© JULIEN DE ROSA / AFP – Gérald Darmanin à Matignon le 6 septembre 2023.
Dans un entretien accordé au Parisien, Gérald Darmanin rejette fermement la légalisation du cannabis en soulignant les échecs observés ailleurs et les menaces pour la sécurité publique.
Légaliser pour mieux lutter, c’est non a réaffirmé Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur. Dans une interview accordée au Parisien vendredi 8 septembre, il a s’est montré catégorique : « J’y suis très opposé. Pas par idéologie, mais par sens pratique, car ça ne marche pas ».
Le ministre a soutenu que la légalisation du cannabis ne résoudrait pas le problème. « Le marché légal ne remplace jamais le marché illégal, il le complète. C’est le cas partout où cela a été fait : au Canada, au Portugal, dans des états aux États-Unis. »
Selon lui, les trafiquants, déjà dans une illégalité lucrative, changerait simplement de business. « Les trafiquants qui gagnent des milliers d’euros par jour, vous pensez qu’ils vont monter leur petite échoppe en payant l’URSSAF et leurs impôts ?« , a taclé le ministre. Selon lui, les points de deal ne disparaîtraient pas en cas de légalisation, battant ainsi en brèche l’argument selon lequel cela libérerait des effectifs policiers.
Le ministre a également pointé le problème de santé publique en soulignant la contradiction engendrée par une telle mesure. « Cela fait quarante ans que l’on dit aux Français d’arrêter la cigarette en augmentant le prix du tabac, et on va légaliser le cannabis ? »
Vers une légalisation allemande
Pour lui, cette drogue parfois qualifiée de « douce » est une porte d’entrée vers des drogues plus dures. « C’est notre combat contre la drogue qui empêche pour l’instant le Fentanyl ou l’Ice (drogue de synthèse) de tuer en grand nombre comme en Amérique du Nord, assure–il.
De plus, le taux de THC actuel n’est pas celui qui serait vendu dans les buralistes français. Les consommateurs addicts n’y retrouveraient pas leur dose. »
L’Allemagne a franchi mercredi 16 août une étape vers la légalisation du cannabis à des fins récréatives avec l’adoption en conseil des ministres du projet de loi prévoyant la possibilité, à partir de 18 ans, d’acheter et de posséder jusqu’à 25 grammes de cannabis. Le texte doit encore être débattu et voté au Parlement.
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