Interpellé par des addictologues qui soulignent le poids du « lobby alcoolier » dans les politiques publiques, Aurélien Rousseau défend l’action engagée par ailleurs en direction des jeunes et des femmes enceintes.
Par Mattea Battaglia et Camille Stromboni

Ce n’est pas encore cette année, semble-t-il, que le gouvernement apportera son soutien officiel au « défi de janvier », ce mois « sans alcool » porté par les associations de prévention. Le débat a rebondi avec l’interpellation du ministre de la santé, Aurélien Rousseau, par une cinquantaine d’universitaires et d’enseignants en addictologie.
Dans un courrier en date du 21 novembre, dont Le Parisien s’est fait l’écho mardi 12 décembre, ce collectif de scientifiques et de médecins a appelé l’Etat à soutenir cette « opération positive qui consiste pour chacun (…) à s’interroger sur la place que prend l’alcool dans sa vie et à relever le défi de ne pas en consommer pendant cette période, sur une base volontaire qui n’est ni normative ni moralisatrice ». Ils attendent toujours une réponse.
Popularisée au Royaume-Uni sous le nom de « Dry January », cette campagne, qui a trouvé un certain écho dans la société, reste un sujet sensible pour les autorités de santé depuis un « rétropédalage » dénoncé par les associations.
Fin 2019, alors que l’agence nationale Santé publique France avait préparé une première déclinaison de cette opération, le gouvernement avait fait marche arrière, laissant les acteurs associatifs porter seuls le dispositif. « On l’a appris au dernier moment, de la bouche du président du syndicat des vignerons, qui a dit qu’il n’y aurait pas de “janvier sec”, en sortant d’un rendez-vous avec le président de la République, Emmanuel Macron », rappelle Bernard Basset, président de l’association Addictions France. Une illustration, pour les addictologues, de l’influence du « lobby alcoolier ».
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