Comment le cannabis affecte la mémoire

Des chercheurs français ont découvert que le cannabis agit sur les mitochondries situées dans a région de l’hippocampe, ce qui provoquerait les pertes de mémoire.

Comment le cannabis affecte la mémoire
JANIFEST/epictura
Publié le 22.11.2016

« J’ai la mémoire qui flanche, je me souviens plus très bien ». Les célèbres paroles de Jeanne Moreau ne sont pas inconnues des fumeurs réguliers de cannabis. Ces derniers sont en effet souvent victimes de pertes de mémoire à court ou long terme. Cet effet secondaire de l’exposition au cannabis est largement décrit dans la littérature scientifique, mais l’origine de ces troubles n’a pas totalement été identifiée.
Dans une étude parue dans Nature, des chercheurs français de l’Inserm présentent une piste d’explication.

L’équipe de recherche est partie du constat que ces pertes du mémoire étaient liées à des récepteurs à la surface de plusieurs types de cellules nerveuses dans le cerveau. Des analyses approfondies ont mis en lumière que ces récepteurs sur lesquels se fixe le cannabis sont également présents à la surface des mitochondries.
Ces petites structures situées à l’intérieur des cellules sont responsables de la production d’énergie. Le cerveau, consommateur de plus de 25 % de cette énergie générée, ne peut fonctionner sans elles. Les maladies mitochondriales démontrent d’ailleurs leur rôle essentiel : lorsqu’elles sont atteintes, les malades souffrent de troubles neuropsychologiques et neurologiques.

L’hippocampe ciblée par le cannabis

Néanmoins, l’implication de ces mini-centrales énergétiques dans les mécanismes d’apprentissage et de mémoire n’avait pas encore été montrée clairement. Pour ce faire, les scientifiques ont exposé des souris au cannabis et les ont observées. Ils ont alors noté que la molécule active de cette drogue, le delta9-tétrahydrocannabinol ou THC, provoque l’amnésie chez ces cobayes, en se fixant sur les mitochondries des neurones présents dans la région de l’hippocampe, siège de la mémoire.

En revanche, lorsque les chercheurs modifient génétiquement les souris pour qu’elles n’expriment plus ces récepteurs à la surface de leurs cellules et des mitochondries, le cannabis n’a pas d’effets mnésiques. « Nous pensons donc que les mitochondries développent notre mémoire en apportant de l’énergie aux cellules du cerveau », indique Giovanni Marsicano, responsable de ces travaux.

Pour les chercheurs, cette étude apporte non seulement des informations sur l’impact du cannabis sur la mémoire, mais révèle aussi que l’activité mitochondriale fait partie intégrante des fonctions du cerveau.

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