En France, on estime qu’à 17 ans, une personne sur cinq a déjà consommé du cannabis, principalement sous forme inhalée, souvent mélangé à du tabac • ©DR

L’étude d’une pneumologue de l’hôpital Lannelongue (Hauts-de-Seine) met en lumière un lien préoccupant entre consommation de cannabis inhalé et cancer du poumon, en particulier chez les adolescents. Des chiffres récents renforcent les soupçons d’un impact sanitaire jusque-là sous-estimé.

Pascal Petrine • Publié le 24 juillet 2025

Si les effets neuropsychiques du cannabis chez les consommateurs sont désormais bien documentés, ses conséquences sur la santé pulmonaire restent moins connues. C’est sur cet angle encore peu exploré qu’a travaillé une pneumologue de l’hôpital Lannelongue, dans les Hauts-de-Seine, en étudiant les liens entre la toxicité du cannabis et le cancer du poumon, notamment chez les jeunes.

Multiplication par deux du risque de cancer du poumon

En France, on estime qu’à 17 ans, une personne sur cinq a déjà consommé du cannabis, principalement sous forme inhalée, souvent mélangé à du tabac. Cette pratique pose des questions majeures de santé publique, d’autant que les effets du cannabis sur les poumons ont longtemps été minimisés, voire présentés comme neutres ou bénéfiques dans un usage thérapeutique.

Les résultats de cette étude, couplés à d’autres travaux, montrent une multiplication par deux du risque de cancer du poumon chez les adolescents ayant consommé plus de 50 joints. Sur un échantillon d’une centaine de patients opérés pour ce type de cancer, 4 sur 10 étaient des consommateurs chroniques de cannabis.

Prévalence de consommation de cannabis

Une étude prospective affine ces résultats, en distinguant les effets du tabac, du cannabis, et de leur usage combiné. Les premiers chiffres, portant sur 150 patients de moins de 60 ans atteints d’un cancer du poumon, indiquent une prévalence de consommation de cannabis de 38 %. Un taux que les scientifiques jugent élevé et préoccupant.

Pour le docteur Tony Romuald, médecin chef du service d’addictologie au CHU de la Guadeloupe, ces résultats confirment des hypothèses déjà posées par les professionnels de santé. Il rappelle cependant qu’il est essentiel de distinguer le cannabis fumé du cannabis utilisé à des fins thérapeutiques, ce dernier ne présentant pas les mêmes risques.

Ces nouvelles données relancent le débat sur la consommation de cannabis chez les jeunes et ses conséquences à long terme, au-delà des seuls troubles psychiques déjà bien identifiés.

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