Addictions : les jeunes consomment trop de drogue, de porno, de jeux vidéos et de réseaux sociaux

Vendredi 8 juin 2018 à 8:11 Par Géraldine HoudayerFrance Bleu

Une étude, révélée par Le Parisien ce vendredi, indique que les niveaux de consommation de tabac, d’alcool, de drogue, de porno, de jeux vidéos ou de réseaux sociaux sont inquiétants chez les jeunes de 14 à 24 ans. Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine.

Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine.
Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine. © Maxppp – Christophe Morin/IP3

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, porno, jeux vidéo et utilisation des écrans : les niveaux de consommation sont « inquiétants » parmi les jeunes de 14 à 24 ans, selon une vaste enquête sur les addictions conduite auprès d’un millier d’entre eux, publiée ce vendredi dans Le Parisien. L’enquête a été commandée par le Fonds Actions Addictions, la Fondation Gabriel-Péri et la Fondation pour l’innovation politique et menée par l’institut Ipsos.

Un jeune sur cinq regarde du porno au moins une fois par semaine

Selon cette enquête, un jeune sur cinq (dont 15 % des 14-17 ans) regarde de la pornographie au moins une fois par semaine, 9 % une fois par jour et 5 % plusieurs fois par jour. « Cela a des conséquences sur le développement des jeunes les plus vulnérables et les moins structurés psychologiquement », avec un « rapport peu adapté à la sexualité » et une « addiction », note le président du Fonds Actions Addictions, Michel Reynaud.

Un quart des 18-22 ans passe plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux

Plus d’un jeune sur dix (13 % des 14-24 ans) joue au moins une fois par semaine à un jeu d’argent. Et les jeunes des milieux défavorisés en sont les premiers consommateurs. Un quart des 18-22 ans passe plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, et 10 % plus de huit heures. Un sur six (16 %) s’adonne plus de cinq heures par jour aux jeux vidéo et 7 % plus de huit heures. Certains jeunes dépassent ainsi dix heures quotidiennes devant un écran.

Une augmentation inquiétante de la consommation de cocaïne et d’ecstasy

Quelque 340.000 (3 %) des jeunes de 14-17 ans auraient déjà consommé de la cocaïne, de l’ecstasy ou du GHB, et 255.000 (5 %) des 18-24 ans en consommeraient toutes les semaines« L’enquête confirme l’importance de la consommation de produits licites et illicites, mais l’augmentation de la consommation des drogues festives (ecstasy, cocaïne…) qui apparaît d’un peu plus du double que dans les enquêtes habituelles, suscite une inquiétude particulière », estime Michel Reynaud.

Les jeunes des milieux défavorisés plus sensibles aux addictions  

L’enquête souligne, par ailleurs, que les jeunes des milieux défavorisés et les jeunes obèses sont plus vulnérables en matière d’addictions.

Acheter des produits interdits aux mineurs, un jeu d’enfant 

Cette enquête indique aussi que se procurer des produits interdits aux mineurs est pour ces derniers un « jeu d’enfant » : acheter de l’alcool, du tabac, des jeux d’argent (loto et PMU inclus) ou du cannabis est facile pour environ les deux tiers d’entre eux. Plus accessible encore, le porno, facile d’accès d’après 91 % d’entre eux.

Les parents sous-estiment la consommation de leurs enfants 

Cette enquête paraît alors que le Plan national de mobilisation contre les addictions du gouvernement est attendu. « Les parents sous-évaluent les consommations de leurs enfants en matière d’alcool, de tabac, de jeux d’argent et de pornographie » mais « ils sont demandeurs de solutions (contrôle d’identité, identification bancaire…) », remarque le Pr Reynaud. Aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, tout d’abord en faisant appliquer la loi sur l’interdiction de vente d’alcool et de tabac aux mineurs, estime-t-il.

Les jeunes conscients des risques 

La majorité des jeunes a toutefois une bonne perception des risques liés aux produits et à l’abus d’écrans : risque de dépendance, de maladies graves, d’accidents de la route, d’échecs scolaires, professionnels ou financiers, risques d’isolement, de dépression ou de suicide. Les campagnes publiques d’information sont vues comme peu efficaces. Grand public, parents et jeunes souhaitent quasi unanimement le remboursement à 100 % de tous les soins anti-addictions, relève le professeur Reynaud.

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