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Professeur Jean Costentin
I- Aspects sociaux, politiques et législatifs (sur un mode essentiellement énumératif)
- Les bénéfices résultant de la commercialisation des drogues sont considérables ; l’appât du gain pourrait, si rien ne s’y oppose, conduire à la défaite de notre société contre ces drogues, ce que des défaitistes juge inéluctable. Ainsi la « Fédération des addictions » qui, sans jamais avoir combattu, sort le drapeau blanc de la reddition ; annonçant d’entrée de jeu : « qu’il n’y a pas de sociétés sans drogues ».
- L’argent de la drogue circonvient des politiques, des décideurs de différents grades, des journalistes isolés et même des médias ; c’est le kérosène des trafiquants et des « dealers » (ils sont plus de 220.000 en France). Les tenants de la légalisation des drogues prétendent que les taxes qui en résulteraient soulageraient opportunément le budget de la Nation (presqu’en faillite) et dégagerait des moyens pour faire de la prévention.
- C’est ignorer : que les dépenses que généreraient les conséquences sanitaires et sociales de cette
légalisation seraient très supérieurs aux taxes encaissées ; que la prévention peut être faite par des bénévoles ; que des ressources budgétaires nouvelles ne peuvent être affectées à des objectifs précis. - La production des drogues d’origine végétale (cannabis, opium, coca, khat…) s’accroit, et corrélativement leur accessibilité. La plus grande étanchéité de la frontière Mexicaine renvoie la cocaïne vers les Caraïbes, l’Afrique occidentale (les marocains découvrent « la puffa » i.e. la cocaïne base ou crack) ; elle arrive par voies maritime (Le Havre, Amsterdam…) ou terrestre en Europe, où commencent à se constituer des narco-États.
- Les drogues de synthèse prolifèrent ; elles sont d’une très grande puissance (ainsi le fentanyl, qui est 100 fois plus actif que la morphine, contribue largement aux 107.000 décès enregistrés aux USA en 2021, du fait de la « crise des opioïdes »).
- L’offre de drogues par les dealers se diversifie, mais plus encore celles proposées sur le NET (opioïdes, cannabinoïdes, cocaïniques, cathinones, amphétamines, psychodysleptiques végétaux ou de synthèse…). Commandées sur le NET ou par S.M.S., elles sont livrées à domicile par la Poste ou par Uber et consorts.
- Des médicaments psychotropes font l’objet d’un détournement de plus en plus fréquent. Depuis sa commercialisation en France (1995) la buprénorphine à haut dosage (Subutex) est l’objet d’un « mésusage » massif ; une centaine de milliers de ses « bénéficiaires » se l’injectent (alors que ce médicament a été développé pour faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur) ou la revendent à de jeunes toxicophiles, leur ouvrant à bas prix la voie des opioïdes et de l’héroïnomanie ; ce qui permet à ses revendeurs d’acheter leur héroïne, à partir de l’argent retiré de cette vente.
- Les religions, en lesquelles K. Marx voyait « l’opium du peuple », s’effacent, et ceux qui s’en détachent sont incités à obtenir par tous moyens (dont le recours aux drogues) le maximum de plaisirs terrestres ; c’est l’avènement du « jouir sans limites » prôné par les soixante-huitards.
- L’absence de prévention des toxicomanies par l’éducation nationale, explique la contamination de notre jeunesse par les drogues, qui atteint un niveau record en Europe.
- La reddition du monde judiciaire dans le combat qu’elle devrait épauler contre les consommateurs de drogues et leurs pourvoyeurs est manifeste.
- L’autorité connait un affaissement diffus, bien dans le sillage de « l’interdiction d’interdire » qui est une autre séquelle de mai 1968.
- La tricherie s’institutionnalise ; elle est tolérée, peu réprimée, excusée au point de ne plus choquer, d’entrer progressivement dans les mœurs et d’être absoute même pour ceux qui devraient être exemplaires (dont certaines personnalités du monde politique et même des religieux).
- Le mal-être de nos concitoyens est alimenté par « l’éco-anxiété », l’insécurité croissante, les films de catastrophes, l’exacerbation de la violence, la submersion migratoire, l’information en boucle sur les drames survenant en tous points de notre planète (inondations, tremblements de terre, cyclones, guerres…), incitent à recourir aux drogues pour faire diversion.
- L’éclatement du cadre familial augmente, via les familles mono parentales, le nombre d’enfants sans père ; ce que d’ailleurs encourage la Procréation Médicalement Assistée pour toutes. Quant aux avancées perceptibles de la gestation pour autrui à la demande des homosexuels masculins, elle augmente/ra celui des enfants sans mère. Ces situations seront des sources de perturbations supplémentaires chez les adolescents, incitatrices d’une fuite dans les drogues, pour se venger de celles et ceux qui leur ont infligé ce sentiment d’abandon.
