Quand le CNPERT est consulté, que reste-t-il de la consultation ?

Cet hebdomadaire, Paris-Match,  a interrogé notre Président sur le dossier cannabis et ses méfaits.

Peut-être certains d’entre vous ont lu l’article correspondant: il est édifiant de désinformation et prouve encore s’il en était besoin que son auteur est le turiféraire de la dépénalisation du cannabis et n’entend rien à nos arguments et de façon plus générale à la médecine.

Aussi me semble t-il indispensable de communiquer à nos lecteurs la lettre de Jean Costentin dans la rubrique actualités en souhaitant qu’elle soit diffusée par chacun d’entre nous

( Cliquez sur lettre paris match pour communiquer cette lettre à votre carnet d’adresses ou donnez l’adresse : http://DrogAddiction.com)

JP Tillement

———————————

Docteur Jean Costentin

  • Professeur émérite de pharmacologie
  • Président  du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Rouen le 20 novembre 2013

à  Monsieur le Rédacteur de chef de Paris Match

Monsieur

Je viens par la présente vous exprimer ma surprise et ma désapprobation quant à la façon dont votre journal vient de traiter du cannabis en tant que médicament.

J’avais adressé, à sa demande, au rédacteur de cet article (R. Zarzavatdjian) (téléchargez Paris Match Article Cannabis 19 11 13), qui m’avait contacté au titre de spécialiste de cette drogue, un dossier d’une vingtaine de pages, établissant pourquoi le cannabis (la plante ou sa résine) et son principe actif majeur, le tétrahydrocannabinol (THC), ne devraient être admis comme médicaments.

Aucun des arguments majeurs et nombreux que rassemblait ce texte n’a été évoqué dans les 4 pages de son article. L’auteur s’est livré à un tri très sélectif des informations et des informateurs dont il disposait, afin de composer un véritable hymne au cannabis. Cette façon de faire est indigne d’un journaliste, du moins dans l’idée que je m’en fais, et de la tonalité habituellement ouverte de votre hebdomadaire.

Depuis 1953, où l’usage thérapeutique du cannabis a été interdit, les données sur sa toxicité se sont multipliées et affermies. A aucun moment elles ne sont évoquées. A l’heure où l’on retire de la pharmacopée des médicaments anciens qui, au fil du temps, ont vu leurs rapports bénéfices / risques s’amenuiser, on s’apprêterait à y introduire le cannabis dont on sait d’emblée l’épouvantable rapport bénéfices / risques.

Votre journal se prête à une opération médiatique visant à forcer la main des experts des commissions et de la ministre, impliqués dans l’autorisation de mise sur le marché de nouveaux médicaments (à l’agence nationale de sécurité du médicament = ANSM) (sécurité, vous avez bien lu).

Dans un communiqué intitulé « Le cannabis, un faux médicament, une vraie drogue », l’académie nationale de Médecine, qui compte en son sein les meilleurs cliniciens, pharmacologues, toxicologues français, a exprimé son opposition à l’apparition du cannabis en thérapeutique. Il est malencontreux que monsieur Zarzatdjian n’en ait interrogé aucun.

Le subterfuge qui consiste à promouvoir le cannabis comme médicament, s’apparente à la stratégie du cheval de Troie, pour le faire entrer dans la cité. Il s’exprime simultanément au dépôt synchronisé dans les préfectures de statuts de « cannabis social clubs » ; à des déclarations de ministres et d’autre personnalités politiques (V. Peillon, C. Duflot, D. Vaillant, J.-M. Baylet…) en faveur de la dépénalisation, puis de la légalisation du cannabis.

Au titre de président du CNPERT, j’exprime la demande que votre journal, dans le souci d’une information équilibrée sur ce sujet, important et grave, me permette d’exprimer, en la justifiant au regard des critères qui qualifient un médicament, une opinion totalement opposée à celle développée dans cet article.

Dans l’attente de votre réponse, je vous exprime, Monsieur le rédacteur en chef, mes meilleures et respectueuses salutations.

Pr. J. Costentin,

  • Docteur en médecine,
  • Pharmacien,
  • Docteur ès Sciences,
  • Professeur émérite de Pharmacologie
  • Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie C.N.R.S. (1984-2008)
  • Directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011),
  • Membre titulaire des académies nationales de Médecine et de Pharmacie
Publicités

One Reply to “Quand le CNPERT est consulté, que reste-t-il de la consultation ?”

  1. Merci de votre combat, ils veulent vraiment détruire toute notre jeunesse !

    > Catherine David-Marescot > Consultante en Ressources Humaines > AGRACOR > LD : 06 16 39 77 22 > Fax : 09 55 67 64 85 > Email : Agracor@free.fr

Commentaires fermés