L’effarant retour du débat sur la légalisation du cannabis

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Avec les élections à venir, les libertaires de service relancent le débat sur la libéralisation du cannabis, en évoquant la lutte contre les trafics, comme l’ont fait quelques Marseillais. Pourtant, plus le temps passe, plus des preuves solides démontrent la folie d’une telle idée, entre les dommages faits à la santé ou l’évolution de la situation dans les pays qui légalisent depuis quelques années.

La légalisation : une démission libertaire mortelle

Bien sûr, l’argument de la lutte contre les trafics peut sembler intéressant. Mais, d’abord, les trafics peuvent aussi porter sur d’autres drogues, et le cannabis légalisé, ils ajusteraient juste leur portefeuille de produits toxiques. Pire, à moins que cette légalisation concerne absolument tout type de cannabis, s’il y avait, assez logiquement, des normes de composition, alors, le trafic se déplacerait vers du cannabis plus fort que celui non autorisé.

En clair, l’argument de la réduction des trafics est totalement bancal. Et puis, après le cannabis, l’héroïne, la cocaïne ? Bien sûr, beaucoup en consomment, mais ne risque-t-on pas d’en avoir encore plus qui le feront si on légalise sa consommation  ?
Qui plus est, cela pose un immense problème de santé publique. Bien des études ont démontré l’effet dévastateur du cannabis, sur le QI, la croissance ou la propension à développer des maladies mentales. Le cas des Etats-Unis est particulièrement parlant, puisque la légalisation avance, avec plus de la moitié des Etats qui en acceptent l’usage médical et un nombre grandissant l’usage récréatif. Mais au Colorado, elle a été suivie par une augmentation de la délinquance de 15%, relativisant les arguments de ceux qui disent que cela permet de combattre les trafics… Mais il y a un argument fatal pour la légalisation du cannabis, qui est l’impact sur la consommation de drogues dures et les overdoses.
En effet, comme le rapporte The Economist, la légalisation progressive outre-Atlantique s’accompagne d’une hausse de la consommation : 13% de la population globale contre 11% en 2010, et 20% dans les Etats qui l’ont autorisé. Problème, le nombre d’overdoses s’est aussi envolé, de 10 000 en 2005 à plus de 40 000 aujourd’hui, avec une envolée des décès dus à l’usage de l’héroïne et des opioïdes synthétiques à usage médical, passés de 6 000 en 2010 à environ 23 000 en 2015. Tout ceci semble indiquer que la légalisation du cannabis favorise la croissance de la consommation des drogues dures, avec son cortège funèbre : aux Etats-Unis, on meurt plus par overdose que par accident de la route.
Cela est confirmé à l’échelle européenne. L’ancienne Tchécoslovaquie est intéressante puisque la Slovaquie continue à interdire le cannabis, alors que la République Tchèque a adopté une attitude plus laxiste. Résultat : 27,9% des 15-64 ans consomment du cannabis dans la seconde, contre 10,5% dans la première. Et cela semble aussi favoriser la consommation des drogues dures, 2 à 5 fois plus importante en République Tchèque. Paradoxalement, cela ne semble pas avoir d’effet sur le nombre d’overdose, alors qu’ailleurs, le lien semble clair : le modèle français d’interdiction du cannabis, c’est aussi un peu plus de 300 morts par overdose par an, bien moins que chez nos voisins plus laxistes.
Bien évidemment, une partie de la gauche va défendre la légalisation. Mais les arguments avancés sont infirmés par la réalité : légaliser le cannabis, c’est la porte ouverte à des drogues plus dures, plus de morts par overdose, des conséquences néfastes pour la santé sans réduire les trafics. N’y-a-t-il pas qu’un esprit ultra-libertaire pour vouloir légaliser une substance aussi dangereuse ?
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