La Bretagne n’échappe pas à ce phénomène : la livraison de drogues directement à domicile en utilisant notamment les réseaux sociaux. Une activité très lucrative et plus difficile à combattre que les deals de r
« La livraison de drogue à domicile en Bretagne ne cesse de se développer », assure Anne-Cécile Doucet, substitut du procureur de la République de Rennes (Ille-et-Vilaine). « Un phénomène qui s’amplifie depuis la crise sanitaire de 2020 avec l’utilisation des réseaux sociaux et des messageries comme Telegram ou Signal. » Les annonces de vente de kétamine, MDMA, herbe, résine, ecstasy et autres produits pullulent en effet sur les réseaux.
Lundi 10 juillet 2023, lors d’une audience au tribunal correctionnel de Rennes, trois hommes ont écopé de trois à quatre ans de prison avec placement en détention. Depuis 2020, ils se livraient justement à cette vente de stupéfiants à domicile.
Ubérisation du trafic de drogue
« Les vendeurs comme les acheteurs sont séduits par cette possibilité d’accès aux drogues, poursuit Anne-Cécile Doucet. Cette vente via les réseaux favorise finalement l’accès à la diversité et à la variété des produits stupéfiants, à des tarifs dégressifs, ainsi qu’à une mise en concurrence discrète. C’est également un gain de temps, une sécurité dans les transactions et un risque d’interpellation moindre que le deal de rue. » Une ubérisation du trafic de drogues qui gagne du terrain.
Cannabis, cocaïne, héroïne, MDMA mais aussi la kétamine. Une drogue venue majoritairement des Pays-Bas, aux effets brefs et non détectables aux
contrôles salivaires qui séduit les jeunes
».
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La substitut du procureur met aussi en avant « des réseaux de distribution et de livraison qui ont un rayonnement tentaculaire et qui ne se limitent pas aux grandes agglomérations ».
Clients et vendeurs investissent les périphéries des villes et les petites communes. Autre fait marquant : « L’observatoire des drogues indique que parmi les individus qui ont fait l’objet d’interpellations, ils ont en général peu d’antécédents judiciaires. Il s’agit de personnes qui vont avoir un profil de type « autoentrepreneur ». Ils n’ont pas les contraintes de gestion d’une main-d’œuvre et de devoir surveiller un terrain. »
« La réponse pénale doit être ferme »
Mais pour la représentante du Parquet, « la réponse pénale doit être aussi ferme. Aucun trafic de stupéfiants, quel qu’en soit le produit, ne doit être banalisé. Aucun trafiquant ne doit se sentir légitimé. Quelle que soit la raison pour laquelle il s’est inscrit dans un trafic de stupéfiants ».
Des nouveaux modes de trafic qui entraînent aussi une augmentation de la délinquance : « Des faits de violence sont également observés. Augmentation des règlements de compte, utilisation d’armes à feu… »
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