercheurs, permettent de remonter la piste des « processus biologiques sous-jacents aux différences cliniques observées chez les hommes et les femmes abusant de stimulants ».

Mais le chemin risque d’être encore un petit peu long, vu que cette étude n’est que la troisième àchercher – et à trouver – des différences entre les cerveaux d’hommes et de femmes addicts à l’augmentation artificielle du niveau de dopamine de leurs synapses.

En attendant, si vous souhaitez avoir une cervelle en pas trop mauvais état et profiter de capacités cognitives qui auront demandé des millions d’années de perfectionnement patient et constant, ne pas vous droguer reste une très bonne idée.

Source : L’Obs

 

La prévention contre le cannabis devrait s’inspirer de la lutte contre l’alcoolisme, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale

Pour protéger les plus jeunes du cannabis, il serait important de tirer les leçons des dangers de l’alcool et s’inspirer de sa prévention. Plus particulièrement pour tous les adolescents au contact quotidien avec le cannabis médical et les publicités le vantant.

Les chercheurs de l’Université de Johns Hopkins (Etats-Unis) ont interrogé pendant 2 ans 8 214 collégiens californiens, âgés en moyenne de 13 ans, pour comprendre si le contact avec le cannabis médical modifiait ou non leur perception du cannabis et leur consommation du produit.

Les conclusions de l’étude ont montré que la publicité vantant les mérites du cannabis médical encourageait les plus jeunes à tester le cannabis.

L’étude nous apprend que 22% des collégiens déclarent avoir vu au moins une publicité pour le cannabis au cours des 3 derniers mois.

Et plus précisément que les jeunes élèves exposés à ce genre de réclames sont 2 fois plus susceptibles d’en avoir utilisé ou d’en avoir l’intention. L’expérimentation du cannabis est associée à de mauvais résultats scolaires, des déficits de performance neuropsychologiques et dans certains cas, à l’utilisation d’autres substances illicites.

« La légalisation du cannabis médical et sa commercialisation plus accessible et plus visibles doivent nous inciter à modifier notre discours de prévention vis-à-vis des jeunes », explique Elizabeth D’Amico, psychologue et auteure principale de l’étude. Il est important de tirer les leçons de l’alcool, une substance légale, et de la prévention contre l’alcoolisme pour protéger les plus jeunes et les adolescents.

« Un nouveau débat sur la limitation de la publicité concernant le cannabis médical dans le même esprit que pour l’alcool et le tabac doit être mis en place », concluent les chercheurs.

En France, le cannabis reste la drogue la plus consommée

42% des Français ont déjà testé le cannabis et 11% des 18-64 ans en fument régulièrement contre 10% en 2010. L’usage du cannabis a particulièrement augmenté chez les jeunes de 18 à 25 ans, passant de 29 % à 34 % chez les hommes et de 17% à 23 % chez les femmes entre 2010 et 2014.

« On constate ces dernières années un développement de l’offre tant pour l’herbe – sous l’effet notamment de l’autoculture – que pour la résine, dont la forte augmentation du taux de THC, la substance psychoactive du cannabis, est à souligner » analyse François Beck, directeur de l’OFDT et l’un des auteurs de cette étude

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On ne compte plus les étoiles dans le ciel, on ne compte plus non plus les neurones du cerveau humain.

Les spécialistes avancent le chiffre d’un milliard. Sachant qu’ils peuvent se connecter deux à deux, mais parfois à trois ou quatre, le nombre de combinaisons possibles suit un mode exponentiel très élevé pratiquement impossible à évaluer.

Mais chaque connexion  est indirecte, établie par un  médiateur (neuromédiateur)  libéré par la stimulation d’une fibre et qui stimule une autre. On conçoit donc l’importance des neuromédiateurs dans le fonctionnement cérébral.  Chacun est spécifique de la fibre qui l’a sécrété, tous n’ont pas la même importance.

L’un des mieux connus est la dopamine.

