La Croix Bleue met à jour ses recommandations et ne parle plus de quantités maximales qui seraient admises comme ne présentant pas de risque.

par Yannick Weber 80395346

La Croix-Bleue ne recommande plus de quantité acceptable à boire.
La Croix-Bleue ne recommande plus de quantité acceptable à boire.Getty Images

Tout le monde l’a déjà entendu: «Les médecins, ils disent qu’un verre de vin rouge par jour, c’est bon pour le coeur». Et les autorités nous rassurent un peu aussi: jusqu’à deux verres d’alcool par jour pour un homme et un verre pour une femme, ça va encore. Que nenni, dit la Croix Bleue, organisation suisse de conseil en matière d’alcool. «Même de petites quantités d’alcool peuvent être nocives: on ne connaît pas de quantité d’alcool saine», dit son président Philip Hadorn dans un communiqué publié jeudi.

La Croix-Bleue a ainsi mis à jour ses recommandations. «Nous renonçons dès à présent aux quantités d’alcool à boire», dit-elle. Elle s’oppose ainsi à l’OFSP, qui dit toujours, par exemple, que «les hommes adultes en bonne santé ne devraient pas boire plus de deux verres de boissons alcooliques par jour», ou qu’une consommation chronique à risque est considérée comme telle dès 4 verres par jour pour les hommes et 2 pour les femmes.

Toxique à petite dose, mais toxique quand même

La Croix-Bleue prend le parti de l’OMS, qui a mis à jour ses données en 2023: «la consommation d’alcool n’est jamais sans danger pour la santé, quelle que soit la quantité consommée», disait l’organisation. Pour la Croix-Bleue, les aspects positifs de l’alcool ne suffisent pas. «Le vin rouge contient certes des substances qui protègent en soi les vaisseaux sanguins et donc aussi le cœur. Mais ces effets positifs sont contrebalancés par les effets négatifs, notamment le risque de cancer. C’est pourquoi le verre de vin rouge sain n’existe pas», dit-elle.

Même si certains recommandent de renoncer totalement à l’alcool, l’organisation suisse sait que c’est illusoire. Il y a alors des façons de consommer. Tout le monde, aujourd’hui, s’accorde à dire que les femmes enceintes, par exemple, ne devraient pas y toucher. Pour les autres, mieux vaut boire lentement, consommer beaucoup d’eau et d’autres boissons non alcoolisées, manger avant et pendant la consommation d’alcool, contrôler la quantité d’alcool consommée et fixer une quantité cible plus basse, recommande la Croix-Bleue.

L’alcool en chiffres

Selon l’OFSP et ses normes, en 2022, «14,7% de la population suisse a une consommation ponctuelle à risque, les hommes étant presque deux fois plus nombreux que les femmes à se trouver dans cette situation». Quant à l’OMS, elle relève que dans le monde, «2,6 millions de décès étaient attribuables à la consommation d’alcool en 2019, dont 2 millions d’hommes et 600’000 femmes». Géographiquement, c’est en Europe et en Afrique que le nombre de décès en proportion de la population est le plus élevé. Mais la bonne nouvelle, c’est que de nombreuses données montrent que la situation s’améliore petit à petit.

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