L’Editorial du Professeur Tillement

Une addiction cannabique, cause d’un drame familial

C’est au départ un enfant très ouvert, brillant, intelligent et sportif  jusqu’à sa rencontre avec une bande de « copains » qui l’entraine dans la drogue en l’occurrence le cannabis. Il n’en sortira jamais. Jeune  homme, dépendant du cannabis depuis l’adolescence, il est réfractaire à toutes les tentatives de désintoxication malgré les pressions familiales et de multiples mises en garde. Hospitalisé pour une nouvelle cure, il  profite de la liberté offerte en fin de semaine (permission de sortie) pour renouer ses anciens contacts et retrouver sa drogue. Des manifestations caractéristiques de la schizophrénie  apparaissent: lors d’une nouvelle permission,  au cours d’un accès aigu, il tue  un des ses parents et  blesse grièvement l’autre.

Ce drame récent devrait faire réfléchir les adeptes de la dépénalisation du cannabis. Dans cette circonstance, comme dans maintes autres tristement similaires, le rôle du cannabis, totalement destructeur, est clairement établi.

Après plusieurs années de prises continues, l’accumulation du tétrahydrocannabinol (THC) est considérable et son élimination est très lente, C’est une singularité de cette drogue. Ses effets sont dose-dépendants, cumulatifs et, bien sûr, d’autant plus intenses que

l’imprégnation est plus grande. C’est l’explication de l’émergence des expressions schizophréniques. Cette schizophrénie était peut-être latente (gènes de susceptibilité) révélée alors par le cannabis ; mais elle pouvait également survenir en l’absence  d’une vulnérabilité d’origine génétique. Comment s’étonner d’ailleurs qu’une drogue qui induit délire et hallucinations, ces manifestations fondamentales de la schizophrénie, puisse déclencher de novo ou révéler cette affection. On doit rappeler aussi que les plants de cannabis actuels produisent 5 à 10 fois plus de THC  que ceux cultivés jadis, ce qui fait qu’à doses égales supposées, les quantités de THC absorbées  n’ont cessé de croitre.

Le cannabis est une drogue pas douce du tout, une drogue lente. Sa dépénalisation n’aurait pour effet que d’en faciliter l’accès, et d’accroitre le nombre de  ses consommateurs et les quantités consommées. La solution, la seule, la vraie, est de maintenir l’interdit, de le faire respecter, et d’expliquer cette interdiction à la lumière d’un tel exemple ; enfin, d’assurer une prise en charge médicale de ses consommateurs

Jean-Paul Tillement

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Une réflexion au sujet de « L’Editorial du Professeur Tillement »

  1. « Les premières lignes de cet éditorial me rappellent l’histoire de mon fils Lionel, dont j’ai retracé le parcours dans mon dernier livre « Chemins d’errance ».

    J’aurais pu écrire moi aussi qu’il était un ado « très ouvert, brillant, intelligent et sportif jusqu’à sa rencontre avec une bande de « copains » qui l’entraine dans la drogue en l’occurrence le cannabis ».

    La suite est tragique aussi puisqu’il est mort il y a bientôt 5 ans après 20 ans de galère liées à la drogue.

    Parmi ses galères, il y a eu et la prison et l’hôpital psychiatrique où j’ai entendu parler de schizophrénie. Or j’affirme qu’avant ses premiers joints mon fils n’avait montré aucun signe de maladie mentale.

    Les hallucinations sont venues après.

    Maintenant qu’est venu pour moi le temps de faire de la prévention et de l’aide aux familles, j’entends se répéter toujours le même scénario. Toutes les semaines, une ou deux familles m’appellent au secours !

    Oui le cannabis est une drogue dangereuse.

    Oui, elle pourrit la vie du jeune et de sa famille.

    Oui le danger existe de passer d’une consommation dite « festive » à une dépendance dévastatrice. Il suffit pour cela d’un événement douloureux pour l’ado, et le cannabis devient alors un médicament qu’il s’auto- administre.

    Mettre ce produit en libre-service, ce n’est certainement pas dans l’intérêt de nos jeunes !

    Sophie Daoût

    http://www.jeunessesansdrogue.net

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