Editorial : l’appel de PHARE enfants-parents, la voie de la vie

Cet appel, signé par sa Présidente, Thérèse Hannier, aborde un sujet grave, souvent tabou, celui du suicide, en particulier des jeunes.

Elle en suggère des causes et des solutions. L’usage des drogues qui nous préoccupe plus particulièrement, est souvent associé au suicide, recours inopérant et manifestement impuissant contre la détresse et la solitude. 

L’éducation, le dialogue et la solidarité sont les meilleures préventions  de l’un et de l’autre.

Ce sont aussi nos objectifs, c’est pourquoi nous sommes heureux de relayer cet appel.

 Jean-Paul Tillement

Parler du suicide, oui mais… pour le prévenir !

Par Thérèse HANNIER, Présidente de PHARE Enfants-Parents
Le paradoxe veut que les cas de suicide spectaculaires, comme celui du crash de l’A320 soient surmédiatisés et qu’à l’inverse les campagnes d’informations et de sensibilisation ciblées fassent peur.

Si le suicide du copilote de la Germanwings est avéré, provoquant la mort de 150 personnes, il constitue un acte exceptionnel, qui doit rester exceptionnel !
Au nom des milliers de familles endeuillées par le suicide d’un proche, qui ont pu se sentir blessées par l’utilisation répétée du mot suicide avec cet accident meurtrier, il est important de rappeler la réalité du suicide : deuxième cause de mortalité chez les moins de 24 ans et première cause chez les 25 – 34 ans. En France, le suicide fait près de 10 500 victimes par an, dont près de 1 000 jeunes de moins de 30 ans et 35 de moins de 14 ans !
Aussi tragique que soit cet événement, il ne doit pas laisser penser qu’une personne qui se suicide est forcément atteinte d’une pathologie psychiatrique avérée. Dans la plupart des cas, l’acte suicidaire s’effectue dans la solitude et sous l’influence d’une souffrance poussée à son paroxysme.
La problématique du suicide est extrêmement complexe et suppose la convergence de multiples facteurs (individuels et environnementaux). Le phénomène touche tous les milieux, tous les âges. En l’absence d’études précises sur les suicidés, il est difficile de dégager des traits communs. Mais en toile de fond, et surtout chez les jeunes, émerge une hypersensibilité aux maux de notre société.
Des signes avant-coureurs existent et nécessiteraient qu’ils soient portés à la connaissance de tous. Et c’est là le cœur de la prévention et ce sur quoi travaille PHARE Enfants-Parents. La prévention relève d’une volonté politique mais beaucoup de chemin reste à parcourir pour qu’elle soit réellement mise en oeuvre, tant reste tenace en France le tabou, en particulier en milieu scolaire. En effet, l’idée que la simple évocation du mot suicide puisse inciter au suicide conduit à refuser des actions de prévention. Or, oser aborder la question du suicide avec les jeunes permet de libérer la parole, de reconnaître l’importance du mal-être, d’apporter des informations sur les signes précurseurs et de supprimer les idées fausses.
Prévenir le suicide, c’est avant tout permettre le dialogue dès le second cycle scolaire. C’est apprendre à écouter, à se respecter et à accepter les différences et comprendre que des paroles, des attitudes peuvent avoir un impact négatif ou positif sur l’autre. C’est aussi savoir quoi faire et vers qui se diriger quand on est confronté au mal-être d’un camarade ou d’un membre de son entourage.

Site Internet de Phare

Publicités

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s