« Moi président, je légaliserai le cannabis », titrait alors le quotidien Ouest-France le 8 janvier 2022 dans un article narrant le déplacement à Angers de Yannick Jadot (EELV) alors candidat à l’élection présidentielle s’étant déroulée quelques mois plus tard.

À l’occasion de la visite d’un laboratoire pharmaceutique angevin menant des recherches sur le cannabis thérapeutique, Yannick Jadot déclarait, selon le Courrier de l’Ouest, que s’il arrivait à l’Élysée, il autoriserait « la culture du cannabis comme le font beaucoup de pays. On inscrira le cannabis au registre des plantes à cultiver, parce qu’on a un besoin urgent de soulager les douleurs de beaucoup de malades ».

Mais, outre le cannabis thérapeutique, le candidat EELV de l’époque envisageait aussi de légaliser le cannabis « récréatif ». « En tant que drogue douce, comme va le faire l’Allemagne », car, selon lui, il s’agissait d’« un enjeu de sécurité et de santé », ajoutant en guise d’argument que la France était « le pays le plus répressif et celui où l’on fume le plus ».

En Californie, « une hausse exponentielle » du cannabis illégal

D’exemples étrangers en matière de légalisation du cannabis, il en a été question dans un article du Figaro publié le 6 avril dernier. Article qui s’intéresse au cas de la Californie, un État américain où, huit ans après la légalisation du cannabis, « les fermes clandestines submergent le désert », résume le quotidien français.

En effet, au grand dam des utopistes d’EELV, la réalité du terrain finit toujours par prendre le pas sur la théorie : la légalisation du cannabis en 2016 par la Californie a eu pour effet d’appliquer de fortes taxes sur les produits légaux. Conséquence logique et inévitable, les cultures illégales de drogue dans cet État de la côte ouest américaine ont connu « une hausse exponentielle ».

Ironie de l’histoire, comme le rappelle Le Figaro, cette légalisation totale du cannabis approuvée par référendum voilà désormais huit ans avait justement pour mission première de mettre les trafiquants et tous les acteurs de la culture illégale sur la touche. Mais les autorités californiennes n’avaient visiblement pas anticipé cet impact de la fiscalité, faisant finalement le jeu des narcotrafiquants.

Le marché illégal plus important que le marché légal

Dorénavant, les autorités californiennes en sont réduites à effectuer de multiples opérations policières pour démanteler des centaines de serres. Notamment dans le désert de Mojave, à l’est de Los Angeles.

Avec un prix évalué à 600 dollars pour 450 grammes de cannabis, les gérants de ces fermes illégales sont à la tête d’un commerce très lucratif. Quant aux débouchés, les trafiquants peuvent également facilement revendre leur drogue « dans la moitié des 50 États américains où l’usage récréatif du cannabis est toujours interdit », précise le titre de presse.

Enfin, autre conséquence prévisible, le caractère rentable de ces trafics illégaux suscite iné-vitablement divers règlements de compte dans une Californie où, de l’avis de certains experts, ces cultures clandestines de cannabis représentent une manne financière plus importante que le marché légal.

Au total, l’État de Californie compterait plusieurs dizaines de milliers de fermes illégales sur son territoire. À quand une visite de Yannick Jadot afin d’y présenter ses solutions ?

Crédit photo : Capture YouTube (photo d’illustration)
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