| Cet article fait partie de la « Lettre du CNPERT septembre 2023 » que vous pouvez lire en entier en cliquant ici |
| Si au cours d’une compétition est détectée dans les urines d’un sportif une drogue qui pourrait être le reliquat d’une consommation effectuée antérieurement à cette compétition à des fins « récréatives » (avec un taux inférieur à une certaine limite) et que le sportif peut apporter des éléments en faveur d’une consommation « festive », les suspensions de plusieurs années qui prévalaient antérieurement peuvent être ramenées à trois mois et, par le jeu « d’une composition administrative » négociée avec les Organisations nationales antidopage (ONADs), la sanction peut être réduite à deux mois ; c’est-à-dire à deux fois rien. Ces sanctions ne constituent plus un frein à la consommation de cannabis ou de cocaïne ; les deux drogues qui sont actuellement les plus fréquemment en cause. Cette mansuétude appelle plusieurs commentaires. La présence de la drogue dans l’organisme d’une façon contemporaine de l’épreuve signifie qu’à un certain degré, difficile à apprécier, la drogue peut affecter les performances. Cette disposition de l’AMA s’affranchit des législations nationales dont certaines prohibent en toute période la consommation de ces drogues qui sont illicites. La défausse de certains sportifs est maintenant de se déclarer dépendants / « accros ». On comprend dès lors que, s’ils abordent l’épreuve dans les affres de l’abstinence, leur performance va être détériorée. Dans ce cheminement vers le pire, on verra peut-être apparaitre des demandes d’AUT (autorisations d’usages thérapeutiques) de drogues pour pallier les effets du sevrage ! Le concept de drogue récréative est doublement contestable, d’abord parce que ladite récréation peut se terminer mal, voire dramatiquement ; mais aussi parce que toutes les drogues sont récréatives, suscitant une sensation de plaisir liée à l’intensification de la stimulation des récepteurs dopaminergiques (D2) dans le noyau accumbens/striatum ventral. Cette disposition de l’AMA ouvre une boite de pandore. Dans notre pays où l’expansion pandémique des toxicomanies fait des ravages, cette disposition, qui aligne le code du sport sur les dérives des sociétés Nord-Américaines, est un très mauvais signal. La consommation de drogues par un sportif est interdite tant lors des entraînements que lors des épreuves. Tout sportif convaincu d’être dépendant d’une drogue devrait être suspendu aussi longtemps qu’il lui faudrait pour qu’à plusieurs reprises il soit contrôlé exempt de drogues ou de leurs métabolites dans ses urines, ou qu’un test capillaire (cheveu) permette de constater son arrêt durable de consommation. Cette disposition de l’AMA parait inspirée par une idéologie funeste qui, à petits pas, veut faire progresser les sociétés vers la légalisation de toutes les drogues. Les barrières qui protégeaient des drogues par un front uni des familles, des religions, du monde éducatif, associatif, médical, et sportif s’effondrent, en route vers le pire. Pr. Jean Costentin |
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