Lettre N°95   

Président : Pr. Jean-Pierre Goullé 
    

EDITORIAL du Président du CNPERT Jean-Pierre Goullé 

­L’opération « mois de janvier sobre » ou « dry january » se déroule dans l’hexagone depuis 2020 : c’est donc la sixième édition en 2025. Elle connaît chaque année un succès croissant, puisqu’en 2024, ce défi a été suivi par près de 4,5 millions de personnes selon une étude qui a été publiée en décembre 2024 et qui est résumée dans cette lettre N°95.  

Il est regrettable que l’opération « mois de janvier sobre » n’ait pas reçu de soutien officiel. Le retrait du gouvernement du lancement initial a privé la campagne du financement nécessaire à la publicité, notamment via un site Web dédié et une application pour smartphone, indispensables à la diffusion, afin d’améliorer la sensibilisation à la consommation de boissons alcooliques, mais aussi la participation du plus grand nombre à cette campagne.  

En France, le marché des boissons rafraîchissantes sans alcool, terme consacré, est très réglementé. Il est régi par le décret 92-307 en date du 31 mars 1992. Le titre alcoométrique doit être inférieur ou égal à 1,2% par volume, soit 12 g d’alcool pur pour un litre – pour celles qui atteignent ce chiffre, l’équivalent d’une « unité alcoolique » (10 g) – on devrait donc plutôt parler de teneur réduite en alcool.  

Le marché de ces boissons se développe considérablement, qu’il s’agisse de bières, de cocktails ou encore de vins. Davantage de produits sont proposés aux consommateurs, qui peuvent ainsi déguster une boisson dont le goût, les arômes et les sensations sont assez similaires à ceux d’une boisson alcoolique traditionnelle.  En France, le marché a augmenté de 13% en 2021 et il connaît chaque année une progression d’environ 10%. Au niveau mondial, le marché des boissons pauvres en alcool ou qui n’en contiennent pas, a connu une hausse de 7% entre 2021 et 2022.  

Le chiffre d’affaires s’établissait à 11 milliards de dollars en 2022, contre 8 milliards en 2018. Il est certain que les habitudes de consommation évoluent : aujourd’hui de plus en plus de personnes se tournent vers des boissons non alcooliques pour des raisons personnelles, professionnelles, religieuses, de santé, mais aussi de mode de vie. Dans ce numéro, deux résumés sont consacrés à l’alcool. Le premier, par le Dr Alexis Demas, fait la synthèse d’une étude française publiée récemment sur le « dry january ». Le second, par le Pr Jean-Paul Tillement, dresse le bilan de l’alcoolisme en France en 2023.

Jean-Pierre Goullé­Le « Dry January » en France : Un défi d’un mois pour un impact durable sur la consommation d’alcool

Depuis son lancement au Royaume-Uni en 2013, la campagne « Dry January » (ou Janvier sobre) a gagné du terrain dans de nombreux pays, dont la France. L’objectif ? Encourager les participants à s’abstenir de toute consommation d’alcool pendant un mois, dans l’espoir d’adopter une relation plus modérée et consciente avec cette substance.
Une récente étude française, publiée dans Frontiers in Public Health, a examiné la prévalence et les caractéristiques des participants à cette campagne en France.­Lire la suite 

­L’alcoolisme en France en 2023, le bilan de l’OFDT­Comme chaque année, l’OFDT présente le bilan analytique de l’alcoolisme en France en trois volets : l’offre d’alcool, ses usagers et les conséquences encourues.
Le volume d’alcool pur mis en vente en 2023 est d’environ 6 millions d’hectolitres, répartis en ….Lire la suite 

Le tabac : Combien ?
Le tabac tue. C’est entendu. Mais combien ? Les 75.000 morts annuelles en France (55.000 hommes et 20.000 femmes soit 3 décès par an et par bureau de tabac) ne sont guère parlants car ils sont dispersés, sous des diagnostics divers, et ne tiennent pas dans le champ de vision.

C’est un peu mieux si l’on dit que les 8.000.000 de décès annuels dans le monde équivalent à 44 Airbus A380 de 500 places qui s’écrasent chaque jour.

C’est plus impressionnant, mais ce qui l’est plus encore, c’est…..Lire l’article­

Drogues illicites en France : niveaux d’usage en 2023
Alors que l’usage de drogues illicites ne cesse de progresser dans notre pays, les niveaux de consommation sont préoccupants. En effet, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) a dévoilé récemment les résultats de son enquête 2023 sur ces consommations.

La précédente enquête comparable, remontant à 2017, a montré en 6 ans une nette hausse des usages. La présente étude a été réalisée à partir d’un échantillon représentatif de 15.000 personnes âgées de 18 à 75 ans de France métropolitaine…. Lire la suite 

­­Le nourrisson, un utilisateur nouveau et insoupçonné des écransIl est courant d’observer que des enfants, parfois très jeunes, sont exposés à des écrans dans leur environnement quotidien. Des études ont révélé que les nourrissons et les enfants français âgés de 0 à 3 ans passent en moyenne 30 minutes par jour devant des écrans jusqu’à l’âge de 12 mois, puis 50 minutes de 24 à 29 mois et près d’une heure de 30 à 35 mois (Le Heuzey and Turberg- Romain, 2015)…­Lire l’article­

Résumé du rapport de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Tendances addictives) sur les traitements de substitution aux opiacés (12-2024)Ce rapport fait appel à de nombreuses études statistiques issues des services publics (dont la CNAM) et est illustré de figures claires qui montrent des évolutions sur la période 2012- 2023.

Rappelons que les traitements des personnes dépendantes des opiacés/opioïdes sont organisés en France depuis près de 30 ans, avec – entre autres – la mise à la disposition de l’ensemble du corps médical de la buprénorphine haut dosage (BHD), alternative recommandée face aux risques de surdose liés à l’autre médicament de substitution, la méthadone ; le double but initial était (i) de supprimer les risques de surdoses mortelles des injections IV d’héroïne et les risques infectieux (VIH et hépatites, liés aux échanges de seringues), et (ii) de permettre la réinsertion sociale des consommateurs.

Ces traitements de substitution des opiacés (TSO) devaient aussi, à terme, permettre des sevrages secondaires, éventualité qui a été malheureusement oubliée depuis…Lire le résumé­­
Une nouvelle piste dans le traitement des addictions ?­Les « incrétines », qui sont des substances libérées par le tube digestif (iléon, colon) à l’arrivée du bol alimentaire, font baisser la glycémie, en stimulant la sécrétion d’insuline par le pancréas. Parmi ces incrétines le GLP- 1 (glucagon-like peptide-1) et le GIP (glucose- dependent insulinotropic polypeptide).­Lire l’article 

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Cannabis et schizophrénie

 ­Une imagerie PET scan (tomographie par émission de positrons) a permis de constater une réduction des synapses (éléments spécialisés dans la communication entre les cellules nerveuses/neurones) dans certaines régions du cerveau.

Cette réduction a été observée à des stades très précoces de la schizophrénie chez des sujets jeunes … ­Lire l’article

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Pr. Jean-Pierre Goullé