Sur tous les continents, les addictions font des ravages. Drogues, médicaments, alcool, etc. les artistes n’échappent pas à ces fléaux. Petit tour d’horizon.
Publié le : 26/09/2025

Par :Valérie Passelègue
Alors que la chanteuse Zaz revient sur le devant de la scène avec un nouvel album, Sains et saufs, elle fait les gros titres d’un certain nombre de journaux avec ses anciennes addictions. Pour la première fois, elle livre des chansons très personnelles qui rendent compte d’un chemin de vie difficile.
Les addictions, qu’elles soient à la drogue, à l’alcool ou aux médicaments, touchent toute la population, y compris, bien sûr, les artistes. Il serait totalement illusoire d’établir la liste de ceux qui sont touchés par ce phénomène.
On peut évoquer le fameux Club des 27 (du surnom donné à ce groupe de chanteurs anglo-saxons de rock et de blues qui sont morts à l’âge de 27 ans : Jimi Hendrix, Janis Joplin, ou plus récemment Amy Winehouse), Prince mort d’une surdose de Fentanyl, ou l’alcoolisme de certains, Renaud, Véronique Sanson, Serge Gainsbourg, Benjamin Biolay, etc.
Les médias, et maintenant les réseaux sociaux, se font régulièrement l’écho d’arrestations pour conduite en état d’ivresse ou usages de stupéfiants. La liste parait infinie. En Afrique, on se souvient de Fela, le chantre de l’afrobeat, arrêté par les autorités pour possession de drogues.
Au Burkina Faso, le musicien Oskimo organise depuis 2008 la caravane « Oskimo Tour- Jeunes sans drogue ». S’il est sorti de cette addiction, il tient aujourd’hui à sensibiliser la jeunesse « Cette initiative est partie de moi-même, étant un ancien usager de la drogue, surtout la marihuana ».
Addictions, ce qu’ils en disent
D’aucuns en parlent dans leurs mémoires, comme le guitariste des Rolling Stones, Keith Richards qui sortait en 2010, son autobiographie Life, dans laquelle il égrène toute sorte d’expériences liées à la consommation de drogue de lui-même et du groupe.
En 1998, Johnny Hallyday dans une interview au journal Le Monde se confiait : « La cocaïne, oui, j’en ai pris longtemps en tombant de mon lit le matin. Maintenant, c’est fini. J’en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup. (…) Mais il faut bien savoir que nos chansons, on ne les sort pas forcément d’une pochette-surprise. » (07/01/98)
La chanteuse Rose, autrice du tube La liste en 2006 et qui en 2019 révélait ses addictions à la cocaïne et à l’alcool dans le livre et album Kerozen. « La cocaïne (et, dans mon cas, son association avec l’alcool) a cette particularité de restaurer le narcissisme. Elle donne un sentiment de puissance. C’était facile et tentant d’en consommer. » (Télérama 30/09/2019) Sortie de l’enfer de la drogue et de l’alcool, elle a pu se reconstruire et en 2024, elle lançait un podcast, Contre-Addictions.
Vie de bohème, expérimentations, pression intense liée aux attentes du public, exigences des professionnels qui les entourent ou nécessité de maintenir une image parfaite, les raisons peuvent être multiples. Cela entraine bien sûr des problèmes de santé physique, mais aussi de santé mentale, et le sujet est de plus en plus évoqué, y compris dans des conférences et rencontres professionnelles. Par ailleurs, cela peut aussi tout simplement ruiner une carrière.
À l’instar de Zaz, les artistes semblent aujourd’hui plus enclins à évoquer leurs expériences en la matière. Dans de nombreux cas, délestés de leurs addictions, ils ont pu témoigner et apporter un éclairage particulier à ce phénomène.
Les artistes, en partageant leurs combats contre les addictions, brisent le tabou et invitent à une prise de conscience collective. Leur parcours résilient inspire et encourage d’autres à chercher de l’aide. Les initiatives comme celles d’Oskimo au Burkina montrent que la sensibilisation et le soutien peuvent faire la différence.
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