- Le monde de l’addictologie, trop largement subventionné au regard de ses résultats piteux, « aggrave son cas » en prônant la légalisation des drogues, à commencer par le cannabis, alors que ses praticiens s’avèrent incapables d’en sevrer ceux qui s’y sont fait piéger.
- Une mission parlementaire, à l’instigation de O. Véran (alors député, avant d’être le ministre de la Santé que l’on sait, et actuellement porte-parole du gouvernement) s’escrime à légaliser le cannabis sous ses appellations : « thérapeutiques », « de confort » et « récréatif » (scandaleux euphémisme pour désigner une drogue dont les effets addictifs ont déjà piégé 1.500.000 consommateurs).
- La France occupe une des premières positions en Europe en matière d’alcoolisme, de tabagisme, de cannabis, de cocaïne, de consommation de psychotropes… qui sont les témoins d’une vulnérabilité au moins culturelle de nos concitoyens.
- Les sanctions infligées à ceux qui contreviennent aux lois sur la prohibition des drogues, ’amenuisent régulièrement. Depuis la loi de 1970 on est passé d’une amende de 3.500 € et même d’un emprisonnement d’une année, avec inscription au casier judiciaire, à une simple contravention de 200 €, sans effet mémoire ; ce qui permet une reproduction à l’infini au même prix, d’autant que la majorité de ces amendes n’est pas perçue. Quand, très logiquement, le président de la République s’en émeut et demande une perception plus efficace, la « Fédération des Addictions » s’étouffe d’émoi et contribue à une pétition visant à faire annuler cette amende.
- Le lobby alcoolier, dont les produits se diversifient, est en pleine expansion. Il s’attaque aux plus jeunes au moyen des Prémix, que les pouvoirs publics ont oublié d’interdire. Ces boissons alcooliques sont conçues pour rendre plaisant au palais de l’enfant la saveur de l’alcool, le dissimulant derrière le sucre, des parfums et des saveurs que les jeunes apprécient. Pas en reste, les industriels du tabac ajoutent à la nicotine des recharges de e-cigarettes/cigarettes électroniques des saveurs et des arômes appréciées des adolescents pour les rendre insidieusement dépendants de la nicotine.
- Le lobby alcoolier est parvenu à faire annuler des campagnes nationales contre la consommation d’alcool et à rendre invisible le « Dry january » / Janvier sans alcool. Il réduit a minima la taille du logo apposé sur les flacons de boissons alcooliques destiné à rappeler aux femmes enceintes la toxicité de l’alcool pour le fœtus.
- Le nombre des artisans brasseurs de bière se multiplie, des écoles s’ouvrent pour assurer leur formation : ce qui conduit à l’accroissement de la consommation.
- La culture de la vigne s’étend en de nombreux terroirs, avec des vins bien faits, par maitrise de la température de fermentation ; les publicités et autres foires aux vins se multiplient.
- Le degré alcoolique des bières s’accroit régulièrement, tout comme le volume des flaconnages et des cannettes, accélérant l’installation de l’alcoolo-dépendance. Il devient difficile de trouver des bières d’un titre alcoolique inférieur à 5°, exit la Valstar d’antan (« bière de table à 3°5). Le Beaujolais nouveau, « vin de soif », qui devait se boire rapidement en raison de son faible taux d’alcool (7-8°) est devenu plus capiteux (11-12°).
Dans la plupart des autres vins le degré alcoolique est passé à 13° ; des Côtes du Rhône frôlent les 15°, au point que les enzymes de la fermentation alcoolique sont annihilées par l’alcool qu’elles produisent. - L’accroissement du taux de l’élément toxicomanogène concerne d’autres drogues ; ainsi le cannabis a vu son taux de THC s’accroître d’un facteur 6,5 au cours des 40 dernières années et qui a vu sa puissance encore tripler entre 2011 et 2021 ; la cocaïne vendue en France est de moins en moins adultérée. L’ajout au tabac de substances (chromones) dont la combustion engendre des inhibiteurs de l’enzyme qui inactive la dopamine (le neuromédiateur du plaisir) fait que l’arrivée de la nicotine dans le cerveau libère davantage de dopamine et fait éprouver un plaisir plus intense, auquel fait suite un déplaisir également plus intense qui incite très vite à allumer une autre cigarette.
- L’augmentation de leurs prix pour dissuader des boissons alcooliques et des cigarettes est si pusillanime que ces prix suivent au mieux le niveau de l’inflation. S’y ajoutent des tolérances légales aux frontières pour le passage de cigarettes et de boissons alcooliques détaxées (Duty free). L’effacement des frontières est de plus propice à une contrebande massive des cigarettes et des alcools.
