Les Poppers par Pierre Delaveau

poppersRush, Jolt, Locker Room ou Jack Hammer…

Commercialisés sous des appellations diverses, les poppers sont lancés sous une  étroite surveillance en France.

Leurs conséquences sur la santé (cardiaque, respiratoire et même visuelle…) sont loin d’être anodines.

La Revue Prescrire relaie une étude réalisée par les Centres Antipoison et de Toxicovigilance français, une publication qui intervient alors même que la consommation de ces produits connaît une forte augmentation en France.

De quoi s’agit-il ? Les poppers sont des préparations liquides, volatiles à température ambiante et contenant des nitrites d’amyle en solution dans des solvants.

Ces substances produisent des vapeurs d’oxyde nitrique (NO) que les usagers inhalent, à la recherche d’effets euphorisants, désinhibants et sexuellement stimulants. Leur action est très rapide – de l’ordre de 15 secondes – et brève (10-15 minutes).

Sur le plan législatif, la vente de poppers avait d’abord été interdite par un décret de novembre 2007. Ce texte a toutefois été annulé par le Conseil d’Etat, en mai 2009. « L’objet de ce décret (avait été) jugé excessif et disproportionné au regard des risques que représentait la commercialisation de ces produits pour la santé et la sécurité des consommateurs », peut-on lire dans un rapport du Comité de coordination de toxicovigilance, de septembre 2010.

Des troubles visuels… Depuis quelques mois cependant, les appels à la vigilance concernant les risques liés aux poppers se multiplient.

En octobre 2010, une étude réalisée sous l’égide de l’INSERM avait montré que les poppers pouvaient être à l’origine de « pertes visuelles prolongées ». Avec des troubles susceptibles d’être liés en particulier à une dégradation des cellules photo réceptrices de la rétine, au centre de la macula.

Dans une récente livraison, les rédacteurs de Prescrire relaient les derniers bilans des Centres Antipoison et de Pharmacovigilance.

Entre 1999 et 2009, ces derniers ont recensé près de 800 cas d’expositions aux poppers, dont 133 qualifiés de « graves  ».

Cinq décès susceptibles d’être liés à la consommation de ces produits ont même été recensés en France, au cours de la période étudiée.

Les descriptions les plus préoccupantes comprennent notamment des cas de méthémoglobinémie. Une des causes les plus courantes en serait la consommation abusive de nitrates dans l’eau de boisson.

Des cas de cyanose, de coma et des syndromes de détresse respiratoire ont aussi été observés. Ces constats paraissent d’autant plus inquiétants qu’en France, la mode des poppers serait en hausse.

 

 

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