Publié le 29/04/2025

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l’essentielDepuis quelques saisons, le comité départemental de rugby de l’Ariège a pris l’initiative d’organiser des rencontres autour du thème de la lutte contre les addictions dans le rugby. Après La Tour-du-Crieu il y a quelques semaines, c’est à Foix que les représentants des clubs étaient conviés à une nouvelle soirée d’information mais, surtout, d’échanges.

Objectif, parler sans tabou, faire un état des lieux et essayer de trouver des chemins pour, sinon stopper, du moins limiter les effets dévastateurs de ces addictions (alcool et drogue surtout). « Vous êtes en première ligne ». Frédérick Dédieu le répète, les dirigeants, bénévoles, éducateurs sont les premiers à pouvoir tirer la sonnette d’alarme. Addiction ou dépendance, le gendarme Guillaume Picard (Maison de protection des familles de l’Ariège) pose le débat.

« Même un verre, c’est quelques grammes d’alcool dans le sang ». Anthony Martineau, chef État-major départemental au sein de la police nationale en Ariège, passe ensuite la seconde. « Les problématiques du rugby, on les retrouve partout, dans toutes les strates de la société. » En Ariège, le problème des addictions est pris à bras-le-corps. « On va faire des contrôles inopinés, avant, pendant et après les matches. Mais il y a également un souci, les parents. On a du mal à les toucher. Il n’y a pas de solutions miracles, il faut explorer toutes les pistes. Vous, en tant qu’encadrants, entraîneurs, dirigeants, vous avez une responsabilité. »

« C’est aux jeunes eux-mêmes d’agir »

Le dialogue s’installe, sans frein. On se dit les choses. Maire de Saverdun, ex-président de l’UA Saverdun, Philippe Calléja intervient en tant que médecin. « Celui qui consomme des produits interdits, il triche. La levée de l’inhibition est un sujet. L’exemplarité à aussi une valeur. Ce n’est pas facile de parler à nos jeunes. L’important, c’est d’avoir le courage de parler de ces addictions. Il faut les affronter. Il faut éduquer. Et éduquer, c’est la répétition. On ne doit jamais se décourager. On a raison, il faut s’en persuader. Notre combat d’éducation est légitime. Il faut une hygiène de vie. »

Évidemment, l’alcool est en première ligne. La fameuse « troisième mi-temps » est encouragée mais doit être encadrée (« la bière sans alcool, c’est très bien »). Mais un nouveau fléau s’est invité depuis plusieurs saisons. « La drogue s’est multipliée, s’inquiète Philippe Calléja. Tout le monde s’en fout car il y en a partout. Entendre utiliser l’expression drogue douce, c’est une monstruosité. Avant, il y avait le cannabis, aujourd’hui la cocaïne est partout. C’est une réalité, ça a tout envahi. Les sportifs cherchent l’effet boost, intensif. C’est peut-être ça le plus dangereux. Il faut protéger notre rugby du monde extérieur. »

« Ne vous découragez pas, on va y arriver »

Le constat est terrible mais l’espoir est là. C’est le message qu’a voulu passer la représentante de l’association EPESS, Mylène Bacon. « Ne vous découragez pas, on va y arriver. Tous les messages de prévention sont importants. C’est aux jeunes eux-mêmes d’agir, il faut que ça vienne d’eux. Les jeunes savent communiquer, l’humain est riche. Il faut ouvrir le dialogue, insiste la députée Martine Froger. La répression n’est pas la solution. Je pense qu’il y a une responsabilisation chez les jeunes. Parler est un éternel recommencement. »

« On a une jeunesse pleine de ressources, poursuit Jean-Philippe Dargent, sous-préfet de Foix. Elle n’attend que d’être sollicitée. Elle attend qu’on l’amène sur le bon chemin. Vous, dirigeants, encadrants, bénévoles, vous avez un rôle de stimulateurs. » Le combat va se poursuivre. La mise en place de chartes de comportement dans chaque club est à l’étude. « On doit écouter les jeunes et ne pas leur imposer les choses », termine Frédérick Dedieu. La lutte contre les addictions se poursuit.

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