Addiction : la méthamphétamine attire les plus impulsifs

Le 31 octobre 2016 à 19h19 – par Mathilde Ledieu

Les consommateurs de méthamphétamine impulsifs sont plus susceptibles de commencer leur consommation plus tôt que les autres.

Addiction : la méthamphétamine attire les plus impulsifs

Utilisée pour traiter l’hypertactivité, la méthamphétamine est aussi une drogue dure et puissante… qui attirerait les personnes impulsives et les conduiraient à une consommation plus précoce. C’est ce que suggère une étude parue dans Addictive Behaviors menée sur 157 utilisateurs de cette substance, âgés de 18 à 50 ans. Les chercheurs ont recueilli les scores des participants au Baratt Impulsiveness Scale (BIS), une échelle autoreportée des traits d’impulsivité. Ils ont remarqué qu’un score important à cette mesure était associé à une consommation plus précoce de méthamphétamine, qu’il s’agisse d’impulsivité attentionnelle ou motrice. La première est une incapacité à fixer son attention et se concentrer, trait que l’on retrouve chez les personnes hyperactives . La seconde se définit par une tendance à agir sur un coup de tête, sans réflexion.

L’impulsivité, cause ou conséquence ?

6% des plus de 26 ans considérés comme impulsifs selon le test BIS ont consommé au moins une fois des méthamphétamines, ce qui pourrait correspondre à une volonté d’auto-médication, car cette substance est administrée comme médicament pour soigner de tels troubles. Or, lorsqu’elle est prise sous sa forme illégale, et donc non contrôlée, la méthamphétamine est toxique, fortement addictive, et peut causer des problèmes de sommeil, des nausées, de l’hyperactivité, de l’agressivité, de la confusion, ou bien encore des hallucinations.

Le lien entre impulsivité et usage de cette drogue n’est pas encore expliqué clairement. Selon Anita Cservenka, co-auteure de l’étude, « l’impulsivité pourrait être la cause ou la conséquence de la consommation de méthamphétamine, probablement les deux ». L’impulsivité contribuerait alors à l’utilisation de la substance, mais elle augmenterait aussi avec sa consommation, dans un cercle vicieux.

Vigilance chez les jeunes adultes

D’autres études seront nécessaires pour déterminer si l’impulsivité est un facteur de risque de consommation. Mais cette première étude peut d’ores et déjà alerter l’entourage d’adolescents et jeunes adultes au caractère impulsif. Les proches pourraient ainsi être plus vigilants face à un possible risque que le jeune débute une consommation.

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