Un réquisitoire implacable et des faits indiscutables mais oubliés?

Nos lecteurs connaissent bien  Jean-Paul Bruneau, ex policier, président fondateur d’EDVO, qui assure l’accompagnement des toxicomanes de façon aussi efficace que bénévole.

Il nous livre son témoignage dans la lutte contre le cannabis, à lire, à méditer, à diffuser.

Le débat est à nouveau relancé, peut-être pour récompenser  le vote de plus de 2 millions de cannabiculteurs  ou d’usagers ou d’usagers revendeurs de cannabis.

Sous prétexte de liberté ou de guerre perdue contre la drogue, il est toujours possible  de manipuler les  plus influençables. La loi de 1970 n’est plus appliquée depuis longtemps ; en 2004 ; les consignes ministérielles ont  permis à tout le système répressif de pratiquer le simple avertissement pour tout usager de drogues et l’incitation aux soins. Se servir de l’argument d’emprisonnement des usagers est une grosse manipulation puisque moins de 100 usagers multirécidivistes sont incarcérés et presque tous  pour des faits antérieurs où la peine de prison avec sursis tombe ou l’aménagement de peine n’a pas été respecté.

Les brigades de lutte contre les stupéfiants sont les services les moins pourvus en effectifs et en équipements spécialisés, depuis plus de 20 ans !  La suppression de la police de proximité dans nos cités, depuis 15 ans  et l’avertissement plutôt que la sanction recommandé par notes ministérielles depuis 2004 pour le simple usage de cannabis, fait qu’il est ridicule de parler de résultats dans cette lutte ! L’application d’une sanction comme pour le défaut de port de ceinture de sécurité permet très rapidement de parler de résultat !

S’appuyer sur la  liberté de vendre et fumer du tabac n’est pas crédible ; ce produit est légalisé, vendu sous contrôle d état, mais cela n’empêche pas les mineurs d’y accéder ou la vente de tabac de contrebande. (1 cigarette sur 4 est vendue illégalement et surtout depuis l’instauration du paquet neutre).

En France 78 000 morts évitables par an liés aux maladies du fumeur (fumeur de tabac et/ou de cannabis). Aucun des « experts » prônant la légalisation ne dit que fumer du cannabis est plus cancérigène que le tabac ; alors que la mortalité et le nombre de malades  fumeurs augmentent chaque année !

Aucun ne dit que fumer du cannabis est aussi dangereux que l’abus d’alcool pour  la conduite des véhicules alors que l usage de tabac seulement ne modifie ni les réflexes ni le comportement des conducteurs.

On ne parle pas non plus des victimes « innocentes » des fumeurs de  cannabis en termes d accident de la route ou au travail. (www.association-marilou.org).

Ces 50 dernières années les politiques ont fait évoluer nos mœurs en réduisant la liberté de vente et de consommation d’alcool ou de tabac en utilisant la voie répressive. Donc libéraliser l’usage d une drogue supplémentaire, serait  en opposition à  ce principe de précaution.

Dans cette logique libertaire, pourquoi pas supprimer tous les contrôles de vitesse et ne compter que sur la sagesse des conducteurs !

Dire que la légalisation du cannabis est la meilleure solution est d’une naïveté grotesque et dangereuse dans un pays latin comme le notre car une liberté acquise ne se reprend pas.

Arguments  de propagande:  la légalisation de cannabis permet de neutraliser le trafic et génère des emplois et  des profits pour l’Etat.  faux !

Le trafic est solidement organisé en France, surtout dans les cités de toutes les villes et nous sommes devenu le Pays  le  plus gros consommateur d Europe. Vendre le cannabis légal taxé en officine avec accès aux adultes seulement sous prétexte de protéger les mineurs reste du domaine de l’utopie.

Le cannabis  » herbes ou résine ou cannabis synthétique ?  » vendu en officine sera moins puissant en THC que les variétés vendues sur le darknet ou dans les cités. sémilla. skunk. Spip… Les dealers de nos cités n’ont pas attendu la légalisation ; ils sont tous multicartes à présent en proposant tous les produits stupéfiants.  Le dealer  ne paie ni taxe ni charge donc il sera en concurrence, avec des  produits plus puissants, en quantité non limitée,  moins chers.

