Un quiz sur les addictions pour faire parler les jeunes

Tablette tactile en main, Corinne Cipolla-Mariaux choisit une nouvelle question, qui s’affiche sur l’écran. Face à elle, quatre petits groupes d’adolescents, debout derrière quatre pupitres. «Comment appelle-t-on une intoxication alcoolique aiguë, qui provoque une perte de conscience pouvant être mortelle?» Sandra, 13 ans, est la première à appuyer sur le buzzer: «Un coma éthylique?» Tout juste. Un point pour l’équipe numéro 2.

Ce jeudi après-midi, les vingt élèves d’une classe de 1re année du cycle d’orientation de Troistorrents (VS) ont droit à un quiz sur la prévention des addictions. Alcool, tabac, internet, jeux vidéo: en une heure et demie, une large palette de comportements à risques sera abordée. Seule la problématique du cannabis sera laissée de côté cette fois-ci, faute de temps.

Cette action de sensibilisation, intitulée «Je gère», a été conçue de A à Z par la Fondation Addiction Valais – l’ex-Ligue valaisanne contre les toxicomanies (LVT). Proposée aux écoles du canton depuis septembre, elle vise les 12-14 ans. Son mode participatif et ludique a déjà séduit des centaines d’élèves, de Vouvry à Brigue. «Ils se montrent bien plus réceptifs à un jeu qu’à une simple conférence», constate Patrick Suard, responsable de la prévention auprès d’Addiction Valais.

Riche en surprises

Une fois la question posée et la bonne réponse tombée, les deux animatrices lancent la discussion. «Avez-vous déjà entendu parler d’une biture express dans votre entourage?» Un ado lève une main timide: «Un garçon que je connais a été forcé à boire pendant une fête de fanfare. Je crois que ça s’est assez mal terminé.» Corinne Cipolla-Mariaux et sa collègue évitent soigneusement d’adopter un ton moralisateur. Mais elles appellent un chat un chat: «Il ne faut pas banaliser ce genre de situation. Ce n’est pas drôle. Le coma éthylique, c’est le stade avant la mort.»

Le quiz s’avère riche en enseignements. Et en surprises: «Quoi, il y a de l’arsenic dans les cigarettes?» s’inquiète Solène, du haut de ses 13 ans. Quant à la nicotine, elle ne met pas une ou deux heures pour atteindre le cerveau, comme beaucoup le pensaient, mais 7 petites secondes…

Et les réseaux sociaux, les jeux vidéo? Zoé, comme les autres, ne se sent pas en danger d’addiction. Pourtant, la cyberdépendance guette bel et bien les jeunes de leur âge. Au détour d’une question sur ce thème, l’animatrice lance le témoignage vidéo d’un Valaisan de 17 ans qui passait jusqu’à seize heures par jour devant son écran d’ordinateur, avant de solliciter l’aide de la LVT. Perdu dans son univers virtuel, il n’a retrouvé une certaine stabilité qu’au prix de gros efforts. La classe n’en revient pas.

«Il faut rester humble quant à l’impact réel de telles actions, admet Patrick Suard. Elles permettent surtout de renforcer les jeunes qui vont bien. Les situations délicates demandent un suivi bien plus important.» C’est le travail mené au quotidien par les intervenants d’Addiction Valais, en collaboration avec les médiateurs scolaires. A Troistorrents, Solène et ses copains ont battu l’équipe 1 sur le score de 14 à 13. Mais en Suisse, 13% des garçons de 15 ans – et 10% des filles – disent fumer tous les jours. (24 heures) Source

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