Sujet cher à notre Président,  il nous en révèle les effets et ses distorsions pathologiques. La présentation est originale ; après en avoir décrit les nombreuses fonctions physiologiques, il montre comment elle intervient dans différentes maladies hélas très communes et fréquentes,, Parkinson, dépressions, schizophrénie, psychoses etc…Leur présentation utilise des cas concrets  observés par l’auteur, ce sont des vignettes cliniques où le rôle anormal du médiateur est expliqué ainsi que les  symptômes qui en résultent.

Ses thèmes touchent au quotidien, personnel ou relationnel, ils sont d’une grande importance pratique. Ils ont été rédigés à l’intention d’un large public  cultivé.

Bel été au contact de cette dopamine pour une rentrée plus éclairée sur, je cite :

«  Le fonctionnement de notre disque dur cérébral, l’essence de notre être et de nos comportements, avec cette dopamine qui est le mat central de la neurobiologie »

La dopamine dans tous ses états

Professeur  Jean Costentin, aux Editions Docis,

8 rue de la Rosière,     75015 Paris, 179 pages, 25 euros + 3,50 euros de frais de port

ou Amazon

Publié par : cnpert | 10 juillet 2015

Alcool et cannabis : tout ce que vous devez savoir !

Jeunes et moins jeunes, on vous dit bien souvent que consommer de l’alcool ou/et du cannabis, c’est à la fois mauvais pour la santé et illégal. Ce qu’on ne vous dit pas nécessairement, c’est le nombre d’effets néfastes (et bien souvent funestes) liés à ces pratiques.

La cause de 23 000 décès chaque année

Plusieurs études ont été menées ces dernières années (« Neurology » 2006 – « Lancet » 2007 – « Dunedin » 2012) afin de mesurer les effets de ces deux substances, qu’elles soient consommées ou non conjointement. Commençons par les effets les moins connus de l’alcool, qui est directement responsable de 23 000 décès chaque année.

Il faut savoir qu’un consommation régulière et en grande quantité (plus de 30 g/jour pour une femme, plus de 50 g/jour pour un homme) entraîne, outre les cirrhoses, cancers ( y compris de la bouche, de l’œsophage, du larynx et du pharynx), desmaladies cardiovasculaires…, des surcharges lipidiques ainsi que des hépatites alcooliques. Par ailleurs, les risques de développer ces atteintes sont multipliées par 15 si vous êtes un fumeur (tabac ou autre).

L’alcool est également responsable de la destruction de neurones, d’une perte de 5 à 7 points de QI, de troubles psychomoteurs… Un grand consommateur d’alcool peut développer une maladie appelée Syndrome de Korsakoff qui entraîne des pertes de mémoire, des fabulations…  En outre, les enfants de ces grands consommateurs d’alcool ont 5 fois plus de risques de développer une alcoolémie excessive et des cancers que les autres enfants.

Concernant le cannabis, une consommation abondante et récurrente provoque une atteinte de la « substance blanche », zone de notre cerveau impliquée dans l’attention et la mémorisation. De même, l’étude de 2007 parue dans « Lancet » a démontré que les « fumeurs » ont 40 % de plus de développer des maladies mentales et que ces risques sont proportionnels à la quantité fumée (50 à 200 % de risques de voir se développer une schizophrénie, des troubles hallucinatoires et autres psychoses).

Si la consommation de cannabis commence à l’adolescence, on peut observer un risque accru des problèmes de mémoire, une perte de motivation, l’incapacité à contrôler ses pulsions, une perte de QI de 3 à 8 points ainsi qu’une augmentation significative des risques de cancers (7 fois plus de substances cancérigènes dans un « joint » que dans une cigarette). 

