Une étude américaine suggère que le semaglutide, présent dans Wegovy et Ozempic, pourrait réduire la consommation d’alcool et les envies chez les alcooliques.

La substance active semaglutide pourrait réduire l’envie d’alcool, de sorte que l’on boit moins. Photo: Getty Images

Anke Fossgreen Publié Le 28/09/2025

De nombreuses personnes utilisent la célèbre injection amaigrissante Wegovy ou le médicament contre le diabète Ozempic. Or, on observe régulièrement que certains utilisateurs boivent moins d’alcool. Des chercheurs ont maintenant examiné ces observations de plus près dans le cadre d’une étude portant sur 48 personnes souffrant d’alcoolisme. Cette équipe américaine fournit ainsi les premières indications cliniques selon lesquelles le semaglutide, le principe actif de Wegovy et Ozempic, pourrait aider les personnes dépendantes à l’alcool.

Les chercheurs ont sélectionné des participantes qui buvaient plus de sept verres d’alcool par semaine et des participants masculins qui en consommaient plus de quatorze. Ces personnes devaient également présenter au moins deux épisodes de forte consommation hebdomadaire: plus de quatre verres d’affilée pour les femmes, plus de cinq pour les hommes. La moitié du groupe a reçu une injection hebdomadaire de semaglutide pendant neuf semaines, tandis que l’autre moitié recevait un placebo. L’étude était menée en double aveugle: ni les chercheurs ni les participants ne savaient qui recevait le médicament actif.

Un test standard consistait à faire asseoir les participants pendant cinquante minutes devant leur boisson alcoolisée préférée en leur promettant de l’argent s’ils résistaient à la tentation. Dans un autre test, ils avaient le droit de consommer autant d’alcool qu’ils le voulaient durant deux heures.

Le semaglutide a aussi un effet sur les fumeurs

Résultat: si le traitement au semaglutide n’a pas modifié le nombre moyen de boissons alcoolisées par jour ni la fréquence de consommation, il a toutefois permis de réduire nettement les quantités consommées lors des épisodes de consommation d’alcool. Par ailleurs, les personnes traitées ont montré une capacité supérieure à résister aux envies d’alcool comparé au groupe témoin.

Les chercheurs ont observé un effet secondaire inattendu chez un sous-groupe de fumeurs. Ceux qui avaient reçu du semaglutide montraient davantage de propensions à arrêter de fumer que les fumeurs du groupe de contrôle.

Le sémaglutide appartient à la famille des médicaments GLP1, qui imitent une hormone intestinale. Son mode d’action sur les dépendances reste encore mal compris. Les spécialistes émettent l’hypothèse que ces médicaments pourraient également influencer le métabolisme cérébral. Selon une théorie, ces substances actives perturbent les mécanismes de récompense, diminuant ainsi la sensation de plaisir ressentie par les consommateurs lorsqu’ils boivent de l’alcool ou fument.

Le groupe de chercheurs recommande d’autres études de plus grande envergure, notamment auprès de personnes plus gravement dépendantes et qui consomment de plus grandes quantités d’alcool. De plus, le nombre restreint de participants n’a pas permis d’examiner les éventuels effets secondaires.

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