Un dérivé du cannabis en vente libre ?

Cannaphytol

Mars 2017

Au hasard de lectures, l’un de nous a découvert  une préparation de Cannabis Sativa appelée Cannaphytol°  commercialisée sous forme de capsules, proposée en traitement chronique et en vente libre !

Bigre, cette préparation aurait-elle passé au travers des mailles du filet réglementaire et échappé à notre vigilance ?

Sa présentation commerciale rassemble de nombreux témoignages de satisfaction, plus de 3000, parfois très enthousiastes, tous très élogieux pour des raisons diverses. Les meilleurs résultats sont obtenus sur des douleurs, on s’en doutait ! De localisations diverses, vertébrales, articulaires, un cas d’hernie discale. D’autres évoquent la suppression de  crampes intestinales, une disparition d’angoisse et  le retour d’un tonus perdu, et même d’une certaine vigueur masculine bien placée.

Quelle est donc cette substance ? Une huile extraite de différentes variétés de graines de Cannabis Sativa. Mais alors pourquoi est- elle autorisée ? L’explication est donnée par sa teneur affichée en THC (Tetra hydrocannabinol) qui est très faible, inférieure à 0,2% ce qui en fait une dose exonérée. Cela veut dire que l’administration sanitaire considère qu’elle est  inférieure au seuil d’activité, considérée comme inactive.

Autant de témoignages de satisfaction, même si nous savons leur fragilité, oblige à accepter que cette « cure » a été satisfaisante, sinon utile, à ses utilisateurs.

Pour nous,  force est de constater que l’effet placebo a encore de beaux jours devant lui.

Jean-Paul Tillement et Jean-Pierre Goullé

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6 Replies to “Un dérivé du cannabis en vente libre ?”

  1. Docteurs Tillement et Goulle,merci de combattre la drogue et d accepter aussi que  » la cure à ete utile  » humblement,je ne suis pas médecin ,ni chimiste,ni malade…..il se peut que votre conclusion soit désobligeante envers les chercheurs qui consacrent leur vie au CBD , aux malades qui en bénéficient en France( THC < 0,2% )et à ceux qui pourraient en bénéficier si on expliquait aux médecin l intérêt du CBD Therapeutique
    La médecine est le premier consommateur de drogue,En France 12000 hectares de pavots sont cultivés pour Sanofi pour la prescription.Vous parlez d une jeunesse abîmée ,je suis d accord,mais quid d une population
    gavée de remèdes …dont opiacés , sans parler des catastrophes pharmaceutiques ( depacote )
    Votre lutte contre la drogue passe peut être par le CBD , une étude Devra confirmer son rôle dans le traitement des addictions aux opiacés .
    Le corps médical s il doit garder un esprit critique doit aussi garder un esprit ouvert et curieux.

    1. Madame, Votre message a retenu toute mon attention ; Voici mes réponses :
      Le CBD, je pense qu’il s’agit du cannabidiol, n’est pas en cause en tant que molécule active car il fait l’objet d’études intéressantes ; Il a l’avantage de ne pas être addictogène et peut être utile dans les épilepsies réfractaires aux traitements habituels (travaux récents).
      En revanche, ce que nous soulignons est que la dose présente dans la préparation indiquée est si faible, inexistante pour l’administration ( dose exonérée) qu’il n’est pas possible de lui accorder une activité. Ce n’est pas la molécule qui est en cause mais la dose. Vous admettrez que lorsque l’on ne retrouve pas la molécule avec les méthodes analytiques classiques, on ne peut en conclure qu’elle est inactive.
      Notre message a deux buts :
      Le premier est de préciser que si cette préparation est en vente libre et n’est pas soumise aux contraintes des substances toxicomanogènes, ce n’est pas un « accroc » à la législation, un passe droit ou autre, c’est parce que la quantité présente est trop faible. La molécule n’est pas en cause encore faut-il qu’elle soit détectable.
      Le deuxième but, vous l’avez deviné, est de dissuader les toxicomanes de l’utiliser car même en avalant toute la boite, ils ne remplaceront pas leur fournisseur habituel !
      J’espère vous convaincre ainsi que j’ai conservé l’esprit critique. L’analyse pharmacologique d’une substance active, c’est le cas, requiert la mesure des effets d’une gamme croissante de doses pour déterminer un seuil d’efficacité, dose active, et aussi souvent un seuil de toxicité, dose toxique. Nous n’en sommes pas là.
      Merci de nous avoir consultés
      Jean-Paul Tillement

  2. Bonjour,
    Si le cannaphytol a simplement un effet placebo et permet de soulager des douleurs qui , elles, sont bien réelles , alors pourquoi pas ! De plus c’est tout bénéfice pour la sécurité sociale ….
    Cordialement.

  3. Bonjour, sincèrement, vous croyez vraiment à un effet placebo, parmi toutes ces personnes qui disent avoir ressenti un bienfait ? Bon alors les témoignages sont faux..
    Vous ne croyez absolument pas que cette huile de cannabis sativa, même à un dosage si faible tel que vous le dites, puisse être active, et que cette gélule cannaphytol proposée puisse être active ??
    Merci.

    1. Merci de votre message, voici mes réponses compte tenu de nouveaux éléments et d’une recherche bibliographique personnelle (disponible éventuellement)
      1-Il est impossible d’affirmer que l’activité d’une préparation est liée à la présence d’une substance que l’on ne peut pas y caractériser de façon significative (moins de 0,3% ). Je note aussi que cette mention a disparu et que l’on évoque (D.Julbert) une huile hyperconcentrée. C’est bien sur
      complètement différent.
      2- Deuxième information nouvelle, l’extrait est débarrassé de ses substances psychogènes et addictogènes. Ce n’est donc plus le cannabis que nous combattons mais une autre préparation.
      Qu’elle soit active est possible, on a identifié dans l’extrait de cannabis, plus de 120 molécules différentes, certaines sont potentiellement intéressantes. Mais alors de quoi parle t-on ? Ce n’est plus la drogue connue sous le nom de cannabis …. Mais un produit différent qui emprunte le même mot sous le vocable « cannabis thérapeutique ».La confusion est évidente entre le cannabis
      thérapeutique qui a une AMM sous le nom de Sativex, qui contient THC et CBD et le cannaphytol qui n’en contient pas. Je pense que l’amalgame entre les deux options est particulièrement fâcheux puisqu’il accrédite et confond deux préparations dont seule l’une contient le THC. Ne nous cachons pas la vérité, il peut faire passer l’un pour l’autre.
      3-La réalité de l’effet placebo. Dans le cas présent, il me parait évident si l’on s’en tient à la concentration procentuelle avancée. Cet effet est bien réel, confirmé par l’observation de nombreux experts. Les témoignages des patients ne sont donc pas faux, je ne les conteste pas mais ils ne sont pas considérés comme des preuves au sens médical du terme, faute d’essais cliniques contrôlés.
      A un moment où l’on envisage de dépénaliser le cannabis, proposer un cannabis thérapeutique qui n’en est plus un mais qui conforte une forme d’acceptabilité du premier est un très mauvais signal
      Professeur JP Tillement

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