« Monkey dust », c’est son nom. Cette substance psychoactive, dont les effets chimiques peuvent être désastreux, apparaît en France. Explications.

Par Briac TrébertPublié le 6 juin 2025 à 21h35
Elle vient officiellement de débarquer sur le marché des stupéfiants en Île-de-France. Et provoque l’inquiétude.
« On reçoit de plus en plus de coups de fil d’enquêteurs nous demandant des informations sur la Monkey dust », constate un laboratoire spécialisé auprès du Parisien, ce mercredi 4 juin 2025. L’une des premières saisies a eu lieu courant mai 2025 en Seine-Saint-Denis, d’après le parquet de Bobigny.
Cette drogue, que l’on peut traduire, comme « poussière de singe », peut entraîner de graves problèmes, « des overdoses mortelles et une augmentation des crimes et comportements violents au sein de la population », alertent les autorités britanniques qui préviennent depuis des mois sur ce fléau.
« Effets plus puissants et plus dangereux que l’ecstasy et la cocaïne »
La « Monkey dust » est une drogue qui peut « rapidement vous faire sombrer », disent les Anglais.
En Belgique, les douaniers ont aussi lancé des avertissements après des saisies, ces derniers mois. Cette drogue de synthèse est « très dangereuse et très addictive », et ses effets sont plus puissants et plus dangereux que ceux de l’ecstasy ou de la cocaïne, par exemple, écrivent-ils dans un communiqué
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L’utilisation peut entraîner de graves hallucinations, des mouvements incontrôlés et même un comportement violent, donc. Les utilisateurs tombent souvent dans une diminution de la conscience qui les pousse à des actes dangereux, pointent les autorités belges.
La poussière de singe est une substance psychoactive synthétique, également connue sous le nom de MDPV (3,4 méthylènedioxypyrovalérone). Une drogue psychostimulante hautement addictive de la famille des cathinones, sous les appellations « 3-CMC, 3-MMC, 4-MEC, 3-MEC, 2-MEC, etchathinone, MDPV, alpha-PVP, méphédrone, 4-FMC, NRG1,sels de bain, bath salts… », liste le site Drogues-infos-service.
La Monkey dust est un stimulant, souvent présent sous forme de cristaux ou de poudre, qui produit une puissante poussée d’énergie et une euphorie comparable à celle de la cocaïne, de l’ecstasy et des amphétamines.L’UkatSociétés privée de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni
La « poudre de singe » est parfois appelée « poussière de zombie », écrit l’Ukat, l’une des plus grandes sociétés privées de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni.
Elle est généralement sniffée, enveloppée dans du papier à rouler et avalée ou fumée dans une pipe.
Très bon marché, notamment comparée à d’autres drogues illicites, la « Monkey dust » est une drogue de prédilection pour les personnes en situation de pauvreté dont les difficultés financières peuvent aggraver leur consommation, pointent les spécialistes anglais.
L’effet puissant produit peut durer jusqu’à 12 heures, et, outre les effets euphorisants, peut également provoquer des hallucinations, de la paranoïa, des comportements irrationnels et une forte augmentation de l’agressivité.
Ces réactions violentes peuvent être dues à la fois aux effets chimiques de la « poussière de singe » sur le cerveau – elle peut provoquer une chute des niveaux de sérotonine, conduisant à une augmentation de l’agressivité comme la cocaïne et la méthamphétamine – et au manque de contrôle de l’utilisateur sur son propre comportement en raison de la puissance de la drogue.
L’addiction à la « poudre de singe » peut être extrêmement néfaste, tant physiquement que mentalement, même un usage limité et à court terme. Elle comporte un risque élevé de surdose mortelle (des effets peuvent survenir dès 3 à 5 mg), et peut aussi entraîner des problèmes cardiaques et rénaux, des hallucinations et des psychoses… », liste l’Ukat.
Ces drogues synthétiques fabriquées en laboratoire « ruinent des vies, des familles et des quartiers », résumait dans un communiqué le ministre d’État britannique, Chris Philip.
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