Nouvelles substances psychoactives toxicomanogènes

Cet article est extrait de « L’Observatoire » , la lettre de l’Académie de pharmacie , que vous pouvez retrouver en cliquant dans la colonne de droite sur « ACADEMIE DE PHARMACIE »

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Attention ! Toxicomanies exponentielles

Les nouvelles substances psychoactives toxicomanogènes, dont le nombre explose, sont particulièrement dangereuses du fait de leur teneur élevée en molécules actives et représentent une menace inédite mais grave pour la santé.

Outre un risque accru d’intoxications sérieuses, voire mortelles, des cas d’infarctus du myocarde ou d’accidents vasculaires cérébraux ont même été
signalés. Elles exercent principalement des effets stimulants sur le système nerveux central, euphorisants ou hallucinogènes, ou les deux à la fois. Leur prise est aussi associée à des comportements anormaux ou violents, mettant en danger l’utilisateur (désocialisation, automutilation, défenestration, surdose) et son environnement (agressivité, mise en danger d’autrui).

Dans son dernier rapport annuel , l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) s’alarme de cette récente prolifération portant leur nombre à plus de 620 en 2016 sur le marché européen. Avec une nouvelle drogue par semaine, la France n’échappe pas à ce nouveau phénomène inquiétant. Entre 2009 et 2016, plusieurs familles chimiques ont été identifiées:
169 cannabinoïdes de synthèse et 118 cathinones, 86 phényléthylamines, mais aussi au cours des cinq dernières années, 25 opioïdes de synthèse, dont 18 dérivés du fentanyl. En 2017, l’OEDT et l’Office européen de police ont publié des chiffres alarmants concernant le nombre de décès suite à cette consommation: 23 dus au furanylfentanyl et 1084 imputables à quatre cannabinoïdes de synthèse et à deux dérivés du fentanyl.

Non seulement ce relevé est loin d’être exhaustif en raison des multiples difficultés analytiques que posent ces molécules, mais il faut aussi tenir
compte du fait qu’elles sont plus addictogènes que les drogues illicites « traditionnelles».

Une urgence sanitaire?

Malgré une surveillance renforcée , l’OEDT se retrouve souvent démuni devant une demande accrue de la part de consommateurs à la recherche de sensations toujours plus fortes alors qu’il ne manque pas de chimistes véreux sur ce marché très lucratif et en pleine expansion. La criminalité organisée, qui a fait de ce trafic son activité principale, agit en toute impunité sur un cybermarché noir où il est désormais possible de se procurer ces nouvelles drogues très facilement et sans risque physique, ni pénal.

Le grand public doit être informé et des mesures s’imposent d’urgence pour enrayer ce phénomène avant qu’il ne soit trop tard.

Jean-Pierre GOULLÉ et Patrick MURA

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