Le cannabis est la substance « illicite » la plus couramment consommée dans le monde et son usage est croissant chez les jeunes. Les études s’accordent sur les effets néfastes d’une consommation précoce, sur un cerveau encore en développement. Cette étude, qui s’est centrée également sur l’association cannabis-dépression, nous apporte des précisions très précieuses sur ces effets sur le cerveau. On retiendra, parmi ces conclusions, présentées dans la revue Acta Psychiatrica Scandinavica que le cannabis peut, au-delà du risque démontré comme accru de dysfonctionnement cognitif, limiter le Q.I.

Pour la vie.

Si la plupart des études ne concluent qu’à de rares effets sévères du cannabis chez l’adulte, en cas d’usage raisonnable et hors troubles de la dépendance bien sûr, tous les experts s’accordent sur ses effets sur le cerveau encore en développement de l’enfant et de l’adolescent. Sa consommation avant ou pendant l’adolescence a déjà été associée au risque de troubles du développement neurologique, de la dépendance et de psychoses. Si l’on remonte à un stade encore plus précoce, in utero, les études suggèrent le risque d’anomalies cérébrales permanentes. Et, à un stade encore plus précoce, une étude a suggéré que l’exposition au cannabis peut affecter la chromatine du sperme et avoir un impact sur la fertilité, le développement de l’embryon et la santé des enfants. Une récente étude a également fait le point sur les effets inquiétants du cannabis sur le développement de l’embryon humain. Cette nouvelle étude précise comment la consommation de marijuana précoce peut entraîner des anomalies de la fonction cérébrale anormale et une limitation du Q.I.

L’auteur principal, le Dr Elizabeth Osuch, du Lawson Health Research Institute (Londres) et son équipe ont recruté de jeunes participants et les ont répartis en 4 groupes :

  • des jeunes souffrant de dépression non utilisateurs de cannabis,
  • des jeunes souffrant de dépression, utilisateurs fréquents de cannabis,
  • des utilisateurs fréquents de cannabis exempts de dépression,
  • des jeunes en bonne santé non-consommateurs de cannabis.

Les chercheurs ont également pris en compte le fait d’avoir commencé à consommer du cannabis avant l’âge de 17 ans. Les participants ont subi des tests psychiatriques, cognitifs et de Q.I., ainsi qu’une analyse du cerveau. Les résultats de cette analyse sont les suivants :

  • L’absence de preuve de corrélation ou d’association entre l’usage du cannabis et une réduction ou tout autre effet portant sur les symptômes dépressifs,
  • l’absence de différence entre les symptômes psychiatriques des consommateurs de cannabis dépressifs et les non-consommateurs de cannabis dépressifs : ce qui suggère qu’en cas de dépression, l’usage du cannabis ne favorise pas le développement de psychoses.
  • des différences dans le fonctionnement du cerveau entre les 4 groupes de participants, dans les zones du cerveau impliquées dans la récompense et le contrôle du moteur.
  • L’usage du cannabis ne corrige pas la fonction des zones du cerveau impactées la dépression, et aggrave même dans certains cas les anomalies.
  • les participants ayant consommé du cannabis à un âge précoce, notamment < 17 ans, présentent des anomalies de la fonction cérébrale dans les zones impliquées dans le traitement visuo-spatial, la mémoire, l’auto-référence (la capacité à faire référence à soi-même) et la récompense.
  • les participants ayant consommé du cannabis à un âge précoce, notamment < 17 ans obtiennent des scores de Q.I. inférieurs.

Ø  Ainsi, la consommation de cannabis à l’adolescence non seulement ne corrige pas les anomalies ou les symptômes de la dépression mais favorise le développement d’anomalies de la fonction cérébrale et « rabaisse » le Q.I.


BDNF, un gène de prédisposition ?
En poursuivant leurs recherches, les scientifiques montrent qu’une certaine variation génétique du gène qui produit le facteur neurotrophique (BDNF) est présente à des niveaux plus élevés chez les jeunes qui ont consommé du cannabis à un âge précoce. Or BDNF est impliqué dans le développement du cerveau et de la mémoire, entre autres. Ces derniers résultats génétiques, quoique préliminaires, suggèrent, pour les auteurs, que cette variation génétique peut prédisposer les jeunes à la consommation précoce de cannabis.

Source: Acta Psychiatrica Scandinavica 2016 Aug 27. doi: 10.1111/acps.12629 Depression, marijuana use and early-onset marijuana use conferred unique effects on neural connectivity and cognition

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