Enfin, consommées de manière simultanée, ces deux substances s’auto alimentent, le THC « appelant » l’alcool et l’alcool favorisant l’envie de « fumer un pétard ». Ensemble, les effets néfastes se cumulent et provoquent une baisse de la mémoire, des nausées, de la tension artérielle, des troubles anxieux et digestifs, des troubles du comportement…

Conduire sous l’emprise de l’une, de l’autre ou des deux (et ce même en faible quantité) diminuent les réflexes, altèrent les capacités à gérer les trajectoires correctement en raison de leurs effets psycholeptiques et sédatifs.

Pour aborder l’aspect légal, conduire un véhicule sous l’effet du cannabis vaut 6 points de permis, jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 € d’amende ;  et sous l’emprise d’alcool et de cannabis : 6 points, 3 ans de prison et 9 000 € d’amende. Mais surtout, cela peut vous coûter la vie et met en danger celle des autres.

On le voit, l’alcool et le cannabis sont réellement un fléau à plus ou moins longue échéance, alors consommateurs, à défaut de penser à ce que vous vous faites subir, pensez à ce que vous risquez d’infliger aux autres !

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Une étude montre que le nombre d’enfants qui ingère accidentellement du cannabis a très nettement augmenté aux Etats-Unis. Les auteurs appellent à l’application de nouvelles dispositions dans sa commercialisation.

La légalisation du cannabis thérapeutique aux Etats-Unis amène avec elle une nouvelle préoccupation : l’exposition du petit enfant par l’ingestion et la respiration accidentelles de la drogue.

Cannabis thérapeutique : vers de nouvelles dispositions aux USA

Une étude américaine publiée dans la revue Clinical Pediatrics met en cause la sécurité de l’enfant et encourage les autorités à se pencher sur la question de sa protection dans les textes sur la légalisation du cannabis.

Les auteurs appellent à l’application des mêmes dispositions que celles prises pour les médicaments (conditionnement, mises en garde).

1969 cas d’exposition d’enfants depuis 2000

Cette étude, menée par des chercheurs du Nationwide Children’s Hospital (Columbus), montre que les accidents liés à l’exposition des jeunes enfants au cannabis ont très fortement augmenté avec notamment 1 969 cas d’exposition de jeunes enfants signalés sur l’ensemble des Etats-Unis, de 2000 à 2013.

Aussi, le taux d’exposition a été multiplié par 6 de 2006 à 2013 dans les Etats qui ont légalisé le cannabis thérapeutique avant 2000. Chez les enfants de 5 ans et moins, la hausse de l’exposition était de 147 % de 2006 à 2013.

Dans l’année qui a suivi la légalisation du cannabis médical, des pics d’exposition des jeunes enfants ont été constatés et même les Etats qui n’ont pas légalisé la drogue connaissent une augmentation de 63 % du taux d’exposition.

Plus de 18 % des enfants exposés au cannabis hospitalisés

Plus de 75 % des enfants exposés ont moins de 3 ans et la plupart de ces expositions se font par ingestion. « Les très jeunes enfants explorent leur environnement en mettant à la bouche, brownies et cookies… au cannabis compris », explique le Dr Henry Spiller, auteur principal de l’étude, toxicologue et directeur du Centre Anti-Poisons de l’hôpital Nationwide pour enfants.

Plus de 18 % des enfants exposés au cannabis ont été hospitalisés. Les effets cliniques rapportés sont mineurs pour certains mais ont pu en mener d’autres au coma, à l’arrêt respiratoire ou aux convulsions. Le THC, principe psychoactif du cannabis, peut en effet être présent en quantité élevée dans les biscuits et autres produits de consommation.

4 Américains sur 5 restent opposés à l’utilisation du cannabis, même thérapeutique, en présence des enfants. Toutefois, 1 américain sur 10 possède désormais une carte d’autorisation d’usage de cannabis médical ou connaît quelqu’un dans ce cas.

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Cher(e) Ami(e)

Vos savez que la menace de la légalisation du cannabis, gronde en France.
Pour être armé afin de s’y opposer dans les débats à table, en famille, au travail, en ville, il convient d’être informé.

