Pourquoi est-ce si difficile de ne pas boire d’alcool en France ?

Alors que l’impact sanitaire de l’alcool est considérable, il est encore difficile de dire non à la proposition de boire un verre. Pourquoi ? Eléments de réponse dans l’émission Grand Bien vous fasse d’Ali Rebeihi consacrée à l’alcool en présence de journalistes, d’un addictologue et d’une ex-buveuse.

Jeune femme refusant un verre de vin
Jeune femme refusant un verre de vin © Getty / Peter Cade

En France, le rituel de l’apéritif est sacré. Or, d’après Santé publique France, 41 000 personnes sont mortes en 2015 de maladies liées à l’alcool, soit 7% des morts de l’année. Parmi elles, on trouve 30 000 hommes pour 11 000 femmes. 16 000 Français sont décédés d’un cancer, 9 900 de maladies cardio-vasculaires, 6 800 de maladies digestives, 3 000 par maladies diverses (diabète, épilepsie..) et 5 400 par accident ou suicide. Récemment, un article du Lancet (revue scientifique médicale et scientifique britannique) a mis en évidence un lien entre alcool et cancer du sein. Ces chiffres font de l’alcoolisme la deuxième cause de décès évitables après le tabac dans notre pays.

Pourtant, il est encore difficile de refuser de l’alcool

Mais les non-buveurs sont suspectés d’être des personnes ennuyeuses. Le témoignage de Mélanie, 37 ans, auditrice de Pont d’Arche :

Je ne bois pas d’alcool depuis l’adolescence. J’ai été trop marquée par une famille d’origine bretonne avec beaucoup d’alcool et de la violence physique. Mes parents ont acheté un bar. J’ai pu y observer des comportements tristes et dépravants. Comme j’avais accès assez facilement à l’alcool, mais comme cela m’angoissait, j’ai arrêté. Je suis devenue la bonne copine que les parents appréciaient parce que je raccompagnais les autres en fin de soirée.Mais à la fac, ne pas boire m’a mise de côté. On m’a reproché d’être un bonnet de nuit et de ne pas savoir s’amuser…

Souvent, l’alcool est l’un des rites de passage chez les étudiants avec souvent, derrière des marques d’alcool qui sponsorisent les soirées. Dans ce contexte, être abstinent exclut forcément.

Le non-buveur est toujours suspect 

Un autre témoignage :

Je ne bois pas, on me dit que je ne suis pas drôle et autour de moi, on se demande si je ne suis pas musulmane, ex-alcoolique ou végétarienne… 

 

Un frein culturel

Thomas Pitrel et Victor Le Grand, journalistes, auteurs de Tournée générale, un livre sur la place de l’alcool en France :

Concrètement en France, ne pas boire de vin, un produit français, c’est souvent vu comme trahir la culture française. 

Si les lobbies savent rendre l’alcool de plus en plus attractif, la gastronomie sans alcool n’existe pas vraiment. Quand on ne boit pas, on passe dans la catégorie des enfants : on nous propose un soda, du sirop ou au mieux un jus de tomates… Il n’existe pas d’apéritif réellement festif et sans alcool.

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