Par le Pr. Jean Costentin (mars 2024, p. 65-71)
« Cannabis et cerveau – Les nouvelles études mondiales »
Deux interviews des Prs Marie-Odile Krebs et de Alain Dervaux, éminents psychiatres
et spécialistes des addictions, y ont été réalisées par le journaliste P. Kaldi
Leurs déclarations n’étaient pour nous pas des « scoops », elles ont néanmoins le très
grand mérite de porter ces données à la connaissance d’un large public.
Ces praticiens expriment sans détours les multiples méfaits cérébraux du cannabis : son potentiel addictif, ses risques d’induction ou d’aggravation de la schizophrénie, de dépression, l’incapacité d’en détacher les sujet dépendants ; les conséquences d’une consommation maternelle de cannabis (qu’aux USA sa légalisation a plus que doublée) qui se traduisent pour l’enfant qui en naîtra, par des troubles du développement, une anxiété, une agressivité, une
hyperactivité avec troubles de l’attention et du comportement, voire une psychose, une
altération de la mémoire visuo-spatiale, un accroissement de l’impulsivité…. ; le nombre
d’hospitalisations en Allemagne liées au cannabis a été multiplié par 5 entre 2000 et 2018
P. Kaldi, comme pour se faire excuser de révéler ces informations (qui devraient depuis longtemps être connues de tous si ses confrères n’avaient contribué à leur occultation), s’est cru obligé de donner la parole au psychiatre, se revendiquant pharmacologue, Nicolas Authier, qui a piloté l’expérimentation médicale des THC et CBD « thérapeutiques ».
C’est ainsi qu’il en parlait déjà avant même de débuterl’expérimentation destinée à valider ce concept ; façon de « forcer le destin », en faveur de conclusions écrites a priori. Quand le journaliste lui demande « Peut-on encore parler de cannabis thérapeutique ou médical » il répond : « c’est un abus de langage, parle-t ‘on d’opium thérapeutique quand on utilise de la morphine ? » «Ce sont des médicaments à part entière ».
Là encore il force le destin, en prenant ses désirs pour réalités, car un médicament ne peut être validé que par des « essais cliniques » pratiqués selon les règles en vigueur et non par une « expérimentation », véritable « bidouillage » dont les conclusions à la hussarde, en toute impudeur, fondent l’autorisation du cannabis à des fins médicales ; et c’est par un « cavalier législatif », qu’elle vient d’être glissées, en douce, entre les feuilles de la loi de financement 2024 de la sécurité sociale, « votée » par le passage en force d’un 49-3.
Pr. Jean Costentin
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