Je vous adresse, à cette fin, deux articles très récents qui viennent d’être publiés dans le bulletin de l’académie nationale de Médecine, qui est vent debout contre cette folie.

La période estivale caniculaire vous laissera, je l’espère, le temps de  rafraîchir…. vos connaissances sur ce sujet très important.

N’hésitez pas à diffuser ces messages; vous savez que lorsqu’ils échappent à la doxa  libertaire de nos médias, ils gardent sur ces sujets une discrétion de violette sans parfum, ne se faisant tonitruants /truands que pour la légalisation de ce grave poison sociétal ,(relisez Baudelaire ,et ses paradis artificiels)

Bel et bon été cher(e) Ami(e); et au plaisir de renouer à la rentrée, les photopiles rechargées, pour résister.

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En administrant de l’isradipine à des rats, des chercheurs ont réussi à bloquer les mécanismes sources de la consommation de drogues. Une réelle avancée pour la recherche dans le traitement des addictions

Dans les années 1970, les scientifiques pensaient que la toxicomanie n’était seulement qu’un besoin physique surmontable par la seule force de la volonté. Aujourd’hui, grâce aux avancées de la recherche, on sait que les mécanismes qui entrent en jeu dans cette pathologie sont beaucoup plus complexes. Les scientifiques ont mis en évidence que le processus physiologique impliqué utilise le circuit de la récompense (d’où la sensation de plaisir), de l’apprentissage et serait guidé par des stimuli enregistrés très fortement dans nos neurones à la manière du chien de Pavlov.

L’isradipine, un médicament utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle pourrait être la solution. Des chercheurs de l’université du Texas à Austin ont testé ce médicament sur des rats rendus dépendants à l’alcool et à la cocaïne. Et les résultats de cette étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, sont très encourageants.

L’isradipine efface les souvenirs

Après plusieurs jours de traitements, ils ont réussi à éliminer tout phénomène de dépendance. « Un des pilotes de la toxicomanie est le souvenir durable de déclencheurs comme les gens, les lieux, les images et les sons. La rencontre avec ces déclencheurs est connue comme principale cause de la rechute », explique Hitoshi Morikawa, professeur agrégé de neuroscience et chef d’équipe de cette étude. « L’isradipine semble avoir effacé de leur cerveau le souvenir de ces déclencheurs qui induisaient une consommation de cocaïne et d’alcool. »

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont, dans un premier temps, formé les rats à associer une chambre de couleur, noire ou blanche, avec la cocaïne et l’alcool. Puis ils ont testé leurs souvenirs. Dans 90% des cas, les rats se sont spontanément dirigés vers la chambre de couleur correspondante à leur addiction. Puis, ils les ont séparés en deux groupes. À ceux du premier, ils ont donné une forte dose d’isradipine, avant de confronter de nouveau les rats au même choix. « Le jour où ils ont été traités, les rats sous traitement ont quand même choisi la pièce liée à leur consommation de drogues. Mais les jours suivants, ils n’ont plus montré de préférences particulières, ce qui n’a pas été le cas du groupe sans isradipine. Ce médicament qui cible les déclencheurs qui entraînent une dépendance pourrait ainsi aider le cerveau humain à oublier ses addictions », précise le Pr Morikawa.

Reste maintenant à poursuivre les essais sur l’homme. La Food and Drug Administration américaine ayant déjà approuvé ce médicament comme sans danger pour la consommation, le temps d’attente pour obtenir l’autorisation pour commencer ces essais ne devrait pas être trop long.

Publié par : cnpert | 2 juillet 2015

Lettre du CNPERT de Mai 2015

Vous pouvez lire la lettre du CNPERT de Mai 2015 en cliquant ici

Publié par : cnpert | 28 juin 2015

Cuba rejete toute légalisation du cannabis

Cuba a rejeté vendredi toute légalisation du cannabis, qu’elle considère comme une «drogue dure» capable de «transformer fortement le comportement humain», alors que plusieurs pays d’Amérique latine ont déjà adopté ou étudient des lois favorables.

