Pr. Jean Costentin
Le désastre tabagique est responsable chaque année en France de 75.000 décès et de très nombreux handicaps qui altérent à des degrés divers la qualité de vie de ses victimes et obèrent les comptes sociaux de la Nation.
Ce désastre ressortit de différentes causes, mues par la pharmacodépendance à la nicotine ; il est la résultante de roueries, d’habiletés, de démagogies, d’ignorances, d’omissions, d’actions variées… Il est la somme de défaillances des politiques, des éducateurs, de la voracité de lobbies insatiables, n’ayant aucune considération pour l’Homme. Leur irresponsabilité illimitée est si diffuse qu’on ne se souvient plus que des quelques personnalités ayant tenté de limiter la casse (Simone Veil, Claude Evin …).
De multiples subterfuges ont été déployés pour recruter en France nos 13 millions de fumeurs ; l’imagination vient de loin : oublions les chiques et poudres à priser, les cigarettes au chocolat ; les cigarettes par paquet de 4 (les P4 ou Parisiennes) accessibles au budget des gamins ; les cartouches de « cigarettes de troupe » offertes aux conscrits modèle 1960 ; les publicités identifiant la cigarette à la virilité, à l’émancipation féminine, à la séduction ; le tabac à rouler bon marché, avec des dispositifs facilitant cette opération aux mains inexpertes ; les additifs (chromones) qui intensifient la libération de dopamine (le médiateur du plaisir) à l’arrivée de la nicotine dans le cerveau ; à ce plaisir redoublé succède un plus vif déplaisir, qui incite à fumer très vite une autre cigarette pour l’apaiser ; les recharges de e-cigarettes aux saveurs appréciées des adolescents ; les perles de nicotine ; le tabac chauffé ; le snuss (qui fait florès en Suède) ; les e-cigarettes à jeter….
Le gouvernement qui hérite d’un tel passif, avec une première Ministre qui ne peut s’empêcher de vapoter dans l’hémicycle, donne la mesure des difficultés éprouvées pour remonter la pente et répondre à la déclaration ambitieuse du président de la République voulant que naisse en 2032 la première génération sans tabac (à l’instar de la Grande Bretagne et de la Nouvelle Zélande, mais qui semblent après avoir fait courageusement un pas en avant, en faire deux en arrière).
Cette ambition présidentielle va au-delà du seul tabac, car briser le barreau nicotine dans l’échelle des toxicomanies, rendra plus difficile l’accès aux autres drogues. Le cannabis, porté sur les épaules du tabac est en premier concerné.
Les effets épigénétiques de la nicotine (tabac) et du THC (cannabis) sont le portail d’entrée dans diverses autres toxicomanies.
Par cohérence, il est urgent, que le porte-parole du gouvernement, O. Véran, chef d’orchestre du grand Opéra bouffe « Le cannabis pour tout (« thérapeutique ») et pour tous (« récréatif ») brule enfin ce qu’il a adoré et adore ce qu’il a brulé.
Il est urgent qu’il siffle la fin de la mission parlementaire créée à son instigation, qui s’échine à faire croire aux vertus thérapeutiques du cannabis et à promouvoir le cannabis scandaleusement présenté comme « récréatif ».
Il devra rappeler que le cannabis a une toxicité physique 6 à 8 fois supérieure à celle du tabac, à laquelle s’ajoutent de nombreux troubles psychiques, dont psychiatriques ; que c’est la drogue de la crétinisation, qui plombe beaucoup de trajectoires de vie ; qui rend impossible le sevrage du tabac déjà si aléatoire quand il s’impose seul ; cannabis dont les effets épigénétiques ouvrent la porte à d’autres drogues, dont il intensifie la perception (cocaïne, héroïne) et incite à une escalade toxicomaniaque devenue incontestable ; de semblables effets épigénétiques induisent une vulnérabilité aux troubles anxieux, dépressifs, psychotiques, aux déficits immunitaires, cognitifs…
Les nombreux militants de la légalisation du cannabis, qui pour beaucoup pérorent encore, devraient être contraints au silence, dont plusieurs addictologues à contre-emploi ; la « Fédération Addiction » grassement abondée par l’État ; la MILDT devenue MILDECA dont trois présidents ont ostensiblement milité pour la légalisation du cannabis, à l’exception de E. Apaire et N. Prisse ; les journaux « Le Monde » et « Libération », avec une mention particulière à « Valeurs Actuelles » qui est parvenu à ne jamais parler du cannabis au cours des 5 dernières années.
Le fumeux et fallacieux « Rapport Roques » qui, sur la base de critères qui lui étaient propres, déclarait que le cannabis , moins nocif que le tabac, devait être légalisé, sans bien sûr envisager d’interdire ce premier.
Dans ce marigot, l’objectif affiché par le Président de la République parait herculéen tant il aura à faire pour nettoyer ces écuries d’Augias. Son importance pour notre Jeunesse, pour la Santé physique et psychique de nos concitoyens ainsi que pour la Société, justifie les efforts intenses qu’il faudra y consacrer.
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