Réunion au Maroc, des producteurs de cannabis sous l’égide de partis proches du palais royal

Les producteurs marocains de cannabis se sont réunis samedi dans le Rif pour discuter de  »leur métier », et trouver des débouchés à une filière qui fait vivre plus de 96.000 familles de ces régions rudes du Maroc.

Le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), parti proche du Palais royal, veut porter le dossier de la culture du cannabis devant le parlement.

C’est à l’initiative du parti de l’Authenticité et de la modernité (PAM), que cette rencontre des cultivateurs de cannabis s’est tenue à Bab Brerred, dans les montagnes de l’Atlas, au Rif marocain, où est cultivé à grande échelle le cannabis, ou chanvre indien. Une rencontre qui a regroupé entre 1.500 à 2.000 agriculteurs spécialisés dans la culture du cannabis.

Outre la PAM, l’Istiqlal, un des plus vieux partis marocains, fait partie des promoteurs de ce regroupement, avec comme objectif de porter le dossier de la culture du cannabis devant le parlement pour ensuite entamer un débat de fond sur les suites à donner à cette culture interdite. Mais, selon le quotidien L’Economiste, il s’agit surtout de  »trouver des réponses aux problèmes de ces cultivateurs d’un genre particulier », qui travaillent dans l’insécurité et la clandestinité.

Culture clandestine

Les chiffres donnés par le ministère marocain de l’Intérieur sont inquiétants : près de 48.000 agriculteurs versés dans la culture du cannabis vivent dans la plus grande clandestinité dans les montagnes du Rif, entre Nador, Koutama et El Hoceima. Le PAM veut lancer un débat national sur la culture du cannabis, et même sa légalisation pour un usage thérapeutique.  »Une idée qui permettrait de faire d’une pierre deux coups, améliorer le quotidien des agriculteurs et redorer l’image du Maroc, qui souffre de la réputation d’être l’un des premiers producteurs de résine de cannabis au monde », estime L’Economiste.

Le PAM a été créé en août 2008 par la fusion de cinq petits partis politiques proches du Palais. Le principal initiateur de ce rapprochement est Fouad Ali Al Himma, ancien ministre délégué à l’intérieur, et proche d’entre les proches de Mohamed VI avec lequel il avait fait ses études au collège royal de Casablanca.

80% de la production « exportée »

Le Maroc est considéré comme le premier producteur de cannabis au monde, devant l’Afghanistan. Selon l’organisation des Nations-Unies contre le crime et la drogue (ONUDC), la superficie réservée à la culture du cannabis au Maroc serait de 72.000 hectares, outre les lopins de terre isolés dans les montagnes, non recensées. La superficie cultivée pour le cannabis au Maroc varie autour d’une moyenne de 140.000 hectares, selon L’Economiste pour une production d’environ 7.000 tonnes dont plus de 80% destinée à l’exportation, notamment vers l’Espagne et la France

Les réseaux de trafiquants en tirent un chiffre d’affaires annuel de plus de 12 milliards d’euros, quand les cultivateurs ne  »récoltent » que 2.000 dollars par an comme salaire brut. Globalement, l’ONUDC établi à un peu plus de 600 millions de dollars le revenu global annuel de la production de cannabis par les agriculteurs marocains.

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