«La marijuana est une drogue dure qui fait partie, comme l’alcool notamment, des plus importantes substances psychoactives capables de transformer fortement le comportement humain», a déclaré Ricardo Gonzalez, président de la Commission nationale d’éthique médicale et humaine, au quotidien officiel Granma.

«Ceux qui en proposent la légalisation ne se rendent pas compte de la répercussion à la maison, au travail et au sein de la communauté, des effets sur le cerveau de cette drogue, qui en bloque la partie rationnelle et en libère les structures et fonctions les plus primitives», a jugé M. Gonzalez, spécialiste du traitement des dépendances à l’hôpital psychiatrique de La Havane.

La décision pionnière de l’Uruguay, fin 2013, de légaliser la culture et la consommation du cannabis a eu un impact en Amérique latine, notamment à Cuba où l’ancien guérillero uruguayen José Mujica, alors président, est très populaire.

Depuis, l’idée commence à faire son chemin dans la région, le Chili commençant par exemple à cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques. En Colombie et en Argentine, des projets de loi envisagent d’autoriser son utilisation médicale ou sa culture à usage personnel.

Mais à Cuba, vente et culture de toute drogue sont fortement punies, avec un contrôle très strict dans les ports et aéroports pour éviter son entrée sur le territoire de l’île communiste.

«Aujourd’hui il y a suffisamment d’informations scientifiques concernant les effets de la marijuana sur le déclenchement de la schizophrénie, la détérioration cognitive, les effets cancérigènes et les accès de violence», a assuré Ricardo Gonzalez. Selon lui, «il faut sortir du mythe selon lequel il s’agit d’une drogue douce sans effet déterminant en termes de dépendance».

Information AFP transmise par Sophie Daout

 

De nombreuses données sur la consommation de drogue en France et dans le monde ont été publiées à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic de drogues. En France l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié les « chiffres clés » pour l’année 2014.

Le cannabis poursuit sa hausse entamée en 2010 avec 3 % d’utilisateurs réguliers contre 2,2 % en 2010.

Les usages réguliers de tabac (32 %) d’alcool (12 %) et de cannabis (9 %) poursuivent leur augmentation chez les jeunes de 17 ans. En 2014, 48 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis, 3,2 % ont déjà goûté à la cocaïne, 89 % ont essayé le tabac et 68 % ont déjà fumé du tabac. La courbe de la consommation de tabac chez les jeunes suit le chemin inverse de celle de la population générale : 29 % des adultes de 18 à 75 ans fument. L’usage problématique de cannabis a également augmenté, passant de 18 à 22 % des usagers actuels de 17 ans.

Pour la première fois, l’OFDT faire un point sur la consommation de cigarette électronique. En 2014, un français sur quatre a déjà essayé la cigarette électronique, et 3 % sont des vapoteurs quotidiens (2 % chez les jeunes de 17 ans).

246 millions de consommateurs dans le monde

Pour sa part, l’office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUCD) a aussi émis les données sur la consommation mondiale de drogue. Selon leurs estimations, 246 millions de personnes ont consommé des drogues interdites en 2013, soit 5 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, et 27 millions présentaient un usage problématique.

L’ONUCD constate une stabilité globale de la consommation mondiale de drogues, mais précise que certaines pratiques ont décliné, comme la prise d’opiacés (32.4 millions de consommateurs). Cette baisse est compensée par la forte augmentation de la production et de la consommation de drogues de synthèse comme la méthenphétamine dont les saisies annuelles ont doublé depuis 2009 pour atteindre 144 tonnes en 2012 et 2013. L’ONUCD note aussi une augmentation du nombre de produits de synthèse sur le marché : 541 nouvelles substances psychoactives ont été identifiées en 2014, un chiffre en hausse de 20 % depuis 2013.

