À Béziers, Ménard propose aux parents des tests salivaires pour détecter le cannabis

Les quatre maisons de quartier de la ville les mettent à disposition de manière gratuite et anonyme. Une mesure diversement appréciée que le maire voit comme un moyen de favoriser le dialogue entre les jeunes et leurs parents.

Robert Ménard, habitué des coups d’éclat, a un nouveau cheval de bataille: la lutte contre la consommation de cannabis. Le maire de Béziers (Hérault) vient de lancer une campagne d’affichage sur le sujet. «Vous pensez que votre ado se drogue?», interrogent les affiches. Désormais, des «tests gratuits et anonymes» sont disponibles pour les parents dans les quatre maisons de quartier que compte la commune. Près de 400 ont été achetés par la municipalité pour la somme de 5000 €.

«Une perche tendue à un dialogue», résume Robert Ménard, contacté par Le Figaro. L’édile, qui «préfère les tests aux salles de shoot», est enthousiaste: «Essayons et voyons ce que cela donne.» Une fois le test récupéré dans une maison de quartier, une personne expliquera aux parents comment s’y prendre et leur donneront les coordonnées d’associations ou professionnels de la santé à contacter, si le test s’avère positif. Une manière, selon le maire, de renouer le dialogue entre les enfants et leurs parents. «Le rôle des parents ne doit pas être minimisé», insiste Robert Ménard.

Tentative en Ile-de-France

L’enthousiasme du maire n’est pas forcément partagé par les habitants de Béziers. Interrogés par France Bleu Hérault, certains jeunes trouvent que la mesure peut «rassurer les parents», mais d’autres y voient «un flicage». Même son de cloche chez des parents qui s’interrogent sur le rôle de la mairie dans ce qui relève de l’intimité d’une famille.

Dans les rangs de l’opposition municipale, les dents grincent. «Il s’agit de frapper un coup, d’essayer d’occuper le terrain», commente Jean-Michel Du Plaa, conseiller municipal socialiste, contacté par Le Figaro. Une énième provocation après le projet de référendum concernant l’accueil des migrants ou l’idée d’un test ADN sur les déjections canines. «Cela risque de générer des tensions inter-familiales», avertit l’élu au sujet de ces tests. «La véritable question c’est: qu’est-ce que les parents font une fois que l’on détecte la consommation de cannabis?» Selon Jean-Michel Du Plaa, au lieu de traiter les adolescents qui fument des joints comme des héroïnomanes, il faudrait mobiliser «le réseau de professionnels de santé médico-sociale» qui existe déjà à Béziers. Et non être dans la surenchère médiatique.

L’an dernier, Valérie Pécresse avait tenté d’instaurer des tests salivaires de dépistage de drogue dans les lycées d’Ile-de-France. La présidente de la région envisageait d’accompagner les établissements volontaires dans cette démarche. Le lycéen ne pouvait refuser le test, sous peine de se voir imposer un résultat positif. La famille du lycéen recevait les résultats par voie postale, tandis que la direction obtenait les données de manière anonyme, permettant par la suite de prendre des mesures. Par exemple, les forces de police pouvaient se déployer aux abords du lycée afin de stopper les trafics, si la proportion de tests positifs était jugée importante. Une mesure plébiscitée par la majorité de droite au conseil régional qui a voté son financement au printemps 2016. Mais, en juillet, l’État a opposé une fin de non-recevoir. Pour le préfet d’Ile-de-France, la région outrepassait ses compétences.

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