L’Académie de Médecine dit non (Aujourd’hui)

Aujord'hui

LES RECOMMANDATIONS du professeur Dautzenberg sont loin de faire l’unanimité chez les blouses blanches.

Si l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) demande, par la voix de son président, le psychiatre Alain Rigaud, que soit étudiée la possibilité d’une légalisation du cannabis et se déclare favorable à une dépénalisation de l’usage privé, ce n’est pas le cas de l’ensemble du monde médical.

Le professeur Jean Costentin*, toxicologue et président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT) fulmine contre son confrère avec qui il était jusqu’alors en total accord avec l’action développée… contre le tabagisme. « Les jeunes démarrent de plus en plus tôt leur consommation de tabac et, quand l’addiction est installée, une proportion notable d’entre eux y adjoignent la résine de cannabis. A la toxicité du tabac s’ajoute alors celle du cannabis. Nombre de leurs méfaits physiques, qui sont de même nature, s’additionnent, voire se potentialisent », explique-t-il. « M. Dautzenberg sait cela, mais il n’en tient pas compte quand, pour réduire la consommation du tabac, il envisage de la transférer sur celle du cannabis.

Ces jeunes gens, mais aussi des sujets plus âgés, ne sont pas dans le choix entre tabac ou cannabis, mais dans l’association des deux. Soit qu’ils les consomment simultanément en faisant des joints ou bien alternativement, la succession de cigarettes du seul tabac étant ponctuée de quelques pétards », poursuit ce membre de l’Académie de médecine, institution qui s’était d’ailleurs déjà prononcée, en 2012, contre la dépénalisation du cannabis.

Jean Costentin insiste: « La légalisation d’une drogue ne calme pas les sujets transgressifs. Elle les contraint surtout à effectuer la transgression au niveau d’une drogue encore plus dure : la cocaïne ? Les amphétaminiques ? Les morphiniques ? M. Dautzenberg devra bientôt faire part de ses préférences. On peut imaginer que sa logique cloisonnée lui fera choisir celles qui ne se fument pas. » Ambiance.

Même tollé du côté du professeur Bernard Debré, chirurgien urologue et député Les Républicains. « C’est à se taper la tête contre les murs. Qu’un scientifique nous dise cela, c’est absurde. Si nous voulons faire diminuer la consommation, c’est sur la prévention qu’il faut mettre l’accent. Les enfants doivent savoir pourquoi le cannabis est interdit et il doit le rester. » C.M. * Auteur de « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis », Ed. Odile Jacob, 2012, 272 pages, 22,20 €.

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