Cannabis : un THC plus élevé mais « pas d’addiction plus forte »

Le cannabis, ou résine de cannabis, fait fureur chez les 18-25 ans, avec tous les risques que cela impliquent. D’autant que la teneur en THC a quasiment doublé en dix ans.

cannabis

En France, près de 10 % des jeunes de 18 à 25 ans seraient des consommateurs réguliers de cannabis.Photo : SINTESI/SIPA

Alors qu’on estime qu’environ 10 % des jeunes entre 18 et 25 ans consomment régulièrement du cannabis, une étude de l’Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée fin septembre alerte sur la présence sur le marché français de drogues non seulement plus chères, mais aussi et surtout plus pures. Comprendre par là que le taux de présence de THC, la substance psychoactive du cannabis, est beaucoup plus élevé qu’il y a dix ans : 16 % aujourd’hui contre 12 % auparavant, selon des chiffres de l’Institut national de la police scientifique (INPS) publiés par l’OFDT.

Avec les risques accrus que cela comporte : « plus le THC est élevé, plus il y a de risques », explique fort le docteur Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif. Et de citer les complications possibles : problèmes cérébraux, cardiovasculaires, infarctus et, sur le plan psychologique, risque de dépression, de décompression schizophrénique, etc. « Ces états délirants sont des états de pharmacopsychose cannabique, poursuit le docteur Karila. Bien sûr, ce sont des cas extrêmes, et personne n’est égale devant les drogues. Chacun peut réagir de manière très différente ».

« Le vrai problème c’est la santé publique »

Un discours alarmiste ? Pas forcément : l’auteur de « Accro ! », un ouvrage sur les comportements addictifs sorti en février 2013, nuance son propos : « Il n’y a pas automatiquement une addiction plus forte du fait de cette teneur élevée en THC. D’ailleurs le taux de consultation [ndlr : en addictologie] reste globalement stable ». L’addictologue précise qu’ « il ne faut pas non plus généraliser ni diaboliser, tout le monde ne va pas devenir dépendant ».

Il se positionne d’ailleurs pour un encadrement législatif de la consommation de cannabis (autrement dit pour une dépénalisation) et se dit « à mille pour cent pour le cannabis thérapeutique« , consommé pour soulager des pathologies incurables, mais qui ne fait pour l’instant pas consensus en France. Toujours est-il que, pour l’heure, « le vrai problème c’est la santé publique », conclut le docteur Karila. Et les jeunes sont bien sûr en première ligne.

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