- Les buralistes ne respectent pas l’interdiction de la vente du tabac aux mineurs, tandis que certains magasins font de même pour l’alcool.
- Des appels irresponsables à la légalisation des drogues sont proférés par certains responsables appointés par nos impôts (sénateurs, députés, maires, addictologues à contre-emploi…).
- Des directeurs d’hôpitaux psychiatriques tolèrent la circulation dans leurs établissements des drogues qui sont à l’origine de beaucoup des affections qui y sont traitées, ou qui aggravent le cours de ces affections, ou qui provoquent une résistance aux traitements qu’on leur oppose.
- Des influences occultes entretiennent une omerta troublante sur l’expansion et les dangers des drogues ; ainsi l’hebdomadaire « Valeurs actuelles », qui se pose en redresseur des turpitudes de notre société a pu, pendant cinq années, manifester un mutisme complet sur les drogues, dont en particulier le cannabis ; ce qui constitue un record au sein du monde des médias.
- Le « chemsex » (i.e. le recours à des drogues pour intensifier les ébats sexuels multipartenaires) diffuse maintenant des soirées homosexuelles à des relations hétérosexuelles. Ces folles soirées d’agitation / de danses et d’ébats font appel, « pour assurer », à force cathinones. Elles sont suivies quelques heures plus tard par l’arrivée au travail où, pour faire bonne figure, la machine à café ne suffit pas et le recours aux amphétamines, cocaïne et autres stimulants devient indispensable.
- Les bizutages des étudiants de médecine, de pharmacie, d’écoles d’ingénieurs ou de commerce, ou d’autres encore, qui baignaient dans l’alcool, ont laissé entrer le cannabis et maintenant la cocaïne.
- L’alcoolisation aigue / « biture expresse » (« binge drinking ») qui consiste à boire sur un temps bref une importante quantité d’alcool, se développe chez les adolescents ; elle conduit au coma alcoolique. Sa répétition, de moins en moins exceptionnelle, a non seulement des effets neurotoxiques, mais elle fait aussi le lit d’un alcoolisme ultérieur.
- La pratique sportive a longtemps constitué une protection contre les toxicomanies ; mais le dopage a choisi parmi les drogues celles pouvant accroître les performances dans certains sports, ce que traque opportunément l’Agence Mondiale Antidopage (A.M.A.). Mais c’était sans compter sur les pressions de lobbies et sur l’évolution permissive de divers États, dont le Canada (siège mondial de l’AMA) qui ont légalisé le cannabis. Aussi, après avoir relevé le seuil répréhensible du THC dans les urines (de 50 à 150 µg/L) l’AMA a réduit les sanctions des contrevenants de 2 ans d’interdiction à 3 mois, si le consommateur démontrait que cette consommation était antérieure à l’épreuve et correspondait à un usage « récréatif » ; idem pour la cocaïne. De plus un accord dit « de composition », conclu avec l’agence nationale de lutte contre le dopage, peut même réduire cette interdiction à 2 mois… Simultanément on a vu des buvettes s’ouvrir dans des stades, au profit des clubs et aux dépens de la sobriété des consommateurs de boissons alcooliques.
Au terme de cette énumération incomplète, on peut mesurer la collection des démissions, dérapages, négligences, démagogies, dénis, ayant amené à ce désastre des toxicomanies, qui continue de s’aggraver. S’il est impossible d’obtenir à court terme des résultats en agissant sur certains de ces éléments, l’action sur d’autres peut permettre d’en obtenir sans délai. Il faut avoir la volonté d’agir et pour cela rompre avec la désinformation infligée au long cours à nos concitoyens. Cacher la poussière sous le tapis n’a qu’un temps, voilà qu’elle déborde irrésistiblement. Les journaux ne peuvent plus faire dans l’euphémisme, l’habileté, le faux semblant, car « ça pète de partout ». - Il faut mobiliser nos concitoyens, à commencer par les consommateurs de ces drogues ; en les informant, les éduquant en instaurant une éducation civique à la prévention en Santé, qui consacrera
beaucoup de temps à la prévention des toxicomanies. - Elle devra mobiliser des membres des professions de santé épargnés par les drogues. Évidemment, on ne demandera pas à ceux qui sont responsables de la situation présente d’agir en préventeurs ou en thérapeutes. Le fonctionnement de l’addictologie doit être minutieusement évalué, mettant en relation ses coûts et de ses résultats. Il sera rappelé à ses praticiens pervertis par l’idéologie : leur devoir de réserve sur le sujet de la légalisation des drogues ; qu’ils ne doivent pas faciliter l’accès
aux drogues ; qu’ils ne sauraient utiliser les traitements de substitution ad vitam mais comme outils au service d’un sevrage progressif.
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