Drogue : un vaccin contre la dépendance à l’héroïne donne des résultats prometteurs

Ceci pourrait être une avancée majeure dans le sevrage de la toxicomanie.

L’institut de recherche Scripps (TSRI) a récemment publié les résultats prometteurs qu’ont donné les premiers tests sur des rats d’un vaccin qui soignerait la dépendance à l’héroïne.

Créer un vaccin qui lutterait contre la dépendance à l’héroïne en l’empêchant d’arriver au cerveau, c’est le pari du professeur Kim Janda du TSRI et de son équipe en Californie. Publiée en ligne dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, la technique qui a montré des résultats prometteurs pourraient arriver à l’homme prochainement. En 1980, plusieurs pays avaient mis en place une prise en charge massive des personnes atteintes de toxicomanie par le biais de kits à usage unique notamment.

Aujourd’hui, néanmoins, les scientifiques ont ouvert la voie à la possibilité d’éradiquer toute envie de continuer à consommer de la drogue chez les patients.

Le vaccin en question cible principalement l’héroïne et la morphine qui provoquent une forte accoutumance et un manque brutal lié à l’arrêt. A terme, la consommation d’héroïne entraîne un ralentissement du rythme cardiaque ainsi qu’une baisse de l’amplitude respiratoire ou encore des insomnies.

Des rats drogués comme cobayes

La trouvaille des chercheurs a d’abord été testée sur des rats de laboratoire et a conduit à de bons résultats. Ainsi, les rats accoutumés à l’héroïne et ayant l’habitude de se jeter dessus après une période de sevrage, ne montraient aucun signe d’impatience quant à la reprise de stupéfiants avec le vaccin. Mais la préparation de ces injections s’est avérée difficile étant donné que les drogues se désintègrent de manière rapide dans le sang.

« L’héroïne se métabolise très vite et se transforme en une substance appelée 6-acetylmorphine qui va dans le cerveau et provoque la plupart des effets de la drogue » rapporte Kim Janda cité par l’AFP. De plus les molécules de l’héroïne sont trop petites pour stimuler seules le système immunitaire, aussi, il a fallu y accrocher les fragments de ces molécules à des protéines plus imposantes et susceptibles de faire réagir le système immunitaire.

« Ce vaccin sera administré aux héroïnomanes avec d’autres traitements » indique Joel Schlosburg, co-auteur du projet qui souligne que cette découverte est un réel espoir dans la lutte contre la toxicomanie chez l’humain.

Les « autres traitements »

Aujourd’hui les traitements servant pour la plupart à sevrer reposent surtout sur des séjours résidentiels ou encore des hospitalisations avec des programmes spécifiques. Le tout souvent accompagné de la prise orale d’opiacés (substances dérivées de l’opium et entraînant une dépendance) comme la méthadone ou encore la buprénorphine.

La prise d’héroïne entraîne une diminution de la production d’endomorphine, créant le manque physique quand le corps recherche cette hormone. Il s’agit aujourd’hui de trouver comment empêcher la drogue de circuler jusqu’au cerveau tout en satisfaisant les besoins que le corps développe.

Un vaccin contre la dépendance à la cocaïne et la nicotine est actuellement testé en essai clinique. Les scientifiques planchent également sur un traitement contre l’accoutumance à la méthamphétamine, drogue de synthèse très addictive et provoquant stimulation mentale et euphorie.

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