21 % des accidents mortels sur la route liés à la drogue

Le cannabis est la plus consommée, mais la cocaïne progresse notamment chez les routiers.

De plus en plus d’automobilistes conduisent sous l’emprise de stupéfiants, et leur nombre est probablement sous-estimé. Sans atteindre toutefois les ravages créés par l’alcool, la drogue a été impliquée dans 21 % des accidents mortels en 2013, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). L’alcool, la même année, était présent dans 30 % de ces accidents.

En 2012, 531 personnes ont été tuées alors qu’au moins un des conducteurs en cause présentait un test positif aux stupéfiants, soit 32 de plus qu’en 2011. «Ce nombre est en réalité plus important, indique le bilan 2012 de l’accidentalité réalisé par l’ONISR. Dans 38 % des accidents mortels, le résultat du test (toxicologique) n’est pas enregistré.» Un déficit de connaissance dû à la complexité des analyses: «Il est en effet beaucoup plus long et onéreux de chercher la drogue que de chercher l’alcoolémie», explique le professeur Claude Got, auteur La Violence routière. Des mensonges qui tuent. Ces contrôles coûtent cher: en plus des tests salivaires réalisés au bord de la route, à 12 euros l’unité s’ajoutent les frais d’analyse. En cas de test positif, une prise de sang est obligatoire pour vérifier le premier résultat. Ces analyses toxicologiques, dont le prix ne peut dépasser 450 euros, doivent toutefois être remboursées par l’automobiliste s’il est en tort.

Les prix de la cocaïne ont chuté drastiquement ces dix dernières années en France
Dans 9 cas sur 10, le produit stupéfiant consommé est du cannabis, selon la dernière grande étude sur la consommation de stupéfiants au volant, l’enquête SAM, qui fait office de référence dans le domaine. Ces expertises datent néanmoins de 2003, et les consommations de drogue ont considérablement évolué ces dix dernières années.

Les bilans de l’ONISR ne fournissant pas le détail des types de stupéfiants détectés, il faut se fier à la parole des professionnels. «Nous voyons notamment se développer la conduite sous l’emprise de la cocaïne», indique Charles Mercier-Guyon, médecin, secrétaire du comité médical de l’association Prévention routière. Les risques ne sont pas les mêmes: «conduire après avoir fumé du cannabis double le risque d’être responsable d’un accident mortel, après avoir pris de la cocaïne le multiplie par 8 environ», poursuit Claude Got.

Excitante et euphorisante, la cocaïne va donner l’illusion à celui qui en a pris de très bien conduire. Ces estimations sont «évidemment» à mettre en lien avec la quantité de produit consommé. Les prix de la cocaïne ont chuté drastiquement ces dix dernières années: alors qu’il coûtait l’équivalent de 150 euros en 1990, le gramme de cocaïne coûte aujourd’hui 60 euros, selon les derniers chiffres publiés par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies.

Ainsi, un médecin agréé auprès des commissions médicales pour la réattribution du permis de conduire en Haute-Savoie témoigne: «Avant, on se retrouvait face à deux cas de conducteurs sous cocaïne tous les ans. Maintenant, ce sont deux par mois!» Auparavant réservée aux plus aisés, la cocaïne touche tous les milieux. «Certains chauffeurs routiers en consomment comme un produit dopant, afin de pouvoir rester éveillé toute la nuit sur la route.

En Australie, les amphétamines et la cocaïne sont les drogues les plus consommées par les routiers», poursuit Charles Mercier-Guyon. L’enquête dira si le conducteur du poids lourd responsable d’un récent accident dans la Meuse, contrôlé positif à la cocaïne, avait ce profil de «dopé». Source

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