Damien Coulomb

Source

Addiction Plusieurs dizaines de personnes sont mortes en Floride depuis l’apparition d’une nouvelle substance addictive et dangereuse.

Elle a tout pour plaire aux consommateurs de drogue: la flakka est une substance bon marché et ses effets sont puissants, mais elle est aussi particulièrement addictive et mortelle. Cette drogue de synthèse fait des ravages en Floride et gagne du terrain aux Etats-Unis.

Plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans cet Etat du sud-est des Etats-Unis et la consommation de la flakka – aussi appelée «folie à 5 dollars» à cause du prix d’une dose – gagne malgré tout en popularité. Ce stimulant fabriqué en Chine a l’apparence de sels de bain. Il a rencontré un certain succès dans le comté touristique de Broward.

«Broward est considéré comme le point d’origine de la flakka, ou alpha-PVP, le composant de la drogue», a expliqué Heather Clark, de l’association United Way, à l’initiative d’une campagne de sensibilisation sur les dangers de cette substance illégale aux Etats-Unis. Elle se consomme en général en fumant, mais elle peut également être injectée ou inhalée.

«C’est une drogue vraiment très dangereuse. Elle n’est pas récréative, ce n’est pas quelque chose qui se consomme sans créer d’effets néfastes», a relevé Mme Clark.

Tous les vices

Le nom flakka découle du mot espagnol «flaca», qui signifie «femme maigre». Elle s’achète sur internet pour 1500 dollars le kilo, arrive de Chine en petits conditionnements par courrier puis est vendue par des dealers dans la rue, selon un récent rapport des autorités de Floride sur la consommation de drogue à Broward.

A titre de comparaison, un kilo de cocaïne coûte au moins quinze fois plus cher.

«C’est une substance extrêmement toxique, qui peut avoir été intentionnellement conçue pour que ses effets durent plus longtemps et pour être plus addictive, parce que c’est bien pour les ventes», a souligné James Hall, épidémiologiste de la Nova Southeastern University qui étudie depuis plusieurs années le marché de la drogue en Floride.

Depuis son apparition en septembre dans les rues de Broward, 34 personnes sont mortes. Les services d’urgence des hôpitaux ont accueilli jusqu’à vingt patients par jour, d’après M. Hall. La flakka provoque des problèmes cardiaques, génère agressivité et paranoïa qui peuvent dégénérer en psychose.

Attitudes extrêmes

«La température du corps grimpe à 105 degrés Fahrenheit ou plus (40 degrés Celsius), les victimes se déshabillent, certaines pensent que leur corps est en feu, d’autres courent dans les rues convaincues qu’elles sont poursuivies par des personnes ou des animaux sauvages imaginaires cherchant à les tuer», a poursuivi James Hall.

Les comportements hors du commun se sont multipliés.

Un homme a couru, nu comme un ver, dans son quartier se pensant poursuivi par une meute de bergers allemands. Un autre a donné un coup de pied dans la porte d’un poste de police de Fort Lauderdale, non loin de là, pour échapper à un soi-disant agresseur. Et une personne s’est empalée quelques jours plus tard sur la grille du même poste de police en l’escaladant.

En mai, la police de Fort Lauderdale a tué un homme sous l’emprise de la flakka qui avait séquestré une femme, armé d’un couteau.

Une pour une autre

De nombreux autres cas, moins spectaculaires mais tout aussi dévastateurs, ont été répertoriés. Ainsi, Java Jackson est mort à l’hôpital le 25 mai quelques heures après avoir consommé cette drogue, a expliqué Rose Waters, la tante du jeune homme de 26 ans, lors d’un défilé de sensibilisation jeudi dernier.

«Cette drogue est très facile à obtenir, elle est très bon marché, ce qui la rend très attractive pour beaucoup de gens, mais elle est plus létale que n’importe quelle autre substance disponible dans la rue», a commenté Mme Waters.

