Dysfonction cognitive dans la SEP : attention au cannabis !

Une dysfonction cognitive touche 40 à 60 % des sujets atteints de sclérose en plaques (SEP). Il a été rapporté que les malades qui fument du cannabis ont plus de difficultés à cet égard que les non fumeurs. Mais aucune exploration de neuroimagerie n’a été faite jusqu’ici pour valider cette observation.

Le but de cette étude était d’examiner les signes de dysfonction cognitive en neuroimagerie fonctionnelle et structurelle associés à la consommation de cannabis chez les malades atteints de SEP.

Vingt malades  âgés de 18 à 60 ans avec une SEP (critères de McDonald modifiés) ont été recrutés. Les critères d’exclusion comprenaient, traumatismes cérébraux, usage de drogues autres que le cannabis, alcoolisme, psychose.

Les raisons de l’utilisation du cannabis étaient médicales ou récréatives ou les deux.

Dix-neuf sujets contrôles, malades n’ayant jamais fumé de cannabis, ont été également enrôlés.

Les paramètres évalués comprenaient les données d’une IRM fonctionnelle réalisée lors d’un test de mémoire (N-Back), d’une IRM fonctionnelle au repos, d’une IRM structurelle, des tests de mémoire verbale (Selective Reminding Test Revised), visuelle (10/36 Spatial Recall Test, de traitements de l’information (Paced Auditory Serial Addition Test) et d’attention (World list generation).

Le groupe « cannabis » s’est révélé moins performant au test de traitement de l’information et au test de mémoire visuelle que le groupe contrôle (p < 0,02 et p < 0,03 respectivement).

L’activation cérébrale était plus diffuse durant les différents tests N-BACK pour les utilisateurs de cannabis. Ces derniers ont fait davantage d’erreurs (p < 0,06) sur le test 2 back task durant lequel l’activation cérébrale était accrue dans les zones pariétale p < 0,007) et cingulaire antérieure p < 0,001) régions impliquées dans la mémoire de travail.

Il n’y avait aucune différence entre les groupes pour les autres paramètres évalués, notamment, l’atrophie cérébrale n’était pas plus importante dans le groupe cannabis.

En conclusion, les malades atteints de SEP fumeurs de cannabis ont plus de déficit cognitifs que les non fumeurs et le cannabis compromet les stratégies compensatoires cérébrales déjà prises en défaut au cours de la SEP. Les auteurs estiment que ces résultats doivent conduire à la prudence pour l’utilisation et la prescription de cannabis dans la SEP.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références : Pavisian B et coll. : Effects of cannabis on cognition in patients
with MS. A psychometric and MRI study.
Neurology, 2014; 82: 1879–1887

Source : JIM 

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