Devrions-nous boire moins d’alcool ?

Contrairement aux anciennes recommandations sanitaires, même un verre d’alcool par jour serait mauvais pour la santé.

Un seul verre d'alcool augmente le risque de cancer du sein, de l'œsophage et de la bouche. | Adam Wilson via Unsplash.
Un seul verre d’alcool augmente le risque de cancer du sein, de l’œsophage et de la bouche. | Adam Wilson via Unsplash.

Mais, aujourd’hui, un comité de scientifiques qui contribue à la mise à jour de la dernière édition des directives alimentaires, prévoit de recommander aux hommes et aux femmes de se limiter à une seule portion de vin, de bière ou d’alcool par jour, relate The New York Times.

Ce message s’écarte des directives précédentes qui, depuis 1980, établissent la consommation modérée d’alcool à deux verres par jour maximum pour les hommes et un pour les femmes.

Non, l’alcool n’est pas bon pour le cœur

Entre 1990 et 2010, de nombreuses éditions de ces directives alimentaires, qui sont mises à jour tous les cinq ans, décourageaient la consommation excessive d’alcool et mettaient en garde les femmes enceintes et les personnes souffrant de certains troubles médicaux contre la consommation d’alcool.

Mais elles notaient également qu’une consommation modérée d’alcool était liée à une diminution du nombre de crises cardiaques et à une baisse de la mortalité. Les directives de 2010 mentionnent que la consommation modérée d’alcool peut même aider à maintenir les fonctions cognitives intactes avec l’âge.

Les experts affirment désormais que les études montrant qu’une consommation modérée peut protéger la santé sont profondément erronées, et que tout avantage cardiovasculaire potentiel serait contrebalancé par le fait que l’alcool est une des principales causes évitables de cancer. Selon l’Institut national du cancer, même un seul verre par jour augmente les risques de cancer du sein, de l’œsophage et de la bouche.

Alcool et classes sociales

Mais les études d’observation ne peuvent montrer que des corrélations, pas de causalité. Et elles ont d’autres limites. L’un des principaux facteurs de confusion est que le statut socio-économique est un prédicteur important de la santé et de la durée de vie et qu’il suit de près les niveaux de consommation d’alcool.

Une étude qui a comparé les non-buveurs aux buveurs modérés a révélé que 27 des 30 facteurs de risque bien établis de maladies cardiaques étaient significativement plus fréquents chez les non-buveurs. D’autres montrent que, par rapport aux gros buveurs et aux abstinents, les personnes qui boivent modérément ont tendance à être plus riches et à avoir un niveau d’éducation plus élevé. Elles ont tendance à bénéficier de meilleurs soins de santé, à faire plus d’exercice, à avoir une alimentation plus saine et à être moins obèses.

Lorsque des études rigoureuses prennent en compte ces facteurs, elles constatent que l’effet protecteur d’une consommation modérée d’alcool disparaît.

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