Avis de l’Académie nationale de Pharmacie

L’Académie nationale de Pharmacie, ayant pris connaissance du projet ministériel d’expérimentation de salles de consommation contrôlée de drogues, a demandé à sa Commission des Substances vénéneuses et des Dopants d’analyser ce projet et de donner son avis qui a été adopté par le Conseil du 12 février 2014 et qui est présenté en séance plénière de l’Académie le 19 février 2014.

considérant :
– l’absence de garantie de qualité, d’identité et d’asepsie des produits injectés (« drogues de rue »),
– l’objectif qui est de venir en aide à ces patients et non d’entretenir leurs addictions,
– la non garantie d’éviter les contaminations par le VIH ou le VHC, la majorité des patients étant le plus souvent déjà contaminés,
– l’effet limité sur leur réinsertion dans le circuit sanitaire,
– l’absence de données concernant la responsabilité des médecins et des pouvoirs publics en cas de complication médicale ou d’actes délictueux commis sous l’emprise de la drogue injectée (accidents de la route, par exemple),
– l’absence de rigueur méthodologique et de critères d’évaluation de l’expérimentation envisagée,
– les rares études plutôt favorables à ce genre d’expérimentation concernant l’usage d’héroïne médicinale et non celui de « drogues de la rue » comme dans le cas présent,
– l’exemple de certains pays comme la Suède qui ont supprimé les salles d’injection en raison de leurs résultats peu convaincants,
– le nombre de centres de soins pour toxicomanes existant en France, avec 170 000 patients sous traitement substitutif,
– l’absence de concertation avec le monde médical et pharmaceutique à la recherche d’un consensus,

l’Académie nationale de Pharmacie émet un avis défavorable à l’expérimentation de salles d’injection contrôlée de « drogues de rue » telle qu’elle est actuellement définie dans le projet, et demande, pour une plus grande sécurité des patients, un renforcement des moyens alloués aux centres de soins pour toxicomanes et aux unités d’addictologie

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