Non aux salles de « shoot » ! ( Maire de Charenton)

Pavé dans la mare ou coup d’épée dans l’eau, la Ministre Marisol Touraine a remis le sujet des salles d’injections supervisées sur le tapis en annonçant sa volonté de lancer des expérimentations avant la fin de l’année.

Avant elle, en 2010, François Fillon, alors premier ministre, avait jugé ces structures, que nous connaissons tous sous le nom de « salles de shoot », « ni utiles, ni souhaitables ».

« Inutiles » car notre pays propose déjà aux toxicomanes un système de prise en charge. Mis en place depuis une vingtaine d’années et soutenu par les gouvernements de gauche comme de droite, ces 200 établissements présentent des résultats probants vis-à-vis de la prévention du VIH, des overdoses, etc. Qu’en est-il, a contrario, des salles de shoot installées dans une dizaine de pays ? Les résultats n’engendrent que controverses ; et que doit-on conclure du fait qu’il n’existe de par le monde que 80 structures ? Ne sommes-nous pas en droit de penser que si leur influence était si miraculeuse, elles auraient été dans une bien plus large mesure développées ?

« Non souhaitables » parce que même si les défenseurs des salles de shoot sont assurément bardés de bonnes intentions envers les toxicomanes, ce type de structure, en offrant un usage confortable de la drogue, au mieux retarde le sevrage de la personne sous emprise de la drogue, au pire peut encourager la consommation de stupéfiants y compris chez de nouveaux usagers. Par ailleurs, je ne partage pas le sentiment de certains qui pensent que ces structures pourraient sécuriser les quartiers. Au contraire, leur implantation, si elle se révèle fixe, aura pour seul effet de stigmatiser des quartiers entiers, d’attirer les délinquants qui vivent de ces trafics, de déclencher des hostilités et de générer des troubles à l’ordre public.

Pour ma part, j’ajouterai que ces établissements sont « incohérents » avec l’éthique et la loi françaises. On ne peut donc sans ciller accepter que notre Etat interdise les stupéfiants tout en acceptant que l’on se drogue sous contrôle. Aux yeux de la loi, cela revient à faire de notre pays un complice pour usage de stupéfiants. Aux yeux de la morale, la France abandonne sa vocation à sortir les toxicomanes de la drogue pour, au contraire, les aider à se droguer… mais correctement s’il vous plait ! Pourquoi, dans ces conditions, ne pas aller encore plus loin dans l’absurdité et charger notre pays de fournir de la « bonne » sous couvert de protéger les consommateurs des drogues de mauvaise qualité mises sur le marché ? En tant que pharmacien, je délivrais des seringues ; seront-elles maintenant pré-remplies ? Pourquoi, enfin, comme le demandent déjà des associations et certains politiques, ne pas banaliser l’usage de la drogue et en demander la dépénalisation ?

De tout cela, nous n’en voulons pas pour nos enfants et pour notre pays.

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