A cause de son prix, elle séduit surtout les personnes à bas revenus ou vulnérables comme les sans domicile fixe, a relevé Dana Swisher, de la police de Fort Lauderdale. Les autorités locales tentent de couper les routes d’approvisionnement, même si elles ont conscience que lorsqu’une drogue de synthèse est endiguée, une autre apparaît.

«L’an dernier, c’était le molly. Aujourd’hui, c’est la flakka, et qui sait quel sera le nom demain», a relevé A.D. Wright, responsable du bureau de Miami de l’Agence de contrôle des stupéfiants (DEA). (ats/Newsnet)

Source : La Tribune de Genève

Publié par : cnpert | 25 juin 2015

Cannabis : une efficacité thérapeutique limitée ?

Des chercheurs ont analysé des dizaines d’essais cliniques portant sur l’efficacité du cannabis à usage médical. Verdict : il serait inutile, peut-être même néfaste

L’efficacité thérapeutique du cannabis est limitée voire incertaine, selon les symptômes, révèle une étude américaine publiée mardi 23 juin 2015 le Journal of the American Medical Association (JAMA) qui analyse les résultats de 79 essais cliniques. L’analyse des essais menés sur 6.500 participants suggère que le psychotrope est lié à une amélioration variable des symptômes, mais aucun des essais cliniques ne parvient à le démontrer statistiquement, estiment les chercheurs.

Un risque accru d’effets secondaires graves

Les auteurs ont constaté que les cannabinoïdes pourraient être bénéfiques pour traiter des douleurs neuropathiques chroniques et les spasmes provoqués par la sclérose en plaques. Mais ils ont jugé « faibles » les preuves que la marijuana procure une amélioration pour les cancéreux ayant des nausées et des vomissements provoqués par la chimiothérapie et chez les personnes souffrant d’insomnie ou du syndrome de Gilles de la Tourette. Quant à l’anxiété et à la dépression, aucune amélioration n’a été constatée.

Cette recherche montre également un risque accru de plusieurs effets secondaires, dont certains graves. Les plus fréquents sont des étourdissements, la bouche sèche, la nausée, la fatigue, la somnolence, l’euphorie, des vomissements, la désorientation, la confusion, la perte d’équilibre et des hallucinations. Les chercheurs n’ont découvert aucune différence claire pour ce qui est des effets bénéfiques ou néfastes selon le type de cannabinoïdes et le mode d’administration. Il existe quelque 100 cannabinoïdes dans la plante de cannabis.

Il serait prudent d’attendre avant de permettre un usage étendu du cannabis

Selon les auteurs, il est nécessaire « d’effectuer des essais cliniques étendus solides pour confirmer les effets des cannabinoïdes, ainsi que des recherches supplémentaires pour évaluer la plante de cannabis elle-même étant donné qu’il existe peu de données scientifiques décrivant ses effets ». Aux États-Unis, 23 États et Washington D.C., la capitale fédérale, ont légalisé l’utilisation médicale du cannabis et de nombreux autres pays ont des lois similaires. « Si l’objectif des États dans cette légalisation est seulement d’ordre médical et non un moyen de décriminaliser la marijuana, pourquoi ce psychotrope n’est pas soumis au même processus rigoureux d’approbation que les médicaments », s’interrogent les docteurs Deepak Cyril D’Souza et Mohini Ranganathan de la faculté de Médecine de Yale.

Selon eux, « il serait prudent d’attendre avant de permettre un usage étendu du cannabis d’avoir des preuves solides de ses différents effets afin d’élaborer un processus rationnel d’approbation ». Une autre étude publiée mardi 23 juin 2015 dans le JAMA montre que seulement 17 % des 75 produits administrés oralement et vendus à des patients dans trois villes américaines, Seattle, San Francisco et Los Angeles, indiquaient la teneur exacte de tétrahydrocannabinol, la principale substance psychoactive du cannabis.

Source : Sciences et Avenir

 

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