Face aux limites des traitements actuels contre la dépendance à l’alcool, des chercheurs explorent le rôle potentiel des cannabinoïdes dans la modulation du craving et dans la réduction ponctuelle de la consommation d’alcool.
Boire un verre entre amis reste un geste ancré dans nos habitudes, mais cette routine perd du terrain. Fatigue, anxiété, perte de contrôle… les effets associés à l’alcool poussent certains à changer leurs comportements. Le cannabis, lui, séduit par son image plus douce et moins dangereuse. Remplacer l’un par l’autre devient une option de plus en plus répandue. Derrière ce changement progressif, la science commence à dévoiler des études complexes entre cannabis et consommation d’alcool.
Une sobriété revisitée par le cannabis
Dans les soirées de Los Angeles, sur TikTok ou dans les milieux du bien-être, une tendance prend de l’ampleur. Elle consiste à abandonner l’alcool au profit du cannabis. Ce mode de vie, baptisé « California sober », s’inscrit dans une volonté de limiter les effets néfastes de l’alcool tout en conservant une forme d’euphorie sociale. L’alcool reste omniprésent dans la culture occidentale, mais ses effets sur la santé et le comportement suscitent une remise en question de plus en plus importante. Le cannabis, perçu par certains comme une alternative moins nocive, s’impose comme substitut. Reste à savoir ce qu’en dit la science.
Ce que révèlent les essais cliniques sur cannabis et consommation d’alcool
Une équipe de l’université Brown a mené une étude inédite pour mesurer, dans un cadre strictement contrôlé, l’impact du cannabis sur la consommation d’alcool.
Dans cet essai publié dans l’American Journal of Psychiatry et relayé par Medicalxpress, 157 adultes ont fumé des cigarettes contenant différents taux de THC ou un placebo, avant d’être placés dans une pièce simulant un bar. Ils pouvaient boire ou refuser des verres contre une faible récompense.
Résultat : le cannabis dosé à 3,1% a réduit la quantité d’alcool consommée de 19%, tandis que la version à 7,2% a entraîné une baisse de 27%. L’envie de boire diminuait, et les participants retardaient leur premier verre.
Autre étude marquante, celle de l’équipe allemande menée par Zimmermann, parue dans Molecular Psychiatry. Ici, c’est le cannabidiol (CBD) qui est au centre des recherches.
Chez des patients souffrant de troubles liés à l’alcool, une dose unique de 800 mg de CBD a diminué l’activité du noyau accumbens, une région cérébrale impliquée dans le craving.
L’envie de boire baissait significativement après exposition à des stimuli liés à l’alcool. L’effet a été observé très rapidement, trois heures après la prise.
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