Une  officine comme le Coffee Shop en Hollande, interdit l’accès aux mineurs, et permet pour l’adulte l’achat avec limitation à détention de 5 grammes pour un usage privé … avec une carte de membre pour limiter l’accès à l’officine (interdit aux étrangers) et un  contrôle pour les usagers cannabiculteurs? Même si la consommation de cannabis est nettement moindre chez les jeunes hollandais, il faut prendre en considération le côté strict de l’éducation et la prévention précoce dans ce pays nordique, comme en Suède. La légalisation en Hollande n’a pas neutralisé le trafic des stupéfiants (plaque tournante la plus importante d’Europe depuis la dépénalisation) et la criminalité liée  à l’usage des drogues.

Dans notre Pays, les mineurs étant  les plus ciblés par l’offre illicite de cannabis, il faudra toujours autant de policiers et de gendarmes pour les protéger. Les dealers n’iront pas pointer davantage au chômage, le cannabis n’étant que le produit d’amorçage pour vendre le reste.  Il faudra plus de contrôles dans les cités pour limiter la vente  cannabis illicite et plus de dépistages car il y aura plus de conducteurs adultes  attirés par ce produit plus exotique que le tabac. Donc davantage de répression pour limiter l’accidentologie sur les routes et au travail.

Dans notre Société où faire fortune compte plus que l’intérêt général,  les startups cannabis comme aux USA  dans leurs nouvelles boutiques, avec toutes les variétés de cannabis ou les moyens d’en produire et avec plus de mille produits ou supports (dentifrice, shampooing, chewing gum, bière au cannabis, vêtements en fibre de chanvre cannabis, etc…) auront bientôt leurs boutiques en France. Les taxes seront insuffisantes pour prendre en charge les conséquences de cet usage dangereux pour la santé 10 à 20 ans plus tard comme nous l’avons vu pour le tabac. Ce seront encore les non fumeurs qui seront là pour payer !

Utile pour soigner :  faux !

On ne fait pas fumer de l’opium pour soulager la douleur des malades ; on  extrait, à des dosages bien précis certaines molécules de l’opium pour en fait la morphine, la codéine, la buprénorphine,… idem pour le cannabis qui a permis la fabrication de médicaments comme le sativex ou le marinol prescrits de façon très limitée à des malades atteints de sclérose en plaques par exemple . La fumée  d’opium ou du cannabis, entre autres méfaits,  est toxique pour les poumons jusqu’à preuve du contraire !

Si l’ont veut réduire efficacement et durablement  le problème  drogues en France qui gangrène  la vie dans nos cités et plus particulièrement la vie des jeunes, il faut remettre en place l’ilotage avec ses cinq missions tel qu’il avait été conçu initialement, avec une police de proximité au contact de la population, surtout partout où les dealers exploitent les cités.

Il faut simplifier la répression pour le simple usage de cannabis  avec  une amende à paiement immédiat proportionnelle à l’infraction. Il ne faut pas retirer le caractère délictuel de l’usage dès qu’il y a soupçons d’usage revente ; ce qui permet au policier, au gendarme et au magistrat de poursuivre les investigations pour lutter contre le trafic, mais aussi, quand il y a accident derrière cet usage (piéton imprudent sous effet, conducteur de 2 roues ou autres véhicules ou engins de travail).

En matière d’appréciation des conduites à risques, l’usage des drogues doit  être considéré  pas moins que le défaut de port de casque ou de ceinture de sécurité ou d’abus d’alcool,  et permettre une interpellation et une sanction immédiate.  Si il y a dépénalisation du simple usage pour le cannabis, produit psychotrope qui à faible dose  modifie durablement le comportement, il faudra  attendre l’accident ou des faits plus graves, pour permettre le dépistage et la sanction !

Pour sauver des vies, les pouvoirs publics sont de moins en moins tolérants vis-à-vis de l’usage d’alcool et du tabac. Nous savons que l’effet d’un simple  joint de cannabis associé à l’usage d’alcool au seuil de tolérance, multiplie par 14 le risque d’accident ; alors, dépénaliser ou légaliser l’usage du cannabis serait le plus mauvais signal dans l’évolution de nos mœurs alors que nous sommes devenus champion d’Europe pour cette pratique.

La majorité des parents, même ex-consommateurs, sont hostiles à une libéralisation de cet usage, surtout face aux difficultés scolaires et aux troubles de comportement de leurs ados « dits consommateurs festifs » qui ont généralement, sous cet effet,  une consommation d’alcool aussi « libérée » !

Jean-Paul BRUNEAU

Ex-policier formateur anti drogue – double DU en addictologie – président fondateur d’EDVO ayant accompagné plus de deux milles toxicomanes dans leur rétablissement en 29 ans de bénévolat.

www.edvo-addictions.fr

 

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