Plus vous commencez tôt à fumer du cannabis, moins vous ferez d’études

Les consommateurs précoces de cannabis ont plus de probabilité de ne pas dépasser le baccalauréat par rapport aux non-fumeurs, révèle une étude menée par l’Inserm et publiée ce jeudi 18 mai dans une revue scientifique.

Les chercheurs de l’Inserm ont cherché à découvrir une éventuelle relation causale entre la consommation de cannabis commencée avant 17 ans et le niveau d’étude atteint. Ils l’ont trouvé. Les résultats de leur étude, portant sur 1.100 personnes âgées de 25 à 35 ans, ont été publiés ce jeudi dans la revue International Journal of Epidemiology.

Des études similaires existent déjà. Quelle est la particularité de celle-ci? Les chercheurs ont tenu compte des caractéristiques familiales et des difficultés psychologiques et scolaires.

S’ARRÊTER AU BACCALAURÉAT

Les personnes ayant commencé à fumer du cannabis avant 17 ans ont une probabilité plus élevée de pas dépasser le baccalauréat, alerte l’étude. Ils ont pris en compte l’âge et le sexe des participants, par rapport aux non-consommateurs de cannabis.

Les résultats restent significatifs en incluant les caractéristiques individuelles et familiales susceptibles de prédire l’initiation précoce du cannabis. « La consommation précoce de cannabis peut donc induire des difficultés scolaires, se traduisant à terme par un niveau d’études inférieur à celui obtenu par des jeunes non consommateurs, et ceci quel que soit le milieu social considérées, les difficultés psychologique ou scolaires des jeunes », analysent Maria Melchior, directrice de recherche Inserm, et ses co-auteurs.

« Les mécanismes par lesquels la consommation de cannabis à un âge précoce affecte le devenir scolaire peuvent avoir trait à la baisse de la motivation, aux problèmes de mémorisation et de concentration, entre autres », justifient les chercheurs.

RISQUE PLUS IMPORTANT POUR LES FILLES

Plus les élèves fument tôt dans leur adolescence, plus le danger est élevé pour leur poursuite d’étude. Et ce risque est plus important chez les filles que chez les garçons. 

« Dans un contexte où en France un collégien sur dix (un sur cinq en 3ème) et près d’un lycéen sur deux a déjà expérimenté le cannabis, le recul de l’âge d’initiation de l’usage de ce produit est un objectif de santé publique majeur« , estiment les chercheurs.

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