Les addicts aux opioïdes ont en effet un risque de décès 5,71 fois plus élevé que des individus en bonne santé

Les personnes dépendantes aux opiacés ont le risque le plus élevé de décès par rapport aux adeptes de l’alcool et autres substances, selon cette étude réalisée par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) du Canada. Publiée dans l’édition en ligne dans la revue Drug and Alcohol Dependence, c’est la plus grande et longue étude nord-américaine jamais réalisée pour comparer les taux de mortalité parmi les usagers des différentes  drogues. Plus de 800.000 personnes hospitalisées pour toxicomanie ont en effet été suivies de 1990 à 2005. De ce groupe de participants, plus de 188 000 sont morts au cours de l’étude.

«Un des objectifs de l’étude était d’examiner si la méthamphétamine représente une menace particulière pour les usagers de drogues, alors que la « meth » est qualifiée de « drogue la plus dangereuse de l’Amérique » raconte le Dr Russell Callaghan, scientifique au CAMH, qui a dirigé l’étude. « Son risque est élevé, mais les opiacés sont associés à un risque encore plus élevé. Nous voulions également comparer les risques de mortalité pour plusieurs médicaments objets d’abus importants ».

Les addicts aux opioïdes ont en effet un risque de décès 5,71 fois plus élevé que des individus en bonne santé du même âge, sexe et race.

  • ·         Les consommateurs réguliers de méthamphétamine arrivent ensuite, avec un risque 4,67 fois plus élevé,
  • ·         Puis les fumeurs de cannabis (3,85),
  • ·         Les consommateurs d’alcool (3,83)
  • ·         De cocaïne (2,96).

Les résultats signifient que, lorsque 10 personnes meurent en population générale, sur la même période, 57 décès sont constatés chez des personnes dépendantes aux opiacés, qui comprennent les opioïdes d’ordonnance et l’héroïne.

En valeur absolue, c’est l’alcoolisme qui est le plus meurtrier ou liée au plus grand nombre de décès.

  • ·         Ainsi, la dépendance à l’alcool est responsable de 166.482 décès sur 582.771 hospitalisations au cours de l’étude.
  • ·         Dans le groupe méthamphétamine, les chercheurs recensent 4.122 décès sur 74.139 hospitalisations,
  • ·         et pour les opiacés, 12.196 décès sur 67.104 hospitalisations.

Les causes spécifiques de mortalité n’ayant pas été examinées, les décès ne peuvent pas être directement liés à la drogue, cependant les données portaient sur des usagers de drogues, hospitalisés pour dépendance, précise le Dr Stephen Kish, le co-auteur  et chercheur au CAMH.

« Un résultat surprenant est le taux élevé de décès parmi les usagers de cannabis», explique le Dr Callaghan. « Il pourrait y avoir de nombreuses raisons possibles, dont des maladies chroniques comme des troubles psychiatriques qui peuvent également accroître le risque de décès ». Les résultats mettent en évidence l’importance d’interventions brèves pour les personnes recevant des soins médicaux pour toxicomanie et d’actions de prévention des autres risques connexes, tels que les maladies infectieuses ou les blessures. Source

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