Pour le pape, la libéralisation du trafic de drogue n’est pas la solution

Visitant le 24 juillet un hôpital de Rio spécialisé dans le traitement des personnes droguées, le pape s’est prononcé contre la libéralisation des stupéfiants et affirmé le rôle premier de chacun dans son relèvement.  Source

Le pape François, mercredi 24 juillet.

Jorge Saenz / AP

Le pape François, mercredi 24 juillet.

 

 

Un jeune couple attend, son bébé sous le bras, le parapluie tenu dans l’autre. Il bruine sur Rio et il fait déjà nuit lorsque le pape François arrive. Après le sanctuaire marial d’Aparecida, le voici, de retour dans la ville de Rio – cette fois dans la même modeste Fiat, mais sans incident –, à l’hôpital saint François d’Assise. Cet établissement tenu par des frères franciscains est spécialisé dans le traitement de la toxicomanie, fléau au Brésil, premier marché mondial du crack. Au troisième jour de son voyage apostolique au Brésil, le pape rentre ici dans le vif du sujet évoqué plus tôt à Aparecida : témoigner de l’espérance, se laisser surprendre et être joyeux.

JOIE DANS L’ÉTABLISSEMENT

Car la joie, même dans ce lieu de souffrance, elle est manifeste à l’arrivée du pape, que chacun dans l’hôpital – personnel et patients – cherche à approcher, sans se laisser décourager par l’insistante et pénétrante pluie hivernale.

Le bébé du jeune couple s’impatiente. Est-ce à cause de la succession de discours au pape dans la cour de l’hôpital ? Assis sous une statue de Saint François d’Assise, le pape qui a placé son pontificat sous l’appellation du povello écoute attentivement, avec empathie et vite compassion. Les témoignages de jeunes toxicomanes le marquent.

CONTRE LA LIBERALISATION

Après ce long temps d’écoute, le pape, qui étreint chaleureusement chaque intervenant, prend à son tour la parole. La pluie ne fait qu’amplifier et le bébé du couple pleurniche mais l’attention reste vive dans la cour arborée et bondée de l’hôpital, scandant des « Viva el papa ! ».

« Ce n’est pas avec la libéralisation de l’usage des drogues, comme on en discute en divers lieux d’Amérique latine, que l’on pourra réduire la diffusion et l’influence de l’addiction à la drogue », avertit d’emblée le saint père, suscitant des applaudissements.

La question fait en effet débat à travers le continent, notamment l’Uruguay, la Colombie ou encore le Mexique. Selon certains en effet, une dépénalisation voire une réglementation des substances permettraient de contrôler davantage les trafics et de faire diminuer l’addiction ainsi que la criminalité liée aux drogues.

AIDE-TOI ET LE CIEL T’AIDERA

Mais sans être libéral sur ce plan, le pape ne se montre pas moins respectueux de la liberté de chacun. « Tu as le premier rôle dans ton relèvement », a-t-il affirmé, poursuivant plus loin : « Personne ne peut remonter à ta place. » Tout en rappelant la proximité de l’Église dans l’épreuve : « L’Église n’est pas loin de vos peines mais elle vous accompagne avec amour ».

Le pape François, qui plus tôt dans la journée, au sanctuaire d’Aparecida, déclarait vouloir aider à avoir un « regard positif sur la réalité », a posé un regard semblable sur les toxicomanes. Ceux aux premiers rangs, qui parviennent à toucher l’homme en blanc, fondent aussitôt en larmes. Et, avant de regagner sa voiture, le saint père s’est même laissé surprendre par le bébé, brandi par le couple dans sa direction. Le pape l’a embrassé et béni avant de gagner sa Fiat. Le couple, lui, peut repartir heureux.

SÉBASTIEN MAILLARD, à Rio de Janeiro

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