Le cannabis, facteur de risque de l’AVC chez le jeune adulte

Le cannabis provoque des anomalies des vaisseaux intracérébraux qui pourraient souvent être à l’origine de l’accident vasculaire cérébral chez les moins de 55 ans.

Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe

Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe (51,4 millions d’hommes et 32,4 millions de femmes y ont goûté au moins une fois).

Bien qu’ils ne représentent qu’une faible partie (10%) des accidents vasculaires cérébraux totaux, en 20 ans, les AVC chez le sujet jeune – moins de 55 ans – ont augmenté de 25 %. Avec des conséquences dramatiques en terme de vie professionnelle ou sociale. Fait troublant : souvent, aucune cause n’est établie formellement. Le Dr Valérie Wolff, responsable de l’unité neurovasculaire des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, en a conclu que certains facteurs de risque ne devaient pas être suffisamment recherchés. Zoom sur ses travaux à l’occasion de la Journée Mondiale de l’AVC qui aura lieu le 29 octobre 2017, et pour laquelle Sciences et Avenir est associée à la Société Française Neurovasculaire dans le cadre de sa campagne de sensibilisation du grand public sur la prévention.

Un rétrécissement des vaisseaux réversible

Son équipe a donc décidé de réaliser une étude sur tous les sujets jeunes qui avaient eu un AVC et étaient pris en charge par l’unité neurovasculaire de Strasbourg. Les résultats, publiés en 2011 dans la revue Stroke, ont montré que, sur 48 jeunes, 13 étaient consommateurs de cannabis et 10 d’entre eux présentaient des anomalies des vaisseaux intracérébraux. Concrètement, il s’agissait d’un effet de vasoconstriction, c’est-à-dire un rétrécissement de la lumière des vaisseaux. Avec une particularité peu commune : cette vasoconstriction était réversible 3 à 6 mois après l’arrêt de la consommation. Par exemple, le tabac, facteur de risque avéré, entraîne la formation de plaques d’athérome sur les vaisseaux de gros calibre (dépôt de lipides et de fibrose dans la paroi de l’artère). Cela peut aboutir à une obstruction de l’artère puis à une défaillance de la circulation sanguine appelée AVC ischémique*. Le mécanisme est similaire mais cela n’est pas réversible. Les chercheurs s’interrogent encore sur l’effet spécifique joué par le cannabis sur la paroi.

*Il existe deux types d’AVC : les AVC ischémiques (80 %) liés à une occlusion d’une artère et les AVC hémorragiques (20 %) dus à la rupture d’une artère.

Pour le médecin, la prévention est fondamentale. En effet, le cannabis est la première drogue consommée dans le monde. En France, 1,2 millions de personnes en prennent régulièrement et 550 000 quotidiennement. « Le cannabis est à l’origine de complications cérébrales et cardiaques« , explique-t-elle. « Il devrait systématiquement être recherché à l’interrogatoire en cas d’AVC en particulier chez le sujet jeune« .

THC. En attendant, un protocole de recherche clinique, concernant l’inter-région de l’Est de la France, pour confirmer le lien entre la consommation de cette drogue et la survenue d’AVC chez les jeunes adultes a été validé. Et l’équipe strasbourgeoise va également évaluer des jeunes sains – qui n’ont pas fait d’AVC donc – consommateurs de cannabis afin de voir si les rétrécissements des vaisseaux intracérébraux sont également présents. A noter que les cannabinoïdes de synthèse, en vente libre aux Etats-Unis, auraient les mêmes effets que le cannabis naturel. « Commercialisés en 2011 aux Etats-Unis, les cannabinoïdes synthétiques sont la 2e drogue la plus utilisée par les jeunes. Il y a eu treize cas rapportés d’AVC« , alarme le Dr Wolff. Le médecin souligne également que les anomalies retrouvées concernaient les patients consommateurs de résine de cannabis dans l’étude, contrairement aux consommateurs d’herbe. Pourquoi cette différence ? Le taux de THC qui est beaucoup plus important dans la résine (20% vs 1 à 2 %) ? Les autres produits utilisés pour « couper » la résine ? « Nous travaillons actuellement sur un modèle animal pour savoir si c’est le THC ou d’autres produits annexes qui sont responsables des sténoses« , explique Valérie Wolff.

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